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suivantes : Amaryllidées, Liliacées, Cactées, Composées, Crassulacées, Euphorbiacées, Ficoïdées ; et se comptant par centaines d'espèces ;
c) Les Araliacées en grands exemplaires ;
d) Les Myrtacées, auxquelles la Nouvelle-Hollande à apporté un riche contingent. On n'oublie jamais, dès qu'on les a vus une seule fois, ces buissons fleuris des teintes les plus vives se rapportant aux genres Z'ugenia, Myrtus, Syzygium, Melaleuca, Eucalyptus, Jambosa, Metrosideros ; les splendides Callistemons couvrent une partie des pentes de la montagne. Et quelle force de végétation ! Nous avons mesuré un J/ambosa australis de 1",50 de tour, de 18 mètres de hauteur ; un A/elaleuca decussata de 1 metre de tour et de 10 à 12 m. de haut.
e) Les Laurinées, parmi lesquelles nous avons noté : 1) des Camphriers déjà de forte taille, dans la montagne surtout, et donnant chaque année une belle récolte de graines fertiles ; ils étaient sur le point de fleurir et répandaient une odeur caractéristique; 2) un Avocatier, Persea gratissima, d'une quinzaine de mètres de hauteur, fournissant en abondance des fruits comestibles ; au moment de notre arrivée, il était tout couvert de grappes florales prêtes à s'épanouir ; 3) un ZLaurus indica de 1,50 de tour, haut de 15 à 18 mètres ; 4) un Zaurus tomentosa, grand arbre qui a le port et les feuilles du Laurier commun, mais dont les jeunes pousses sont tomenteuses.
J) Enfin les Conifères qui méritent bien que l'on s’y arrête un peu plus longtemps.
C'est d'abord un Pinus longifolia âgé de dix-huit ans seulement ; la cime en est énorme et il mesure deux mètres de tour à hauteur d'homme. Un peu plus loin s'élèvent trois beaux pieds de Cyprès chauve, cet arbre des terrains marécageux, destiné peut-être à rendre de grands services en Algérie pour le reboisement des plaines basses. Les Podocarpus latifolia et P. spicata forment des arbres de 8 à 10 m. de hauteur. Ce qui est réellement splendide et sans analogue en Europe, ce sont les Araucaria excelsa, représentés dans le jardin public par trois grands pieds, et dans la montagne par des exemplaires nombreux ; un d'eux surtout, non loin de l'allée des Bambous, a plus de vingt mètres de hauteur en une seule flèche parfaitement droite, dont le pied mesure 3 mètres de tour; garni de rameaux jusqu'au sol, il forme un cône régulier et gigantesque d'une quarantaine de
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mètres de circonférence à la base. Ceux de la montagne sont aus fort beaux. La plupart portent des cônes ; uniquement femelles, l'espèce étant dioïque, tous ces cônes sont stériles ; quand ils se dessèchent, leurs écailles se désarticulent et il faut les entourer d'un filet qui les enserre parfaitement pour réussir à les conserver sans trop de déformation. Son congénère, l’Araucaria du Brésil, dont les feuilles paraissent taillées dans du fer-blanc, existe en beaux exemplaires et fructifie également : l'écorce du tronc est sillonnée cireulairement par de gros plis, à cause du développement lent mais continu du parenchyme qui la compose, alors que depuis longtemps le bois a cessé de s’allonger. Enfin l'Araucaria Cunninghami est £ représenté par un arbre de première grandeur, bien régulier. 4
Le Pin des Canaries forme au sommet de la montagne une petite forêt ; sa croissance est rapide et vigoureuse, et il porte de nombreux M cônes à graines fertiles qui serviront probablement à répandre cette à belle espèce dans tout le bassin de la Méditerranée. Les plus grands de ces cônes ont 17 centimètres de longueur et ils servent à faire aisément distinguer l'espèce de ses voisines, les Pinus maritima, P. sylvestris et P. halepensis. Ce dernier est excessivement Commun dans les environs d'Alger, et 1l y acquiert une vigueur beaucoup plus grande que dans le midi de la France.
Avant de quitter le Jardin public, un mot encore sur certains « végétaux qui n'ont pas trouvé leur place dans les groupes précédents,
op Lsi :s'et
ou que nous avons oublié d'y faire figurer ; ils sont tels que l'Européen qui les voit pour la première fois ne peut manquer d'être frappé d'étonnement et d'admiration.
Qu'elles sont éclatantes ces haies de Pélargoniums, dont les fleurs, si violemment colorées, tranchent durement sur la panachure des feuilles ; et ces Bougainvillées, dont les bractées rappellent les vapeurs d’iode ou les violets les plus riches de l’aniline. Qu'ils sont splendides
ces grands parcs de Rosiers de Chine, couverts de fleurs pendant que
chez nous l'on grelotte sous la neige; et ces nombreuses Ketmies, arbres ou buissons chargés de leurs fleurs larges et brillantes, mais À à trop éphémères ! N'est-ce point une merveille que ces grands Cierges 4 (Cereus triangularis, C. grandiflorus, var. Maynardi et C. rostralus), | serpents végétaux s'élançant jusqu'au sommet d’arbres fort élevés, et 4
s'établissant entre leurs branches qui semblent faites exprès; ou bien,
lorsqu'ils ont la force de se soutenir (C. Peruvianus), poussant des tiges hautes de dix mètres d'un seul jet?
Plus loin ce sont des arbres énormes, surtout lorsque l’on considère l'espèce à laquelle ils appartiennent; une Zwphorbia buplewrifolia en arbre de 4 m. de hauteur ; un Aeiïnia nereyfolia, rappelant les Canaries - où il est si commun ; dans tous les coins du Jardin, de grands buissons de Daturas en arbre, couverts de leurs longues fleurs blanches qui répandent, le soir seulement, leur suave et dangereux parfum ; un Croton sebiferum haut de 20 m.; un Menispermum laurifolium, grand arbre d’un mètre de tour, avec une cime irrégulière; un pied très-vieux de Schinus molle de 230 de circonférence à la base; un SChinus terebenthifolium, grand et bel arbre, se distinguant à la première vue du précédent par ses feuilles plus larges ; trois Woruws alba excessivement vieux et antérieurs sans nul doute à la création du Jardin; celui du - milieu mesure 5"50 de tour à la base. Plusieurs lianes envahissent de grands arbres ; le Guilandina glabra, avec ses longues grappes de fleurs jaunes, remplit toute la cime d’un Paulownia; le Deehringia baselloides, en s’aidant d’un support, s’élance à plus de vingt mètres dans les airs; enfin le Rosier Banks, qui est aussi une sorte de liane, couvert de fleurs de la base au sommet, atteint une égale hauteur.
Iei c’est un Dragonnier, moins beau sans doute que le géant d’Icod de los vinos (Ténériffe), lequel commence à hériter la gloire de son voisin ruiné de la Orotava, mais déjà bien remarquable. Ainsi, le premier cercle de rameaux comprend sept troncs, dont deux sont bifurqués, et il est certainement plus vieux que les Dragonniers de la grande allée. Plus loin, c’est le Buis des iles Baléares, avec ses feuilles plus grandes que celles du nôtre; et la Porlérie hygrométrique, dont les alternatives de veille et de sommeil sont si intéressantes par leur régularité ; rien n'est plus gracieux que les pieds un peu forts de cette espèce, dont les rameaux retombent en parasol. N'oublions pas un Cedrela odorata d’une vingtaine de mètres de hauteur et dont les feuilles ressemblent à celles du Frêne ; ni un Grevillea robusta, souvent nommé Arbre-Fougère à cause de la découpure de ses feuilles, aussi haut que le précédent et de 2 m. de tour à la base; énormes dimen- . sions pour cette espèce.
Les Erythrina sont représentés par de grands arbres. C'est d'abord
l'Erythrina Crista-Galli, faible arbuste dans nos parterres ; là, bel
arbre de 8 m. de hauteur et de près d'un mètre de tour (!). Puis l'E. umbrosa, arbre de première grandeur d’un mètre de diamètre et parfois plus à la base; l'Z. calliodendron, aux rameaux épineux, haut de huit mètres ; l’Æ. corallodendron d’une quinzaine de mètres, bifurqué dès la base ; un autre pied colossal mesure de 2260 de tour; c'est lui que le Deekringia envahit. |
Un arbre de première grandeur encore, c'est le PAytolacca dioica, congénère du PX. decandra herbacé et annuel; il s’en trouve au Jardin un pied de 20 m. de hauteur et de plus de 1 m. de diamètre à hauteur d'homme. Pendant la croissance de l'arbre, la souche et les racines
grossissent énormément et lui font une sorte de piédestal ligneux; à
Gibraltar, immédiatement en sortant de la ville et un peu avant d'arri-.
ver à l’Alameda, il existe sept ou huit Phytolaccas qui paraissent surgir d'un énorme bloc de rocher (10 à 15 m. de tour et davantage); on s'approche : c'est l'épatement de leur base, et il faut de temps en temps la tailler à coups de hache pour qu'elle ne vienne pas obstruer le chemin, assez étroit à cette place. Une autre preuve de la vitalité extrême de cette souche est fournie par les nombreux rejetons qu'elle émet jusqu’à sa plus extrême vieillesse, et malgré l'épaisseur de l'écorce. Arrétons-nous, car il reste encore une étape à parcourir et le temps manquerait pour donner une énumération, même incomplète, des espèces intéressantes qui arrêtent à chaque pas le visiteur ; elles appartiennent à des genres souvent peu connus tels que : Menispermum, Piper, Hypericum (en arbre), Jacaranda, Plumiera, Tectona, Poinsettia, Croton, Aleurites, Allamanda, Banksia, Dammara et bien d’autres. Sortons maintenant du jardin par la porte d’en haut et traversons la route de Constantine; on laisse à droite un café arabe, devant lequel s'élèvent deux gigantesques Platanes, et l’on s'engage dans la
montagne, dont les chemins, serpentant en pente douce, permettent
d'atteindre le sommet sans fatigue.
La première rampe est bordée à gauche par une ligne de Grevillea
s’'apprétant à fleurir (premiers jours de mai) ; à droite, par des brous: … sailles d'Acacias exotiques en fruits pour la plupart; vers le haut de
cette rampe, un magnifique Araucaria se dresse, portant écars sur ses
rameaux plus de cent cônes femelles. On continue à s'élever lenté=
ment au milieu de cette flore Australienne; les phyllodes sont presque
l'unique forme des infrondescences. Rappelons encore la splendeur des Callistemons, se déployant mieux ici que dans la plaine et nous réservant des étonnements nouveaux. De grands Zucalyptus globulus forment la haute futaie de ce taillis. |
Cette belle Myrtacée sera probablement d’un grand secours à l’Algérie pour les reboisements ; elle s'arrange parfaitement du sol et du climat, et depuis quelques années déjà on en fait des plantations sur tous les points du territoire; la route de Constantine, à la hauteur du Jardin public, en est bordée; c'est même parmi ceux-ci que nous avons rencontré les plus grands exemplaires (20 mètres de hauteur, 155 de tour à hauteur d'homme) ; et la plaine entre Alger et Blidah en nourrit de nombreux groupes. Il se reproduit très-facilement par graines; dans les premiers temps de sa végétation, il porte des feuilles sessiles, ovales, très-clauques. Plus tard, des phyllodes pétiolés, falciformes, de 20 centimètres de longueur environ, apparaissent et lui donnent l'aspect d’un arbre pleureur ou funéraire. L'âge auquel à lieu cette transformation est variable et il est impossible de dire sous quelle influence elle s'opère ; souvent on trouve, ayant grandi côte à côte, des arbres de même taille, Les uns tout en feuilles, les autres tout en phyllodes, ce qui leur donne un port si différent, que l'on croirait avoir affaire à deux espèces distinctes ; parfois même l'individu avec les phyllodes est plus petit et plus jeune que l’autre. La vieille écorce de cet Eucalyptus se détache sous forme de lanières qui entourent en spirale le tronc et les rameaux. Toutes ses parties sont imprégnées d'un suc aromatique, auquel on attribue diverses propriétés médicinales.
. Le groupe des Casuarinées, semblables à des Prêles gigantesques et arborescentes, n’est pas un des moins intéressants de ces riches cultures ; comme les Cycadées, comme les Fougères en arbre, ces végétaux nous ramènent par la pensée à une flore depuis longtemps disparue, et nous les associons volontiers aux formes animales non moins étranges des Ichthyosaures, des Dinothériums ou des Glyptodons.
Déjà dans le Jardin public se trouvent plusieurs pieds de Casuarina lateriflora, assez semblables à des Pins de maigre venue, mais hauts de 15 à 20 mètres. Ici c'est toute une collection, la plupart avec cônes fertiles ; le C. quadrivalvis est le plus robuste de tous ; un pied de
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cette espèce forme un arbre de moyenne grandeur (80 centimètres de tour à la base), très-touffu et chargé d'innombrables fructifications, cônes globuleux du volume d’une forte noix. Nommons seulement les C. stricta, C. nodiflora et C!. torulosa. j
Montons encore parmi les Conifères d'espèce rare, les Camphriers, les Mimoses; passons à côté de ces vastes bâtiments d'origine arabe, qui servent de maison commune aux ouvriers du Jardin; traversons
successivement les Pins des Canaries et les Pins d'Alep; nous voici.
tout au sommet de la montagne, dans un champ de vignes disputant péniblement le terrain aux espèces indigènes, les Cistes, les Bruyères en arbre et les grandes Labiées ; un instant de repos avant de redescendre et contemplons l’admirable panorama qui s'offre à nos regards.
Tout à gauche, le soleil à son déclin noie dans un flot de poussière d'or Alger et ses blanches maisons et les dômes de ses mosquées et ses minarets pointus ; la ville s'appuie et s'étale en amphithéâtre sur la colline qui en est le sol. A ses pieds, Le port, enserrant dans ses deux grands bras de pierre, au bout desquels deux flambeaux, les phares, vont s’allumer, toute une forêt de mâts, appartenant aux nations les plus diverses. Au-dessus, d'immenses bâtiments aux formes lourdes et carrées ; hélas ! ce sont des casernes, des forteresses et des prisons ; quelle encre dans le tableau !
D'ici jusqu'à l'antique nid des pirates musulmans, ce n’est qu'un faubourg, tant dans la plaine et sur les coteaux les villas se succèdent
et se pressent; le charmant hameau d'Isly paraît être le centre de
toutes ces maisons de plaisance auxquelles la flore africaine apporte la grâce et la fraîcheur. Ce grand terrain vide, c'est le champ des manœuvres, où les Arabes avec indolence viennent admirer les brillants uniformes de leurs maîtres, et contempler, sans les comprendre, les mouvements stratégiques.
Devant nous se déploie en un cercle immense la baie d'Alger, riva=
lisant de beauté avec le golfe de Naples ; involontairement on cherche le Vésuve, mais l'œil ne rencontre que de verdoyantes collines. La mer est bleue, profonde dans son calme; les voiles latines des barques qui pêchent rompent agréablement la monotonie et l’immensité de ce lac; tout à l'horizon, un panache de fumée annonce le steamer qui dans une couple d'heures apportera le courrier de France.
En présence de ce spectacle grandiose et de cette nature si belle, le plus indifférent doit se sentir ému et l'on répète volontiers avec le
poète :
Si je n'étais captive, J’aime de ces contrées J'aimerais ce pays, Les doux parfums brüûlants ; Et cette mer plaintive, Sur les vitres dorées, Et ces champs de maïs; Les feuillages tremblants ; Et ces astres sans nombre, L’eau que la source épanche Si, le long du mur sombre, Sous le palmier qui penche, N’étincelait dans l’ombre Et la cigogne blanche Le sabre des spahis. Sur les minarets blancs.
Alger, 10 mai 1872.
J. Chalon.
CULTURE PES AMARMLETIS.) par M. Louis Van Houlite.
CULTURE EN PLEINE TERRE. — Cultivées en plate-bande, au pied d'un mur, à l'exposition du midi, dans un sol un peu exhaussé, ces Amaryllis, dont on ne doit relever les ognons pour les diviser (si l’on veut) que tous les 3-4 ans, y prospèrent et y fleurissent abondamment, pourvu que l'on ait soin de les couvrir de feuilles à l'approche des gelées et de les découvrir au printemps.
CULTURE EN PoTs. — Les Amaryllis passent ici l'hiver sur une tablette de serre tempérée. Nous les tenons en pots dans leur vieille terre, sans les arroser. Vers la mi-décembre, nous les rempotons dans de la terre neuve composée uniquement de terreau de feuilles mortes, mêlé à un peu de sable.
Nous secouons toute la terre usée; nous mettons les racines à nu, sans les casser, et nous nous servons, dans ce but, d’un bout de baguette à l’aide duquel nous tisonnons la terre adhérant aux racines. Nous enlevons soigneusement toutes les racines pourries ou cassées, et passons le doigt sous le plateau, à la base inférieure du bulbe, autour duquel se forment les racines, pour en enlever les pellicules détériorées, mais nous nous gardons bien de dépouiller le bulbe des tuniques, des pellicules latérales dont il est vêtu, quand bien même ces pellicules,
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ces tuniques n’adhéreraient pas fortement à l’ognon ; car on verra plus tard, quand la plante sera en pleine végétation, que l'ognon, en se: gonflant, reprendra sa fermeté première et que les tuniques alors feront corps solide avec le bulbe.
Puis à lieu le rempotage. On garnit le fond du pot de tessons de poterie et, tenant le sommet du bulbe d'une main, les racines pendant dans le pot, on laisse glisser doucement un peu de terre autour de celles-ci, et l'on continue à en faire tomber jusqu’à ce que toutes les
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racines et tout le bulbe soient enterrés jusqu'au collet exclusivement. La terre ne doit être que modérément tassée.
L'opération terminée, on place les Amaryllis près du vitrage, dans la serre tempérée ou dans la serre chaude, sans les arroser jusqu’à ce qu'ils semblent se mettre en mouvement, et même alors, il ne leur faut que bien peu d'humidité. Il n’en sera plus de même quand la végétation se prononcera dans toute sa force; pendant cette période, les arrosements seront abondants.
Nous avons dit qu'on placera les pots en serre tempérée ou en serre chaude, suivant que l’on voudra faire fleurir ces plantes plus ou moins tôt en saison.
Pendant la floraison, on peut, si on le veut, féconder les Amaryllis; mais, disons-le, une fois fécondées, les fleurs passent de suite, et apres avoir porté des graines, il est rare que le bulbe refleurisse l’année ‘ suivante ; la plante se fatigue à porter des graines : après la maturité de celles-ci, on verra que le bulbe sera amaigri, que sa robe, que ses tuniques seront trop larges, qu'en un mot, il ressemblera à un convalescent qui se perd dans ses vêtements, justaucorps d'autrefois.
Après la floraison, nous enterrons les Amaryllis avec leurs pots, en plein soleil, dans la terre du jardin ou dans la vieille tannée, en continuant les arrosements tant que la végétation est vigoureuse ; puis nous les discontinuons tout à fait, en laissant exclusivement aux plantes l'eau qui tombe du ciel. — Nous ferons observer qu’en plongeant les pots dans la terre du jardin, il sera utile de retirer un instant le pot du trou qu'il devra occuper, pour forer, à l’aide d'un bâton pointu, un second trou dans la terre du fond, là où se trouve
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l'orifice de l'écoulement de l’eau du pot; ce trou, plus profond dans la L |
terre, aura pour but d'empêcher les lombrics de s'introduire dans le“
vase et d'en bouleverser la terre. Le lombric fatigue les racines par
ses pérégrinations incessantes, quand il ne leur occasionne pas d’autres dommages.
On rentre les Amaryllis aussitôt que l'atmosphère se refroidit et que les pluies cessent d'être chaudes, et l’on place les pots, sans leur donner un atome d'eau, sur quelque tablette élevée de la serre où ils se ressuient, où les feuilles se fanent, où la plante se prépare à un repos tout à fait indispensable, si l’on veut que les fleurs fassent merveille l’année suivante.
On peut aussi procéder au rempotage des Amaryllis aussitôt après leur floraison. Dans ce cas, une main exercée devra secouer la motte sans briser les racines nouvelles qui sont très-cassantes étant jeunes. Cette pratique aura même pour effet d'assurer parfois une floraison plus luxuriante que si le rempotage avait lieu en hiver. Après ce rempotage, on place les pots à l'ombre, sous les arbres, jusqu’à ce que le temps soit sombre, et que la venue de la pluie soit certaine. À ce moment, on enterre les pots en plein soleil et l’on procéde comme nous venons de l'expliquer.
Nous disons que le rempotage opéré après la floraison peut amener parfois une floraison plus vigoureuse, tandis qu'elle peut étre chanceuse en ne rempotant qu'en décembre. Voici d’où cela pourrait provenir: en rempotant après la floraison, les racines s'étendent, se fixent et tapissent le vase à l'entrée de l'hiver. Si, pendant l’hiver, elles se maintiennent dans cetétat, la plante sera bien ancrée lorsqu'elle émettra sa hampe florale. En ne rempotant, au contraire, qu'en hiver, si le défaut de soins et la chaleur ambiante provoquent l'émission du feuillage et des boutons à fleurs avant que les racines nouvelles aient tapissé le vase, la floraison sera sans vigueur, parce qu'une plate non ancrée par ses racines n’a pas de force propulsive.
CULTURE DES JACINTHES, TULIPES, CROCUS, NARCISSES, SCILLES, IRIS ANGLICA ET HDSPANICA, ANEMONES ET RENONCULESY,
par M. Louis Van Houite.
1° Zn pleine terre, en plein air. — On plante les Jacinthes depuis le 1% octobre jusqu’au 1% décembre, dans de la terre légère, sablonheuse autant que possible, ou bien ameublie par des labours et dont
la famure ne soit pas trop récente. On emploie, de préférence, pour
engrais le fumier de vache bien consommé. Si la terre est froide et humide, il faut exhausser la planche où l’on veut planter, l'incliner lécèrement du côté du midi et y mettre, à environ deux pieds de profondeur, des gravois, des branches d'arbres ou d’autres débris, pour faciliter l'écoulement des eaux. On plante les ognons à une profondeur
de 15 à 20 centimètres et à une distance de 12 à 15 centimètres les.
uns des autres, en ayant soin de ne pas fouler la terre. Aussitôt que les gelées surviennent, on couvre la planche de feuilles mortes ou de litière, et on la découvre aussitôt que les fortes gelées ne sont plus à craindre. Lorsque les Jacinthes sont en pleine végétation et que la pluie se fait attendre, il faut les arroser légèrement,
2° Culture forcée en pots. — On plante les Jacinthes dans des pots ou dans des vases d’une forme quelconque, dont les dimensions diffèrent suivant le nombre d'ognons qu'on veut y mettre; si l’on veut que chaque ognon soit isolé, on prend des pots de 12 centimètres environ de hauteur et de 12 centimètres de largeur à l'orifice. La plantation a lieu du 1‘ octobre au 1*% décembre, mais le mois d'octobre est le meilleur moment pour bien réussir. On emploie les pots de bonne terre légère de potager, de terreau ou de terre légère de bruyère, et on y plante les ognons de manière qu'ils soient entièrement recouverts et que leur collet soit de niveau avec la terre. Cela fait, on place les pots dehors, en les enterrant jusqu'au-dessus des bords et on les y laisse pendant six ou huit semaines environ, en ayant soin, cependant, de les couvrir d’une légère couche de feuilles si la gelée menaçait. Ce temps écoulé, les Jacinthes auront émis des racines et leurs feuilles commenceront à paraître; elles sont alors en état d'être forcées. À cet effet, on les retire de la pleine terre et on les place près de la lumière dans un appartement, sous un châssis ou dans une serre, en leur donnant de l’air autant que possible.
Quant on veut activer la floraison des Jacinthes, on les met dans un endroit qu'on chauffe graduellement, en ayant toujours soin de les exposer à la lumière. Dès qu'on a enlevé les Jacinthes de la pleine terre pour les mettre soit dans un appartement, soit en bàche ou en
serre, etc., on doit bien en soigner l’arrosement et ne jamais laisser la terre se dessécher ; on y aidera en plaçant chaque pot dans une ê soucoupe qui recevra la surabondance d'eau et la rendra à la terre
par voie d'aspiration.
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30 Culture en carafes. — On choisit des vases dont l’ouverture soit assez large pour pouvoir y poser à ferme un ognon de Jacinthe, de manière que l'eau contenue dans le vase, qu'on a rempli entièrement, puisse bien mouiller le plateau de l'ognon ; on emploie de préférence, l'eau de pluie ou dé rivière ; un peu de sel, jeté dans cette eau, en prévient la corruption. On aura soin de remplir les vases à mesure que l'eau s’épuisera et de renouveler celle-ci, deux fois par mois environ, par une eau nouvelle qu'on aura tenue pendant quelques heures dans le local même afin qu'elle y acquière la même température. S'il se forme des matières vertes autour des racines, il faut les laver soigneusement, en prenart garde de ne pas les casser. On attache l’ognon sur le vase au moyen d'un petit fil métallique ou de tout autre lien pour que la plante ne se renverse pas lorsqu'elle a poussé feuilles et fleurs.
4° Culture dans de la mousse. — Ce genre de culture consiste à placer des Jacinthes dans des vases remplis de mousse non tassée et tenue constamment humide. Quand les ognons émettent leurs racines, cellesci s’entrelacent et s’attachent à la mousse, ce qui permet d'enlever les Jacinthes quand elles sont en pleine floraison et de les employer à la formation de corbeilles, etc. Cette culture ne diffère guère de celle en carafes.
Les deux premiers modes de culture ci-dessus s'appliquent également à toutes espèces de bulbes, tels que : TuxrpEs, Crocus, NARCISSES, SCILLES, IRIS ANGLICA et HISPANICA, etc., etc.
Les Anémones demandent une terre fraîche; le terreau et le fumier bien consommé leur sont très-favorables, pourvu qu’ils soient bien mélangés à la terre. On plante les pattes ou racines à 6 centimètres environ de profondeur et à une distance variable, mais pas à moins de 15 à 20 centimètres. — En été, si la pluie se fait attendre, il faut arroser, de préférence le soir. Les Anémones se plantent en toute saison, mais mieux au printemps, de février à mars-avril.
Les Renoncules se cultivent de la même manière que les Anémones ; on doit les planter à mi-ombre, de manière qu'elles ne recoivent pas les rayons du soleil en plein jour, mais seulement le matin ou le soir; il faut leur choisir une place fraiche. On arrose copieusement en temps
de sécheresse.
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