SPECIES. — SPECIES
Corypha tectorum. Wallichia porphyrocarpa.
Tels sont les principaux Palmiers destinés à faire l'ornement du Jardin d'Essai; en outre, l'administration offre en vente, à des prix singulièrement modérés, les jeunes plants d'une soixantaine d'espèces provenant de semis ; les graines sont fournies, soit par les pieds-mères du jardin lorsqu'on peut en obtenir des fruits fertiles,ou bien envoyées des contrées du globe les plus lointaines. Ainsi, les graines de certains Palmiers sont arrivées d'Australie, sans perdre leur faculté germinative, dans un mélange de mélasse et de poussier de charbon. Selon toute vraisemblance, les mêmes graines, abandonnées à elles-mêmes,
(1) Le plis remarquable ensemble de Palmiers en Europe et peut-être dans le monde entier existe à Berlin, environ 250 espèces ; mais les grandes exem= plaires y sont rares. Les collections de Paris et de Kew sont bien moins riches; celle qui s’en approche le plus se trouve à Hanovre,
se seraient desséchées et auraient été tuées en quelques jours M | mélasse a entretenu autour d'elle l'humidité nécessaire et le charbon | a empêché la pourriture. Beaucoup de ces graines, qui avaient com= mencé à germer pendant la traversée, ont continué à pousser vigou-
reusement.
Les semis de Palmiers se font sur couches de fumier ordinaire,
en plein air; mais sous des claies de roseaux qui s'opposent à l'accès direct du soleil; dans ces conditions qui doivent rappeler les forêts tropicales, — air humide et chaud, riche en acide carbonique par la combustion lente du fumier, lumière tamisée — les jeunes plants prospèrent à merveille ; ils sont feuillés avec ampleur et admirablements sains. Tandis que dans nos serres les jeunes Palmiers émettent « par an deux feuilles, rarement trois, et en perdent une, là, ils en fournissent quatre ou cinq dans le même temps, les conservent vertes et intactes, et non plus que chez nous, ils n’en perdent qu’une annuellement. Voici la liste des espèces offertes aux acheteurs :
Acrocomia sclerocarpa Chamærops humilis frondibus magnis. Areca lutescens. — — macrophylla.
— Verschaffeltii. — — tomentosa.
Arenga Bonnetii. — — nivea.
— saccharifera. — stauracantha.
Astrocaryum Airi. Cocos amara
— mexicanum. — botryophora.
Attalea spectabilis. — coronata.
Brahea nobilis. — datil.
— dulcis. — flexuosa.
Caryota elegans. . — lapidea.
— furfuracea. - — schizophylla.
— humilis. Corypha australis.
— mitis. — Gebanga.
— propinqua. — Spinosa.
— Cumingii. Elæis melanococca.
— SPECIES. Jubæa spectabilis.
Chamædorea elatior. Latania borbonica.
— fibrosa. — — erecta.
— gracilis. — Commersoni.
— graminifolia. — glaucophylla.
— oblongata. Oreodoxa regia.
Chamærops excelsa. Phœnix dactylifera.
— humilis. — — de Biskra.
— — elegans. — farinifera.
Phœnix leonensis. Sabal havanense.
— pumila. — palmetto.
— senegalensis. — umbraculifera.
Rhapis flabelliformis. — SPECIES (de Bourbon). Seaforthia elegans. Thrinax elegans.
— Cunninghami. — flexilis.
Sabal Adansoni. — parviflora.
On voit figurer dans cette énumération des Palmiers qui n'ont pas encore été essayés en pleine terre; cela prouve que les introductions d'espèces nouvelles se font avec activité, et il n'est pas douteux que la plupart des derniers venus, après quelques années, deviendront assez robustes pour aller prendre place auprès de leurs semblables. Dès à présent, on peut juger de la richesse des collections.
On s’étonnera peut-être de ne rencontrer nulle part au Jardin le Cocotier, Cocos nucifera, fournissant ces énormes noix qui arrivent si nombreuses en Europe depuis quelques années, cet arbre merveilleux, avec lequel tous les Robinsons nous ont familiarisé depuis nos jeunes ans. Mais le climat de l'Algérie est encore trop froid pour cette espèce intertropicale; quant à la culture en serre, elle est excessivement difficile à cause du volume des graines et de la rapidité avec laquelle elle perdent leur faculté germinative. Le Cocotier ne croit pas même en Egypte, et il faut aller jusqu’à Moka d’un côté, jusqu'aux rivages de la Guinée de l’autre, avant de le rencontrer en pleine liberté. Il refuse donc de se laisser apprivoiser par les horticulteurs, comme le Bertholletia excelsa, le Lodoïcea Seychellarum, les Quinquinas et bien d’autres espèces encore.
Il n'est pas que les Palmiers qui soient au Jardin d'Essai l’objet d’une branche de commerce(l); de vastes carrés sont transformés en pépinières pour une foule d'espèces indigènes ou exotiques, dont la liste serait fastidieuse et ferait double emploi avec le « catalogue des produits » ; rappelons seulement, et n'y revenons plus, quele Hamma approvisionne déjà dans une large mesure les serres et les jardins d Europe, et qu'il est appelé à rendre les plus grands services à l’horticulture pratique et aux cultures d'agrément.
(1) Disons incidemment que le Jardin appartient à la Société générale Algérienne et non point au gouvernement.
TEE
Passons maintenant aux Bambous qui peuvent être-nommés, beaucoup plus justement que les Palmiers, rois des Graminées.
La grande allée est formée par le Bambou de l'Inde, Bambusa arundinacea, que l’on commence à cultiver avec beaucoup de succès dans les plaines humides de la Basse-Egypte et notamment sur les berges et les digues des canaux. Un sol marécageux lui est très-favorable ; ainsi, les touffes qui au Jardin du Hamma sont directement arrosées par un filet d'eau vive coulant en tout temps à leur pied, acquièrent un bien plus beau développement que leurs voisines, séparées du ruisseau par la largeur du chemin seulement; et les plus hautes tiges se trouvent dans l’île du lac artificiel dont il sera bientôt question.
Une autre espèce, le PB. mitis, se rapproche beaucoup de la précédente, sauf qu'elle est un peu moins grande; nous avons oublié à laquelle des deux se rapporte la variété awreo-viltata, dont les tiges offrent une riche teinte d’or pâle avec de fines stries longitudinales vertes. De magnifiques groupes de cette variété croissent dans l’île et ailleurs encore.
Le P. nigra forme à lui seul un vaste massif, et ses touffes se pressent tellement les unes contre les autres qu’il en résulte un fourré impénétrable ; il faut y tailler des sentiers à la hache. On emploie beaucoup ses tiges pour faire des cannes, notamment des cannes armées, des tuyaux de pipe et même des lignes légères pour la pêche. N'oublions pas le P. viridi-glaicescens, dont les longs rhizômes tracants facilitent la multiplication, et qui serait peut-être d’une grande ressource pour fixer les sables ; ni le 2. gracilis, si gracieux dans son ensemble quand la touffe est un peu forte, et qui est fréquemment cultivé dans les villas autour du lac Majeur. Ces trois espèces sont de dimensions beaucoup plus modestes que le Bambou de l'Inde.
Enfin le P. spinosa mérite une mention spéciale ; de grande taille, croissant en touffe compacte et armant ses rameaux de redoutables aiguillons recourbés en arrière, il peut s'employer à former des clôtures absolument impénétrables ; elles auraient sur les haies d’Agaves et de
Nopals cet avantage : ne jamais présenter des solutions de continuité.
On cultive encore au Jardin d’Essai les Bambusa stricta, BP. Thouarst, B. maxima, B. violascens, B. scriptoria, B. S'imonii, B. Metake Eté | trois ou quatre espècesindéterminées. Aucun Bambou ne fleurit sous le 4 } climat d'Alger ; mais M. Rivière, directeur de l'établissement, espère
pouvoir les caractériser parfaitement par la forme de leurs ligules. Nous souhaitons à cette idée le meilleur succès, car un tel critérium serait de nature à faire cesser toute incertitude sur la synonymie des divers Bambous cultivés.
Avant de quitter ce genre intéressant, un mot encore. Chacun sait que la croissance des Bambous est très-rapide; M. Delchevalerie a même publié dans un récent opuseule plusieurs anecdoctes à ce sujet, entre autres l’histoire d'hommes empalés pour avoir été contraints de s'asseoir sur un turion de Bambou. Quoiqu'il en soit, voici des faits précis, curieux en ce sens qu'ils jettent un nouveau jour sur la question si souvent discutée de l'allongement diurne et nocturne des tiges. Les uns affirment que le premier est ie plus considérable, les autres le nient; or, on peut se convaincre par les chiffres suivants que ce rapport, vraisemblablement constant dans une même espèce, peut être interverti dans deux espèces très-voisines :
. Observations de M. A. Rivière sur le B. mitis. B. arundinacea, Allongement en 12 heures de nuit 0"30 c. OPTEICe » » de jour O0"18 c. On15 c.
Donc le premier s'allonge davantage pendant la nuit et le second croit plus vite le jour. Autre déduction : la croissance de BP. mäitis en 24 heures a été de 48 centimètres, soit un centimètre en trente minutes. [l est bien peu de Champignons qui poussent aussi rapidement, et cependant ce n'est pas encore le maximum, d’autres observations ayant donné pour le même Bambou un nombre plus élevé.
Le Bananier forme dans toute la plaine du Hamma une branche importante de culture; en effet, il ne réussit guère dans les autres parties de l’Algérie et les environs de la capitale sont chargés d’approvisionner le reste du pays. Dès qu'on essaie de le planter un peu plus haut dans la montagne, il meurt à ras du sol pendant l'hiver, et dès lors ne fructifie plus. Deux espèces donnent des fruits pour le commerce : le Musa sapientium à petits fruits, et le 47. paradisiaca à fruits beaucoup plus gros; quant au 47. sinensis ou Bananier nain, qui . donne aussi des fruits excellents, il est moins souvent cultivé.
De vastes parcs du Jardin d’Essai sont occupés par les Bananiers, plantes très ornementales et dont aucune espèce européenne ne rappelle le port; de même que les Bambous, ils exigent de copieuses
irrigations. D'autres Wusa figurent dans les carrés ; ainsi le 47. ensete
y est représenté par d'énormes exemplaires, vraiment majestueux, de 4 à 5 mètres de haut sur 2"50 environ de tour à la base et portant de longues grappes florales. Les pieds de cette espèce, lorsqu'on réussit à préserver leurs larges feuilles du vent qui les déchire, font un bel effet dans les plates-bandes. On sait que ce Bananier n’a point comme ses congénères une souche vivace ; il meurt apres avoir fleuri, maïs par une sorte de compensation, à chaque fleuraison succèdé une production de nombreuses graines fertiles ; dans les bananes comestibles, on ne trouve pas même la trace des graines.
Nommons seulement les espèces suivantes ; il est en effet impossible
de décrire tout, et il ne faut s'arrêter qu'aux faits Les plus remar- F quables : 210 | $
Musa troglodytarum. Musa speciosa. À — sapientium maxima. — coccinea. >
— moschata. — zebrina. Ÿ
— ornata. — vittata. £
— discolor. e
Les Orangers sont maigres et de mauvaise venue dans toute l'Algérie; ceux du Jardin d'Essai ne font pas exception. Les fruits s'en ressentent : ils sont petits, peu juteux, coriaces. Les plus beaux de ces arbres se trouvent à Blidah et à Boufarick, non loin d'Alger, plantés à peu près comme les Pommiers de nos vergers ; mais quelle différence avec ceux de l’Andalousie! Ceux-ci laissent bien loin derrière eux les Orangers de la Sicile, aux environs de Messine, qui ont cependant une si glorieuse réputation. Dans la vallée du Guadalquivir, depuis Cordoue jusqu'à la mer, on rencontre cà et là de véritables bois d'Orangers, portant, en nombre égal aux feuilles, leurs succulents fruits d’or. Une autre vallée plus étroite, que parcourt la | voié ferrée entre Malaga et Bobadilla, n’est qu'une véritable forêt de ; ces arbres ; l'air est rempli de leurs violents parfums et au moment. È de la récolte, d'énormes tas d'oranges s'élèvent le long des sentiers. M
Mais c'est à Cordoue, dans la cour de la Mosquée et surtout dans un enclos non loin de la gare, que nous avons vu les plus merveilleux Orangers ; nous avons mesuré un tronc de trois mètres de tour à la ë base, de 370 à hauteur d'homme et en dessous des premières |
ils portent cependant des cimes énormes et bien saines chargées de millions de fruits ; le sol en est jonché. Quant à ceux de la Mosquée, une soixantaine en tout, dont une douzaine de bien gros,ils ne mesurent que 120 ou 150 au plus à la base et pourtant ils sont antérieurs aux exploits du Grand Capitaine (vers 1500!).
Après cette petite digression, nous rentrons au Hamma pour n’en plus sortir.
Non loin du principal massif des Palmiers se trouve une belle collection de Cycadées en un seul groupe. La plupart de ces plantes, rappelant les formes étranges des grands végétaux pendant la période houillère, représentants de genres qui se sont conservés vivants depuis ces temps reculés, portaient, au moment de notre visite, les plus belles fructifications, toutes stériles malheureusement; les unes en cônes, les autres sur des frondes charnues, sortes de spadices.
D'abord, en cercle autour du massif, de nombreux et beaux exemplaires de Cycas revoluta; sur plusieurs on voit bien distinctement les feuilles séparées en plusieurs étages ou couronnes superposées, alternant avec les cercles de frondes fructifères. Puis un Zamia glauca avec des cônes de 40 centimèt. de hauteur ; un bel exemplaire de Dion edule, portant un gros cône ovoïde, cotonneux à l'extérieur; un Bncephalartos longispica, avec un tronc globuleux très-gros et des | cônes de 60 centimètres de hauteur; un Zamia muricata, tout disposé à pousser en broussaille; plusieurs Cycas circinalis, dont les troncs atteignent parfois 1 m. de hauteur; un L'icephalartos Caffer avec un tronc haut de 1"50; un Æncephalartos longifolius au tronc énorme, ovoide, portant deux cônes d’un mètre de hauteur ; un Zncephalartos horridus, avec un gros cône ligneux de 30 centimètres de hauteur. Ajoutons à ces espèces les suivantes :
Ceratozamia mexicana. Encephalartos cycadifolia. Zamia fusca var. latifolia. — tridentata.
Cycas Rumphii. — Lehmannii.
Et nous aurons un assez riche ensemble pour une seule corbeille de pleine terre.
Bien remarquable aussi la collection des Agaves, quoique ces plantes soient d'une culture généralement assez facile, et que les serres d'Eu-
rope, notamment Lyon, Gand, Berlin et Kew, nous en offrent souvent
de nombreuses réunions. Nous avons relevé les noms de 63 espèces et.
variétés.
Les Yuccas ne sont pas loin. Le premier qui frappe la vue est un énorme pied de YF. canaliculata, haut de près de 8 m. et de 3150 de
tour à la base ; il est chargé dans ses deux tiers supérieurs de longues
feuilles raides, bordés de filaments roulés en spirale; la force de cette
végétation est on ne peut plus remarquable. Le Y. Draconis produit
aussi de fort gros troncs ; il y en a toute une haie, par groupes de 5 à.
8 sortant d'une souche commune, hauts de 350 en moyenne et mesu-
rant souvent 2 m. de tour. Dans d’autres parties du Jardin, on remar-.
que des pieds isolés de cette espèce, plus gros encore, d’un mètre de diamètre à la base, et arrivant à 8 et 10 m. de hauteur.
Le groupe se complète par les espèces suivantes :
Yucca albospica. Yucca gloriosa.
— aloefolia. — graminifolia.
— angustifclia. — Parmentieri.
— Cornuti. — pendula.
— filamentosa. — quadricolor.
— filifera. — Treculeana.
— flaccida. — flexilis.
Assez maigre le groupe des Broméliacées ; trois ou quatre espèces seulement (T'illandsin amæna, Pitcairnia augustifolia, Bilbergia pyramidalis, un Aechinea) ; la plupart il est vrai chargées de fruits fertiles.
La collection des Figuiers au contraire est nombreuse et des plus intéressantes ; beaucoup ont atteint la taille d'arbres de première grandeur, et comme on les a dans l'origine plantés en massif assez près l'un de l’autre, il en résulte qu'ils se génent déjà mutuellement et que d'ici à quelques années leur croissance sera tout à fait entravée. Outre ce massif et l'allée dont il a déjà été question, le Jardin en possède encore un autre groupe de moindre importance près des Bananiers; et de grands exemplaires de diverses espèces, ceux-là isolés de leurs congénères. Voici maintenant quelques détails :
PF, elastica, de la sève duquel on retire le caoutchouc ; il se développe
largement et se couvre de fruits.
F. reclinata. Les fruits se forment sur le vieux bois, à peu près \
comme dans le Gaïnier de Judée.
F. Lichtensteinii, chargé d'énormes grappes composées d'un millier de figues.
P. Sycomorus, ou Figuier de Pharaon, dont le bois dur et incorruptible à servi à confectionner les cercueils des momies ; Le plus grand arbre du groupe; plus de 2 m. de tour à la base.
F. Roxburghii, dont il a déjà été question; il est ici fort grand et fournit un bel exemple de racines adventives aériennes. Elles naissent à cinq mètres du sol et sur tout l'espace intermédiaire, tombent comme une longue chevelure et viennentsefixer en terre. Beaucoup de Figuiers offrent cette particularité à un degré plus ou moins élevé; on n’a pas oublié le Figuier des Pagodes, F. religiosa, représenté au Hamma par un jeune exemplaire seulement, et dont un pied unique forme parfois dans l’Ince, en s’enracinant de proche en proche, une petite forêt. Dans une espèce de Chine encore indéterminée, et qui figure dans le massif de ses congénères, ces racines descendent en spirale autour du tronc et lui donnent l'aspect d’une colonne torse.
En dehors du groupe, on rencontre plusieurs #, nifida formant grands arbres et atteignant près de 18 m. de hauteur; un exemplaire . de À. elastica de 2"50 de tour à la base, haut de 15 m.. avec de belles racines aériennes ; deux ou trois pieds de #. lævigata, arbres de première grandeur ; un #. rubiginosa, haut et bel arbre; un F. capensis avec d'énormes paquets de ramilles dirigées vers Le sol et rappelant vaguement les balais de sorcière ; ce sont les rachis qui se couvrent chaque année de figues ; des . racemosa enfin, grands arbres mesurant parfois 3 mètres de circonférence, avec les mêmes touffes fructifères que le précédent.
Le F. carica ou Figuier domestique est représenté au Jardin par plus de soixante (!) variétés à fruits de table, toutes en vente. C'est une espèce de grande importance pour l'Algérie ; la figue commune remplace dans le Tell la datte qui n’y müûrit point. Pour soutenir la tige presque sarmenteuse de ce Figuier, les Arabes en plantent toujours deux très-près l’un de l’autre et ils tordent ensemble les troncs; plus tard, par les progrès de la croissance, des soudures s’opèrent et l'observateur étonné constate que tous ces arbres sont cannelés en spirale; on en trouve de cette forme qui ont parfois un mètre de diamètre. Cependant, avec un tuteur dans sa jeunesse, le Figuier domestique peut acquérir assez de force pour prendre tout naturellement la tournure d’un arbre ordinaire à haute tige ; nous en avons vu en Sicile
d'énormes et de très-beaux, dont le tronc ne décélait aucune origine double.
consiste à suspendre dans les branches des Figuiers cultivés des grap- 4
pes de figues sauvages; on croit généralement que des insectes spéciaux 4 du genre Cynips sortent de ces dernières, s’introduisent dans les — figues domestiques, et assurent la fécondation des fleurs femelles par le pollen des mâles ; les unes et les autres, comme chacun sait, se développent à l'intérieur de la figue, qui n'est point un fruit mais un réceptacle-inflorescence. Par suite de la caprification, on pense que la récolte est plus abondante et plus précoce. M. Rivière oppose à cette vieille croyance plusieurs observations : d'abord, ayant employé la caprification, il a obtenu une excellente récolte; mais l'année suivante, sans aucun procédé artificiel , la récolte a été la même; ensuite, pendant l'opération et malgré la plus attentive surveillance, il n'a jamais vu les Cynips s'introduire dans les figues cultivées. On voit done, comme le dit lui-même l’habile et savant directeur du Jardin d'Essai, que la question demande de nouvelles recherches expérimentales.
Comme les espèces du genre Wicus sont généralement peu cultivées chez nous, il ne sera pas sans intérêt de compléter la liste de celles qui figurent au Jardin; outre les Figuiers mentionnés ci-dessus, on y rencontre les suivants, ce qui porte le total des espèces et variétés à plus de 112 :
Ficus Afzelii. Ficus Lecpoldii.
— bengalensis. — leuconeura.
— benjaminea. — leucophylla.
— Botterii. — lutescens.
— Brassii. — macrophylla.
— Candollei. — Milletii.
— Chauvieri. — Murrayana. — comestibilis. — ner vosa.
— cordifolia. — Neumannii.
— coronata. — nobilis.
— ferruginea. — nymphaeifolia.
— gracilis. — oppositifolia.
— heterophylla. — pereskifolia.
— hirsuta. — pellucida.
— incana. — pergaminea.
— laurifolia. — persicifolia.
(1) De Caprificus, sorte de Figuier.
Ficus phytolaccifolia. Ficus scabra.
— populifolia. — stipulata.
— pseudo-nymphaeifolia. — striata.
— pyrifolia. — subpanduüurifolia.
— rubrinervis. — Tjiela.
— ramiflora. — yelutina.
— reclinata.
Le massif des Bombacées paraît devoir subir le même sort que celui des Figuiers ; ces arbres, parfois représentés dans nos serres par des exemplaires petits et souffrants, ont pris là un tel développement que leurs cymes, hautes de 15 à 20 m., se mêlent déjà et se génent mutuellement. On ÿy remarque les espèces
suivantes Bombax Ceiba. Sterculia heterophylla.
Carolinea fastuosa. — coccinea.
— minor. — nobilis.
— insignis. Eriodendron phœosanthum.
— alba. — Caribaeum.
— macrocarpa. Chorisia speciosa.
Eriotheca parviflora.
Ce dernier forme un très-grand arbre de 2"30 de tour à la base ; le tronc et les rameaux sont garnis d’aiguillons énormes, fortement adhérents à l'écorce et rendant l'accès de la cyme absolument impossible aux animaux grimpeurs. L’accroissement de ces organes, entièrement cellulaires du reste, paraït illimité et proportionnel à celui de la branche quiles porte ; ainsi, ceux qui se pressent les uns contre les autres à la surface d’un rameau ne s'isolent point quand le rameau grossit; mais, chose remarquable, leur base se dilate juste assez pour qu'ils ne laissent jamais entre eux d'intervalles où l'écorce serait à nu ; en même temps, leur hauteur s'accroît proportionnellement. La partie la plus jeune de ces aiguillons se trouve donc à leur base, dans la couche cellulaire active qui les a produits ; 1l n'est pas rare de les trouver formés par des couches distinctes de parenchyme, disques superposés, qui correspondent à des temps de croissance différents, à peu près comme dans le liége à bouchons. Il paraît que chez le Bombax Ceiba et l'Friotheca parviflora, le développement des aiguillons est autre ; espéronsque les travaux de M. Rivière éclairciront complétement la question.
Non loin se trouve une pièce d’eau avec un ilot au centre; d'énormes
touffes de Cyperus Papyrus, un des bons souvenirs de notre séjour à
Syracuse, s'élèvent sur ses bords; ils se mêlent à des groupes de Calla aelhiopica, cette belle Aroïdée que l'on cultive en pot dans nos contrées, et que l’on est bien étonné de voir pousser en toute liberté comme la plus commune Sagittaire ; nombreux aussi et compactes sont les massifs de Canna indica en pleine floraison. Au-dessus des eaux s'élèvent les belles feuilles des Nélumbiums (W. speciosum et N. luteum), ou Lotus du Nil, sur l'une desquelles on assure que Brahma est resté assis pendant plusieurs milliers d'années. Encore un regard aux Bambous, formant dans l'ile une jungle microscopique, et passons aux Strélitzies, dont la végétation luxuriante rivalise avec celle des plus grands Bananiers.
Le Strelitiia augusta atteint 4 m. de hauteur et dans un autre massif 12 m.(!); le Sfr. alba, 5 m.; le Ravenala Madagascariensis, Ô m. Ensemble ces grandes feuilles constituent une haie imposante et splendide; d'autres espèces plus petites les entourent. Toutes sont fleuries et de la plus belle venue. Le Ravenala est parfois nommé l’Arbre du voyageur, parce qu'en coupant le pétiole de ses grandes feuilles, il sen écoule une assez forte quantité d’eau fraiche; du reste, plusieurs autres espèces partagent avec lui cette assez vague appellation.
Entre le lac et la haie de clôture, formée de Coulteria linctoria aux énormes piquants, est toute une collection de Papilionacées plantée depuis peu de temps; elle est nombreuse et promet de devenir fort intéressante. Elle se complète tout naturellement par une soixantaine d’Acacias à phyllodes de la Nouvelle-Hollande qui peuplent la montagne; ces arbres, qui semblent s'accommoder parfaitement du climat Algérien, poussent avec une vigueur extraordinaire et se couvrent chaque année de fleurs et de fruits; plusieurs ont déjà atteint la taille de grands arbres. Un Acacia Lebbek immense attire spécialement l'attention. |
Citons encore parmi les collections : 4) l'Olivier d'Europe en vingt variétés destinées à la culture; plusieurs très-précoces étaient déjà en
fleur le 20 avril, tandis que l'Olivier sauvage ne fleurit guère avant le. | |
10 mai ;
b) Les plantes grasses, appartenant principalement aux fanulles |
as fhoesache. rien