‹ La Belgique horticoleChapitre 12 sur 159 · CHAPITRE DÉTACHÉ DU PFLANZENLEBEN DER ERDB · texte numérisé non relu

CHAPITRE DÉTACHÉ DU PFLANZENLEBEN DER ERDB

PAR LE D' G. EaBSCH.

Traduction analytique par M. Ch. Firket.

(Suite à la page 64).

Le climat des côtes se distingue donc par une grande uniformité; c'est encore plus le cas pour le climat maritime, qui naturellement ' se développe dans les petites lies. La terre ferme, qui absorbe plus facilement la chaleur mais la perd plus aisément par rayonnement, s'échauffe plus vite mais aussi se refroidit plus rapidement que la mer ; celle-ci, uniforme dans sa composition, est plus lente à s'échauffer, ]^r suite du grand calorique spécifique de Teau, mais aussi n'abandonne-t-elle pas aussi rapidement la chaleur absorbée. Il suit de là que les oscillations journalières et annuelles de température sont bien plus faibles sur la mer et dans les petites îles que sur la terre ferme des continents.

Quand une configuration spéciale du pays assure aux vents une grande replanté, ceux-ci exercent une influence très-importante et toute locale. Tel est le cas notamment dans les mers de la Chine et de llnde. Les vents dont la direction se renverse ainsi tous les six mois, sont les Moussons ou Monsuns ; leur direction peut d'ailleurs subir des modiflcatioDs plus ou moins profondes d'après la situation et la nature du pajs. L'existence des Moussons est une suite de la conformation de la grande limasse continentale. En été, vers le sud du continent asiatique, se développe une température très-élevée, ce qui entraîne bien au-delà de ^%ion des calmes, dans l'hémisphère nord, le vent du Sud-Est ; là, par suite delà rotation de la terre, ce vent se manifeste sous forme de vent du Sud-Ouest ; en hiver, au contraire, l'air se refroidit sur k continent asiatique et le vent ordinaire du Nord-Est souffle vers léquateur. Ce sont ces deux vents qui constituent les Moussons (en *w^ Musim, en persan Monzum, c'est-à-dire vents des saisons). La • mousson du Sud*Ouest règne d'avril en octobre au nord de l'équateur, celle du Nord-Est d'octobre en avril. Le changement de directiou

68t caractérisé par des calmes, des vents variables et des ouragans. L'époque de ce changement est variable et peut différer de quelques semaines ou même d*un mois suivant les localités; on voit alors les nuages suivre des directions opposées, et cela souvent pendant plusieurs semaines. Les Moussons soufflent dans une zone comprise entre Téquateur, 15^ Lat. N. et B® ou 9' Lat. S. ; cependant sur la côte de TAustralie et dans la partie occidentale du grand Océan, elles se font sentir jusqu^à par 12'' et même 23'' Lat. S ; en longitude elles s'étendent à FOuest, jusqu'à la cote d'Afrique, et à l'Est jusque par 14® Long. 0, aux iles Paumotou et Noukahiva.

L'influence de ces vents sur les plantes est énorme. Dans ces contrées de l'Inde, où pendant les mois d'été la v^étation se déploie dans toute son exubérance et toute sa splendeur, la Mousson du Nord-Est vient changer en un instant la physionomie du monde des plantes. La veille, ce n'étaient que fleurs et parfums, de brillantes corolles aux couleurs variées étincelaicnt à travers les Orangers et les Mjrtes, les arbres étaient couverts de fruits savoureux : puis le calme s'est fait tout d'un coup, bientôt le vent change, et le lendemain, surtout après une nuit claire, la température descend tellement bas, que les grandes feuilles du Bananier, flétries en quelques heures et brunies par le froid, pendent tristement le long de l'arbre, et les fleurs fanées jonchent partout le sol. L'atmosphère s'échauffe bien à mesure que le soleil s'élève sur l'horizon, et la température monte à 12^-15'' R., mais le vent du Nord-Est qui souffle maintenant est tellement sec, que durant plusieurs mois pas une goutte de pluie ne tombera sur ces plantes épuisées. Adieu les splendeurs de cet Eden, plus de feuillage riant, plus de fleurs aux couleurs brillantes; partout un sol désolé, couvert seulement de plantes desséchées; — jusqu'à ce que de nouveau le vent souffle du Sud-Ouest, et portant avec lui une chaleur humide et fécondante, vienne changer l'aspect triste du désert et tirer de ce sol, qui semble stérile, des feuilles, des fleurs et des fruits, rivalisant de beauté, de saveur et de parfum.

Il nous reste encore à dire quelques mots au sujet des courants sous-marins, pour terminer ainsi l'exposé rapide des conditions les plus importantes qui règlent la distribution de la chaleur ; je n'ai d'ailleurs pas fait entrer en ligne de compte, les facteurs dout l'influence est purement locale, par exemple la présence de forêts, de

steppes, de marais, de montagnes, leur hauteur, leur étendue, leur direction, etc. ; nous avons déjà mentionné leur action d'une manière générale, et dans certains cas particuliers nous aurons souvent à y revenir, de sorte que pour éviter les répétitions je crois pouvoir passer outre.

Quant à Tinfluence des courants de la mer sur le climat, elle dépend naturellement de leur température : on distingue en effet des courants froids et des courants chauds. Cependant, quelque importance qu'ils puissent avoir au point de vue de la dispersion des animaux marins, particulièrement des coraux et des méduses, si sensibles aux diffé* renées de chaleur, ils paraissent n'avoir qu'une action très-secondaire sur la dispersion des plantes marines ; d'ailleurs il ne faut pas oublier que les perturbations produites par ces courants chauds ou froids dajiis la distribution des algues marines nous sont presque complètement inoonnues. Leur influence est beaucoup plus grande sur le climat de certains pays, et par là aussi sur leur végétation. Le rôle le plus important appartient au Gulf-Stream, le plus considérable des courants océaniques : il prend naissance dans le golfe du Mexique, entre Cuba et la Floride, et là il accuse une température de 24** R, supérieure par conséquent de 4** à celle de la mer sous ces latitudes. Il contribue fortement à adoucir le climat du nord de l'Europe, notamtnent de l'Irlande, de FAngleterre et de la Norwége. Les vents d'Ouest et du Sad-Ooest, soufflant dans la direction de son cours, demeurent pins longtemps en contact avec une eau dont la température, même par 45et50 degrés de latitude, ne descend jamais en janvier au-dessous de -^ 7^, et est alors à 11-17** au-dessus de la température des eaux «voisinantes ; il suit de là que les vents, en arrivant à la côte occidentale de ces pays, seront plus chauds qu'ils n'auraient pu l'être sans lé courant du golfe. En outre, grâce à ce courant, l'Europe est séparée des glaces polaires par un espace de mer libre, ce qui empêche un refroidissement trop considérable. Aussi, en comparant ces phénomènes avec ce qu'on observe au nord de l'Asie, on voit combien cette circonstance influe sur la courbure des isothermes ; il suffît cependant que quelques blocs de glace s'égarent sous des latitudes plus méridionales que de coutume pour amener immédiatement un refroidissesement notable, mais passager, dans la température de l'Europe occidentale.

Parmi les courants froids, le plus important paraît être le ooursnt de Humboldt, dont j*ai déjà signalé Tinfluence sur le climat du Chili et du Pérou (l).

Si le climat maritime se distingue par son uniformité, il en est de même du climat des montagnes, comparé avec celui des plaines. D*après les observations de Kfimtz, la différence entre les maxima et les minima jouraaliers de température, observés sur le Rîgi pendant un séjour de plusieurs semaines, n'était que de 3'',04 R., tandis qu'à la même époque elle était de T^^^ô à Zurich ; sur le Saint-Bernard, récart de température entre le mois le plus chaud et le mois le plu froid comporte 12<',38, tandis qu*à Genève il est de 1^,09. Ces différences de température changent d'ailleurs avec les saisons, sur les montagnes comme dans les plaines ; mais dans des localités trèsdifférentes d*altitude elles ne seront nullement comparables entre elles, car même les fluctuations journalières de température ne suivent pas de marche parallèle quand on les observe en deux points voisins, mais de hauteurs différentes. Ainsi lorsque Ion considère la mojenne annuelle de température, la différence entre Genève et Thospice do Saint-Bernard est de ô*',52, tandis que Técart est de 12'',23 entre les moyennes du mois de juillet.

Pour ce qui est des diverses heures du jour, Bravais a conclu de 8e§ observations que leur différence de température atteint son maximum à 2 heures de relevée et son minimum à 7 heures du soir. Dans les montagnes le maximum de température journalière ou annuelle se produit plus tard : en effet le sol échauffé n'agit que peu à peu par rayonnement sur les points plus élevés des montagnes. Chez nous le maximum de température journalière sur les hautes montagnes se produit habituellement vers cinq heures du soir, et le maximum annuel en août ; le plus souvent les mois de juillet et d*aoùt ont la même température moyenne.

(1) La direction des courants marins peut éti*e modiûée : ainsi Maury, dans on voyage de Halifax aux Bermudes, a observé que le Guif-Stream ne suivait ptf •a direction habituelle, mais coulait plus au Sud-Ouest, ce qui amenait oa changement dans la température hivernale de ces régions du Nord. Le voyageur J.-A. Mann a rapporté un fait analogue à la Société de Géographie de Berlin, le 12 janvier 1862 ; il s'agit du courant de la Guyane, que, pendant un Toyage de la Guyane à Paranahibo au Brésil, il avait vu couler non pas dans la direction habituelle, qui est celle du Nord-Ouest, mais en sens opposé.

Les plateaux manifestent dans leurs conditions calorifiques des

variations beaucoup plus grandes que les montagnes isolées ou même

les plaines. Autant les rayons du soleil les échauffent pendant le jour,

autant le rajonnement les refroidit pendant la nuit ; c*est ainsi qu'à

Caxamarca, au Pérou, à une altitude de 4300 pieds, le froment gèle

souvent la nuit, alors que la moyenne annuelle est de lô"* R. Humboldt

-vit ici le thermomètre marquer pendant le jour 25*^ R. à Tombre,

tandis qu'avant le lever du soleil il accusait seulement 8^ R. Si les

plateaux sont assez éloignés de Téquateur, les oscillations annuelles

sont aussi plus grandes qu'elles ne le sont dans les plaines, les autres

conditions dimatologiques restant les mêmes.

{Sera continué.)

imUENCE DES LUMIÈRES COLORÉES SUR LA VEGETATION.

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