Concours n® 91 : 30 Cactées : médaille en argent
Ceroxylon niveum.
Chamaedorea elegar , • ^y^ sèches.
— gracilig. ..<!•'
Cocos raikaniar ' "
'liftia serres.
— Wedder
Corjpha ' '^^..''y spécimens de chromolithographies.
Geonoir ^ '.-'''' . r-»
c' ^nze, pour spécimens de la Belgique hortiede.
F ^^/cK. à Gand :
y yl tfo bronze, pour une collection de poires et de pommes.
y£HLS-Lammens, à Gand :
;f-^urs n" 248 : médaille en bronze, pour des spécimens de
iièreB fertilisantes.
Le MonUfur belge, du 31 mai 1874, mentionne, en outre :
M. Éd. Pynaert, à Gand ;
l»"" Prix, médaille en argent, pour plans de jardins.
Une médaille en bronze à M. A. Dallière, pour un Araucaria excelsa.
Une médaille en bronze à M. A. Steizner, pour des Conifères nouveaux.
Une médaille en argent à M. Jean Verschaffelt, pour 4 Palmiers nouveaux, savoir : Coryfha cer{fera, Kentia australis et Forsierim, VeUehia canterburpana.
Enfin, sous le titre de Prix de coopérateurs, une prime de 200 francs a été attribuée à M. Tavernier, jardinier chez M. Linden et à M. Devenster, chef de culture chez M. A. Dallière.
Ml ET U GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BRESIL.
PAR M. Emmanuel Liais ,
Directeur de l'Observatoire Impérial de Rio de Janeiro,
(Cbaiiitre détache de l'ouvrage intitulé : Climats, Géologie, Faune et Géographie botanique du Brésil. Paria 1872).
OlimAtologie du Brésil.
(Suite à la page 193).
Ces deux mouvements, dans les deux hémisphères, se combinent pour déterminer à TÉquateur un courant très-lent, il est vrai, du fond vers la surface, mais existant toutefois dans toute la largeur de l'Atlantique, depuis le golfe de Guinée jusqu'à la côte d'Amérique. Mais les eaux venant des pôles vers TEquateur, ou bien aussi venant du fond vers la surface, ont, dans le sens de la rotation terrestre, un mouvement de transport d'une vitesse moindre que celle de la surface équatoriale du globe. Elles se comportent donc relativement à cette superficie, comme si celle-ci était immobile, et si elles, au contraire, possédaient un mouvement de transport de l'est à Touest. De là résulte à la surface des mers, dans la bande équatoriale, un mouvement général des eaux dans le sens de Test à Touest, lequel, en apparence, est beaucoup plus fort que le mouvement presque insensible et à peine perçu, de déversement de ces eaux vers le nord ou vers le sud. Ce petit mouvement de transport de l'eau vers les pôles, à la surface, a même pour effet de faire disparaître très-vite, à une petite distance de l'Equateur au nord et au sud, le mouvement apparent superficiel vers Test ; car les eaux, en s'éloignant de l'Equateur, arrivent alors dans des régions animées d'une vitesse moindre par la rotation terrestre, à cause du plus grand rapprochement de l'axe de cette rotation, et par conséquent le retard de ces eaux, d'où résultait à l'Equateur le mouvement apparent vers l'est, disparait. On voit ainsi comment le courant équatorîal de lest doit nécessairement être très-
limité en largeur. En outre, les eaux douées de cette tendance à s'élever, près de TEquateur, des couches profondes des mers vers la surface, sont des eaux plus firoides que ne seraient celles de cette surface dans Tétat de repos. Une fois arrivées à la superficie, et en prenant leur mouvement lent vers les pôles, elles atteignent alors leur température maximum, après quoi cette température décroît, par suite de la diminution de Faction solaire, laquelle, à cause de Taugmentation de la latitude, arrive à ne plus pouvoir compenser le refroidissement par rayonnement.
Le long de l'Equateur, il existe donc un courant oriental d'eaux relativement plua froides que les eaux superficielles des régions océaniques à quelques degrés au nord et au sud, lequel courant nait dans TAtlantique, depuis le golfe de Guinée jusqu'à la côte de l'Amérique, en augrneDtant toujours d'intensité en approchant de celle-ci ; car, malgré le déversement incessant ajant lieu au nord et au sud, tout le long de son parcours, de la nouvelle eau arrive sans cesse du fond pour remplacer les pertes, et, à cause du courant déjà existant, chaque nouvelle eau rencontre de moins en moins de résistance à son mouvement oriental. Dans ma première traversée d'Europe au Brésil, en 1858, pour laquelle j'avais choisi un navire à voiles, précisément dans le but de séjourner plus longtemps sur l'Océan, afin d'y faire une série de recherches, dont, depuis cette époque, mes autres yojages ne m^ont pas encore laissé le temps de pubUer tous les résultats, j'ai eu occasion de noter cet abaissement de température de l'eau de la mer dans le voisinage de l'Equateur. Ainsi, au mois de juillet 1858, depuis 10** de latitude nord, je trouvai, en avançant vers l'Equateur jusqu^à 6° de latitude, la température de Teau de la mer supérieure à 27" jour et nuit(l). Par ô°,30 de latitude, la température en question avait atteint son maximum de 27'' fi, A partir de là, elle diminua. Par 3» nord, elle n'était plus que de 26",2; par 1° à midi de 25». Elle resta à ce chiffre jusqu'à 2> sud, elle était revenue déjà à
(1) Elle varie d'ailleurs à peiae du Jour à la nuit dans ces réglons. Cela tient à Pépaiaseur de la couche échauffée par le soleil, dont les rayons pénètrent profondément et à ce que le refroidissement est limité à l'extrême sttrftu», dont les molécules aqueuses descendent à mesure du refroidissement, et sont remplacées par d'autres plus chaudes.
26*,2 et par 6» à 27'*fi, après quoi elle recommença à diminuer ; mais à lO* sud, bien que Tépoque fût celle de Thiver de rhémisphëre austral , circonstance à cause de laquelle le maximum était inférieur à celui de Thémisphère boréal, elle était encore à 25°,2, c'est-à-dire supérieure à celle de l'Equateur.
Le courant en question, froid relativement, vient, en se portant vers Test, frapper la côte du Brésil, au nord du cap Saint-Roeh, et raccompagne à partir de ce point. Dans cette région, TOcéan est encore librement ouvert au nord, et Tappel des eaux froides par le fond de la mer continue donc dans cette direction. L'intensité du courant est alors non-seulement maintenue, mais encore augmentée dans ce trajet, jusqu'aux Gujanes, malgré les résistances éprouvées par lui. En outre, le froid relatif de ce même courant est encore conservé par Tarrivée de nouvelles eaux du nord. Ce fait explique aisément l'abaissement de la température de la côte en question. Mais en arrivant aux Gujanes, la déviation de la côte, dont la direction se rapproche du méridien, amène une diminution dans l'action des causes par lesquelles les eaux froides sont appelées. Aussi à partir de là, voyons-nous la température du courant en question s'élever progressivement, et, par suite, son action pour refroidir la température de la cote diminuer comme nous venons de le constater. En continuant sa route, le même courant arrive enfin près l'ile de la Trinité, et se trouve entièrement engagé dans le golfe du Mexique, dont, par sa vitesse, il tend à refouler les eaux et à élever le niveau. Alors les eaux du golfe sont tenues de se déverser au dehors dans l'Atlantique, vers la Floride, où aucune action ne les comprime, et elles donnent ainsi naissance au vrai courant du Gulf-Stream, lequel, formé d'eaux chaudes superficielles se dirigeant vers le nord, prend un mouvement i&pparent vers l'ouest, par suite de Texcès de sa vitesse occidentale ^relativement à la vitesse de rotation des points vers lesquels il se dirige. A partir de son entrée dans le golfe du Mexique, le courant froid équatorial situé dans une mer chaude, fermée au nord comme au sud, cesse d*être entretenu et refroidi par l'appel des eaux froides du nord. Il s'échauflfe alors progressivement à un degré supérieur à celui des eaux ôuperflcielles dans l'Océan libre , parce que celles-ci , à mesure qu'elles tendent à s*échauffer, sont; rapidement portées dans àeô latitudes plus grandes. Ici, au contraire, les eaux sont tenues de
fiéjoarner longtemps dans le golfe, et rentrée dn courant équatomi, d'ane part, la sortie du Golf-Stream de l'aatre, j déterminent un mouvement circulaire par lequel les eaux échauffées sur les côtes de la Gujane anglaise et du Venezuela se portent plus au nord, et élèvent la température des rivages an-dessus du degré appartenant à leur latitude. Ainsi, on voit comment les lignes isothermes ae relèvent vers le nord, dans le golfe en question.
L'explication précédente de Torigine du Gulf-Stream, tout en présentant d*assez grandes ressemblances avec la théorie ordinairement donnée, en diffère néanmoins en quelques points : d*abord parce que, plus complète, elle rend mieux compte de tous les phénomènes, ensuite parce qu'elle explique le froid relatif du courant équatorial et le dé?ersement des eaux, nord et sud, dont il est accompagné dans tout son parcours, et elle £sit comprendre comment la force vive, perdue dans le trajet, est sans cesse renouvelée. Cette explication montre aussi comment ce n'est point un courant superficiel venant du sud pour se réfléchir dans le golfe de Guinée. G^est au contraire un courant venant du fond, se substituant progressivement aux courants superficiels, à mesure que les eaux de ceux-ci s'échauffent, et refoulant lentement dans le golfe de Guinée ces eaux superficielles vers le sud, où le mouvement oriental apparent dont elles pouvaient être animées disparait. Le courant en question a lui-même une intensité modérée. Il tend à augmenter, par le motif précédemment exposé, depuis le golfe de Guinée jusqu'à la côte d'Amérique ; mais il ne s'ensuit pas que, s'il ne rencontrait pas cette côte, son intensité irait en décroissant indéfiniment ; elle atteindrait bientôt un maximum, lequel serait déterminé quand la perte de force vive due aux frottements latéraux, laquelle est proportionnelle à la vitesse, comme toute perte de force vive dans le frottement, serait devenue, par l'accroissement de cette vitesse, égale à la force accélératrice. C'est la loi d'équilibre existant dans tous les mouvements, et je fais cette remarque uniquement pour prévenir deux objections non fondées.
De même que la côte du Brésil, à partir de Pernambuco vers le sud, échappe complètement à l'influence du courant refroidissant, lequel glisse le long de la côte nord de l'Empire, elle échappe aussi à un haut degré à l'influence des eaux chaudes des régions voisines de rÉquateur, au sud de ce courant, et qui se portent au sud, car
ces eaux tendent à prendre en même temps un mouvement apparent vers Torient. Cette circonstance eu atténue considérablement TefTet modificateur sur la température, car alors les courants côtiers, se dirigeant du nord vers le sud et observés sur les côtes du Brésil, se trouvent entretenus à la fois par des eaux superficielles venant du nord, et des eaux profondes venant du sud ; et ceci rend à peu près nulle leur action sur la chaleur de la côte, comme le prouve Taccord de sa température avec ma formule, laquelle, établie sur Tensemble de toutes les observations faites sur le globe dans les deux hémisphères, représente Tétat moyen ou normal pour chaque latitude. Au cap de Bonne-Espérance, au contraire, les eaux superficielles de provenances intertropicales, portées vers Touest, empêchent Tarrivée à la surface pour les eaux inférieures polaires, et la température j est supérieure à celle de son parallèle, comme les températures des côtes de l'Europe sous rinfiuence du Gulf-Stream. Celles-ci sont aussi supérieures aux nombres donnés pour elles par ma formule. En Italie, au contraire, où rinfiuence du courant en question n*existe plus, ma formule représente d*une manière remarquable les températures des divers points, comme Ta fait voir M. Ragona.
Effets de Paltitade.
Mais la formule en question représente seulement les températures moyennes au niveau de la mer, et la chaleur diminue si on s'élève au-dessus de ce niveau. En 1858, une série d'observations météorologiques faites pendant une semaine à Thérésopolis, dans la Serra des Orgues, chez M. le Major d'EscragnoUes, à une altitude de 1064 mètres au-dessus du niveau de la mer, m'a donné» en la comparant aux observations de TObservatoire impérial de Rio-de- Janeiro, situé à 12 lieues de distance seulement et où les deux thermomètres employés furent comparés, un abaissement moyen de 4°,97. La différence de niveau entre les deux instruments était de 1004 mètres. Donc, cet abaissement répond à 1^ pour 202 mètres. D'autres observations, près de ce point, à 1287 mètres d'altitude, m'ont donné sensiblement le même chiffre. Donc, au Brésil, la température moyenne d'un lieu élevé au-dessus du niveau de la mer doit être inférieure à la température moyenne de la même latitude à ce niveau.
d*aatant de degrés qae Taititude da lieu en queaiion reaferme de foie 200 mètres environ.
Lies observaiions du D' Land, à Lago-a-Sânta, lieu ettné dans TintMeur par 19*,40 de ktitade sud» et à 835 mètres aa-dessua de la meir^ ntnis fiMtmiaseni le mojen de contrôler œtte conclusion déduite d'observations dans le. voisinage de EUo*de- Janeiro. Bn effet, ce savant a trouvé 20^,5 pour la température moyenne de Lagoa> Santa. Si par ma formule applicable, comme nous Tavons vu« exactement à ces régions» on calcule la température au nivean de la mer, pour 19'',40' de latitude, on troure 24'',6« La différence, avec le nombre observé, est de 4'>,1. C'est donc un abaissement de 4"*,! pour 835 mètres, ou l*" par 203 mètres, accord aussi satisfaisant que possible avec mes observations dans la cbaino des Orgues. A OunH Prête» d« Vobservation de la température des sources, j'ai déduit 18^,9 pour celle du lieu, à 1140 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Ma formule donne 24*,4. pour cette latitude au niveau de rOoéan, la différence est S'^.S, et répond à un abaissement deP,0 pour 207 mètres, chiffre d*accord avec les précédents dans les limitée d'erreur des observations.
En résumé donc, les températures moyennes des diverses localités du Brésil sont représentées par ma formule d'une manière très-exacte, & deux ou trois dixièmes de degré près, en retranchant du nombre obtenu un degré par chaque 200 mètres, ou mieux 203 mètres d'altitude; sauf pour le côté nord, où H faut encore retrancher 1^ pour l'action refroidissante du courant d'origine du Gul^tream. Cette dernière soustraction doit se £ure seulement sur la oâte même, et diminuer progressivement jusqu'à zéro* vers un degré et demi ou deux degrés de distance du rivage, car on sait par les observations européennes avec quelle vitesse décroit, à partir de la cote, l'influence de la mer sur les dimats ; et ici la petitesse de Tinfluence permet certainement de la regarder comme complètement n^ligeaUe vers 2° de distance de lX>céan.
La flore équatoritf e et la flore tropioale.
Nous avons vu, dans la Q4ologUdu Brégfft commeotlje prolongement de la Mantiqueira, la, Serrât dos Yertente^ et les monts Pjrénées appartiennent à Tarâte, eulmîniaite du j^teau'. oeoftsi^l du
laqoeUe «e prolonge ensuite Ters l*onest ponp se relier aux terres levées de la Bolivie. A partir de cette arête, le sol da plateau oontî* nental incline vers le nord et vers le eud . Par conséquent : l*" le décroiesement de la température de la surface du sd sous un même méridien» en partant des limitea nord de TËmpire, dépasse en grundeur le décroissement dû à la seule action de la latitude, et il s*j ajoute Teffet des altitudes également croissantes, et ceci a lieu jnsqu*à Taréte du plateau en question ; 29 à partir de cette arâte, et en continuant d'avancer vers le sud , Teffet inverse a lieu, car la diminution de Paltitade compense en partie le décroissemeat de température dA à Taugmentation de Faltitude, et, dans la partie orientale de l*Empîre, peut même parfois dépasser la compensation, comme on le psconnaît en comparant les températures moyennes d*Ouro-Preto et de Rio-de- Janeiro, cî-dessiis indiquées. On voit ainsi comment la configuration générale du sol du Brésil agit pour reporter à la fois plus au nord la limite sud du climat équatorial et la limite nord du climat tropical. En même temps elle forme, sauf sur le voisinage immédiat de la céte orientale, une sorte de zone spéciale montagneuse, séparant les deux flores que nous pouvons appeler de TEquateur et du Tropique. Malgré Tidentité «générale dans les familles dont elles sont composées, et aussi dans un trës-grand nombre de genres et l»eaucoup d'espèces, ces deux flores présentent de très-nofobles différences. Les mêmes familles j sont au reste souvent réprésentées dans des proportions très-diiférentes. Ainsi, il y a plus d'espèces de Palmiers, d*Anonaoies, de Sapotoeées, d^Ari»tolochiées, de Gattifères, de Méliacées, de Cactus et de Mimosées, près de rÉquateur que vers le Tropique. Les Mélastemncées, Laurinées, Pipéraoées, Protéaoées, sent au contraire relativement phis nombreuses dans la flore de ce dernier. Cette dernière flore est eneore eacaètérisée par plus de prédominance des Fougères arborescentes. B^autres familles* comme tes Papilionacées, les Aroïdéea, les Marantacées, les Orchidées, les Malvacées, les Rubiacées, etc, sont à peu près jPâprésentées en proportion égale ; mais ceci n'a déjà plus lieu pour leurs divers genres, et un grand nombre de leurs espèces difïèrent, pendant que d'autres restent communes. Certaines espèces de la flore équatoriale, le Baneomia spedom, par exemple, arbuste précieux par son fruit connu sous le nom de Mangaba, et surtout par sa sève, laquelle fournit le caoutehouc de première qualité, s'arrêtent au 30* de*
gré de latitude sud ; d'autres, comme le Mauritia vinifera, magnifique palmier à grandes feuilles en éventail, ont pour limite le 18* degré environ. D*autres encore, comme un autre palmier intéressant, le Copernieia cer\fera, également à feuilles flabelliformes,et exsudant à la surface de ses feuilles une cire connue sous le nom de Camattba, et employée à faire des bougies dans le pays, s'arrêtent dès le 10^ ou 12* degré de latitude, et déjà leur végétation y est notablement plus lente que plus au nord. Cette dernière limite est au reste celle d*un très-grand nombre d'espèces.
Les plantes de la flore tropicale se rencontrent encore presque toutes au sud du Tropique, jusqu'à une certaine distance. Dans les forets des pourtours de la baie de Paranagua, par 25''30 de latitude sud, j'ai rencontré en général les mêmes espèces que dans les forets de la cote, aux environs de Rio-de- Janeiro. Cette même flore se propage aussi assez loin vers le nord. Ainsi, les plantes de la région des forêts de Rio se rencontrent encore pour la plupart non-seulement sur le littoral, mais encore au centre de la province de Minas-Geraes, dans les régions des . grandes forêts, situées même à des altitudes de 8 à 900 mètres sur le versant oriental océanique. Les diftérences notables avec le plateau central, sous la même latitude, tiennent donc à des conditions dififérentes d'humidité et non de température. A ce sujet, je dirai que j'ai rencontré à Rio-de-Janeiro beaucoup des espèces signalées par Saint- Hilaire comme spéciales dans les forêts de la base delà Serra de Caraça et des environs, par exemple le Paulîinia sericea (1), et d'autres Sapindacées, le Comesperma jfioribunda, plusieurs Heteropteris, Erjthroxylon, etc. Plus à l'ouest, les plantes caractéristiques de la flore de Rio*de-Janeiro s'arrêtent beaucoup plus tôt pour la plupart, car elles appartiennent à la région humide du littoral, et sont remplacées aussitôt après la Serra da Mantiqueira par les végétaux de la région des Campos, constituant la flore spéciale aux régions sèches du Tropique.
{A suivre).
(1) Le Paulîinia sericea a parfois des fleurs hermaphrodites, comme Je Tai constaté à Rio et à Minas. Saint-Hilaire dit ne p%3 lui en avoir vu. Aussi je crois devoir spécialement signaler cette particularité.
SOPPL£ME»T A TÉNUMÊRATION DES MASDEVALLIA.
La BdgiqtM horiieoîe a donné, à la fin de Tannée dernière (1873, p. 354} une énumération des espèces connues du genre Masdevallia : cette liste a été fort goûtée. Déjà plusieurs espèces nouvelles ont été signalées : nous les mentionnons ici à titre de supplément avec quelques renseignements nouveaux sur des espèces déjà citées.
M. caloptera Rchb. j. -— Gard. Chron. 1874, 1, p, 338. — Découverte par Roezl dans le nord du Pérou : les fleurs viennent en épi au nombre de ô à 9, ouvertes en même temp3 : elles sont blanchâtres avec des bandes longitudinales violettes sur le calice : on en compte deux sur la division supérieure et trois sur les deux divisions inférieures.
H. epliippiam Rchb. j. — Xenia Orchiiacea, 11, Tab. ?
— Gard, Chron., 1874, 1, p. 372. — Les feuilles ont la longueur de la main et sont longuement pétiolées : la hampe florale atteint un pied de haut avec plusieurs fleurs qui s'ouvrent successivement -.elles sont aussi grandes que chez le M. Tovarensis : les divisions du calice, longuement prolongées en appendices jaunâtres, sont brun foncé avec le tube large et court : les pétales ont la forme de petits rubans tridentés : le labelle est linéaire, oblong-aigu à la pointe. — Cette espèce a été récoltée à Lozapar feu le D' Krause, à Antioquia par M. Wallis, à Medellia par M. Roezl. Elle flgure dans les collections de M. Backhouse et de M. Williams, qui Ta reçue de M. Patin. — M. Reichenbach cite la planche 95 de sa Xenia orchidacea pour la flgure de cette plante, mais il doit y avoir une erreur dans cette citation.
M. EstradaeRcHB. j. — Gard. Chron. 1874, 1,p. 435. — Cultivée à la Nouvelle-Grenade, dans le jardin de Dona Estrada où elle a été remarquée par M. Wallis et envoyée aussi vivante par M. Patin, à M. Williams, cette jolie espèce a les feuilles bien pétiolées, les pédoncules uniflores ; les divisions du calice sont profondes, oblongués, brusquement atténuées en longs prolongements : ses fleurs sont jaunes avec une belle macule pourprée à la base de chaque division latérale et les prolongements sont jaune foncé. Les pétales et le labelle sont pourpre clair avec une verrucoslté noirâtre au milieu du labelle.
M. fenestrata Lindl. — Alîgem, Gartenz,, 1845, p. 224.
M. HoatteaiiaRcHB. j. — Gard, Chron, 1874, II, p. 98. — Forme une touffe serrée de feuilles longuement atténuées, linéaires-lancéolées, aiguës; pédoncules uniflores, fermes, portant une bractée aodessus de leur base. Fleur ouverte, à divisions du calice ovalestriangulaires, longuement prolongées en appendices assez larges, légèrement hispides à la face interne. Ces fleurs sont blanches mouchetées en dedans de macules pourprées : les appendices longs et larges sont également pourprés. Les pétales, anguleux à la base, sont obtus, spatules : le labelle, dilaté en avant, a le limbe involuté et par suite un peu sacciforme (section des Saccilabiala) . M. Reichenbach en attribue la découverte à M. Wallis qui Taurait rencontrée & 8000 pieds ()*altitude ; elle a été introduite Tannée dernière par M. Patin et doit paraître prochainement dans la Flore des serres.
H. inaeqnalis Rchb. j. — Gard. Chron., 1874, 1, p. 372. — Espèce très-délicate, voisine du M. triangularis de Lindlej, découverte à la Nouvelle-Grenade par M. Patin et introduite dans les cultures de M. Williams. La fleur est très-petite, à divisions étalées, la supérieure deux fois plus longue que les deux autres, blanchâtre.
M.Iliacnira Rchb. j. — Gard Chron., 1874, I, p. 240. — De la Nouvelle-Grenade où il a été découvert par M. Roezl : de la section du M. coriacea : pédoncule uniflore haut d'un pied : tube calicinal court et charnu, à divisions triangulaires, portant à Tintérieur près de la base cinq rangs de papilles rudes et cartilagineuses ; ces divisions sont terminées par des prolongements deux ou trois fois plus longs qu'elles-mêmes : le labelle est papilleux à la pointe et révoluté.
M. melanopus Rchb. j. — Gard. Chron., 1874, 1, p. 338. — De la section des pluriflores, les fleurs en épi sont blanchâtres avec les prolongements et les ovaires de couleur foncée. Découvert par M. Roezl dans le Pérou septentrional.
M« Hyoterina Rchb. — Le Gardeners' Chronicle a donné dans son numéro du 16 mai 1874 (p. 639) une bonne flgure de cette plante extraordinaire dont les fleurs évoquent dans Timagination la figure d'une chauve-souris.
-- gçr —
M. peristeriaRcHB. y— Gard Chron., 1874, 1, p. 500. —Feuilles longues de 5 pouces, larges à peine de 1 pouce ; pédoncule plus* de la moitié plus court, uniflore ; fleur grande : tube du calice à menton obtus, égal aux divisions triangulaires, costé le long des nervures principales, brusquement prolongé en appendices égaux deux fois plus longs que les divisions : pétales onguiculés oblongs, appointis, un peu prolongés en fer de hache au-dessus de la base antériearcr : labelle en forme de ruban un peu échancré de chaque côté, aminci à la pointe réfléchie et rude au toucher. Ces fleurs ont la couleur du miel avec une foule de ponctuations brun foncé : les pétales sont blancs : le labelle est améthyste : la colonne est blanc verdâtre. C est une plante voisine des M. coriaeea Lindl, eMlis Rchb. et aequUoba Regel. M. Reichenbach lui a imposé le nom de M. perisieria à cause de la ressemblance dont il a été frappé de l'extrémité de la colonne et des pétales avec le Peristeria elata, quelque chose, comme il le dit, de comparable à la forme d*une colombe. MM. Veitch ont la plante qui vient de la Nouvelle-Grenade. Un beau spécimen fleurit en ce moment dans la collection de M. Pirlot à Liège.
L polystiota Rchb. j. &ard. Chron. 1874, I, p. 338. —Épis de 7-8 fleurs, grandes, de couleur blanchâtre avec de nombreuses macules brunes. M. Roezl, qui a découvert cette plante tout récemment, dans le Pérou septentrional, rapporte qu*il en a vu des touffes avec 20 épis de fleurs, et qu elle rivalise de beauté avec les OdofUoçlossum naevium et Uandum,
H. TBlifera Rchb. Gard. Chron, 1874, II, p. 98. — Très-voisin du M. Mastodon Rchb. et du if. coriaeea. Sépale supérieur triangulaire longuement prolongé ; sépales inférieurs presque connés, de couleur brun jaunâtre. Récolté à la Nouvelle-Grenade par M. Patin et envoyé par ce jeune collecteur belge à M. Williams, de Londres.
Nous saisissons Toccasion qui nous est offerte ici pour signaler lès collections de Masdevallia formées à Liège par M. 0. Lamarche et par M. Jules Pirlot: ces collections sont fort nombreuses et ces Messieurs réussissent à nierveille à les cultiver.
zeUunç : on peut en lire une description sommaire dans le Journal de la Société centrale éThorticulture de France, mais M. Reichenbach en a donné la figure et tous les caractères dans sa Xenia orchidacea : il signale chez son 0. Kramerianum des bulbes arrondies avec des côtes saillantes ; des feuilles mouchetées de brun ; un pédoncule qui semble ne pas dépasser beaucoup les feuilles, arrondi et sans nœuds apparents : la âeur est dite plus petite que celle de VO, papilio, très-délicate et durant deux jours seulement, colorée en jaune de soufre çà et là relevé de brun chocolat : le sépale dorsal et les deux pétales latéraux, qui constituent les antennes de la fleur, sont jaunes près de la base et bruns dans le haut : les sépales latéraux sont étalés, divergents, aigus et frangés sur les bords ; le labelle est, comme ces sépales, jaune de soufre moucheté de brun sur les bords ; enfin, les ailes du gjnostème sont carrées et entières.
Tel est, en résumé, VO, Kramerianum de M. Reichenbach: les botanistes peuvent en lire la description détaillée dans les ouvrages cités plus haut qu'ils ont sous la main.
Or, ces caractères ne s'appliquent pas exactement à la plante que nous figurons ici et que nous avons vue chez MM. Linden, Van Houtte, Jacob-Makoy , Jules Pirlot , etc. partout sous le nom d* 0. Kramerianum.
En voici la description, écrite d'après nature, le 19 juillet de cette année :
Pseudobulbes comprimées, tronquées, rugueuses, monophylles : feuille coriace, elliptique, pliée à la base, sillonnée le long delà nervure médiane, marbrée d'un réseau brun à mailles vertes. La hampe florale est fort allongée, au point de dépasser deux ou trois fois. les feuilles; elle est ascendante, raide, flexible, arrondie mais aussi entrecoupée de nœuds situés à un pouce ou un pouce et demi Tun de Tautre, très-saillants et en forme de disque : ces nœuds sont tout à fait caractéristiques. Nous n'avons jamais vu sur cette hampe qu'une fleur à la fois, mais elle est persistante et continue à fleurir plusieurs années de suite.
La fleur est grande puisqu'elle mesure plus de 0'"12 de hauteur, sur environ 0'°^06 de largeur, et elle est bien étalée. Le sépale dorsal et les deux pétales latéraux sont semblables, dressés comme de longues antennes linéaires-oblongues, ligules dans leur moitié inférieure qui est large de 0'<^2 environ, un peu convexe en avant, brun-chocolat un peu marbré de jaune ; elliptiques-lancéolés dans leur moitié
supérieure qui est large de 5 à 6 millimètres, à bords réfléchis et ondulés, brune avec un mince liseré jaune. Les deux sépales latéraux pétaloïdes descendent en se courbant vers le labelle sous la forme d anses ; ils atteignent environ la longueur du labelle, mesurant 0'°035 de long sur O'^OH environ de large ; ils sont atténués à la base en* un onglet de 0"<X)5 environ, lancéolés au sommet, à bords ondulés et à face antérieure veloutée, jaune, mouchetée de fauve clair et brillant. Labelle ample, long de 0"^5 environ : sa base est large et occupée à la partie mojenne par une crête saillante, ferme, verruqueuse, calleuse, marquée do brun £oncé; il est trilobé à lobes latéraux basilaires, superposés aux deux sépales latéraux, courts, tronqués, un peu concbiformea, à bords ondulés et frangés, longs de 0'°012, de couleur jaune maculée de fauve comme les deux sépales latéraux dont ils cachent la base ; Tisthme, c'est-à-dire 1^ base du lobe médian, est étroit, convexe : ce lobe lui-iQéme est ample, étalé, tronqué et presque carré dans son contour général, mais fortement ondulé, uniformément jaune au centre avec une bande fauve le long du bord qui est lui-même ânement liseré de jaune. La colonne est courte et épaisse, dressée, d'une longueur totale de 0'"01, fortement comprimée latéralement à la base; le gjnise est encadré par deux ailes étalées, en volute à leur base antérieure, frangées *pectinées avec une glande noire ou nectaire stipité à leur base supérieure. L'opercule est considérable, en casque et si bien articulé qu'il peut s ouvrir ou se fermer aisément suivant le mouvement de la fleur : sa oouleur, comme celle de la colonne, est jaune-verdâtre, pâle, finement sablé de rpnge plus ou moins brun. Les deux pollinies sont à peu près parallèles, sessiles et fixées à un rétinacle en forme de fer à cheval. L'ovaire et le pédoncule sont cylindriques, un peu clavés et longs de Û^OIS.
On doit reconnaître que cette description s'éloigne singulièrement de celle que M. Beichenbach a donnée de son 0. Kfiimenanitm : il suffit d'ailleurs de jeter les jeux sur la singulière plaacbe (n* 33) de la Xenia pour apercevoir de profondes diflérences. Nous signalons particulièrement daas notre plante les nœuds discoïdsfix de la hampe, les antennes entièrement brunes, la oolonation des ailna, la cvéte du labelle étalée, les ailes do gjnostème en volute etpectinéesL
Il peut donc y avoir confusion qudque part : les quelques mots que nous Tenons d'écrire ppovoqueooni peat^ro Jane explication.
Par un aingulier concours de circonstances, il se fait que nous nous sommes occupé au début de notre carrière, en 1855, il j a longtemps déjà, d*un autre Onddium de la même section, arrivé de Caracas et auquel nous avons donné le nom d*0. LimminçhH {Belg. Hort. VI, 1855-56, p. 353). Nous avions communiqué cette plante au savant docteur Lindlej qui voulut bien Tadmettre immédiatement dans sa monographie des Oncidium qu*il préparait alors pour ses Folia Orchidacea. c For this verj curious plant, dit Téminent orchidologîste (1. c. p. 56) I am indepted to Mr. Eduard Morren, of Liège, wbo bas named it after Count Alfred de Limmingbe, a distinguished Orchidophilist. M. Morren informs me tbat it was sent to Belgium, it is believod, from the Caracas, bj M. Van Lousberghe, consul for the Netberlands. It bas entirelj tbe aspect at ârst sigbt, of 0. Papilio on a verj small scale. »
Lindlej constitua avec ces deux espèces une section dans le genre Oncidium, tout à la fin et qu*il désigna sous le nom de gîanduligera. Il y comprenait le Kramerianum de M. Reicbenbacb à titre de variété du PapUio. • It is difScult, ajoutait Lindlej, to find a satisfactorj place for 0. Papilio;Anà now tbat a second species is known, equallj furnisted witb petals and dorsal sepals mucb longer tban tbe laterals, it seems désirable to associate tbem in one small group quite apart from tbe otbers. »
Depuis cette époque (1855) M. Reicbenbacb a constitué son 0, Kra-merianum en une troisième espèce et selon les apparences celle que nous signalons îei en est différente. A ce compte, le groupe se compose maintenant de 3 ou de 4 espèces. On pourrait lui donner le nom de PapUiapsts ; il se distingue par : sépale supérieur et pétales semblables, beaucoup plus longs que les sépales latéraux; labelle ample, membraneux; colonne courte, munie d'ailes glanduleuses ou frangées. Lliabitus et les organes de la végétation, Tinflorescence et Taire de dispersion sont également caractéristiques.