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II. — Cliampignons

Les espèces appartenant à la classe précédente pouvaient se cultiver pour ainsi dire exclusivement dans la serre. La classe si nombreuse dont il est ici question, exigera au contraire des installations trèsdiverses. Plusieurs compartiments de la serre tempérée seront naturellement utilisés; il ne sera pas surprenant même qu'on trouve indispensable de consacrer une petite serre spéciale à l'ensemble des cultures mycologiques. De plus, beaucoup de types exigeront des dispositions toutes particulières : l'emploi de cloches, de châssis, pour condenser l'humidité deviendra par suite de première nécessité. Un assez grand nombre d'autres types, au contraire, pourront se cultiver en plein air : ce sont les parasites des plantes vivantes. Leur réunion dans une partie du jardin pourra se faire méthodiquement, si bien qu'on arrivera à constituer de cette façon une sorte de jardin pathologique qui ne manquerait certainement pas d'intérêt. J'essayerai du moins d'en donner plus loin une idée générale.

Dans cette immense classe de champignons, il ne peut être question ici que très-sommairement des essais de culture de certains types, pris

dans les groupes suivants :

Mucédinées et Mucorinées ; Urédinées et Ustilaginées ; Basidiosporées; Thécasporées ; Chytridinëes, Saprolégniées etPéronosporées.

I. — La culture des Mucédinées, comme celle des Mucorinées, con-

sistera dans la généralité des cas à semer les spores des espèces qn^on veut maltiplier, ou à transporter leurs filaments mjcéliques sar les substraturos nécessaires à leur développement. La qualité du substratum fera tout le succès de ces préparations, qui demanderont pour ainsi dire à être toujours faites sous cloche, et de plus à être installées loin de toute autre culture, même mjcologique. Entre autres espèces à citer, car le nombre des espèces faciles à cultiver, est assez grand, je nommerai ici le Mucor Mucedo, le Phycomyces nitens^ les Piptoce-phalis, etc. , ainsi que le curieux Pilobolus crystaUinm.

Le Sphaerobolus stellatus qui se développe, en automne, sur le bois pourri, pourra aussi être recueilli en forêt et cultivé dans la serre tempérée. .

II. — Les Urédinées, présentant avec les Ustilaginées un intérêt plus marqué au point de vue de Tagriculture, demanderont à être Tobjet de soins tout particuliers. On devra mettre à profit les résultats des travaux mjcologiques qui, dans ces dernières années, ont fait connaître les circonstances si singulières de la vie de ces parasites, et notamment leur mode de génération alternante. Dans le choix des tvpes qu'il conviendra de faire, il sera donc bon d'accoupler en quelque sorte les plantes nourricières, sur lesquelles le parasite se présente d'ordinaire à deux états diiférents. Ainsi, on entourera d'une bordure de Graminées rouillées, dont on laissera les chaumes en terre jusqu'à l'année suivante, une Epine-Vinette, une touffe de Zycopsis arvensts, et un pied de Xhamnus calharlicus ou frangtda, ces Graminées étant envahies, les unes par le Puccinia graminis, les autres par le P. straminiSy les troisièmes par le P, coronata. Puis au centre de 3-4 Poiriers, d'autant de pieds d'Aubépines et de Sorbiers, on plantera dans le premier cas une Sabine envahie par le Podisonia Sabina, dans le second un Genévrier commun nourissant le Podisonia davariatform, et dans le troisième un autre Genévrier commun, hôte du Podisonia juniperinum. On pourra encore cultiver des types de plantes nourricières de certaines espèces des anciens genres Uredo, Puccinia, ^cidium et des genres Uromyces, Phragmidium, Melampsora, etc.. en récoltant ces plantes nourricières dans leur jeunesse, quand le parasite est annuel, ou en les conservant le plus longtemps possible quand il est vivace. Ces essais de culture permettront de faire des recherches sur les divers modes de génération alternante de ces

parasites et de découvrir la succession de leurs différentes habitats qui sont encore inconnues pour la plupart d'entre eux.

Les Ustilaginées offriront des exemples analogues de types intéressants à faire connaître au point de vue agricole : la carie (TUUtia caries)y le charbon {UstUago seçetum. Mardis, etc.) pourront se culti- Ter tous les ans par le propre semis de leurs spores sur des espèces appropriées de céréales. Il en sera de même pour VUstïlago antherarum des CarjophjUées, et VUstilaço receptactUorum des Scorzonères.

Toutes ces cultures se feront directement dans le Jardin même, ou bien, commencées dans la serre, elles donneront lieu à des repiquages dans le Jardin.

m. — Basidiosporées comprenant les Trémellinées et les anciens groupes des Hjménomjcètes et Gastéromjcètes, dont la culture des espèces est entourée des plus sérieuses difficultés. Il est vrai que cette culture n*est encore, on peut le dire, qu'à ses premiers débuts et qu'il est vraiment temps que des recherches consciencieuses, dans les jardins botaniques, fournissent de nouvelles indications à suivre pour obtenir des résultats plus satisfaisants. Quoiqu'il en soit, on pourra toujours conserver sur des sphagnums humides, jusqu'à leur dernière période de développement, les Trémellinées dont on aura recueilli dans les bois des échantillons vivants. Et quant aux Hjménomjcètes, il sera également facile d'utiliser le mjcélium persistant de VAçarieus campeitris, la Pietra Fungaia; les sclérotes de divers Agarics, les Agarics ou Poljpores lignicoles, et surtout les substratums si fertiles en Coprins. Les serres chaude ou froide, les cloches même, seront pour cela tout à fait indispensables.

IV. — Les Thécasporées sont aussi, en général, difficiles à cultiver, parce que leur histoire biologique est encore très-peu connue. Ainsi, n'est-il pas regrettable qu'on ne sache pas encore propager la Morille ? Cependant, on pourra presque obtenir à volonté quelques espèces d'Ascobolus et de Peziza, qui sont coprophiles, en disposant sous cloche des substratums d'origine diverse. De plus, la plupart des Sphéries lignicoles seront d'un entretien et d'une conservation assez faciles. Mais on pourra tirer un grand parti dans le jardin de la culture et de la propagation de l'Ergot des Graminées, en variant les espèces nourricières (Seigle, Froment, Chiendent, Rajgrass, Ivraie, etc.). La propagation du parasite par Tinfection des stigmates des fleurs est très-aisé

PARASITES d'une SEULE GÉNÉRATION :

Puccinia Dianthi. sur Dianthas barbatus.

Paccinia Glechomœ. sur Glechoma hederacea. Puccinia Malvacearam. sur Malva syWestris, etc. Periderminea Sempervivi, sur les Joubarbes. MelampsoraEupborbi», sur diverses Euphorbes.

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