DES PEUPLIERS D'ITALIE ET DE L'ONTARIO ET DES SAULES PLEUREURS
PAR M. LE D" D. CLos, Directeur du jardin botanique de Toulouse.
(Fatrait des Ann. de la Soc. d'hort. de la Haute Garonne).
I. On lit dans l’Æ'acyclopédie pratique de l’'Agriculteur, t. XI (1866), p. 431 : « Le Peuplier pyramidal ou Peuplier d'Italie, est originaire du Caucase et de la Perse, et a été introduit en France, par l'Italie, vers le milieu du siècle dernier. » M. Spach dit aussi de ce Peuplier « parait originaire de l'Orient (PI, Phan. t. X, p. 388) » et Royle a constaté qu'on trouve dans l'Himalaya des pieds mâles et des pieds femelles à l’état spontané. » Ce Peuplier figure dans les livres tantôt comme espèce, tantôt comme variété du Peuplier noir ou commun, dont il ne diffère que par le port. Et cette forme pyramidale de l'arbre varie si peu que M. André Leroy déclarait, en 1867 (Xev. hortic. p. 73) avoir découvert, mais seulement après dix ans de recherches, « un certain nombre de pieds de ce Peuplier qui, à diverses hauteurs, portaient des branches défléchies. »
M. Ed. Morren a fait une observation analogue au jardin botanique
de Liége, sur des Peupliers âgés de dix ans (v. Origine des varidiés, «
p. 11). Ne serait-ce pas des pieds femelles ? car d’après M. Th. Hartig, les deux sexes diffèrent beaucoup à cet égard : les mâles qui existent presque seuls en France, ayant les rameaux dressés, tandis que les rameaux des femelles s’écartent du tronc en faisant avec lui un angle de 30 à 40 degrés. C'est le long du canal de Briare, près de Montargis, que ce Peuplier à été planté pour la première fois en France, en 1749; il fut alors l'objet d’un engouement général et se répandit rapidement. Il ne parut en Angleterre qu’en 1758.
On constate, dans les ouvrages descriptifs, la plus grande discordance au sujet des Populus Ontariensis et candicans. Les uns les réunissent en une seule espèce sous la première dénomination (les auteurs du Bon Jardinier); les autres font du P. candicans un synonyme du ?. balsamifera L. (MM. Decaisne et Naudin); d’autres distinguent de ce dernier peuplier le P. candicans, auquel ils rapportent en synonyme le P. Ontariensis, (MM. Wesmael, Duchartre). Il en est qui tiennent les P. candicans, et Ontariensis pour des espèces distinctes, quoique très-voisines l’une de l’autre, (MM. Decaisne et Naudin Man. de l’'Amat. des jard., t. III, p. 406). Il me parait opportun de rappeler à cet égard une note de Jacques, insérée dans les Annales de Flore et Pomone, 1835, p. 237 : « Cet arbre, dit-il du Peuplier du lac Ontario, ne diffère essentiellement du Populus candicans Hort. Kew., P. viminea Hortul. (Peuplier liard, faux baumier) que par des feuilles cordiformes à leur base et j'ai quelque raison de croire qu'il n’est que l'individu femelle, car tous les sujets que j'ai eu occasion de remarquer sont de ce sexe, et, au contraire, dans le Populus candicans, ils sont tous mâles.
II. Un intérêt tout particulier s'attache au Saule pleureur, appelé par le grand législateur de la botanique Saule de Babylone. On croyait que les Israélites, captifs à Babylone et versant des larmes sur leur exil de Jérusalem, avaient suspendu aux branches de ce Saule leurs instruments de musique.
In salices in medio ejus suspendimus oïgana nostra. (Psalm. 137).
Mais Seetzen et Ainsworth ont constaté que l’on a traduit à tort le mot hébreu Garab, du 137° psaume, par saule, car il désigne le peu-
plier de l'Euphrate (Populus euphratica) ; d'une autre part, le Salix
babylonica n'est spontané dans aucune partie de l’Asie occidentale et.
l'épithète babylonica consacre une erreur incontestable. Aussi M: KR}
Koch, auteur d'un important article sur ce sujet, propose d'appeler le S
Saule pleureur commun, avec Mœnch, Salix pendula ; il est très-
répandu et peut être indigène en Chine, où il est appelé Saule-chevelu
et fort estimé. Toutefois, M. Alph. De Candolle se demande si, comme l’'Acacia tortueux, l’Acacia en parasol, le Frêne pleureur, le Saule annulaire, le Sophora pleureur et tant d’autres, le Saule pleureur ne doit pas son origine à un accident qu'on aurait propagé par bouture. Il a été introduit en Angleterre cn 1692, et un peu plus tard en France. Nous ne possédons guère en Europe que les pieds femelles, et c'est à peine si l’on trouve quelques individus mâles dans les jardins botaniques. |
On sait que le Saule pleureur planté sur la tombe de l'Empereur à Ste Hélène, Saule qui, aujourd’hui, n'existe plus, a subi une métamorphose partielle en pied mâle, et c'est de là que nous viennent ces Saules pleureurs à fleurs mâles. Du reste, la transformation de l’un des sexes dans l’autre, aux chatons des diverses sortes de Saules, a été plusieurs fois constatée.
On a souvent confondu avec le Saule pleureur un arbre originaire du Japon, tour à tour appelé Sulix Siboldi, S°. japonica, aux branches pendantes dès la base et non incurvées, aux feuilles plus larges
et toujours dépourvues, de même que les bourgeons et les bouts des rameaux, de cette villosité molle et soyeuse, que montrent ces
organes chez le Saule pleureur. Cet arbre, aussi beau que ce dernier, n'est jamais attaqué par les insectes, offre une très-sgrande résistance au froid et tend par cela même à remplacer le Saule pleureur dans
les parties froides de l'Europe; déjà il prédomine dans les plantations des environs de Berlin, et M. Koch a cru devoir l'appeler Saliz elegantissima.
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NOTICE SUR LES ARBRES DU DOMAINE DE POUILLY (Ow),
PAR M. Daunin.
(Journ. de la Soc. centr. d’horticult. de France, 1872, p. 88.)
M'étant occupé, depuis un demi-siècle, de sylviculture et de plantations, j'ai pensé qu'on pourrait trouver quelque intérêt dans l'exposé fidèle des résultats que j'ai obtenus, et des observations suivies que j'ai faites.
J'ai comparé le développement progressif d'un certain nombre d'arbres forestiers ou d'ornement. dont j'ai mesuré, d'année en année, la circonférence prise à la hauteur de la main. J'ai pu constater ainsi le maximum d'accroissement que peuvent atteindre quelques arbres, dans un temps donné. J'ai indiqué par des chiffres précis la moyenne de la croissance annuelle des sujets soumis à mon examen. J'ai remarqué que cet accroissement est égal et régulier, pendant la suite d'années où la végétation des individus conserve la vigueur normale qui leur est propre, mais que, chez ceux qui sont parvenus à un certain état de maturité, l'accroissement se ralentit d’abord et devient ensuite presque insensible.
Il est un fait constant, c'est que la grosseur d’un arbre est proportionnée au développement de ses branches. Le tronc d’un arbre pourvu d'un grand nombre de bras deviendra, à égalité de temps et de conditions, plus gros que celui dont la tige est élancée et nue. J’ai reconnu, par de nombreuses observations faites sur les arbres qu’on est dans l'usage d'émonder périodiquement presque jusqu’à leur cime, comme les Ormes et les Peupliers, que, dans l’année où cette opération a été pratiquée, l'accroissement de la circonférence de l’arbre est à peu près nul. Toute la sève est alors absorbée par la formation des bourrelets, qui doivent commencer par recouvrir les nombreuses plaies qu'on leur a faites.
Il faut en conclure que c'est une pratique nuisible d'émonder ou d'ébrancher les arbres de haute futaie sur taillis. On devra considérer si le jour donné au taillis environnant compense la diminution de la valeur des arbres et le retard apporté à leur croissance,
Relativement aux arbres d'ornement, surtout aux Conifères, pour lesquels j'ai toujours eu une prédilection particulière, j'ai fait les remarques suivantes.
On augmente sensiblement le développement de la flèche en hauteur, en pinçant une partie des bourgeons sur les verticilles latéraux. On obtient le même résultat, en supprimant peu à peu,et avec ménagement, les branches qui forment les verticilles inférieurs. C'est un usage à peu près général, de laisser les jeunes arbres plantés isolément, garnis de branches jusqu’au niveau du sol. Un jeune Sapin présente en effet un aspect agréable et pittoresque, quand il forme une pyramide compacte et régulière, depuis la pelouse, sur laquelle s'étendent ses premières branches, jusqu'au sommet; mais, pour les arbres adultes ou devenus grands, l'effet n’est plus le même. Les basses branch à meurent ou se dénudent. Elles cachent le tronc, qu'on aime à voir dans toute la beauté de sa végétation vigoureuse. Un grand arbre est fait pour offrir un abri : il faut qu'on puisse en approcher.
Les espèces les moins rustiques résisteront mieux aux fortes gelées si on les place au nord, derrière de grands arbres ou des bâtiments, qui les garantissent des rayons du soleil. J'ai, à ce sujet, à signaler un fait tout particulier. Dans un groupe formé de trois Cèdres Deodara différents, le plus ancien, déjà haut de six mètres, apppartenant à l'espèce type, a gelé complétement, dansles grands froids du mois de décembre dernier. Les deux autres, désignés sous les noms de Deodara robusta et Deodara viridis, ont parfaitement résisté à cette température excessive.
L'excès d'engrais est nuisible et même mortel aux Conifères. Un Sequoia gigantea déjà fort, de l’âge des premiers sujets introduits en France, est mort après qu'on eût versé à son pied un tonneau de purin, avec lequel on arrosait les pelouses.
On sait que le Taxodium distichum se plait particulièrement dans les terrains humides et aux bords des eaux. Un de ces arbres, autour duquel on avait creusé la terre pour l'agrandissement d’une pièce d'eau, a, depuis vingt ans, la partie inférieure de sa tige constamment sous l'eau, à une profondeur de 40 centimètres. IL ne paraît pas souffrir de cette situation, et sa partie submergée s’est développée en grosseur d'une manière sensible. |
J'ai pratiqué souvent avec succès la greffe herbacée, d'après la
méthode du baron de Tschudy. Des Pins de Calabre et Laricio, greffés près de terre sur de jeunes Pins silvestres, ont aujourd'hui près de deux mètres de circonférence. On voit à peine, au niveau du sol, la ligne de suture formée par la greffe.
J'ai aussi obtenu par cette greffe un effet singulier : deux jeunes Pins d'Ecosse, plantés à droite et à gauche d’un sentier, ont été inclinés l’un vers l’autre et rapprochés au sommet, à la hautenr de 2" 50 c. Les deux pousses terminales, appliquées et liées ensemble, après avoir été coupées longitudinalement à moitié de leur épaisseur, se sont parfaitement soudées. Un des deux bourgeons terminaux ayant été supprimé, le bourgeon restant à développé une tige unique, qui forme aujourd'hui un arbre de 25" d'élévation, dont le pied est double, comme une arcade ogivale, sous laquelle on passe, quoiqu'elle se rétrécisse graduellement par l'effet du grossissement.
Les premières plantations que j'ai faites autrefois dans des pelouses, ont été souvent contrariées par les vers blancs qui rongeaient les racines des arbres et les faisaient périr. Je les ai conservés plus tard, en couvrant leur pied d’un lit de feuilles, dans un rayon de 80 cent. autour de l'arbre. J'ai reconnu que les Hannetons ne vont pas déposer leurs œufs sous les feuilles, et que les larves qui infestent les gazons, ne s’engagent pas sous cette couverture, qui maintient la terre constamment humide et plus froide que le sol environnant.
Quant aux résultats généraux que j'ai obtenus, voici ceux qui rendront témoignage des soins persévérants auxquels je me suis livré.
Vingt-hectares de coteaux nus et stériles, n'ayant qu'une maigre couche de terre végétale, sur un fond de craie, sont aujourd'hui couverts d'une jeune futaie de Pins, de Sapins et de Mélèzes, mêlés de Hêtres dans quelques parties.
Dans d’autres bois, situés sur un sol siliceux plus favorable, j'ai “introduit des Chênes rouges d'Amérique, dont j'avais semé les glands, et quelques individus du Quercus Cerris. Ces arbres commencent à s'élever au-dessus du taillis, et forment déja des baliveaux de belle espérance. Les autres espèces américaines, Quercus alba, coccinea, macrocarpa, dont j'ai fait l’essai, ainsi que le Quercus Mirbeckii, de l'Atlas, n’ont pas supporté nos hivers.
J'ai mis aussi dans les parties sablonneuses quelques Abies - Douglasii. Cette espèce languit dans les sols calcaires. Elle est remarquable
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par son écorce couverte de vésicules toutes remplies d’une résine liquide et limpide, d'un parfum très-agréable. dE.
Une large avenue au milieu d'un bois a été plantée, en 1832 et 1834, de trois cents Sapins Epicéas, de la plus belle venue, qui forment aujourd'hui un long berceau de verdure, impénétrable à la pluie et aux rayons du soleil.
Une autre avenue, bordée d'un côté par une colline boisée, et de l'autre par un ruisseau d'eau vive, où se trouvaient déjà quelques arbres séculaires, soigneusement conservés, a été depuis quelques années, prolongée sur une longueur de près de deux kilometres. Elle se compose aujourd'hui d'environ cinq cents pieds d'arbres variés, comprenant quatre-vingt-huit espèces différentes. On y trouve des Abirs excelsa ettaxifolia, des Mélèzes, des Pins d'Ecosse, des Platanes, des Erables planes et Sycomores, ayant de 2" à 2" 50 de circonférence. Parmi les plantations plus récentes, je citerai les espèces suivantes : Sequoia gigantea et S. sempervirens ; Cupressus Lamwsoniana ; Cryptomeria japonica; Thuya gigantea, Th. Lobbü; Abies orientalis, Morinda, Monziezii, cilicica, Nordmanniana, Pinsapo, cephalonica; Cedrus Libani, C. atlantica; Pinus Laricio, calabrica, taurica, Salzmanni, Sabiniana, macrocarpa, excelsa, Lambertiana,monticola, abasica ; Faqus Jerruginea; Alnus barbata ; Juglans nigra, J. cinerea; Carya alba, C. olivæformis : Liriodendron tulipifera; Acer purpureum, neapolitanum, rubrum, macrophyllum; Tilia argentea; Gleditschia caspica, etc., ete. Tous ces arbres végètent d'une manière satisfaisante, et composeront,
dans un certain nombre d'années, une avenue remarquable, Je d'être visitée par les amateurs.
Je passe sous silence des lignes de Peupliers et d'Ormes, plantées autour des prairies et sur les berges des fossés, de manière à ne laisser aucun terrain improductif. Le Peuplier d'Italie offre cet avantage que ses branches, serrées contre la tige, ne s’avancent jamais en saillie sur les chemins, ni sur les propriétés voisines, ce qui dispense de l’obligation de les élaguer. J'ai remarqué que les plantations de Frênes sont peu avantageuses. Cet arbre demande à croître en liberté dans les terrains où il se plaît. |
On voit ailleurs, en plein rapport, dans les terres cultivées, des plants et des avenues de Pommiers à CE tous élevés par moi en. pépinière et greffés de mes propres mains.
En dehors de ces plantations régulières, quelques arbres d'ornement sont plantés sur les pelouses ou dans les massifs. J'indique leur circonférence actuelle en regard de leurs noms.
Taxodium distichum, 1" 54; Sequoia gigantea, On 85; Sequoia sempervirens, 1"33; Cupressus Larwsoniana, 0" 56; Cryptomeria japonica, O® 92; Thuya gigantea, 0" 96 ; Thuya Lobbi,0"88; Juniperus virginiana , 1" 68; 7. drupacea, 0" 50 ; Abies cœrulea, 2" 10; À. Pinsapo, 1" 43; À. cephalonica, 0" 93; À. Douglasi, 0" 92; À. Morinda, 0" 60; À. dbalsamea, O® 84; À. nobilis, O® 40; À. grandis (de Vancouver), On 45 ; À. bracteata, 0" 24; Araucaria imbricata, 0 35; Larix Kæœmpferi, Ov 25: Cedrus Libani, 1" 93; C. atlantica, 1" 30; Pinus calabrica, 2 56 ( dû à l’obligeance de M. Vilmorin, à l'époque de l'introduction de ce bel arbre.);, P. nigra austriaca, 1" 52: P. Laricio, 1" 60 ; P. macrocarpa, 1"; P. Sabiniana, 0" 78; P. excelsa, 0" 82: Fagus asplenifolia, 122; Pavia lutea, 1" 45: Æsculus rubicunda, 1" 40; Planera crenata, 1"52; Cerasus virginiana, 1"64 (noyau semé par moi); Paulownia imperialis, 1" 45; Virgilia lutea, 1" 15; Sophora japonica, 1" 82; Gymnocladus canadensis, 1" 25; Gleditschia ferox, 0" 80 ; G. inermis, O" 72; Liquidambar styracifrua, O0" 40; Diospyros virginiana, 0® 33 ; Chamaærops excelsa, 090 (empaillé pendant l'hiver).
On admire dans une prairie, dont le sol est frais sans être humide, un groupe de trois Peupliers de Virginie, plantés en 1820, dont le plus gros à 3 m. 47 cent. de circonférence, les deux autres 3 m. 35 et 3 m. 20. Ces arbres, auxquels on n’a pas retranché une branche depuis trente ans, ont encore une végétation vigoureuse, grâce à l’'engrais laissé autour d'eux par les bestiaux qui viennent chercher un abri sous leur ombre. La moyenne de l'accroissement du plus gros de ces arbres, pris sur la circonférence, est pour les 51 ans depuis leur plantation, de 6 centimètres 8 millimètres par an et pour le second de 6 cent. 5 mill. Cette mesure, décomposée en deux périodes, donne pour les trente deux premières années, 7 cent. 9 mill. et 6 cent. 9 mill. et pour les dix années suivantes, D cent. 5 mill. et 5 cent. 5 mill.
Je n'ai observé une croissance plus rapide que sur un Peuplier du Canada, qui, dans une période de quatorze ans, à donné une augmentation annuelle de 9 cent. 4 mill. J’appelle l'attention sur cette belle espèce : Populus canadensis Mich. (Populus lævigata Willd.),
le D
qu'il ne faut pas confondre avec le Populus grandidentata Mich., originaire aussi du Canada. Celui dont je parle est l’un des plus beaux du genre. Malgré la vigueur de sa végétation, son bois est supérieur à celui des autres espèces. Ses boutures sont un peu plus dures à la reprise; c’est ce qui a fait donner la préférence au Peuplier de Virginie, Populus monilifera Mich., dit vulgairement Peuplier suisse et improprement Peuplier de Caroline. Le vrai Peuplier de
Caroline, Populus angulata H. K., est un arbre à bois tendre, .
dont les jeunes pousses sont souvent atteintes par les fortes gelées, sous notre climat.
Je termine en indiquant, d'après les mesures que j'ai prises, l'accroissement annuel de la circonférence de quelques arbres. On comprend d’ailleurs que ces indications ne sont pas d'une exactitude absolue, et qu'elles peuvent varier, selon la nature du sol et la vigueur relative des sujets.
Le diamètre étant à peu près égal au tiers de la circonférence, le tiers des mesures données indiquera l'augmentation annuelle du diamètre de l'arbre.
Peuplier blanc de Hollande, 5 cent. 4 mill.; Tilleul argenté, 5 cent.; Hêtre commun, 3 cent. 6 mill.; Orme, 3 cent. 5 mill.; Frêne,:3 cent.; Tulipier, 2, cent:; Platane, 2 cent, She Sycomore, 2 cent. 7 mill.; Châtaignier, 2 cent. 2 mill.; Chéne, 2 cent. 2 mill.; Alizier, 1 cent.
Pour les Conifères : Cèdre du Liban, 5 cent. 8 mill. ; Pin de Calabre, 4 cent. 8 mill. ; Pin Laricio, 4 cent. 4 mill. ; Pin d'Ecosse, 3 cent. 3 mill.; Epicéa, 3 cent. 2 mill.;, Mélèze, 2 cent mile Pin du nord, 1 cent. 1 mill.
Je prie les membres de notre Société, et tous ceux qui s’intéressent à l’économie forestière, d’accueillir avec bienveillance cette communication où j'ai consigné le résultat de travaux assidus et de patientes observations. La plupart des arbres auxquels j'ai donné mes soins resteront encore longtemps pour faire vivre le souvenir de celui qui les a plantés. Je puis donc dire, comme le poëte latin, exegi monumentum, et même ajouter avec lui, monumentum ære perennius, car nous savons par de tristes exemples, que beaucoup d'arbres, monuments vivants et témoins séculaires de la fragilité des œuvres
humaines, peuvent avoir plus de durée que certains monuments
d'airain ou de bronze, qui semblaient devoir être impérissables.
PC