COLTURE DES VÉGÉTAUX INFÉRIEURS DANS UN JARDIN BOTANIQUE
(Suite et fin. Voir p. 112.)
PAR M. Ernest Roze.
m. — Algies.
Dans le trte-grand nombre de végétaux d'eau douce que comprend cette classe, il est évident qu'on ne peut espérer de propager par la culture que ceux qui, grâce à une installation appropriée, seront susceptibles de oomtervatioo après leur récolte dans leurs stations natureltes*
SI
La propagation pourra néanmoins être tentée directement pour certaines espèces, fertiles en spores durables ou en zoospores de facile germination. Mais ces tentatives réclameront des soins tout particuliers.
Les espèces aquatiques seront installées dans de petits bassins spéciaux, alimentés par de Teau de pluie de préférence à toute autre; les terrestres dans d'autres bassins à demi-reraplis du sol factice, maintenu humide, réclamé par les espèces à cultiver. Comme espèces aquatiques, Je citerai : certaines Rivulariées; des Coccophjcées, V Hydrodyction y le Peiiastrum, le Vohox, le Pandorina, etc.; plusieurs Desmidiées, telles que les Closterium, Cosmariwn, Ewutrum, Micrasterias, Staurattrum, etc.; des Zjgnémacées, Sfirogyra, Mougeotia, etc.; des Ulvacées, FiUeromorpha, Ulva, etc.; des Œdoçofdum, ButhœhaU; des Chaiophora, Drapamaldia, CoUocheU, etc. etc. Je pourrai encore ajouter les Bairachospermum qui, une fois fixés sur les pierres d'un bassin, s'y perpétuent constamment.
Parmi les espèces semi-terrestres ou semi-aquatiques, on pourrait • essayer la culture de quelques Nostochinées et OsciUariées, de Vffffirogoêtrum.àe plusieurs Vaucheria et du Spharoplea. Enfin les Qleocapta se maintiendront sur des mousses humides, à lombre, et Ton pourra chercher à conserver le Chroolepus sur des murs exposés à Fombre et toujours frais.
Les jardins qui sont parcourus par de petits cours d'eau auront par cela même plus de facilités pour mener à bien ces cultures aquatiques. Ceux moins favorisés pourront faire développer dans des bocaux, en serre tempérée, toutes les espèces flottantes qui se maintiennent d'elles-mêmes dans des eaux pures telles que Teau de pluie, et cultiver en terrines humides les espèces terrestres récoltées avec le sol qui leur convient.
Je n'ai rien dit de la grande tribu des Diatomées. Beaucoup d'entre elles se maintiendront dans les bassins des Algues ; plusieurs se fixeront dans les ruisseaux, sur les mousses aquatiques qu^on y installera dans des récipients ad hoc : je citerai entre autres espèces le Meridion et le Oomphonema, Enfin quelques espèces pourront être mises en culture dans les serres sur des substratums azotés , fort humides , sur lesquels elles se multiplient quelquefois à Texcès.
Quant aux Algues marines, on conçoitqu'un aquarium d'eau de mer
renouvelable serait toat d abord nécessaire pour en essayer la conseryation et la propagation. Très-peu d'espèces réussiraient du reste dans ces espaces trop étouffés.