VIENT PORT DE L'ANANAS PORTEANA
Exposition de Gand en 1873. — La Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand ouvrira l’année prochaine, du 30 mars au 6 avril, dans son magnifique local du Casino, une exposition internationale d'horticulture.
Les préparatifs annoncés témoignent de la part considérable que les horticulteurs de Gand se proposent de prendre à cette exposition et déjà la Société s'est mise en mesure de faire face aux demandes de participation qui afflueront de toutes parts. On connaît les vastes salons et l'immense jardin d'hiver du Casino, et dès à présent il est prévu que toutes les collections ayant droit à un abri n'y pourront tenir, Il a
été décidé de construire dans le jardin, sur la pelouse, une salle provisoire d'une surface de 1,200 mètres carrés. Ce sera encore insuffisant.
La Société a lancé son programme. Les concours sont au nombre de 291. Nous nous contenterons aujourd’hui de signaler les récompenses attribuées à ces différents concours, qui comprennent un ensemble de 754 médailles d’or, de vermeil et d'argent. Les premières, les médailles d’or, parmi lesquelles il en est qui sont offertes par le Roi, par la Reine et par le comte de Flandre, sont au nombre de 61 ; il y en à plusieurs de la ville de Gand et de la province; il y a aussi une médaille d'or de la valeur de 500fr.pour le concours de soixante Azalées fleuries, à décerner par la Fédération des Sociétés d’horticulture de Belgique. :
Une médaille d’or de première classe spéciale est accordée par le Cercle d’arboriculture de Belgique, pour le plus beau lot d'arbres fruitiers de toutes essences. Quant aux médailles de vermeil, elles sont au nombre de 167, et celles en argent atteignent le chiffre de 526, parmi lesquelles il y en a 200 de première classe, c’est-à-dire de grand module.
Ecole d’horticuliture de Gand.
par différents arrêtés royaux du 8 août dernier. Aux termes de cet
Cette école vient d'être réorganisée
arrêté une école pratique d'horticulture de l'Etat est fondée à Gand dans le Jardin Botanique de cette ville.
L'enseignement donné à l’école est théorique et pratique. Il à pour objet les matières suivantes: les langues française et flamande, l’arithmétique, la géométrie, la géographie, la botanique, les éléments de physique et de chimie, le dessin des plantes, l'architecture des serres et des jardins, l’horticulture théorique et pratique, la comptabilité.
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Des pépinières, des collections comprenant tous les arbres et arbustes qui se trouvent généralement dans le commerce en Belgique, des jardins maraichers et d'agrément, des serres pour la culture des fleurs et des fruits servent à l’enseignement pratique des élèves.
La durée des études est de trois années.
Les élèves ne peuvent fréquenter plus de deux fois les mêmes cours.
Les élèves sont, à volonté, internes, externes ou libres. Les élèves internes sont logés et nourris au pensionnat de l’athénée royal de Gand attenant au Jardin Botanique.
Des conférences théoriques et pratiques sur les matières qui font partie de l’enseignement sont données, chaque année, à l’école. Le ministre de l'intérieur prescrit les conditions auxquelles le public y est admis.
Par arrêté royal du 8 août sont nommés à l’école d’horticulture de l'Etat à Gand : directeur : M. J. Kickx, professeur à l’université de Gand; professeurs : MM. E. Rodigas et Ed. Pynaert; professeurs chefs de culture : MM. F. Burvenich et H. Van Hulle.
Par arrêté royal de la même date, sont nommés membres de la commission de surveillance de l’école d’horticulture de l'Etat à Gand : M. H. Van de Woestyne, sénateur à Gand, et MM. de Ghellinck de Walle, président, et Leirens, secrétaire de la Société royale d’Agriculture et de Botanique de Gand.
M. de Ghellinck de Walle est désigné pour remplir les fonctions de
président de ladite commission.
Oncidium Retemeyerianum AcAd. f. — Nous sommes à même, gräce à la courtoisie de notre savant ami M. le D' Masters, de compléter la notice que nous avons publiée récemment (p. 150, pl. XIV) sur cette Orchidée mexicaine qui, rapportée de Cordova par M. Omer de Malzinne, a fleuri chez M. J. Pirlot à Liége (1).
(1) Voici, la description donnée dans le Refugium de M. Saunders (Tab. 74) : Pseudobulbo obsoleto, folio carnoso basi cuneato complicato oblongo acuto seu acuminato, pedunculo longe exserto racemoso, ramulis abbreviatis distantibus nunc suppositis, bracteis lineari-triangulis dein reflexis; perigonio bene carnoso; sepalis lepalisque oblongis apiculatis, nunc æqualibus, nunc sepalis multo majoribus, labello pandurato disco postico quinque papuloso, disco antico radiato striato, columnæ alis obtusatis deflexis. — La lettre e du mot ewlbosa dans notre description (p. 151) doit être effacée.
La plante à fleuri en 1857 chez M. Chantin, à Paris, et en 1866, chez M. Saunders, à Londres. Son inflorescence ressemble à l£ptdendrum fuscatum et ses fleurs rappellent celles du Coffoniæ peduncularis. Les pseudobulbes, difficiles à reconnaitre, consistent en deux ou trois parties oblongues, remarquables en ce qu’elles émettent des racines aériennes par la surface de leurs articles. Se cultive, dans une
température modérée, sur bois ou en corbeille et près du jour.
Le Begonia Richardsiana MWast. (Gard. Chron. 1871, 1065) est une petite plante nouvelle, assez élégante et qui peut se cultiver en serre
Fig. 10. Begonia Richardsiana Mast.
tempérée. Elle est originaire du Natal et a été dédiée par le D' Masters à M. Richards de la Société Royale d’horticulture de Londres. Tous les horticulteurs belges qui ont été à Londres à l’occasion des expositions
internationales ont pu apprécier la cordiale aménité de M. Richards.
Le B. Richardsiana à les tiges charnues et les feuilles palmatiséquées: les fleurs sont blanches et dépourvues de pétales quand elles sont staminées. Il appartient à MM. Veitch.
Plantes nouvelles de MM. J. Veitch et fils à Londres. — Dans leur récent catalogue de plantes nouvelles et remarquables pour 1872, MM. J. Veitch annoncent notamment les nouveautés suivantes : Adiantum amabile, originaire du Pérou et qui prospère dans la serre chaude et humide où cette élégante Fougère atteint environ 50 centimètres d’élévation; Begonia intermedia, hybride des PB. Veitchii et B. Boliviensis qui fleurit abondamment en serre froide; Croton lacteum élégamment panaché de blanc; Croton Weismanni, belle espèce, dont le port rappelle celui d'un Dracæna; Dieffenbachia Bauser, intermédiaire entre les D. picta et D. Weiri; Dracæna Weismanni aux feuilles bronzées et rouges sur les bords; Dracæna Young, introduite de Sydney, dont les feuilles d'un beau vert clair teinté de rose dans leur jeunesse, prennent bientôt des nuances cuivrées; Gravesia Bertolonioides (Mélastomacée) dont le feuillage de texture délicate est élégamment veiné de blanc; Paullinia thalictrifolia dont le feuillage ressemble à celui d’un Adiantum, mais dont la tige devient
sarmenteuse. Toutes ces plantes sont de serre chaude.
Cerisier May Duke, souvenir de Baillonville (Massange). — M. Ferdinand Massange de Baiïllonville, amateur distingué d’horticulture, a remarqué il y a deux ans dans son parc de Baiïllonville, près Marche (Ardennes belges), une variation remarquable, un sport comme diraient les anglais, qui s'était produit spontanément sur un Cerisier de la variété May Duke. Cette variation consiste dans un phénomène d’hétérophyllie, c’est-à-dire qu’elle affecte le feuillage : les feuilles deviennent étroites au point de ressembler complétement à celles d’un pêcher ou même d’un saule : les unes mesurent 20 centimètres de long sur 2 ou 8 centimètres de largeur ; d'autres, sur une longueur de 10 centimètres, ne dépassent pas 7-8 millimètres de diamètre. M. F. Massange n'a pas manqué de faire greffer ces variations qui, malgré quelques hésitations bien naturelles, n’ont pas tardé à se fixer. Aujourd'hui la variété nouvelle est en voie rapide de multiplication chez MM. Jacob Makoy et Ci, horticulteurs à Liége.
On cultive déjà un cerisier à feuille de Saule, connue de Noisette, et
donnant un fruit acide, une sorte de griotte. Cette variété se trouve chez MM. Simon-Louis et André Leroy. M. Carrière a décrit et figuré (Revue horticole 1869, p. 272) une variété américaine à feuilles de pêcher et à petits fruits. Ces deux variétés diffèrent de celle de M. Massange. Cette dernière a sur les précédentes l'avantage de donner un fruit précieux en même temps qu’elle sera un bel arbre d'or-
nement.
Le Groseillier Billiard ou Maquereau sans épines nous a donné cette année un fruit mûr le 5 juillet. Il était assez gros, absolument glabre, rouge foncé, de saveur aigre et renfermant un grand nombre de graines que nous avons semées. (Voyez 1871, p. 221.)
L'Herbier royal de Leyden, spécialement affecté à la végétation des Indes néerlandaises, est actuellement placé sous la direction de M. le Prof. Suringar, avec la collaboration de M. J. H, Smeets, con-
servateur.
J. Triana. Les Mélastomacées. (Transactions of the Linnean Society of London, vol. XX VIII), 1 vol. in-4° de 188 pages, avec 7 planches, Londres 1871. — M. Triana, qui avait déjà communiqué au Congrès international de botanique tenu à Paris en 1867, les bases de sa classification des Mélastomacées, vient de publier la monographie complète de cette famille. Son ouvrage, publié par la Société Linnéenne de Londres, a été couronné par la Société d'histoire naturelle de Genève. Il contient, en détail, la description des espèces nouvelles.
C. Cooke. Grevillea. À monthly record of Cryptogamic Botany and üts Literature (2, Grosvenor Villas, Junction Road, Upper Holloway, London, N.). Sous le titre de Grevillea, M. C. Cooke auteur du Handbook of british Fungi, vient de fonder une revue mensuelle de botanique cryptogamique : les deux numéros publiés jusqu'à ce moment font bien augurer de l'avenir de ce nouvel organe scientifique. Le prix d'abonnement est seulement de six shellings. Des échanges et des déterminations peuvent se faire par l'entremise du rédacteur.
La Belgique pittoresque (à Mons, chez J. Dacquin, éditeur), par
M. E. d. D. — Quatre livraisons de cette élégante publication sont déjà publiées. On y trouve une vue, avec une notice explicative des châteaux de Thieusies, Havré, Lillois, La Louvière, Seneffe, Lombise, etc.
Bulletin de la Société royale d’horticulture de Tournai. — Cette publication vient d'être décidée en vue de procurer aux membres de la Société d’horticulture de Tournai des renseignements intéressant la culture. Elle paraîtra quatre fois par an sous forme de brochure
in-8. Nous avons recu le premier bulletin qui renferme des commu-
nications de MM. A. Allard, Ed. du Reulx, V. Wibaut, Ed. Griffon,
Delrue, etc. La Société à également décidé de tenir des séances mensuelles. Ces décisions témoignent d’une grande activité.
Pelargonium double blanc (7. Siszey). — M. J. Sisley le célèbre semeur de Pélargoniums zonales à Lyon, vient d'obtenir dans les semis de cette année une variété à fleurs blanches et doubles. C’est pour le moment le phénix des Pélargoniums et la nouvelle de son apparition fera sensation dans le monde horticole. Il est issu d'un blanc simple fécondé par un double rouge ; la plante a le port, le feuillage et la nuance du Pélargonium M Vaucher : elle parait devoir être très-florifère. M. Alégatière, horticulteur à Lyon, l’a de suite mise en multiplication. On sait qu’un double blanc avait déjà été annoncé, mais provenant d'un Sport, il ne s'était pas maintenu, tandis que le nouveau venu de M. Sisley, né de graine, présentera sans aucun doute la fixité inhérente à toute variété.