NOTICE" SUR ALEXANDRE BIVORT
M. Alexandre Bivort, le successeur de Van Mons, est décédé, à Fleurus, le 8 mai, âgé de 63 ans. A. Bivort était une des célébrités de la Pomologie belge. Il a rédigé l’Album de Pomologie, les Annales de Pomologie, les Fruits du jardin Van Mons et d'autres ouvrages importants. Avec Aug. Royer il avait fondé la Société Van Mons et installé dans les pépinières de Geest-S'-Remy tout ce qui avait été conservé des collections Van Mons. Ses propres semis ont aussi produit plusieurs nouveautés fort estimées. IL a consacré les plus belles années de sa vie à produire et à activer le mouvement pomologique. Ses avis et ses souvenirs étaient recherchés et toujours accueillis avec déférence, car il était comme le dépositaire d’anciennes traditions. Sa notoriété était étendue à l'étranger : chez nous il était fort estimé et ne comptait que des amis : la nouvelle de sa mort à été recue avec de vifs sentiments de regrets.
Alexandre-Joseph-Désiré Bivort est né à Fleurus, le 9 mars 1809. Il était membre de la Société archéologique de Charleroi et des Sociétés d'horticulture ou de pomologie d'Angers, Paris, Lyon, Nancy, Rouen, Prague, Berlin, Boston, Philadelphie et Linnéenne de Bruxelles; ancien rédacteur de la Société Van Mons; secrétairerédacteur de la Commission royale de Pomologie ; auteur de l’Album de Pomologie et des Fruits du jardin Van Mons, ainsi que de beaucoup d'articles publiés dans les revues belges d'agriculture et d'arboriculture ; membre fondateur et président de la Société royale d'horticulture de Charleroi. Il était chevalier de l’ordre de Léopold.
Le nom de ce savant pomologiste est souvent cité dans le grand ouvrage de M. Decaisne.
EP POCHE UL SEEMANIN (D'après le Garneners CHronicre, 1871, p. 1678.)
La science, et plus particulièrement la botanique viennent de perdre il y a quelque mois, dans la personne du docteur Seemann un de ces hommes auxquels leurs talents assignent une place remarquable parmi leurs contemporains. Dans cette courte notice nous ne nous proposons pas de retracer une vie aussi bien remplie, mais de rap-
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peler seulement, par une esquisse rapide, les travaux les plus remarquables de ce savant.
Il naquit à Hanovre le 28 février 1825 et fit ses études au lycée de sa ville natale. Chose singulière chez celui qui plus tard devait devenir botaniste, ses goûts Le porterent d’abord vers l'étude des hiéroglyphes. Déjà la haute intelligence de Seemann faisait prévoir ce qu'il deviendrait par la suite. Son premier article parut lorsqu'il n'avait encore que 17 ans. On eut dit que prévoyant le coup qui devait l'arrêter au milieu de sa carrière, il avait hâte de mettre en lumière les talents et les aptitudes qui lui avaient été départis.
Deux ans plus tard, ses études terminées, il partait pour Kew dans le dessein de se préparer par une étude spéciale de la botanique et de l'anthropologie, aux voyages lointains qui étaient le but de tous ses efforts et l'objectif de toutes ses espérances. Son talent lui attira bientôt la protection de feu M. W. Hooker sur la recommandation duquel, l'amirauté, qui avait envoyé le Herald croiser dans le Pacifique, choisit le jeune savant comme naturaliste de l'expédition. IL partit donc au mois d'août 1846 par Madère et les Indes occidentales et arriva à Panama en septembre. Profitant du retard du Æerald, le docteur Seemann explora l'isthme, et les matériaux qu'il recueillit lui permirent d'écrire la description la pius complète qu'on possède du pays, et ce à plusieurs points de vue, car ses observations s’étendaient à un grand nombre de sciences. Enfin arriva le Herald à bord duquel il monta pour commencer son voyage autour du monde.
D'abord, grâce aux nombreuses reläches de l'expédition, il put explorer les côtes occidentales de l'Amérique, le Pérou, la République de l'Équateur et parvint à travers la Cordillère à Loja et à Guayaquil; plus tard, il vit une partie du Mexique et sa plume nous à familiarisés avec l’admirable flore de l’ancien empire des Incas.
En 1848 le sort de sir John Franklin commença à préoccuper l’Angleterre et le Herald fut dirigé vers les régions arctiques. Ce fut une bonne fortune pour Seemann auquel cette longue croisière fournit l'occasion d'étudier d'une facon complète la flore de l'extrême Amérique septentrionale. Après avoir vu le Kamchatka, les Iles Sandwich, il revient en Europe par Hong-Kong, Singapore, le cap de Bonne- Espérance, Ste Hélène, l'Ascersion et débarque en Angleterre en 1851. Chargé par l’Amirauté d'écrire le compte-rendu de l'expédition, il fit
paraître le : « MNarralive of the voyage of H. M. S. Herald » dont la partie botanique publiée séparément constitue un #-guarlo, orné d’une centaine de planches comprenant la Flore du pays des Esquimaux, de la côte du Mexique, de l’Isthme de Panama et des Iles Hong- Kong. Ces travaux lui attirèrent l'attention de l’Académie Impériale des Naturalistes qui lui conféra le titre de membre, avec le surnom de Bonpland et, peu de temps après, les services qu’il rendit à cette Société savante lui valurent le titre de vice-président à vie.
Lorsqu’'en 1859 les Iles Viti, dans les mers du sud, furent cédées par leurs chefs à la Grande-Bretagne, le gouvernement, avant d’accepter cette cession chargea le colonel Smythe et le Dr. Seemann, de faire un rapport sur l’état de cesiles. Parti en février 1860, Seemann arriva à Viti après avoir touché l'Egypte, l'Ile Maurice, Sydney et Melbourne. En parcourant en tous sens ce groupe encore bien inconnu, il aecumula de précieux documents pour l'histoire naturelle, dont les principaux se trouvent consignés dans une série de lettres, pleines de détails intéressants sur les mœurs, le pays, la faune et la flore de Viti, lettres qu'il adressa à divers journaux anglais. Sous le titre de : « Wadi, an account of à gouvernement mission » il en publia plus tard le résumé avec d'autres indications sur la Flore de Malte, de l'Egypte, de l'Ile Maurice et de quelques parties de l'Australie. Il n’y à pas longtemps que sa #lora vitiensis a été achevée. C’est un grand ouvrage
in-quarto latin-anglais, illustré de planches et pour-lequel Seemann s'est aidé, outre ses observations propres, de celles d’autres explorateurs des mers Australes. Cet ouvrage contient outre d'excellents détails scientifiques beaucoup d'indications sur les usages et les applications des végétaux.
Un troisième voyage moins important que les précédents au point de vue botanique fut entrepris par Seemann en 1864 à Venezuela. Ce botaniste écrivait surtout l'allemand et l'anglais avec une facilité qui n'avait d'égale que son abondance. On compte de lui, au catalogue de la Société royale, 58 notices scientifiques qui parurent dans le Jowrnal of Botany, de Hooker ou dans les Annals of natural history. En 1853 il créa le Bonplandia, journal édité à Londres, auquel collaborèrent plusieurs botanistes éminents de cette époque. Dix ans après le Bonplandia se métamorphosa en Journal of Botany, British and Foreing qui paraît encore.
Outre les ouvrages précédemment nommés, citons encore sa « Popular History of Palms » le Paradisus Vindobonensis grand ouvrage latin, anglais, allemand; « 7%e Popular Nomenclature of the American Flora » où il essaya de réunir par ordre alphabétique les noms vulgaires des plantes et de leur donner leur équivalent scientifique; une « ÆZrumeration of all the Acacias cultivated in our gardens: les « Hanoverian Customs in their Relation to the Vegetable Kingdom ; » l'Zntroduction au Treaswry of Botany de Lindley et Moore. De plus il écrivit pour divers journaux de nombreux articles, entre autres une revue des genres de Palmiers représentés dans nos jardins, qui parut dans le Gardeners Chronicle.
On doit au D' Seemann la découverte de beaucoup de plantes nouvelles, spécialement du Nicaragua, dont plusieurs ont été introduites dans les jardins d'Europe par M. W. Bull. Il en est une qui mérite une mention spéciale, par exemple ce qu'il nommait la Tomate des Cannibales qui sert de condiment à la chair humaine aux antropophages des Iles Viti; le Godiwinia gigas; le Maranta Seemanni; VAntigonum leptopus élégante plante grimpante; l'étrange Parmentiera cerifera (arbre aux chandelles); le Psychotria cyanococca; le Vatis chontalensis; le Gulielma utilis excellent Palmier, comme le Malorteia lacerata ; VAgave Seemanni; le Campsidium chilense ; le Bromerea chontalensis.
Comme beaucoup de botanistes éminents, le D' Seemann avait ses familles de prédilection : c'étaient surtout les Bignoniacées, les Crescentiacées, les Ternstromiacées et les Hédéracées : il écrivit une monographie spéciale de ces dernières.
En 1865, le Congrès International de Botanique, réuni à Londres sous là présidence d’Alph. De Candolle, l’'appela aux fonctions de secrétaire dont il fut obligé à regret de se démettre pour remplir un engagement pris avec son ancien compagnon de voyage, le capitaine Bedford Pins : il s'agissait d'explorer le Nicaragua et l'Union américaine que sa plume nous à fait connaître depuis.
Le D' Seemann était membre de beaucoup de Sociétés botaniques et horticoles anglaises et étrangères. Ces dernières années, son poste de directeur d’une exploitation de mines aurifères, lui fit faire plusieurs voyages à Nicaragua. Ce fut à sa résidence, à la mine de Jevali, que la mort le frappa presque subitement et l’enleva à la science le 10 octobre dernier.
LE MARANTA SEEMANNI.
Cette plante est une des plus belles parmi les introductions du D: Seemann. Eile est annoncée par M. Bull, de Chelsea. Comme elle n'a pas encore fleuri on ne saurait être sûr que ce ne soit pas un