‹ La Belgique horticoleChapitre 147 sur 159 · CONSERVES DE CÈPES (BOLETUS EDULIS · texte numérisé non relu

CONSERVES DE CÈPES (BOLETUS EDULIS

Voir la Belgique horticole^ 1874, p. 121 et suivantes.

Un de nos amis de Bordeaux a eu l'obligeance de nous transmettre une recette pour faire des conserves de cèpes : c'est le moyen qui est employé par les personnes qui font ce travail en grand. Nous nous empressons de le faire connaître, car ce champignon, qui fait le* délices des Girondins, est fort répandu en Belgique et quelques p€^ sonnes pourraient utiliser cette ressource alimentaire trop délaissée.

Il faut les prendre jeunes, durs et noirs le plus possible ; les essuyer sans les peler ; avoir dans une grande casserole et au fourneau, de rbuile en assez grande quantité. Quand Tbuile est bouillante on J

met les cèpes qui peuvent se placer côte à côte la tête dessus ; on les retourne lorsqu'ils sont dorés, sans être trop cuits, et, lorsqu'ils ont cuit des deux côtés, on les retire pour en mettre d'autres dans la même huile. Quand on les ôte de la casserole, on les met tous dans un grand plat et lorsque tous sont cuits, on les remet dans la casserole en les salant couche par couche. On les remet un instant sur le feu doux pour laisser au sel le temps de fondre et de bien pénétrer, puis on laisse le tout jusqu^au lendemain.

On a eu soin de faire cuire les queues, coupées en morceaux, afin d'en mettre quelques-unes dans chaque boite dessus et dessous. Le lendemain on arrange les cèpes dans les boites, on y met un peu d'huile qui a servi à faire cuire, sans laisser tomber le fond et on finit de la remplir avec de Thuile fraîche.

On fait souder les boîtes et on les place dans une chaudière que Ton remplit d'eau froide, et, à partir du moment que l'eau bout, on laisse sur le feu, au moins une heure ; au bout de ce temps, on retire le chaudron en j laissant refroidir les boîtes.

NOTE SUR LE HABAHTA LEITGOHEIJRA.

NOtrVBLLB SSPàCB DU BsiSIL, CULTIVis CHEZ MM. JaOOB-MAXOY, A LiÉGB.

Maranta lenoonenra species nova brasiliensis, Marantae bicolori afflnis, djffert foliis aliqoantam yelutînis, neiTis secundis albidia, lacinia petaloidea superiori revoluta non trancata, laciniis infenoribus macula purparascente non lineola notatis. — Bd. Mn.

MM. Jacob-Makoj viennent de recevoir dans un important envoi de plantes du Brésil, un Maranta que nous croyons une nouvelle espèce et que nous nous empressons de signaler sous le nom de Maranta leuconeura. Il a de l'analogie avec le Maranta Meolor, mais infiniment plus beau par le coloris extraordinaire des feuilles : il présente d'ailleurs plusieurs variétés bien distinctes qui toutes ont les nervures secondaires sous la forme d'une mince ligne blanche courbée en arc. Il en est parmi ces variétés dont le feuillage extraor-

dinaire semble imiter les ailes diaprées de certains papillons, comme les Uranies. Nous décrirons ces diverses variétés en publiant la figure «iu Afaranta leuconeura,

£0. MORREN.

NOTE SUR LOPUHTU RIFISESQDI Engelm .

60UBCB8 : Enoblmann, Bxplùr, andSurveysfar aRail^oadfrtm the Miuntipij etc. 1856, p. 41, pi. XI, fl^. 1-3. -> Lem. in ///. korL, 1868, mise. p. 49 c ic. — Haaob et ScHMiDT dans la Bev, hort. 1868, p. 90 c. ic. — Hamb, Gart. und Blwnent. 1868, p. 332, 387; 1870, p. 478, 508; 1873, p. 292. — HorL franc. 1860, p. 9^ 1870, p. 235. - Ed. Andrô, IU. hort., 1870, p. 215; 1873, p. 173, 222. — ASA Gray, Mou. ofBot.^ 1870, p. 185.

VOpuniia Hajlnesqui est un Nopal rustique sous les latitudes septentrionales : il a supporté ^ Id"" et même — 20^ G. et il a résisté à la gelée du 9 décembre 1871 ; il a donc reçu le baptême du froid.

C*est une plante basse, poussant ses raquettes en touffe rameuse et serrée : elle perd de bonne beure les épines qui rendent ce genre de plantes désagréable et même quelque peu dangereux. Elle donne, au commencement de Tété, des fleurs jaune pâle, de 0"^ de diamètre. Il leur succède des fruits oblongs, assez gros et pourprés. Cette Cactée se trouve dans les stations sècbes, rocheuses ou sableuses de la vallée du Mississipî, dans Tlllinois, le Missouri, TArkansas, s'étendant au nord dans le Wisconsin, à Test dans le Kentuckj et au sud dans la .Louisiane et le Texas. Elle était connue des botanistes américains et elle avait déjà été signalée et décrite par Rafinesque, comme une variété intéressante de V Opuntia vulgaris, quand en 1856, G. Engelmann en constitua une espèce sous le nom à^Op. ROffinesqui (c*est par erreur qu'on écrit souvent Rafine$quiana). M. Asa G^raj, dans la Flore des Etats-Unis, mentionne trois espèces, les Opuntia vulçaris Mill., Rajlnesqui Engelm. et Missouriensis DC.

VOpuntia Sajinesqui est arrivé en Europe en 1868 et il a été mis dans le commerce par MM. Haage et Schmit, d'Erfurt. L'annonce dHine Cactée pouvant braver les froids de nos hivers a provoqué de rétonnement et rencontré de Tincrédulité, mais Texpérience a dissipé

toas les Montes. Le Nopal de Rafinesque est mainteDant acclimaté en France, en Angleterre, en Allemagne et en Belgique. Nous en avons TQ de fortes toufPes aux Jardins botaniques de Bruxelles et de Vienne : il est cultivé au Jardin botanique de Liège et un pied que nous avons reçu de MM. Haage et Scbmidt h prospéré dans notre jardin.

Il convient de le cultiver dans un terrain sec et dans un endroit découvert : il est le mieux à sa place dans les rocailles, au pied d'un rocher sur une pente : il se plait également dans le schiste et dans le calcaire. G*est une acquisition pittoresque et inattendue pour nos jardins.

On dit que ses tiges, c*est-à-dire ses raquettes, sont broutées par le

bétail et que ses fruits sont comestibles comme ceux du Figuier d*Inde

ordinaire.

Ed. Morren.

FLORAISON DU VRIESEA REOINA Bber.

VRIB8EA eiAZIOYANA Ch. Lem.

au jardin du Palais Impérial de Vienne.

Vriesea regina Bsbb, die Fam, der Brom., 1857, p. 97. — Tillandsia regina Ybllozo, Flor* Flum, m, tab. 142. — Vriesea Qlaziovana Lbm. in ni. hort., XIV, 1867, tab. 516 et mise. p. 43 et 54 sub nomine Vrieseae gigenteae. — C. Koch in Wochensch, 1868, p. 167 et 1869, p. 67. — Der Garten^ fieund, VII, 1874, p. 62. — Qartenjloray 1874, p. 160.

Une plante d'un grand efifet ornemental, connue jusque maintenant sous le nom de Vriesea Qlaziùvana a fleuri cette année au jardin privé de Sa Majesté TEmpereur d'Autriche à Vienne. Le directeur du jardin Impérial, M. Franz Antoine, bien connu par ses belles publications sur les Conifères, est également amateur de Broméliacées et il a su réunir une fort belle collection de ces végétaux intéressants.

Un beau spécimen de Fr. Glaziovana de Lemaire, appartenant à cette collection et comptant une centaine de feuilles longues de l'" et larges de 0°'12, a montré au commencement de 1874 une tendance à fleurir. Il a figuré à TËxposition de la Société d'horticulture de

— advienne, le 24 avril : à ce moment la tige florale s'élevait déjà à 1»30 de hauteur avec un diamètre de 0»06 à la base. La croissance de cette hampe florale était extraordinairement rapide : au mois de mars, elle poussait de 0«O3 par jour, d'après ce que M. Fr. Antoine nous a écrit. La floraison s'accomplit au mois de juin : la hampe mesurait alors 2'»34 y compris rinflorescence : celle-ci. dressée audessus du feuillage» consiste en une ample panicule de fleurs disposées en épis distiques et longue de 0«70 à O^SO. Ces épis au nombre d'une vingtaine, longs de 0-20 à 0«30, sont courbés vers le sol ; Us se développent à l'aisselle d'une spathe et se composent chacun d'une dizaine de fleurs. Nous prenons ces renseignements sur une magnifique aquarelle et sur une belle photographie dues Tune et l'autre au talent de M. Fr. Antoine et que nous avons sous les jeux.

Le rachis est brunâtre ; les spathes sont un peu rubéfiées ou rosées.

Le 23 juin, nous avons reçu, parla poste, deux fleurs, un peu fanées sans doute, mais d'après lesquelles nous avons pu prendre la description suivante :

Là fleur, d'une longueur totale de 0"10 depuis son insertion jusqu'au stigmate, est portée sur un pédoncule court (0°'007), épais, obconique (large de O'-OOS en bas et de O'-OIO en haut) lisse, vert et inséré à l'aisselle d'une bractée. Bractée spathacée, coriace, largement ovale, très-boursouflée, un peu plissée transversalement, pliée contre la fleur sur laquelle elle est étroitement appliquée le long des bords, atteignant les 2/3 du calice, un peu échancrée au sommet, vert pâle ou blanchâtre, lisse, haute de 0»27. A la face interne, sur la ligne médiane un peu au-dessus du milieu, je constate sur les bractées des 2 fleurs dont je dispose, une glande lenticulaire de 0°KX)2 environ de diamètre, sous la forme d'un disque épais, saillant, brun, rempli de suc propre. Le calice est à 3 sépales dressés, très-étroitement convolutés, ovales, lancéolés, un peu acuminés, très-lisses, verts et formant ainsi un tube un peu plus long que la bractée, mais beaucoup plus court que les pétales : à la défloraison, les sépales constituent an cône de 0"033 sur un diamètre de 0™010 à la base. Les pétales libres sont longissimes (0°085) et dépassent le calice de plus de la moitié (soit de (W)47) ; ils ont la forme d'un ruban, large de (HXM, un peu concaves, déjetés ou révolutéset blancs: à leur base se trouve f^^ écaille considérable (longue de 0'"022), adnée sur plus de la moitié et

plus ou moins divisée en deux lanières au sommet. Des 6 étamines, 3 sont alternes aux pétales et libres, 3 sont opposées aux pétales auxquels elles adhèrent par Técaille liguliforme qu'ils ont à leur base ; toutes sont un peu plus courtes que la corolle, à filaments longissimes, soyeux, dressés, droits sur environ les 2/3 inférieurs, puis ondulés surtout pendant la défloraison. Anthères basifixes, linéaires, subulées, dressées, longues de 0*^)14 environ, noires, avec le pollen jaune. Pistil à peu près libre : style longissime, dépassant les pétales (long de CK)75), dressé, un peu courbé au sommet, assez épais à la base (0'°002) d'où il s'atténue insensiblement, à section trigone, sillonné, un peu tordu à la partie supérieure. Stigmate à 3 branches étalées, contournées, papilleuses. Ovaire court (environ 0"*011), pyramidal, vert, lisse. Ovules fort nombreux, longuement prolongés à la chalaze en un appendice ailé, plan, ployé contre les parois de la loge.

Nous avonsy d'autre part, des graines de Vriesea Crlaziomna que M. Glaziou lui-même nous a fait Tamitié de nous envoyer de Rio-de^ Janeiro en 1870 ; elles offrent une structure remarquable et bien différente de celle des Vriesea psUiacina, spedosa et autres espèces tout à fait génuines : elles sont fusiformes, assez longues (environ O^'KXM) et épaisses (presque 0°*001) brun foncé, prolongées à la chalaze en un long appendice (0,008) comateux brun-roux soyeux, et muni au hile d'un pappe funiculaire court (0'"003) également composé de poils brun-roux soyeux.

Cette structure des graines et celle des ovules, ainsi que l'insertion des étamines et la ligule des pétales constituent sinon un genre différent des Vriesea, au moins une section bien distincte.

Les fleurs de cette plante répandent un parfum très-agréable qui ressemble beaucoup à l'odeur du jasmin.

Elle existe dans les serres de Belgique depuis une dizaine d'années, mais elle n'avait jamais fleuri : elle a flguré à l'exposition universelle de Paris, en 1867 sous les noms fantaisistes de Chevaliera et de BUlbergia grandis, mais elle a surtout été répandue dans le commerce par M. Ambroise Yerschaffelt qui Ta reçue à plusieurs reprises de M. Glaziou, directeur du Jardin botanique de Rio-de- Janeiro. A ce propos M. Glaziou écrivait ce qui suit : < Cette élégante Broméliacée croit dans les anfractuosités des roches élevées du voisinage de Rio-de-Janeiro. Elle fleurit en octobre, novembre et décembre.

Je crois que c'est oette plante qaeVellozo a voulu figurer dans sa Fhra Jlwmtneniis (III, pi. 142), sous le nom de Tillandsia reffina. Ses proportions sont de moitié moindres que celles de la précédente {Vr. giganUa); ses fleurs d'un blanc pur, à odeur suave; ses bractées

d'un beau rose >

Charles Lemaire croyait aussi que la plante que lui envoyait M. Glaziou était le TïUandria r^ina de Vellozo et dès lors nous ne comprenons pas qu'il ait proposé de changer son nom spécifique. La floraison qui vient d'avoir lieu à Vienne a confirmé Topinion de M. Qlaziou : M. Fr. Antoine estime que sa plante est la même que oelle dont une figure grossière est donnée dans Touvrage de Vellozo sous le nom de T. regina et c'est aussi notre manière de voir. Dès lors, en vertu de la loi de priorité, on ne saurait se dispenser de lui conserver son nom de ngina tout en Tadmettant dans le genre VriesiOj au moins à titre provisoire. D'ailleurs Béer avait déjà opéré oette mutation et appliqué le nom de Vriesea regina à la plante dont il s*agit. Éd. Morrbn.

DEOIIÈME SHPPLÉMEHT A LtNUMÉRATIOH DES ECHEVERU.

Voir la Belgique horticole, 1874, p. 153 et 281.

Hybrides de M. J. B. A. Deleail à Marseille.

M. J.-B.-A. Deleuil, à Marseille (rue Paradis) s'intitule avec raison horticulteur spécialiste. Il cultive en ce moment les Amaryllis, les Bégonia, les Echeveria et les Yucca. Les Echeveria trouvent dans le climat de Marseille toutes les conditions d'un développement parfait, surtout dans rétablissement de M. Deleuil : ils fleurissent abondamment et ils donnent graines. M. Deleuil les hybride et les croise entre eux et il obtient des résultats qui ne sont pas moins intéressants pour la botanique que pour Thorticulture. Les Paehpphytum et les CouratUia s'unissent entre eux et avec les Echeveria. La liste des hybrides et des métis de M. Deleuil est le complément nécessaire des deux notices que nous avons déjà données sur les Echeveria.

X S. QlsYifolia (Dblbuil). — Hjbride de MB. braoUosa {Pachfphytwm bradeasum Kl,) fécondé par F. rosea {Courantia JSeheveriàfdeê Lbm.). Plante d*an très-joli aspect, d^nne facile et belle végétation ; feuilles un peu moins grandes qae dans le Pachpphftum ^ trèsnombreases, glauques, rosées sur les bords, bombées sur les deax fieu^s, renflées en massue, dressées, puis étalées, plus tard réfléchies. Fleurs nombreuses, en racème composé; sépales déyeloppés; pétales couv^erts en dehors d'une pulvérulence blanc d'argent, carmin en dedans. — Coi. J.-B.-A. BeleuU, 1874.

X S. ereota (Deleuil). — Hjb. de VB. cœcinea et de VB. (Ur(h purpurea. Plante élevée, à tige droite, robuste ; feuilles très-longues et étroites, 0"20 sur 0"»03, obovées-lancéolées, arquées, pubescentes et rougeàtres en dessus : glabres, pourpres en dessous. Fleurs longuement pédicellées, rouge orange. Cette plante à port de Dracaena est très-distincte et d'un bel effet. — Cat. Deleuil^ 1874.

X B' ferrea (Delruil). — Hyb. de YB. Scheeri par VB. calophana Hort. (J^. lurida var,). Très-belle plante, unique de forme et de coloris ; acaule formant une grande rosette de 0'"25 à O'^SO de diamètre. Feuilles nombreuses, obovales-lancéolées, étalées, d'une couleur vert sombre bronzé, rugueuses en dessus; le dessous, uni, luisant, est lavé de pourpre. — Cat,DeleuU 1874.

X B. grandisepala (Deleutl). — Hjb. de VB. metaUica {F. gibU- Jlora var.) par 1'^^. rosea {Courantia Bcheveriotdes Lem.). Très-belle plante à grand feuillage de couleur chatoyante; feuilles amples, cunéiformes, concaves, d'une riche couleur lilacée à reflets métalliques ; rinflorescenoe en panicule, de même coloris que les feuilles, porte de grandes fleurs jaunes, rosées sur les bords des pétales ; sépales foliacés excessivement développés, 0"'05 à 0"06 de longueur sur O'^Ol de largeur. Par son magniflque coloris foliaire et le développement extraordinaire des sépales, cette plante est unique dans le genre. — Cat. DéleuU 1874.

X B. imbrioata (Deleuil). — Hjb. ànçlaneaf^r lemetàllioa. Quoique cette plante ait la même origine que VB. metallica glauca, sa beauté est de beaucoup supérieure à celle de cette dernière; feuilles

nombreuses, compactes, grandes, orbiculaires, fortement macronées, parfaitement imbriquées ; les jeunes du centre, d'une belle couleur glauque, passent bientôt au rose vif à reflets métalliques, plus tard bronzées. — Cat. DéUuU 1874.

X B.mutabiliB Pelbuil). — Hyb. de YE. Scheeri par 1'^. linçwU' folia. Plante des plus intéressantes, à feuilles spathuliformes, étalées, longues de O^IO à 0™12, d'un vert glaucescent violacé, quand la plante est cultivée en serre et d'une belle couleur jaune-rose, violacée sur les bords, quand elle est cultivée dehors. Inflorescence en épi, couchée; fleurs jaune clair, rose sur les bords des pétales. — CiU. DeleuU 1874.

X K. ovata (Dblbuil). — Hjb. de 1'^. SdUeri fécondé par VJff. metalliea. Très-belle plante à port trapu; feuilles ovales de O'-IS à 0'»20 de long, sur 0"»06 0'»07 de larg., très-épaisses, d'une superbe couleur jaune aurore, par la culture en plein air, et rose glaucescent violacé par la culture renfermée; dans les deux cas, la fine couleur d'opale du Scheeri se trouve mêlée à la magnifique nuance du metalliea. Fleurs très-nombreuses, grandes, d*un beau corail foncé. — C(U. DéUuU 1874.

X B. pminoss. — c Hjbride de VB. linçua^folia fécondé par Yff. cocdnea; plante très-distincte; feuilles obovales-lancéolées, canaliculées, vertes, couvertes d'une pubescence pruineuse, plus apparente sur celles du centre. Fleurs jaune citron, i — Cal, J, B. A. DdeuU 1873.

X Eolieveria Bpathnlata. — Hjbride obtenu par M. Deleuil et décrit par lui dans son catalogue 1873 comme produit par B, iracUoia Paxt. fécondé par un S. çrani\folia. Nous ne savons ce que c'est que cet B. çrandifolia ; peut^tre une forme de 1'^. gibUfiora. — Le spalhulala est une c plante robuste, glauque dans toutes ses parties, subpulvérulente; les feuilles, disposées en rosace, sont spathulées, grandes de O^H à 0'»17 de longueur, sur O^OÔ à 0»08 de largeur, très-épaisses, rappelant celles de la mère; fleurs blanches, extrémité des pétales lavée de carmin. Très-distincte de toutes ses congénères, i

HOTE SUR U CROISSANCE DES FOUGERES ARBORESCENTES, Ime ievaiU TAuodathn Mtamiiqne, à Bé{fattf en 1874,

PAR LB ly MOORB,

Directeur du Jariim Matuique de Gkunevi».

Gonvainoa qne des données anthentiques sor le mode et la rapidité de croissance des fougères arborescentes présentent de Tintérât, le ly Moore a coordonné quelques notes qu'il a eu Toccasion de prendre de temps à autre sur ce s^jet.

n se demande d*al)ord pourquoi un si petit nombre de ces belles plantes ont été introduites en Europe et pourquoi aujourd'hui encore le nombre de celles qui sont cultiyées dans les serres est si restreint, comparativement à calui des espèces connues et décrites. Il combat par plusieurs exemples la croyance généralement accréditée que ces végétaux mettraient un nombre considérable d*années à produire les stipes de 3 à 4 mètres que l'on en a importés en Europe.

L*on a obtenu à Glasnevin, d'une spore semée, une fougère haute de 3'"50, en moins de 20 ans.. C'est, il est vrai, le Cyathea medul^ laris Sw., une des espèces les plus robustes et les plus vigoureuses de TAustralie et de la Polynésie. Le ]> Will. Harvej envoya, en 1855, de la Polynésie, des spores du Cyathea Mertensiana de Bouzard, que le IK W. Hooker, dans son Synopsie FUicum, considère comme une variété du type habituel de la Nouvelle-Zélande. Quelques plantes levèrent de ces semences et Tune d'elles avait déjà atteint 3 mètres en 17 ans, quand elle périt en 1872, sans cause connue.

Les serres de Glasnevin contiennent encore un bel exemplaire de Cyathea meduUarie et qui offre cet intérêt historique qu'il est le produit d'un des premiers semis introduits par Loddiges en 1844. Un autre exemplaire du même lot périt dans l'incendie du Palais de Cristal, il y a peu d'années. Il a dû arriver à Glasnevin, vers 1845, car il était très-petit lorsque le Jardin de cette ville le reçut. Il a actuellement un magnifique et vigoureux stipe de 3*85 et des frondes de 2 à 3 mètres de long.

Cd8 exemples donnent une idée suffisante des dimensions qu'atteint cette espèce dans un laps de 30 ans. L'espèce suivante que le D' Moore a eu Toccasion d'étudier est celle que Ton connaît généralement sous le nom d'Alsophila exceUa R. Br., mais qu'il estime être YÀIêophik Cooperi Hook. Les serres de Glasnevin possèdent deux plantes connues sous le nom d'Â. excelsa, la première appartient au type normal d'Australie, la seconde à celui de l'ile Norfolck. Celle^ provient de spores recueillies dans cette île par feu J. Veitch. Ces mômes serres possèdent aussi des Fougères provenant de spores enlevées aux frondes de l'herbier de Kew et décrites par feu W. Hooker, comme des Alsophila Cooperi, Elles ne diffèrent aucune* ment, d'après le ]> Moore, des exemplaires envoyés par son frère G. Moore de Sjdnej, sous le nom d'A. exeeUa^ tandis qu'elles dif^rent considérablement des plantes apportées par Veitch de Tile Norfolck et qui seraient de véritables A. eû^eeUa R. Br. Le premier exemplaire de l'espèce australienne arriva à Glasnevin en 1850, n'ayant encore ni tige ligneuse, ni frondes plus longues que (>°'30 ; il a maintenant an stipe magnifique mesurant 3'"Ô5 jusqu'à la base des frondes : c'est une assez belle croissance en 24 ans !

Le D' Moore a observé également la croissance du Dicksonia antaretica^ depuis sa germination jusqu'au moment où il présente an stipe élevé; en 1840, cette Fougère n'avait que 0"*^ y compris les frondes; aujourd'hui elle a un stipe superbe mesurant au moins l'^2, depuis la caisse dans laquelle elle croît jusqu'à la base des frondes.

Ces exemples montrent donc que certaines espèces de Fougères australiennes et polynésiennes forment leurs stipes plus rapidement qu'on ne le supposait généralement; mais il y a en revanohe d'autres espèces qui croissent très-lentement. C'est ainsi que le D' Moore cite un exemple d^AUophila australU R. Br. qui, à Glasnevin, de 1850 à 1874, quoique très-vigoureux, demeura tout ce laps d^ temps, à l'état de rhizome et commence seulement maintenant à prendre une direction ascendante. Il en est de même d'un autre exemplaire de la même espèce. Un troisième exemple est fourni par un plant de Cyaihea dedUcUa^ acquis en 1855 ; ce n'est que depuis 18 mois que sa tige est devenue ligneuse, bien que la plante fut très-vigoureuse. Ces exemples et d'autres encore convainquirent le D' Moore que

beaaconp de Fougères arborescentes ne croissent que très-lentement, tant qu'elles n'ont pas de stîpe et que leur tige n*est pas devenue ascendante; qu'après ce moment elles poussent très-rapidement jusqu^à une hauteur de 3 à 4 mètres, qu'ensuite leur croissance devient moins vive, mais que l'arbre se fortifie.

Le ly Moore n'eut que peu d'occasions d'observer les Fougères arborescentes de l'Amérique du Sud. En 1858, le juge 0 Reillj, en résidence à la Jamaïque, envoja à Glasnevin des jeunes plants du Cyaihea artarea Sm. et du Cyalhea aeuleata Willd. qui n'avaient pas encore de stipe; aujourd'hui, le premier a une tige haute de 4 mètres et le second une de l'"67, acquises en 16 années.

Des espèces de l'Australie et de l'Amérique méridionale sont également de croissance lente. Parmi les dernières, on peut citer une plante de Cyaihea serra, envoyée en 1862 par ladj Dorothée Neville, de sa serre de Daugstein et qui était déjà haute de 4"'57. Bien que toujours vigoureuse, cette plante n'a gagné depuis, en 12 ans, que 0'°90.

Quant aux espèces de la Nouvelle-Zélande, M. Moore a vu des plants de Dicksonia squarrosa Sw. et de Cyathea iedCbata Sw. reçus en 1868, avec une hauteur de 1°'82 et 2'°43 qui, continuant à croître en pleine santé, n'ont aujourd'hui, au bout de 6 ans, gagné que O^'SO.

Le D^ Moore cite, par contre, un magnifique Cyathea princeps J. Sm. qui a poussé un stipe haut de plus de 2 mètres endéans les 14 années.

Toutes les observations précédentes ont eu lieu dans des serres accessibles tous les jours au public et où par conséquent l'atmosphère était trop sèche pour le plein développement de ces végétaux. Mais le D' Moore a été à même d'observer aussi les belles fougeraies du jy Hudson, près de Dublin et de M. Bessley, dans lesquelles règne une atmosphère humide et stagnante, ainsi que beaucoup d'ombre, ce qui fait croître les fougères beaucoup plus rapidement qu'elles ne pourraient le faire avec l'exposition moins humide et plus éclairée de Glasnevin. Ces notes ont surtout été prises pour réfuter l'opinion générale de la mystérieuse lenteur de croissance des stipes importés en Europe. Le D' Moore croit pouvoir affirmer que la moitié au moins des nombreux et beaux exemplaires importés en Europe durant les 20 dernières années a péri pour avoir été trop exposée au soleil et pour s'être trouvée dans des conditions anormales.

Par un examen approfondi, on constate que la sécheresse des

racines oa des stipes permet rarement hqx Foogèrea de se rétablir «t qa*6lle les âdt dépérir aa contraire pea à pea en perdant lean frondes.

En réenmé, le ly Moore affirme :

1« que certaines espèces de Foogères arborescentes croissent pins rapidement qa*on ne le pense généralement et forment leor tige en moins de temps qu*on ne le croyait ;

2^ qa*après une certaine hauteur, les bourgeons acrc^nes se rapprochent plus qu'au commencement et qu'ainsi Taccroissement des plantes deyient moins vif.

30 que quelques espèces ont d*abord une tige {rhizomateuse qui devient ensuite ascendante en forme de stipe ; que la première période est très-longue ; que la deuxième se caractérise par une croissance beaucoup plus rapide que la première.

A la suite de cette lecture s*élèya une longue discussion. Le D' Hooker assura qu'à Eew Ton n'avait pas constaté ce ralentissement de croissance dont on vient de parler, après que les plantes ont atteint une hauteur de 4 à 5 mètres. On 7 voit des Fougères hautes de 9*14 qui croissent aussi rapidement qu'elles le faisaient à la hauteur de 3 mètres. Enfin le jy Balfour annonça que dans le Jardin botanique d'Edimbourg, en recouvrant de mousse les stipes de Fougères arborescentes, on est parvenu à les préserver de la sécheresse, etc.

Page 1