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LE CLIMAT ET LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BRÉSIL

PAR M. Emmanuel Liais,

Directeur de l'Observatoire Impérial de Rio de Janeiro.

(Chapitre détaché de l'ouvi'age Intitulé : Climatiy Géologie^ Faune et Géographie botanique du Brésil. Paris 1872).

La distribution des végétaux à la surface du globe est surtout réglée par les climats, envisagés non-seulement au point de vue des températures moyennes et extrêmes, mais encore à celui de Thumidite et de la répartition des pluies suivant les saisons.

Toutefois, si on considère le globe terrestre dans son ensemble, on peut dire que Tinâuence des températures devient tout à Êsdt prédominante pour déterminer la distribution des végétaux. IL en est tout autrement si Ion s*occupe de la répartition des espèces dans un vaste territoire comme celui du Brésil, compris pour la presque totalité de sa surface dans la zone intertropicale, et dont la limite extrême s'écarte assez peu de cette zone^ sans d'ailleurs posséder des montagnes excessivement élevées. Dans ce cas, les diverses zones végétales dépendent surtout de la distribution de Thumidité et des pluies. Cependant, même alors, on peut encore constater, à côté de Taction principale de Thumidité, celle de la température, laquelle dépend à la fois de la distance à Téquateur et de Taltitude au-dessus du niveau de la mer. Pour la faune comme pour la flore, Tinfluence de la distance à réquateur se fait sentir aussi dans Tétendue de la zone comprise entre les tropiques, et nous avons eu souvent Heu, en traitant des animaux du Brésil, de mentionner, pour certaines espèces, des limites de latitude comprises entre le 12* et le 18* degré de latitude australe. En d'autres termes, malgré un très-grand nombre d'espèces communes animales et végétales, les parties voisines de Téquateur et les régions rapprochées des tropiques possédait un certain nombre

dVspècef différentes, et cette circonstance tient à des particularités dépendantes de la température et constituant deux climats distincts, auxquels on peut appliquer, à Tun le nom de climat équatorial, à Taotre eeini de climat tropical. Ce dernier s'étend en réalité jusqu'à 3 OQ 4 degrés au-delà du tropique, puis commence alors la zone tem-> pérée chaude dans laquelle pénètre la pointe extrême sud de Tempire da Brésil.

Nous allons définir plus nettement les deux climats en question ; mais avant d'entrer dans la description climatologique du Brésil, description indispensable pour en comprendre la géographie botanique, nous devons toutefois considérer celle-ci dans tous les points où elle se montre, si je peux m exprimer ainsi, indépendante du climat. Diverses influences tout à fait étrangères aux influences météorolo* giqnes doivent en premier lien appeler notre attention. La première, à laquelle je donnerai le nom de contifientale, tient à Texistence d'un certain nombre de familles et de genres spéciaux à TAmérique et fournissant à la fois des espèces dans les zones tempérées et chaudes du continent américain, sans être nullement représentés dans les climats identiques des autres parties du monde, et à l'absence, au contraire, d'un certain nombre de familles et de genres spéciaux à celles-ci. Sous ce rapport, il se produit dans la flore ce que nous avons vu dans la faune, où nous avons signalé souvent des familles et des genres exclusivement américains, et également des familles et des genres entièrement étrangers à l'Amérique. En réalité donc, de même que l'on peut, indépendamment des considérations de climat, distinguer une faune américaine, on peut également reconnaître une flore spéciale à l'Amérique. Ainsi, par exemple, la remarquable famille des Nopâlées oa Cactées, comprenant près de deux cents espèces, et si remarqusible par le port curieux des végétaux dont elle est composée, appartient exclusivement au nouveau continent. Il en est de même des Yellosiées, des Agaves, des Vochjsiacées, des Gesnériées, des Cyclantfaacées et des Simaroubées. Une autre famille, excessivement remarquable par son port et ses belles fleurs, le nombre de ses espèces et la particularité d'un grand nombre de celles-ci de vivre en épiphytes sur les arbres ou de croître sur les roches, est la famille des Broméliacées, comprenant Tun des meilleurs fruits, l'ananas. Celte famille

est entièrement du Nouveau-Monde, où elle forme un des plus beaux

ornements des forets. La famille des Passiflores constitue aussi on groupe naturel de végétaux caractérisques de la flore américaine par le nombre considérable des espèces de ce continent ; sauf une espèee de Chine et une de Tile Maurice, toutes sont du Nouveau-Monde, oa bien de F Australie et de File de Norfolk, mais toutefois en petite quantité dans ces dernières contrées. En parlant des Chéloniens, j'ai déjà mentionné que les animaux de cet ordre dans rAmérique du sud appartiennent pour la plupart à des genres identiques à ceux de TAustralie. Nous trouvons ici dans le règne végétal une relation do même ordre non-seulement à Toccasion des Passiflores, mais encore des Araucarias. En effet, parmi les espèces connues de ce dernier genre de Conifères, deux, les Araucaria brasUiensù et imbricaia, constituant le genre Araucaria proprement dit, lequel est excluslFement américain, sont du Brésil et du Chili ; les autres, les Araucaria excéUa et Cuwinghami^ constituant le genre BuUusa pour un certain nombre de naturalistes, qui les séparent des Araucaria, pendant que d'autres les conservent dans ce même genre, sont de Hle de Norfolk et de TAustralie. La plus grande partie des Malpighiacées appartient aussi au nouveau continent. Il en est de même desNjctaginées, à l'exception d*un genre, le genre Boerhavia^ croissant dans llnde, et quelques Pisonia de Madagascar et de TAustralie. Mais dans cette dernière famille, le splendide et curieux genre Bougainvillea9i,'^^dsiXeïii exclusivement aux contrées les plus chaudes de r Amérique du sud. J'aurais aussi à citer, comme exclusivement américains, la section remarquable des Lécjthidées dans la famille desMyrtacées, celle des Yacciniées dans les Ericacées, des Cuspariées dans la famille des Diosmées, le genre Vanilla, dans les Orchidées lignicoles, genre si curieux par son port, les genres Anacardium, Cecropia, Borstenia, Cinchona, tous dignes d'attention parleur aspect ou leurs propriétés. La magnifique famille des Musacées, représentée dans rinde par les Bananiers, à Madagascar par le curieux genre Bavenala ou Urania, au Cap de Bonne-Espérance par les StrelUtia, Test dans le Brésil et les Guyanes par les ffelieonia, l'un des ornements des forêts par leur grand feuillage et leurs belles fleurs. Je pourrais encore citer le remarquable genre Carica dont toutes les espèces. moins une des Moluques, sont américaines ; le genre Fuchsia exclusivement de TAmépique, sauf une seule espèce de la Nouvelle-Zélande,

le genre Lantana presque eDtièrement da Nouveau-Monde, le genre Cuphaedy etc. Mais je m'arrête dans cette énumération, car les indications précédentes sont suffisantes pour faire voir comment un ensemble de formes végétales des plus remarquables, constitutint une série de groupes variés d'espèces fortement alliées entre elles dans chacun d'eux, caractérise la flore américaine d'une façon tout à fait spéciale et lui imprime un cachet distinct de celui des autres parties du monde, malgré la présence d'une multitude d'autres formes génériques communes, au nouveau et à l'ancien continent, ou bien à rOcéanie. Toutefois, dans ces formes génériques communes ellesmêmes, les espèces américaines sont à peu près toutes différentes de celles des mêmes genres des contrées de même climat renfermées dans les autres parties du monde. A peine si, sur plusieurs milliers d^espèces de l'Amérique du Sud, il s'en trouve une cinquantaine simultanément indigènes dans d'autres régions du globe étrangères au nouveau continent.

Des différences analogues à celles qui séparent la flore de TAmérique de celle des autres parties du monde, mais sur une échelle beaucoup moindre, existent entre la flore du Brésil et celle d'autres parties' de l'Amérique, malgré les plus grandes similitudes de climat. Ainsi la flore des Antilles, par exemple, diffère singulièrement de celle des parties équinoxiales de l'Amérique du Sud et notamment de celle du Brésil, même dans les régions de cet empire voisines de la mer. Mais ici le nombre des différences génériques et surtout des différences provenant de Texisteuce de familles caractérisques remarquables par un port spécial, diminue considérablement, de sorte que la distinction entre les deux flores repose principalement sur des différences spécifiques. Donc, malgré le petit nombre d'espèces communes entre les deux flores, leur physionomie d'ensemble manifeste d'assez grandes ressemblances.

Si maintenant, au lieu de comparer deux régions assez éloignées, séparées par la mer ou bien par d'autres vastes territoires, comme par exemple le Brésil et les Antilles, nous comparons des régions moins étendues, mais de même climat sensiblement au point de vue de la température et de l'humidité, comme par exemple deux chaînes de montagnes du Brésil, d'élévation et de composition de sol analogues et peu éloignées, on bien deux bassins, il nous arrivera encore de con-

aiater parfois de certaines différences, très-légères, il est vrai, puisqu'elles porteront seulement sur un petit nombre d'espèces, mais cependant encore très-sensibles ; car quelquefois elles tiendront à l'existence dans une de ces régions d'une ou de plusieurs espèces importantes spéciales à elle, et constituant un genre remarquable dont la présence dans l*Empire est limitée à la région en question. Le genre Araucaria nous fournit à ce sujet un des exemples les plus remarquables à citer. L'unique espèce de ce genre existant au Brésil, VArauearia broiUiênsis, grand et bel arbre forestier connu dans le pajs sous le nom de Pinheiro, et si remarquable par son port distinct de celui des autres arbres de la même contrée, constitue à lui seul d'importants lambeaux de forêts dans la Serra da Mantiqueira, et cette chaîne de montagnes est la seule région du Brésil où il se montre indigène, et occupe de grandes étendues de sol. Cependant, en ce point, il rencontre des conditions tout à fait identiques à celles qu'il trouverait dans certaines parties de la Serra da Mar, au nord de Rio-de- Janeiro, par exemple, où il manque complètement comme arbre indigène, mais croit très-bien depuis son introduction. Quelques très-rares sujets isolés et très-vieux peuvent toutefois s j rencontrer, car j'en ai vu deux exemplaires très-grands dans une forêt, près de Thérésopolis, mais la rareté et l'isolement de ces spécimens indiquent assez clairement comment ils doivent provenir de graines anciennement transportées par les tribus indigènes qui en mangeaient les amandes, dont quelques-unes tombées sur le sol ontgermé en ce lieu(0. Itens ce cas remarquable de la patrie si limitée de VArauearia hror iuiensis, nous avons une preuve d'une influence spéciale, bien différente de celle du climat ou dii sol, pour la distribution des plantes, celle de la localité où l'espèce a dû prendre origine, et à partir de

( ) A ce si^et, je doU mentionner que J'ai trouvé sur les bords de l'Iadaia d<8

Cl ronmers «auva^ei! au milieu d'an boie viei^e, dans one localité complètement

eserfe. Toutes les espèces du genre Citrus sont cependant, comme on le stit,

Wnaires de l'Asie orientale et ont été transportées en Amérique. Les citron-

tiîanlir'*"''"' '^''"* ^^"'*'"''' '***'"* ^^'''^' *^'^"* ^û P''^^^"^^ ^« ^**~»« dAn« u l \^T' ^^' ^*^*^™P«"*08, OU provenant d'arbi-es cultives sur les rives,

«^panlîttr;^^^^^ ""^'^^ ^* -tralnéspar celle-ci dans ses crue-, p-.

laquelle elle s'est étendae dans diverses directions, sans atteindre jusqu^à la limite où des conditions convenables de température et dliamidite cessent de lui permettre de vivre et de fructifier. Ici nous apercevons le rôle de la dissémination des graines, dont retendue varie suivant la nature de celle-ci, et même suivant la configuration du pays, laquelle peut, dans certains cas, plus ou moins favoriser cette dissémination. Un végétal utile et donnant lieu à un commerce important, VJliz cançanhas, dont la feuille sert à Minas-Geraes, sous le nom de Mak, à faire une infusion usitée en guise de thé, nous fournit un exemple très-intéressant de Tinfluence de la configuration du sol sur la dissémination. Comme V Araucaria brasiliensii^ dette espèce se montre trèa-afoondante dans la Sera-Geral et sur le haut plateau de la Mantiqueira. On ne la voit guère au Sud. Cependant, je dois à mon excellent ami, M. le vicomte de Prados, des détails très-intéressants sur la manière dont elle a dû se répandre, à partir de la grande Serra d'Ibîtipoca, sur les liauts plateaux de laquelle elle se montre en abondance. Cette espèce est très-intéressante à étudier à plusieurs égards. D*abord elle est très-poljmorphe, et certainement, à cause des variations assez nombreuses existant dans sa feuille et sa taille, il est à sen sujet arrivé aux botanistes Terreur, relevée plusieurs fois dans cet ouvrage pour des mammifères du Brésil, c'est-à-dire que, d'après }ei spécimens des eoUections recueillis sur des individus diflférents et dans diverses localités, on sn a fait plus d'une espèce. Pbrmi ses diverses formes notables dans la Serra d'Ibitipboa, il y en a une désignée sous le nodn do Congimha» grande. D'après la judicieuse remarque de M. le vioomte de Prados, il parait être tout à fait iden<» tiqu^ à Vlha paraçuarientiê de Lambert et de Martius, le vrai maté du Paraguay, dans lequel au reste Martius lui-même a reconnu des variations, car il en cite des variétés acMi\fùlia^ obtut^folia, etc., H oettà etrconstanee anrait dû évidemment le mettre en garde pouf admeHre la séparation des Jlea eong&nhas et paraffuafimmsW. Or les •aux du versant aiid«0uèat de la Serra d'Ibitipooa deseendiknt dans \é basais du Rio Preto, quoique l'espèce en question nianqne en g&liéral

. (1) Ity a d'antrtf etpècm d'/f«». Toutes sont polypierphee, mais l'/2<9 çom$9mMm9 66t la plus remarquatile aou» ce rapport.

dans le bassin de la Parahjbuna, renfermant des Ilex eongonhas dont les semences ont été ainsi apportées de la Serra par les eaux. Li*infloence du transport par les eaux est donc ici assez manifeste. Da côté du Nord, les eaux de la même Serra constituent quelques-unes des sources du Parana, lequel se réunit au Paraguay pour constituer la Plata. Or, on retrouve précisément VIUx Cùngatihat dans tout le bassin du Parana jusqu'au Paraguay, et en comparant ce fait à celui de la vallée du Rio Preto, on aperçoit une puissante probabilité en faveur de Topinion d*après laquelle une au moins, si elle en a eu d*autres, des origines de cette espèce a dû être vers la région de la Serra dlbitipoca; mais surtout on voit comment la forme du sol et la configuration du bassin ont réglé la dissémination de cet arbuste

Olimatologie dn Brésil.

Nous avons déjà signalé la différence notable de climat existant au point de vue de la température, entre les régions voisines de TÉquatear et la zone voisine du Tropique. Nous allons nous proposer maintenant d*en faire apprécier la grandeur.

Considérons d'abord la température moyenne. Dans un mémoire sur la Théorie mathématique des oscillations du baromètre, j'ai déduit de l'ensemble des observations météorologiques faites en un grand nombre de points du globe, que la température moyenne d'uâ parallèle quelconque rapportée au niveau de la mer peut être représentée très-approximativement en degrés centigrades par la formule 56'',7 cos { — 28^,8, dans laquelle l représente la latitude. Cette formule donne 27^,9 pour la température moyenne de TÉquateur, 23^,2 pour celle du Tropique, et la moyenne des deux nombres, ou 25*^,55 pour la latitude de lô^.dd'.La température moyenne de Rio-de-Janeiro, ville située tout près du Tropique, est de 23<*,1, chiffî*e s'accordant remarquablement avec la formule en question. 11 en est de même de celle de Pernambuco, où la formule donne 27^,34. J'y ai obtenu, en 1859 et 1860, la température des six mois de décembre à mai, et le jy Sarmento à fait connaître, en 1851, dans les Comptes rendus de rAcadémie des Sciences de Paris, la température moyenne des six autres mois, ceux de juin à novembre. Or les six premiers mois ont donné 28^,9, les six derniers, 26'',40, dont la moyenne, 27'*,27, représente la température moyenne de la ville du Récife, à Pernam-

buco. L*accord avec la formule est donc à moins d*an dixième de degré près. Pour faire voir également la concordance de cette même formule avec la température moyenne du Sud du Brésil, et à défaut d'observations dans cette région, j*aurai recours aux observations de M. Martin de Moussj, lesquelles ont eu lieu dans des localités des républiques de la Plata, très-peu éloignées du sud de Teropire. Dans son ouvrage intitulé : Description géographique et statistique de la Confédération Argentine y cet auteur donne la température de divers points du bassin de la Piata. Ses observations ont été prolongées dans les quatre localités de Montevideo, Uruguay, Gualeguaychu et Parana, où, au moyen des latitudes de ces points, ma formule donne respectivement les températures moyennes de WJ ; 19^,0 ; 18%7 et 19%4. Par ses observations météorologiques, M. de Moussy a trouvé les quatre nombres lô^'yS ; 18<',8 ; 18<>,1 et 19'',0. Les différences avec la formule sont donc, pour Montevideo, 0^,9, pour Uruguay 0^,2, pour Gualeguyachu 0^,Ô, et pour Parana 0<^4' ; et la différence moyenne, pour les quatre localités, est seulement de O^^^S. Cet accord, déjà trèsremarquable, serait encore plus grand, si M. Martin de Moussy avait pris, pour la combiner avec les observations des heures de minimum du matin et de moyenne température du soir, celle de 1 heure aprèsmidi, au lieu de celle de 2 heures, car, sur les côtes surtout, la tempé^ rature maximum est généralement avant 2 heures, à cause de la brise de mer qui s'élève quand le maximum approche, et arrête le plus souvent Taccroissement de la chaleur longtemps avant 2 heures du soir. Ceci explique facilement pourquoi la température moyenne trouvée par lui pour Montevideo est relativement plus basse que celle des autres localités, où cet effet étant moins sensible, le maximum s'est moyennement rapproché de 2 heures, sans toutefois l'atteindre, car la brise est encore très-forte et fraîche après 1 heure, dans les bas des bassins des grands fleuves et près de leurs rives. Mais, quoi qu'il en soit, l'accord de ma formule avec les observations en question est déjà bien suffisant pour faire voir que cette formule, représentant si bien le décroissement de la température de Pernambuco à Rio, continue de le représenter dans tout le sud de l'empire. Elle le représente même avec une complète exactitude jusqu'à la pointe sud de l'Amérique. En effet, quoiqu'on n'ait guère d'observations dans ces régions, on connaît toutefois celle de Port-Famine, dans le détroit de Magellan»

par 53' 37' de latitude sud, et cette températare, d'après les observa^ tions, est de 5*^,0. Or, pour la latitude en question ma formule donne aussi exactement 5^,0, et ce fait montre Texactitude avec laquelle elle représente les températures moyennes annuelles de tout le côté oriental de TAroérique du sud, depuis Pernambuco jusqu'à son extrême sud. Nous déduirons donc de là la conséquence suivante : La eâié (nietUale de VAmériquedu sud, auêud de Pemanibuco, jouit seimblem&ai de la température appartenant moyennement à sa latitude, et par conséquent n*éprouve de la part des courants marins aucune injtuenee propre à en élever ou à en abaisser la température au-delà de VefA général et mofen des courants marins sur Vensemble de la répartition des températures terrestres.

Il n*en est pas de même sur la côte nord du Brésil, entre le cap Saint-Roch et Tembouchure de l'Amazone. En effet, la température moyenne de San-Luiz<de-Maranhaô a été déterminée par observation, et est de 26^,8. Je dois en outre à la complaisance de M. le général Baiurepaire-Rohan la communication d*une année d^observaUoiui météorologiques faites au Para. Tj trouve pour température moyenne, au lever du soleil, 25^,07, à 2 heures du soir, 28^,15, dont la moyenne, 26^,6, représente sensiblement la température moyennn^ du lieu, à 3 ou 4 dixièmes de degré près. La remarque précédemment faîte pour les observations de M. Martin de Moussy est ici applicaMe, ât la nombre de 26'',ô, doit être plutôt trop faible que trop fort. Oa peut donc admettre le chiffre rond de 27*>, comme température trèa» rapprochée du Para, à un ou c|eux dixièmes de degré près, AuniMà des limites du Brésil, mais assez près de ces limites, nous trouvone une troisième température bien déterminée par huit ans d'observa^ tions ; celle de Cayenne, ville située par 4'',56' de latitude nord. BUe est de 26^,8. Or, si par ma formule on calcule les températuree répondant aux latitudes de San-Luiznle-Maranhaô, Para et Cayenne, on trouve respectivement les trois nombres 27,8; 27,9; 27,7.. Donc les observations donnent de moins que la formule, savoir : pour San-Luiz-de-Maranhaô, 1^,0, pour la ville de Para, 0^,9, poiir Cayenne, 0^,9. Par conséquent, sur cette côte, la température est inférieure d'environ un degré à la température appartenant moyenner ment à la latitude de ces lieux. Au nord de Cayenne, oeà effet va en ^'atténuant. Ainsi, à Demerary, dans la Guyane anglaise, la temp^

lojenne est, d*après les observations, de 27^,1. Poor la le ce point, la formule donne 27°,5, ou seulement 0^,4 de 18 au Dord^ cette différence cesse tout à fait, puis change de os le fond du golfe du Mexique.

énomène est facile à expliquer, et se lie à la formation du

loorant du Gulf-Stream. En effet, les eaux échauffées des

Lntértropicales étant plus légères que celles des régions des

latitudes, tendent à se porter à la surface de l'Océan, dans la

on des deux pô)es, et celles des hautes latitudes, au contraire,

rient et se meuvent vers TÉquateur dans les couches inférieures

put le fond du lit océanique.

(£« tuite au pr&ehain num^o), t

[CE SUR LE BILIiBEBeiA IKIDIFOIiIA Lindl. ou BILLBERGIA A FEUILLES D'IRIS,

PAE M. Edouard Morrbn.

Planche YHI— IX.

ïtgi» iridifolia Lindl., in BoLBeg., 1827, XIII, pi. 1068. — Qbaham, ). PkOoê. J<mm.f 1829, p. 386. — IT. Allg. Gart, Mac,, HT, t. 18, f. 1, 8chuU.) — ScHULTBS fil., Syst. Ytg.y VII, 1830, p. 1266. — G. B. Knowlbs iWBSTCOTT, TU Flor. Cab,, m, 1840, pi. 106. — H. G. L. Rbich., Exot,, '{fia, êuct.), — Van Gbbl, Sert, botan., 1845. —Bbbr, die Fam, der Brom,^ r, p. 120. — EocH., Ind. sem. h. b. BeroL, 1856, app. p. 4; Berl, Allg, »«., 1868, p. 184; Walp. Ann. bot. syst., VI, 1861, p. 75. Broxnéli» iridifolia Nbbs et Mabt., Nùv. Act. Leop. Caes.,11^, 16. C Billbergla iridlflora Hobt. nonn.

Le Billbergia à feuilles diris est déjà bien connu des amateurs de plantes de serre; il a été importé en Europe vers 1825, d'abord en Angleterre. H croit au Brésil, dans la province de Rio-Janeiro, sur le tronc dés arbres; il a été récolté dans cette habitation par le ppinpe Maximilien de Nenwied, au bord d'ane route, Lin^lej, en parlant de cette plante qu'il Tenait de décrire, fait remarquer que, dans leur F^trie, les é^hjtes germent sur les branches des arbres ou sur des foches couvertes de détritus végétaux, dans une situation où Tatmos-

LA GOMMOSE,

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