VIII. — Isoétées, Bhiaooarpées, Sélaginellées
Isoétées. — Grâce aux efforts de M. Durieu de Maisonneuve, ce groupe et le suivant ne tarderont pas à s'introduire dans tous les jardins botaniques. Toutefois, la culture des Isoétées n'ayant pas encore dit son dernier mot, il j a des recherches à faire pour en compléter les résultats et pour savoir en particulier obtenir quelques succès des semis directs. C'est donc un point qui se recommande de lui-même. Quant à leur propagation et à leur conservation, soit dans le sol pour les espèces terrestres, soit dans l'eau, pour les aquatiques, on peut dire que plusieurs espèces s'y prêtent assez facilement.
Xhizocarpées. — J'en dirai presque autant des Rhizocarpées , groupe comprenant les familles des Marsiléacées et des Salviniées. Les difficultés de leur culture sont aujourd'hui vaincues, et l'on peut dire que ces plantes s'introduiront tôt ou tard dans les réserves horticoles, quelques-unes étant d'un curieux effet. Les MarHlea et PilU" laria se cultivent fort bien en serre, par le semis direct, dans des terrines préparées ad hoc. Le Salvinia, élevé dans des récipients, en serre, au printemps, pourra continuer sa végétation à l'air, en été, sur l'eau des bassins du jardin. Toutefois la latitude sous laquelle se trouve situé un jardin botanique sera en cela à prendre en grande
considération. Un genre, le genre AzoUea, reste inoonnu comme histoire biologique et culture : encore un sujet d'intéressantes recherches pour un jardin botanique !
SélaçineUées, — Ce groupe qu'il convient à juste titre de détacher des Ljcopodiacées, comprend des espèces de serre tempérée et de serre chaude. On sait que le bouturage réussit à en multiplier certaines espèces à profusion. Pour les semis, je recommanderai les Sélaginella Marùensii et denticulata; mais d'autres espèces se prêteraient également à ce mode de multiplication. Des récipients neufs, remploi constant d*eau filtrée, le semis simultané des androspores et des gynospores sur un sol sablonneux à surface préalablementcalcinée, seront de toute nécessité pour mener ces semis à bien et pour en obtenir des résultats satisfaisants.
Je n'ai cherché dans cet aperçu trop rapide qu'à établir la possibilité et à faire pressentir le succès, pour les progrès scientifiques, de rintroduction dans les jardins botaniques de la culture méthodique des plantes inférieures. Ces végétaux offrent, en effet, tout autant d'intérêt à j être cultivés que les végétaux supérieurs, que ce soit au point de vue des recherches expérimentales, de l'enseignement général ou de la conservation des types rares ou étrangers. Bien plus, on pourrait facilement prouver que cet intérêt est double pour les végétaux inférieurs, puisque leur culture seule peut en général faire connaitre la première et la plus curieuse période de leur histoire biologique. Mais ce qui fait aussi défaut en ces conjonctures, c'est le manque d'indications suffisantes pour obvier à l'insuccès des tentatives et pour faciliter l'initiative des premiers essais. C'est TutUité réelle que pourrait peut-être offrir un traité complet sur la matière, dont ces quelques pages ne seraient alors à vrai dire que la préface anticipée.