‹ La Belgique horticoleChapitre 122 sur 159 · EXPOSITION INTERNATIONALE DE FLORENCE · texte numérisé non relu

EXPOSITION INTERNATIONALE DE FLORENCE

On nous écrit de Florence, 11 Mai : c Je vous ai promis quelques lignes au sujet de Texposition d*horticulture et je viens m'acquitter de ma promesse. Cela m'est d'autant plus facile que le mauvais temps ne me laisse d'autre ressource que de m'enfermer dans ma chambre après la fermeture des Musées qui, dès 3 heures, ne sont plus accessibles au public. Je m'attendais > trouver ici une température chaude et agréable, mais hélas ! je suis encore à la recherche de ce beau ciel d'Italie et de ce climat tant vanté; jusqu'à présent je ne me suis séparé ni de mon paletot ni de mon parapluie.

L'exposition s'est ouverte ce matin à 11 heures, en l'absence du soleil ; le Roi était venu de Rome pour en faire l'inauguration. Il est arrivé à l'heure fixée et a visité l'exposition dans tous ses détails. Les délégués du Gouvernement belge lui ont été présentés et il leur a fait l'accueil le plus gracieux en les remerciant du concours que la Belgique avait prêté à l'exposition. De tous les pays étrangers, le nôtre est celui qui a apporté le plus de collections, et l'on peut dire les plus belles.

L'exposition est installée dans les vastes et élégantes halles qui viennent d'être construites pour le marché couvert. L'air et la lumière 7 abondent, et quant à la fi*aîcheur, elle ne s'j faisait que trop sentir. Au centre de la principale travée se trouve un vaste bassin avec une gerbe et dans le fond, faisant face à l'entrée, un rocher au sommet duquel confinent deux escaliers, et d'où l'on jouit de la vue générale. L'exposition est disposée en jardin avec beaucoup de goût et les plantes n'y sont pas entassées comme cela a malheureusement presque toujours lieu. Les allées sont larges, et malgré le grand nombre de visiteurs, il n'y a encombrement nulle part. Deux orchestres militaires, placés à l'entrée, et deux autres à l'extérieur, alternent et donnent encore de l'animation à cette belle réunion.

Parlons maintenant des détails, et à tout seigneur tout honneur ! Rendons d'abord hommage à la beauté et à la grâce des nombreuses Florentines qui, dans de brillantes toilettes, avaient voulu embellir la fête.

Parmi les collections exposées se trouvaient de magnifiques apports

de Palmiers et de plantea ornementales, la plupart provenant d*amateurs ; plusieurs lots très-nombreui d*Azalées de Tlnde bien fleuris, mais qui, sauf quelques exceptions, ne peuvent être comparées à celles que Ton voit aux expositions de Gand. Toutefois la floraison de ces plantes, pour être moins compacte, n'en est que plus gracieuse et Tœil ne se fatigue pas autant en les regardant que lorsqu on se trouve en présence de ces masses florales que Ton rencontre chez nous et qui ne laissent apercevoir aucune verdure. J'ai remarqué deux collections de Caladium, dignes de rivaliser avec celles que Ton admire en Angleterre, des collections de Croton également splendides, d^s Maranta, des Gloxinia, des Azalées de pleine terre ; des Œillets, des Tulipes, des plantes fleuries diverses, toutes très-méritantes, de belles collections de Roses, mais je m'attendais à en voir un plus grand nombre à Florence, si réputée pour la culture de cette reine des fleurs.

Il 7 avait aussi des collections de Pélargonium, de Calcéolaires, de Pétunias, de Verveines, de Pensées qui n'étaient pas sans mérite. Toutefois, il j a encore des progrès à faire pour atteindre la pe^ fection de culture des Pélargonium, que Ton rencontre en Angleterre, en France et même chez nous.

Il j avait peu d'Orchidées. Parmi celles qui étaient exposées, se distinguait un Aerides Pieldingi, envoyé par M. le marquis de Gorsi, portant trois hampes fleuries de 50 centim. de longueur et chacune donnant deux ou trois ramiflcations.

J'ai encore remarqué un pied colossal de Buêcus androgynus dont les rameaux retombants formaient une pjramide de 8 mètres de hauteur sur 2 mètres de diamètre. Un magnifique exemplaire de Phœmcophorium Sechellarum, une énorme et admirable touffe à'Adiantum Farleyense, telle que nulle part je n'en ai vue de semblable, de belles Fougères en arbre et de splendides Cycas revoliUa.

En dehors, dans le jardin qui entoure le bâtiment, de belles collections de Conifères, des arbustes de pleine terre à feuilles panachées, des Pélargonium zonale, des plantes vivaces de pleine terre et une foule d'autres encore. Enfin, dans les galeries latérales, les objets d'art et d'industrie horticoles, un très-grand nombre de collections de fruits et de légumes, des collections botaniques, des ouvrages d'horticulture, au nombre desquels la Belgique hoHiooU, etc.

Parmi les exposants étrangers, il faut citer en première ligne MM. Ldnden et Dallière. Le premier avait envoyé entre autres une collection de Palmiers nouveaux, hors concours, et parmi lesquels j*ai remarqué le Phanix rupicda^ le Geanoma gracilU, Finança SunuUrana^ Calyptroçyne data^ etc. ; une collection splendide de Dracaena, parmi lesquels de forts pieds de 2>. gloriosay Tounçi, aTnaMlis,BaftUta,Reali, Untiginoêa et comme nouveauté 2>. Casanovae; une collection charmante d'Âcer palmatum à feuilles pourpres. J'ai aussi beaucoup remarqué un Araucaria robùsta çlauca, un Araucaria Neo CàUdonica, un TUÎandna musaîca.

Le second avait envoyé une splendide collection de Palmiers, une autre de plantes fleuries, une autre de plantes à feuillage coloré, le tout en forts exemplaires, d*une culture irréprochable, un pied magnifique de Pandanui VeitcM» Malheureusement un assez grand nombre de plantes délicates qui étaient destinées à enrichir ces collections sont arrivées endommagées par le froid et n'ont pu âgurer à Vexposition.

M. Veitch et fils, de Londres, avaient envoyé quelques plantes, parmi lesquelles j'ai remarqué des Népenthes d'une culture parfaite, un Tillandsia Zahniy un Aralia eleçaTUissima qui ne démentira pas sa qualification, un Cypripedium argus, un C. Dominianum,

J^allais oublier les bouquets ! le bouquet de Texposition, tant par le nombre que par la grâce de Tart qui a présidé à leur confection. Jamais je n'ai vu une telle profusion de bouquets et de garnitures de fleurs. Il y avait surtout un grand vase, tout de fleurs, d'une forme et d'une élégance exquises et portant un immense bouquet composé des plus belles fleurs. Vase et bouquet, tout de fleurs ! c'est admirable !

Nous avons reçu des Membres de la Commission l'accueil le plus flatteur. M. le marquis de Corsi Salviati, l'un des plus grands amateurs de la contrée, qui a pris une part brillante à l'exposition, était secrétaire de la Commission et nous a reçus en l'absence du Président, M. le professeur Parlatore, retenu malade dans sa chambre depuis plusieurs mois et qui néanmoins a tenu à nous recevoir lorsque nous sommes allés pour lui porter le témoignage de nos sympathies.

En résumé, l'exposition de Florence est l'une des plus belles que j'ai vues et elle peut être citée avec celles qui ont eu lieu à Londres, à Hambourg, à St Pétersbourg, à Gand, à Bruxelles, à Amsterdam, etc.

Elle fait honneur à ceax qui Font organisée. Demain le Jury oommenoera ses opérations. Il est divisé en 19 sections, ce qui permettra sans doute de terminer en une seule séance.

Page 1