LE CLIMAT ET LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BRÉSIL
PAR M. Emmanuel Liais, Directeur de l'Observatoire Impérial de Bio-de- Janeiro.
(Chapitre détaché de l'ouvrage intitulé: Climats, Géoloçie, Fawie et Géographie botanique du Brésil^ Paria 1872).
(Suite à la page 254).
Saisons, humidité, ploies et antres phénomènes météorologiques
an Brésil.
Ce n'est pas seulement le simple décroissement de la température moyenne, le seul dont nous ayons parlé jusqu'ici, auquel il faut attribuer les notables différences des deux flores équatoriales et tropicales. Il joue sans doute un rôle puissant pour ralentir la végétation de certaines espèces équatoriales demandant une chaleur soutenue et élevée pour végéter, mais Taction de ce décroissement moyen est puissamment aidée par la variabilité des températures hibernales, car les températures maxima ne diffèrent guère au Tropique et à TÉquateur. Au contraire, ces dernières tendent plutôt à croître vers les Tropiques, et ce fait se conçoit aisément. En effet, le soleil atteint le zénith en tous les points de la zone intertropicale, mais il y reste peu à TEquateur, et passe rapidement de Tautre côté. Au Tropique, il séjourne au contraire longtemps près du zénith, et en même temps la présence du soleil sur Thorizonest de plus de 12 heures. A Tété du Tropique, le soleil chauffe donc autant qu'au zénith de rËquateur, mais il chauffe plus longtemps, le refroidissement de la nuit dure moins, et ceci a lieu pendant une série de jours. L'effet de l'allongement des jours est même tel, que les plus fortes chaleurs terrestres s'observent à une certaine distance en dehors des Tropiques, quand par hasard les vents polaires ne viennent pas arrêter réchauffement. On connaît les énormes chaleurs de la Syrie, très*supérienres aux plus fortes chaleurs de Rio-de* Janeiro. A Montevideo, M. Martin de Moussy a observé une fois 41"* en été. En aucun point du Brésil
tropical, je n*ai eu Toocasion d'observer 40* pendant mon long séjour. Tsd seulement noté une fois 39'',4 aux environs de Rio-de^aneiro et 39^,8 à Olinda, près de Pernambuco. La plus basse température observée en ce dernier point a été de IS'^.S, d*où une différence seulement de 24<*,3 entre les extrêmes. A Rio, la différence entre les extrêmes est de 29^. A Montevideo, où le thermomètre atteint 0^, elle va jusqu'à 41. A Pernambuco, les différences des températures moyennes du mois le plus chaud et du mois le plus froid n'atteignent pas 2°. A Rio-de-Janeiro, la température moyenne des trois mois les plus chauds est de 26°,1 ; celle des trois mois les plus froids, de 20^,3. La différence de température moyenne, entre Tété et Thiver, est donc déjà de 5^,8. A Montevideo, cette différence est de 10^,0; et la température moyenne des trois mois les plus froids ou de Thiver, y est de 11**,8; celle de Tété de 21°,8. Donc en résumé, 1*» les températures maxima accidentelles tendent plutôt à croître qu'à décroître, à partir de l'Equateur, jusqu*à une assez grande distance au delà du Tropique ; 2^ les températures estivales décroissent lentement dans le même intervalle; 3^ les températures hibernales décroissent beaucoup plus vite que les températures moyennes, et à elles surtout est due la limitation de l'extension des plantes de la flore équatoriale, et aussi de celles de la flore tropicale en dehors du Tropique.
C^est ici le lieu de parler d'un phénomène extraordinaire et remarquable, d'une température survenue en 1870, sur le haut plateau de Minas-Geraes, entre San-Paulo, Barbacena et les massifs montagneux des environs d'Ouro-Preto. Sur ce plateau, dont Taltitude varie en ses divers points de 900 à 1100 mètres, la température moyenne est inférieure de 5^ environ à celle du niveau de la mer, sous le même parallèle, et à cause des différences de latitude, d'environ 4° à celle de Rio-de- Janeiro. A Atalaia, près de cette dernière ville, la plus basse température donnée par mon thermomètre minimum, dans de bonnes conditions à Tair libre et préservé contre le rayonnement, a été de 10*,8 et cela une seule année. Généralement, les minima annuels ne descendent pas au-dessous de 12^,5. Si entre le plateau de Barbacena et Rio-de-Janeiro, les différences entre les extrêmes restaient toujours égales aux différences entre les moyennes, ces nombres répondraient à ceux de ô^'yS et 8'*,5 sur ce dernier plateau. Mais régalité en question n'existe pas, car la température varie plus
dans la même journée rar les lieux élevés qne dans les lieux bas G). CSeci s^expliqne aisément, car, par suite de la diminution d^épaissenr de la ooQcfae d*air sor les lieax élevés, diminution manifestée d*ailleurs par celle de la pression barométrique, Fatmosphère diminue moins le refiroidissement dû au rayonnement nocturne, et diminue moins de jour aussi par absorption l'intensité de la radiation solaire. Il 7 a donc moyennement plus de différence sur les plateaux élevés da jour et de la nuit, par les temps de ciel serein, que dans les plaines au niveau de la mer. Les maxima diurnes, toutefois, y sont mcÀsa élevés, car l'action de Taltitude compense au-delà Fexcès de la température dû à la supériorité de la radiation solaire, mais les minima ao contraire sont beaucoup plus bas, parce que cette action d'altitude et l'excès de la radiation nocturne se réunissent pour les abaisser. La remarque précédente est seulement relative aux grands plateaux; elle ne s'applique pas aux montagnes isolées, ni même aux ebaînes de montagnes proprement dites, car, pour celles-ci, c^est la température de Tair ambiant de leur niveau, lequel n'a pas été en contact avec le terrain écbauffé ou refroidi des régions voisines qui détermine la lenr, en réchauffant rapidement leur sol s'il se refroidit trop, en le relroîdissant de même, quand la température tend à s'élever au-dessus de celle de la couche d'air du niveau en question. Aussi le climat des chaînes de montagnes tend-il vers une plus grande constance, et celai des plateaux, surtout dans leurs vallées ou l'air se renouvelle moins facilement, vers une plus grande variabilité que celui des plaines basses. Ce dernier cas se rencontre dans le plateau de Minas-Geraes. Aussi la température minimum hibernale, au lieu d'être de 7 à 8 degrés au-dessus de zéro, comme à priori on aurait été tenté de le croire, par la comparaison avec les minima de Rio-de-Janeiro, s'y abaisse-t-elle jusqu'à 3 à 4 degrés au-dessua de zéro au point du jour, dans les temps clairs, et même parfois encore 1 ou 2 degrés de moins dans certaines vallées. Alors, dans ces circonstances, il existe quelquefois un peu de givre, ou gelée blanche dans les Gampos, sur
(I) Outre cela, à Rio-de-Janeiro, la mer, dont la température change peodn joar à la nuit, agit pour diminuer en général le maximum diurne, et élever le mlDÎmum noctarne.
les graminées et la surface des feoilleg dont, par l'effet du rajonnement, la température est encore inférieare à celle de Tair. Toutefois ce givre, généralement très-peu gelé et mêlé de beaucoup de rosée, fond aux premiers rayons du soleil.
La gelée proprement dite était tout à fait inconnue sur le plateau ; les nonagénaires ne se souvenaient jamais d'en avoir vu, et ont été frappés d'étonnement quand, au mois de juin 1870, ce phénomène s'est produit avec une intensité extraordinaire pour ces régions. Cette fois, la gelée s'est montrée fort persistante, et a duré de cinq à six jours depuis Barbacena jusqu'aux Serras d'Ouro-Branco, dans tout le bord oriental du plateau central de Minas. Ce phénomène a été local, limité, non accompagné de températures anormales dans d'autres régions du Brésil peu éloignées. J'étais alors dans le centre de la province de Bahia, où la température était élevée comme d*habitude, et après mon retour à Rio-de- Janeiro, j*ai trouvé, au mois d'août suivant, l'index de mon thermomètre minimum à 12^,5 au-dessus de zéro, lequel me marquait ainsi la plus basse température de Rio-de- Janeiro depuis un an environ, époque de mon départ, et m'apprenait ainsi, qu'à Rio, rien d^anormal dans la température ne s'était produit pendant le froid extraordinaii^ de Minas-Geraes.
Quoi qu*il en soit, le froid de Barbacena a été assez intense et assez long pour pénétrer dans les habitations, où Teau a gelé. Dans ce pajs, il est vrai, les maisons n'ont pas de murailles épaisses comme dans les pays froids, les cheminées j sont totalement inconnues, car elles sont une chose inutile pour les chambres, et la cuisine s'y fait sur des fourneaux. Ces conditions sont complètement suffisantes pour rétat normal des hivers, car les basses températures de 3 à 4° audessus de zéro, dont j'ai parlé, existent seulement à la an de la nuit, vers le matin, et n'ont pas le temps de pénétrer à l'intérieur. Dès le lever du soleil, la température remonte très^vite, et ces circonstances expliquent l'absence et Tinutilité des cheminées dans les chambres. Mais, en même temps, elles montrent précisément combien le phénomène dont nous nous occupons était anormal, et font comprendre la facilité qu'éprouva la gelée, pour pénétrer dans les habitations. M. le vicomte de Prados était à Rio au moment du phénomène mais en retournant à Barbacena au mois d'août il trouva le thermomètre à minima placé dans son salon (lequel était fermé) marquant 29^,50
Fahrenheit, c'est-àrdire V^4 centigrade au-dessous de zéro. Ced indique combien le froid avait dû être intense et soutenu à Textérieur. Le yice-consul de France à Barbacena, M. Renault, ni*a dit que le therinomëtre est descendu le dernier jour jusqu*à près de six degrés au-dessous de zéro k Textérieur, mais cette dernière température a duré un court instant seulement. Toutefois, évidemment, la température a du rester assez longtemps vers 2 à 3^* au-dessous de zéro dans la dernière nuit, sans quoi le thermomètre n*aurait pu descendre à l'*,4 au-dessous de la glace fondante, à l'intérieur d'une pièce fermée, et encore ceci était explicable seulement par le très-fort abaissement de température qui avait eu lieu déjà depuis plusieurs jours, où, dans les nuits précédentes, le thermomètre était descendu un peu au-dessous de zéro. Des plantations de cannes à sucre ont été détruites, des ruisseaux se sont glacés, et on a remarqué que beaucoup de poissons sont morts. Des forêts ont été totalement gelées, comme si elles avaient été grillées par le feu, et beaucoup de jeunes arbres ont péri. Il ja eu aussi parmi les personnes des victimes du froid, dans les campagnes où les tropeiros ou conducteurs de mulets chargés sont à peine couverts de vêtements de toile , et couchent souvent sous des hangars ouverts, ou même dehors.
A première vue, l'explication de ce phénomène anormal est difficile, car des vents inférieurs, venant de régions éloignées au sud, ne peuvent parvenir à ces latitudes à une basse température, puisqu'ils s'échauffent dans tout le trajet par leur contact avec le sol, sous l'influence de la radiation solaire. Un abaissement direct de l'air froid des régions supérieures de l'atmosphère ne peut avoir lieu sans un échauflement considérable de cet air, en vertu de la compression éprouvée et par conséquent on ne peut recourir à l'hjpothèse pure et simple d'un courant atmosphérique descendant, d'autant que le phénomène en question serait alors fréquent. Il faut donc un concours de circonstances plus complexe et par conséquent plus rare. La seule explication possible consiste à admettre que, dans une latitude beaucoup plus australe, où par conséquent l'hiver pouvait sévir avec rigueur, car le mois de juin est mois d'hiver dans l'hémisphère sud, une grande masse d'air froid à une température très-inférieure à zéro et acquise sous l'action d'un fort rayonnement de la surface terrestre et de vents du sud, s'est trouvée portée, par une cause dont nous
examinerons plus loin Forigine, à une grande hauteur du sol. Par la dilatation accompagnant ce soulèvement, sa température s'est encore abaissée d'une quantité égale à celle dont cette même température pourrait s'élever de nouveau, si la masse d*air en question redescendait de cette hauteur à son niveau primitif. Poussée ensuite dans la direction du nord à son niveau élevé, cette masse d'air s'est rapprochée de l'Equateur sans s'échauffer beaucoup, contrairement à ce qui serait arrivé si elle avait rasé le sol, car les rayons solaires élèvent peu la température de Fair en le traversant, et on sait que celui-ci s'échauffe surtout par son contact avec le terrain, et par les courants ascendants auxquels cette circonstance donne lieu. Mais, en arrivant vers la latitude des plateaux de Minas-Geraes, la masse d'air froid dont il s'agit s'est abaissée jusqu'au niveau de ce plateau, et réchauffement résultant de cet abaissement n'a pu que la ramener à sa température primitive, et cela même en ne la supposant pas partie originairement d'un niveau plus bas. Donc, elle aurait pu y porter une température inférieure même à sa température originelle, si ce n'est le léger échauffement éprouvé sous l'influence des rayons solaires dans le trajet, et aussi toujours quelque léger mélange avec les couches ambiantes moins refroidies. Cela posé, on comprend facilement comment vers l'extrémité sud de l'Amérique, dans des latitudes de 12, 15, ou même 20 degrés au-dessous. de zéro sont accidentellement possibles en hiver à la surface du sol et vers le niveau de la mer, un grand vent c'est-à-dire une grande masse d'air en mouvement dans la direction de l'ouest-sud-ouest à l'est-nord-est soit venue battre contre la masse des terres et des Andes australes, où, en vertu de sa vitesse acquise, elle a pris un mouvement ascendant, tout en continuant de conserver une vitesse vers l'E.-N.-E., circonstances pour laquelle elle aurait rencontré dans les couches supérieures des conditions favorables, comme par exemple un mouvement préexistant de même sens, auquel cas la chaîne n'aurait pas déterminé un tourbillon à axe horizontal, nuisant à la propagation de l'air soulevé. Alors, dans le courant d'air supérieur, la composante du mouvement vers le nord s'est conservée, et a amené bientôt par l'effet de la rotation terrestre la diminution progressive de la composante vers l'est, après déjà un long trajet dans la direction ouest et il est resté finalement au vent du sud. Pour que ce vent glacé puisse atteindre à la fois
la latitude et le niveau du plateau de Barbacena, il suffît maintenant que ce même vent, déjà parvenu dans une lutitude plus basse, ait encontre des circonstances favorables pour se propager vers le nord, et reprendre une composante vers Test pour devenir sud-ouest, et se glisser entre les vents généraux nord-ouest du contre-alizé par lesquels il aurait été refoulé progressivement en bas. On voit alnâ comment il a fallu, pour ce phénomeae, le rare concours de circonstances fortuites et très-nombreuses sur un trajet considérable.
Par elle-même, Texistence de grands courants d'un froid extraordinaire traversant accidentellement les hautes régions de Tatmosphère est toujours facile à expliquer de la manière précédente, c'est-à-dire par des masses d'air déjà froid, élevé dans les hautes latitudes, à la rencontre des chaînes de montagnes. L'existence de ces courants a été constatée, surtout depuis la mémorable ascension de MM. Barrai et Bixio, lesquels, à Paris, en été, sont tout à coup entrés dans un courant de 40 degrés au-dessous de zéro. Ces mêmes courants froids ne sont certainement pas sans relation avec le phénomène de la grêle, et peuvent puissamment concourir à expliquer deux circonstances de ce phénomène ; le développement en longueur des bandes de terrain grêlées, et la tendance des grêles à tomber toujours de préférence dans de certaines régions, chose qui doit être, du moment où les courants froids en question sont surtout créés par les montagnes, car ils doivent avoir alors une grande tendance à suivre les mêmes trajets en relation avec la configuration du sol. Mais les circonstances par lesquelles ils peuvent d'une part être amenés dans une région donnée à leur maximum de froid et d autre part être forcés de descendre à la surface du sol et surtout sans s'être échauffés par une abondante condensation de vapeurs dans les couches inférieures plus humides, sont considérablement plus rares. Les courants en question sont toutefois en relation aussi avec les froids extraordinaires observés dans des latitudes relativement basses des régions tempérées, mais ils ne peuvent arriver cependant à déterminer la congélation au niveau de là dans la zone intertropicale. Ainsi.à Rio-de-Janeiro, par exemple, en supposant même que le courant tombé à Barbacena j fut descenda, réchauffement éprouvé par lui en plus en descendant à ce niveau l'aurait ramené aux environs de zéro, et les vapeurs dont il aurait fait la condensation auraient encore élevé sa température de 5 ou 6 degrés.
Le phénomène anormal de iempératare dont le plateau de Minas- Geraes a été le théâtre, en 1870, nous montre, dans sa relation de position avec certaines parties de la chaîne des Andes, une facilité pour de grands courants froids à pénétrer dans cette région, et, s'ils ne s'ahaissent toujours, à passer au moins dans des couches atmosphériques peu élevées, et ceci ne doit pas être sans rapport avec Fabondance des grêles. Ces dernières j sont fréquentes Tété, pendant les orages. Les gréions sont quelquefois gros, très-durs, et je les ai vus avoir besoin de trois à quatre minutes pour fondre. En 1862, j'y ai observé quatre chutes dans le mois de novembre. Il y en a, d'après les habitants du pays, une vingtaine moyennement par année.
A Rio-de«Janeiro, les chutes de grêles sont rares. Ty ai eu connaissance de quatre chutes seulement, de 1858 à 1864, dont j*en ai vu trois, et de deux autres ensuite, de 1865 à 1871. La première chute eut lieu le 22 février 1859, et il y eut uniquement quelques grêlons mêlés à une forte ondée d'orage. Deux autres se produisirent le 22 et le 30 octobre 1863, pendant de fortes ondées accompagnées de tonnerre. Les gréions étaient lenticulaires ; j'en ai mesuré de dix-huit millimètres de diamètre et d'un centimètre d'épaisseur. Ils déterminèrent un étonnement général, et j'ai vu des personnes de 60 ans ne pas se souvenir d'avoir rien vu de pareil. Mais la quatrième chute fut la plus remarquable. Elle eut lieu le 10 octobre 1864, pendant un ouragan terrible, cinq jours après le grand ouragan de Calcutta, et après les froids extraordinaires de France, des 2 et 3 octobre 1864, par conséquent dans une perturbation atmosphérique considérable, dontraction s'était exercée sur des régions de Tunivers très-distantes. Cette chute fut extraordinaire, accompagnée d'un violent orage et d'un vent par lequel, en certains points, des arbres séculaires furent déracinés. Je n'étais pas alors à Rio, mais j'ai su qu'il j a eu des grêlons de la grosseur du point. Depuis cette époque, il ne s'est plus produit de fortes chutes de grêle, mais seulement deux fois quelques petits grêlons dans les orages. La grêle peut donc être considérée à Rio-de-Janeiro comme un phénomène exceptionnel, et, sur le plateau de Minas- Geraes, comme un phénomène habituel. Au nord de l'Empire, les chutes de grêle sont à peu près inconnues. Ceci me paraît indiquer la rareté des déviations des grands courants froids supérieurs dans la direction de Rio. Il a dû y en avoir un très-intense le 10 octobre
18Ô4, ot dans ce pays si montagneax, et où Fair est si plein d*hamidité, il a déterminé, par la condensation des vapeurs, an fort orage et un violent ouragan. La grande quantité de calorique latent abandonné par Teau en se congelant ne permet pas toutefois d'expliquer la grêle uniquement par les grands courants froids supérieurs. Pour la produire, ils doivent se trouver agir déjà sur des nuages formés par une autre masse d*air, et au contact desquels ils sont amenés avec leur froid intense. Celui-ci môme ne suffirait pas encore, si ce n*est que la charge électrique des petits globules aqueux se réunissant en gouttes devient, par Veffet de la diminution corrélative de surface, assez intense pour déterminer un écoulement d'électricité faisant passer une partie de Teau en vapeur, et devenant une puissante cause de refroidissement pour les gouttes formées. J'ai exposé dans YBspace céleste, page 385, la théorie de la grêle, et fait voir comment, sur les plateaux élevés de la zone intertropicale, le décroissement de la température avec la hauteur dans l'atmosphère, plus rapide dans les jours chauds que pour les lieux bas, favorise sa formation.
Quoiqu'on n'ait pas souvenir de froids jusqu'à la congélation dans le haut plateau de Minas-Geraes, le phénomène de 1870 a dû se reproduire plusieurs fois dans la série des siècles. On comprend alors comment les hauts plateaux de l'intérieur du Brésil viennent aider encore à la séparation de la flore équatoriale et de la flore tropicale, et assurer les limites de la première et également celles de beaucoup d'espèces animales vers le sud. Ces phénomènes sont toutefois beaucoup trop passagers pour pouvoir être invoqués en faveur de la théorie des glaciers.
A côté de la question des températures, nous avons à envisager celle des pluies, dont l'action sur l'aspect général de la végétation des diverses parties de l'Empire est tout à fait prédominante. La quantité de pluie tombant annuellement sur les côtes du Brésil est d'environ 2 mètres, et dépasse sensiblement ce chiffre en divers points, M. Sarmento a indiqué même 2^62 pour Pernambuco. Sur la côte nord au Para, les observations précédemment citées indiquent l'^QO. La quantité diminue au sud du Tropique, et, à Montevideo, M. Martin de Moussy a trouvé l"ll seulement. Sur les côtes du Brésil, la tension de la vapeur d'eau contenue dans Tair est considérable. Pour en donner une idée, à Pernambuco, nous avons, à 7 et 10 heures du matin,
1, 4, 7 et 10 heures du soir, trouyé moyennement et respectivement les tensions suivantes en millimètres : 20,11; 22,67; 23,58; 22,24; 19,85; 19,69 ; lesquelles répondent aux humidités relatives : 81, 63, 61, 69, 80 et 82. La plus forte tension observée s'est produite dans une journée d'avril, et a été de 38,40. Les nombres précédents donnent une idée de ce qui se passe sur toute la côte, et font voir l'accroissement de la quantité de vapeur d*eau contenue dans Tair, à partir du matin jusque vers une heure du soir, et sa diminution ensuite. Mais comme la température varie dans le même sens, rhumidité relative diminue de sept heures du matin à une heure dn soir, puis croit de nouveau. Les deux maxima d*humidité du matin et du soir sont bien marqués. Les rosées sont excessivement abon* dan tes sur les côtes et les marges des rivières, moins dans les parties sèches de Tintérieur, où cependant elles existent encore assez fortes, même dans la saison sèche.
A Rio-de-Janeiro et sur la côte d'Espirito-Santo, il pleut à toute époque de Tannée, mais en moyenne beaucoup plus en été, moins en hiver. Les mois moyennement les plus secs sont ceux de juin, juillet et août. Dans tout Tintérieur du Brésil, ces derniers mois sont toujours invariablement secs, et les saisons se partagent en deux : la saison des pluies d'octobre à mars, la saison sèche d'avril à septembre. Les pluies y sont abondantes et font déborder les rivières. Mais, sur la côte de Pemambuco, les pluies sont surtout abondantes dans les mois de juin, juillet et août, lesquels sont les mois secs au sud. Cette inversion de climat est curieuse, et elle dépend de la disposition du continent. En effet, celui-ci s'élève progressivement à partir de la côte, et alors les plateaux élevés de Tintérieur, fortement échauffés quand le soleil est vers le tropique du capricorne, donnent lieu à des courants ascendants et à de forts orages. De là un appel d'air vers les lieux élevés, appel en vertu duquel la brise de montagne et le vent alizé ont une composante commune, celle de Test. Cet appel d'air empêche les courants ascendants de se former sur la côte de Pemambuco, dont les terrains sont bas relativement, et le vent alizé ne peut déposer en montant, l'eau dont il était chargé, qu'après avoir franchi cette région, et en déviant un peu vers le sud par la cause déterminant la brise de montagne. On a donc à la fois pluies et orages dans l'intérieur, sécheresse à la côte orientale du nord. Dans le sud, au
contraire, à Rio-de-Janeiro, par exemple, où les grandes montagnes sont près da rivage, le courant ascendant se fait dès celles-ci, et les orages j ont lieu comme dans Tintérieur. En hiver, c'est l'inverse : les plateaux de Tintérieur sont plus froids que TOcéan, et le mouvement de Fair tend k se faire de ceux-ci vers la côte. Mais le vent alizé Tentrave, et alors l'air apporté par le vent régulier ne pouvant s'avancer vers Tintérieur s'élève en courant ascendant dès la côte elle-même. De ces courants ascendants naissent les pluies d'hiver de Pernambuco. Au sud, au contraire, où la limite du vent alizé, en se rapprochant de l'Equateur, fait échapper la côte à son action, ces courants ascendants n'existent pas, et au contraire la tendance de Tair à descendre des plateaux élevés diminue la formation des pluies. L'hiver devient donc la saison sèche, du moins relativement, car sur les côtes il peut pleuvoir en tout temps. La même chose a lieu sur la partie extratropicale de la côte sud du Brésil. De même, dans la partie intérieure extratropicale, les saisons pluviales et sèches sont comme dans le reste de l'intérieur.
A Bahia, le climat participe encore celui de Pernambuco, mais toutefois avec moins de régularité, car on se trouve plus près de la limite de l'inversion, laquelle, suivant les années, se porte tantôt plus nord, tantôt plus sud. La profondeur dans Tintérieur jusqu'à laquelle le climat de côte existe, varie aussi suivant les années dans les provinces du nord. Il en résulte, derrière la bande côtière, ou les pluies prédominent dans les mois de juin, juillet et août, Texistence d'une zone de climat moins régulier que plus profondément dans l'intérieur. Cette zone se trouve par là exposée à de grandes sécheresses prolongées, à cause de l'inversion des climats : si, par exemple, elle jparticipe du climat intérieur pendant la saison sèche, puis du climat de côte pendant la période suivante ou de pluie de l'intérieur laquelle est alors la période sèche pour celle-ci. De même elle peut également, par la même cause, se trouver parfois exposée à des pluies prolongées. Ainsi s'expliquent les grandes sécheresses accidentelles des Sartaôs de Bahia et d'Alagoos, et même d'une partie de celui de Pernambuco, sécheresses favorisées d'ailleurs par la constitution du sol et la rareté des sources, rareté dont j'ai parlé dans la Géoloçie du BrésH- Une partie de la province de Ceara se trouve dans le même cas, et ce fait 7 est plus grave qu'à Pernambuco, parce que la côte de cette
dernière province, se présentant perpendiculairement an vent alizé, possède en hiver les courants ascendants dus & ce vent et dont j'ai parlé précédemment. Au contraire, la côte de Ceara, laquelle est parallèle à la direction de Talizé, ne jouit plus de cet avantage, dont Yeftet est de compenser les sécheresses d'été. Plus loin, en approchant du Para, il n'y a plus d'alizés, à cause du très-grand voisinage de l'Equateur, et les pluies sont surtout de janvier à juillet. L'explication de ce fait vient de ce qu'elles ont lieu particulièrement pendant la saison de l'année où les vents de terre sont humides, c'est'^à-dire après que le sol y a été fortement détrempé par les premières pluies, et quand les rivières sont débordées et les marécages pleins d'eau, circonstance arrivant vers la fin de décembre et surtout en janvier. Les vents de terre continuent d'être humides encore longtemps après la cessation des pluies dans Tintérieur. C'est pourquoi les pluies abondantes au Para se prolongent jusque vers juin et juillet, après quoi elles diminuent considérablement, quoiqu'il puisse accidentellement y pleuvoir toute l'année, comme sur toutes les côtes. Mais au Para, où l'action de la mer a pour effet d'abaisser la température du climat, comme nous l'avons vu, la cause principale des pluies doit être évidemment la condensation de la vapeur des vents plus chauds de terre, car la tendance des vents de mer à s'échauffer sur la côte s'oppose à la condensation de leur vapeur dans la majorité des cas.
D'après les observations de M. le vicomte de Prados à Barbacena, la grêle et les orages sont amenés de préférence par les vents venant du côté ouest de l'horizon. A Rio-de-Janeiro aussi, les orages viennent de Tintérieur. Ce fait me paraît se lier à la présence des masses d'électricité répandues vers l'ouest par la cime volcanique des Andes, et, à ce sujet, je rappellerai ce que j'ai dit dans VFspace céleste, sur les relations entre l'électricité et les régions volcaniques. Les orages sont excessivement fréquents en été à Rio-de-Janeiro et dans les provinces de Minas-Geraes. Ils y font souvent de magnifiques éclairs non-seulement bifurques, mais à un nombre considérable de branches, et des décharges répétées parfois, suivant le même trajet sept ou huit fois dans une seconde. La fréquence des orages diminue considérablement, en avançant vers le nord. A Pernambuco, dans l'intervalle de huit mois, je n'ai eu d éclairs que deux fois, et n'ai jamais entendu le tonnerre. L'électricité donne aussi quelquefois lieu
à des trombes de vapeur. Oatre celle que j*ai vue le 5 mars 1863 à Atalaia, et dont j'ai parlé dans YBêpace céleste, j*en ai vu deux autres en mer en sortant de Bahia pour revenir à Rio le 7 juillet 1870. Elles soulevaient Teau de la mer, et je les ai vues se former ainsi qu'une troisième trombe, laquelle n'est pas descendue jusqu*à terre. Dans Touvrage précédemment cité, j'ai aussi parlé des trombes d'air de l'intérieur. Celles-ci sont d'une très-grande fréquence, et cela les rend intéressantes au point de vue de la géographie botanique, car elles entraînent sur le sol les graines les plus lourdes.
Les vents alizés, les brises de côtes et les vents de montagnes, sont les principaux vents à citer au Brésil. Ces derniers soufflent parfois avec force dans les grandes vallées des fleuves et en les remontant, ils y font de petites tempêtes. A ces vents, nous devons joindre le Pampero, dont l'action se fait sentir jusqu'à Rio-de- Janeiro et au-delà jusqu'à la Mantiqueira, et même en mer, jusqu'aux Abrolhos. C'est un vent de sud-ouest, froid, à l'origine duquel les Andes ne sont pas étrangères. Parfois il constitue de grandes tempêtes, surtout à l'emboachure de la Plata. 11 a certainement des relations avec les courants froids comme celui qui s'est abattu sur Barbacena et dont j'ai parle plus haut, et il en représente l'effet sur une beaucoup moindre échelle, mais il jette une grande perturbation dans l'atmosphère, en déterminant une abondante condensation de vapeurs. Il donne lieu alors souvent, sur la côte et au milieu de la saison sèche, à des pluies continuelles et prolongées, surtout à des bruines. La pression barométrique varie peu en chaque point dans ces régions, mais la période barométrique diurne j est très-prononcée, comme au reste dans toute la zone intertropicale. Cette pression n'influe pas beaucoup sur les plantes. Toutefois il ne m'est pas démontré qu'elle soit sans action sur la prédilection, pour les montagnes, de certains végétaux, lesquels 'ne se répandent pas dans des niveaux plus bas et plus au sud, où ils trouveraient des conditions de climat à peu près identiques sur des sommets moins élevés. Cette pression agit sur la distribution des animaux. Certains papillons et insectes habitent spécialement les montagnes, tandis que beaucoup d'oiseaux se fatigueraient en volant à 2000 mètres de hauteur.
Les brouillards sont constants le matin sur les grands fleuves de rintérieur,et fréquents également le matin en hiver près de lacôte,dan8
lea vallées surtout dans les baies, comme ceUe de Rio-de-Janeiro. Ceux des bords des fleuves de Tintérieur ont lieu dans la saison sèche comme dans la saison humide, et sont dus au grand excès de la température de Teau sur celle de Tair le matin, excès de 3 à 4<» pouvant s'élever parfois jusqu'à 6«. Ces brouillards entretiennent la vig^ueur de la végétation sur les marges pendant la saison sèche, aussi les arbres y gardent-ils leurs feuilles. Ils les perdent au contraire par la sécheresse loin des marges, et cette circonstance donne même lieu à une flore riveraine spéciale, assez rapprochée par son caractère de celle des forets vierges.
NOTE SUR LE HEBTERA D£FRE8SA Bks. et Sol.
Nertera Depressa, Banks et Sol., in Gaertn. Fruet. v. I, p. 124. t. 26. — J. D. HooKER, in Botan. Magazine y 1809, pi. 5709.
Nertera Sepens, Ruiz et Pav., FL Peruv. v. I, p. 60, t. 90.
Nerters ■oapanioldes, J. Lanqb, in Ind. sein in hort. acad, ffanniensi, a. 1868 coll., p. 22.
Erythrodamnm alslnaeforme, Pet. Th., FL Trist, d'Acunha, p. 42, tab. 10.
QomoBia granatensis, Matis in Linn. JIL suppl. p. 29.
Il est beaucoup question depuis un an ou deux de cette plante minuscule qu on peut ranger dans la catégorie des plantes alpines et qui produit un fort joli effet dans les rocailles. C'est un arbuste liliputien à côté duquel lairelle et le saule rampant sont des géants et remarquables en ce qu'il se couvre pendant Tautomne d*une infinité de baies, relativement grosses et d'un beau jaune. On dirait de petits fruits de Zonieera mais les botanistes classent les Nertera parmi les Rubiacées. Son feuillage constitue une sorte de feutre vert et serré. La plante vient des montagnes de lliémisphère austral, dans les iles de Lord Auckland et Campbel, aux iles Falkland, au Cap Horn, à Tristan d'Acunha, à la Nouvelle-Zélande et en Tasmanie, enfin le long des Andes depuis le Cap Horn jusqu'à la Nouvelle-Grenade.
La culture est celle des plantes alpines. Jusqu'ici nous ne l'avons encore vue qu'en pots. Nous l'avons reçue il j a deux ans de M. Max Leichtlin de Carlsruhe et la plante a prospéré sous un simple châssis. Maintenant elle se trouve chez les principaux horticulteurs.
Quelqo^-ans l'appellent NerUra scapanaïdes da nom qae M. Lange, de Copenhague, lai a donné en 1868, mais les caractères sur lesquels Lange a youlu séparer son espèce de l'ancien Neriera depressa ne paraissent pas sufSsants.
La plante croit beaucoup au printemps sous l'influence d'une température un peu chaude et alors il est facile de la multiplier par diyision.
Il lui faut le grand air pour fleurir et pour fructifler.
Le Nertera depressa s'élève à peine à un centimètre au-dessus da sol : ses feuilles opposées ont 3 à 4 millimètres, tandis que ses baies terminales arrivent à la taille des graines de pois de senteur. Il est, pensons-nous, le plus petit végétal ligneux, le pjgmée des arbres.
JJÙ..
NOTICE SUR LE VSIEaBA. MALZDIEI Ed. Mn. ou VRIBSEA
DE M. OMBR DE MALZINE.
PAa M. Edouard Morrbn.
Planche XIV.
Vriesea Lindl., Bot. Beg.^ 1843, ad tab. 10.
Sect. CoNOSTACHTS (G&is: in Nachr, von BàUingen 1864, p. 19). Spica plâiosticha. Antherae incambentes.
Vrieflda Kalzinei {nov. spec.) : Folia coriacea, loriata, eUiptica, basi dilatata, inermia, acuminata, concava, nitida, sablas fosco-rubescentia , O^'JO longa, 0"O4-0™05 lata, centralia decrescentia. Scapus erectus, vestitus. Spica elata, simplex, imbricatim pleiosticha, elongata (OU). Flores sessiles, solitaiii in axilla bracteae oyato-acuminatae navicalaris calyce brevioris rabicaiidae. Petala longe exserta, ligulata , basi sqaamis dentatls instracta, candicantia, in corollam corratam pltcairniaeformem disposita. Stamina paolo breviora : antherae dorslflxae. Stylas carvatas , longior : stigmata patula, foliacea. Capsula calycem tertia parte superans. Semina papposa.
Afflnls Vr, heliconioîdiy differt floribos spicatim approximatis, foliis discoloriboB, etc.
Ci'escit ad râpes, in Mexico, prope Cordavam unde yIi* clarissimos Orner de Malzine, hortulano Jacob-Makoy Leodium mislt anno 1870.
Hospitatar in caldario.
La plante remarquable que nous signalons ici est une des plus belles découvertes de M. Orner de Malzine, pendant son séjour au Mexique en 1869 et 1870; c'est une Broméliacée, que cet excellent observateur a rapportée des environs de Cordova et que nous avons vue fleurir chez Jacob-Makoj à Liège, au mois de juin 1872.
La plante est fort jolie avec ses feuilles disposées en forme de vase, d*un beau rouge pourpré à la face inférieure et son épi élancé audessus du feuillage, formé de bractées rubicondes, serrées et donnant chacune une fleur de couleur blanche.
L'inflorescence et les fleurs ont une singulière ressemblance avec
les Pitcairnia dont on a fait les genres Neamannia etPhlomostachjs, mais elles en diffèrent par des caractères fort importants : les anthères dorsifixes et non basiâxes; les stigmates pétaloi'des et étalés et non pas à trois branches contournées ensemble ; enfin les graines prolongées en aigrette à leur base et non subulées à leurs deux extrémités.
La plante est évidemment de la tribu des Tillandsiées et elle offre en général la structure des Yriesea. On peut toutefois lui reconnaître des caractères particuliers, assez notables, comme la corolle irrégulière, les écailles dentées, les lobes foliacés du stigmate et les ovules mutiques. M. Grisebach a constitué dans le genre Tillandsia, qall admet dans sa plus vaste acception, une section, sous le nom de Conostachys, voisine des Yriesea, et qu'il distingue par son inflorescence à fleurs disposées sur plusieurs rangs au lieu d'être distiques : c*est dans cette tribu que nous croyons devoir placer pour le moment la plante de M. de Malzine.
Nous lui donnons le nom de cet homme zélé et instruit, en souvenir des services qu'il a rendus à la botanique pendant les deux années qu'il a passées au Mexique et en témoignage de nos sentiments de sympathie.
Le Vriesea Malzinei a donné à MM. Jacob-Makoy, grâce à une excellente culture, des capsules qui ont mûri au mois de mai 1873 et dont les graines ont parfaitement bien germé. Il prospère en serre chaude, avec les Orchidées. Nous avons signalé la ressemblance des fleurs avec celles des Neumannia : il est intéressant de faire remarquer aussi que le feuillage présente une évidente analogie avec celui du Lamprococcos, plus connu sous le nom de Aechmeafuîgens dUcohr.
Description : Plante de dimensions un peu en dessous de la moyenne, mesurant 0°'40 à 0'"50 d'envergure et environ 0^40 de la base au sommet de l'inflorescence. Feuilles épaisses, peu nombreuses (12 à 15), en rosace, divergentes, assez raides, un peu arquées et ondulées à la partie supérieure : la gaine est courte, large et ventrue : le limbe est en forme de courroie, plus étroit et canaliculé à la base, et assez brusquement lancéolé au sommet, tout à fait lisse et luisant sur les deux faces, avec les bords entiers : ces feuilles mesurent environ 0^80 de long sur 0"^ à 0'"05 de large : leur face supérieure
est vert pâle marbré et macalé de rouge bran, tandis que la face inférieure est entièrement teinte de cette couleur. Les feuilles centrales sont fort réduites et même nidulantes.
Hampe centrale droite, raide, portant l'inflorescence à la hauteur du sommet des feuilles, cylindrique, de la même épaisseur qu*un crayon, toute couverte de bractées parmi lesquelles on distingue les inférieures dont la gaine enveloppe la hampe et dont le limbe est court, lancéolé et divergent, et les supérieures qui sont squamiformes, tout à fait engainantes, larges, acuminées, d'un beau rouge brun et luisant.
L'inflorescence est un épi simple et droit : les fleurs sont rapprochées (au nombre de 14-18), disposées en deux séries distichospiralées et elles s'ouvrent successivement : chacune est sessile à l'aisselle d'une bractée largement ovale , pliée, acuminée, plus courte que le calice, luisante, rouge brun vif avec une bordure verte et un liseré membraneux.
Chaque fleur est tubuleuse, un peu arquée et même sub-irrégulière comme la fleur de certains PUcaimiay longue de 0"07 à 0"K)8.
Calice libre, à divisions droites, obovales, imbriquées à gauche, brièvement acuminées, un peu scarieuses, atteignant la moitié de la corolle, longues de 0™032, sur 0'»003-0"004 à la base et 0"»012- 0"'013 dans la partie la plus large, vert clair et lisses, étroitement conni ventes à la défloraison.
Pétales à préfloraison valvaire, tout à fait libres dès la base, trèslongs, en forme de rubans, un peu élargis dans le haut; les onglets, munis de 2 petites écailles dentées, sont larges et canaliculés, formant un tube courbé en arc : le limbe, presque plan est étalé en ailes chez les deux pétales latéraux et plus ou moins dressé en étendard dans le pétale postérieur. Cette corolle un peu irrégulière est d'un blanc de crème.
Etamines libres dès la base, à filaments dressés contre le pétale supérieur et un peu plus courts que lui, subulés, verts à la partie supérieure, devenant spirales pendant la défloraison ; anthères dorsifixes, dressées, noirâtres.
Style courbé, assez épais â la base, trigone et trisulqué, se terminant, un peu plus haut que les anthères (0"'003) par un stigmate à trois lobes étalés, cucullés, ondulés, frangés, vert foliacé. Ovaire
pyramidal, trigone, lisse, blanc. Ovules très-nombreux, fusiformes, paraissant peu ou point appendiculés.
Capsule allongée (0«045), dépassant d'un tiers les sépales persistants, septicide, à valves cartilagineuses. Graines nombreuses, cylindrico-fusiformes . un peu courbées , atténuées aux deux extrémités, jaune-brun, portées sur un long funicule qui se résout en pappe.
Explioation des ûgureu : l, Vi-iesea Malzinei V4 de gr. nat. — 2 et 3, un bout de feuille et un épi, de gr. nat. — 4 et 5, fleui-a isolées. — 6, «, un sépale étalé. — 6, *, un sépale dans sa forme naturelle. — 7, les 3 pétales. — 8, une anthère. — 9, le pistil. — 10, le stigmate (grossi). — 11, coupe de l'ovaire. — 12, a et 12, b, un ovule. — 13, une capsule. — 14, une graine, (grossie).
BULLETIN DES NOUVELLES ET DE LA BIBLIOGRAPfflE.
S. M« 1b Boi des Belges fait construire dans la parc de Laeken, sur les plans de M. Balat, un immense jardin dTiiver. Cette construction, de forme circulaire, en fer forgé et pierre de taille, aura 60 mètres de diamètre sur 20 de hauteur. Les forges de Willebroeck viennent d'envoyer à pied d'oeuvre les premiers arceaux destinés à supporter la toiture en forme de dôme et tout entière en verrerie.
8. H. le Boi d'Italie vient, à l'occasion de l'Exposition de Florence, de conférer, dans Tordre de la Couronne d'Italie, le grade dé commandeur à MM. Linden et Ronnberg, et le titre de chevalier à MM. Bernard, Dallière, Kegeljan et Morren.
Une Société belge de microsoopie vient de se constituer à Bruxelles : l'assemblée des membres fondateurs a nommé, président, M. Henri Miller et secrétaire M. J. F. Cornet. Des réunions mensuelles auront lieu le dernier samedi de chaque mois, à 8 heures du soir, au local de la Société Entomologique, Montagne de la Cour, 23. Le secrétaire demeure Chaussée de Wavre, n<* 313, à Bruxelles. — Cette Société contribuera sans aucun doute aux progrès de la botanique.
The Loudon. — Le Gardener's Chronide annonce comme probable, la constitution à Londres d'un nouveau club qui servirait spécialement de lieu de réunion entre les personnes qui s*occupent d'horticulture. Il serait installé près de Charing Cross , avec tout le confort d'un club fashionable sous l'appellation de Loudon, Parmi les promoteurs on cite Rev. S. R. Hole, D"" Masters, D"" Hogg ; MM. Harrj J. Veitch , M. W. A. Lindsaj, James Cutbush, Ed. Lee, Th. Laxton, Ch» Turner, et Dombrain. Cette nouvelle n'intéresse pas seulement les horticulteurs de Londres et d'Angleterre, mais les étrangers, que Thorticulture attire à Londres, seront aussi bien aises d'apprendre la constitution définitive d'un centre de réunion.
The Cj-arden, dans son numéro du 10 octobre, annonce que M. J. Linden a fondé un nouvel établissement à Palanza, au bord du lac Majeur, en association avec un amateur bien connu, M. le marquis délia Valle de Casanova.
JjenouTeaa catalogue de MM. Jacob-Makoy à Liège, comprend un
grand nombre de végétaux rares et intéressants et même quelques plantes nouvelles, par exemple Ârtocarpus Teysmanni^ Bonapartea {TtUanina) juneeay et Nidulariuni Morrenianum.
La culture du Laurier prend, parait-il, à Bruges, une grande extension. Les horticulteurs brugeois ont expédié ces jours derniers une énorme quantité de ces arbrisseaux au duc de Saxe-Cobourg, qui leur en avait fait la commande lors de son séjour aux bains de mer. On dit que le terrain est trës-favorable autour de la ville à ce végétal, qui nulle part ne croit aussi vite et aussi bien.
L^Acacia lophantha PFt2/é^., déjà fort apprécié pour la culture en appartement, est maintenant recommandé pour orner les parterres pendant l'été : on le sème au commencement de l'année et dès son premier été il forme des plantes de bonnes dimensions. L'Acacia lophantha donne facilement des graines. Il est originaire d'Australie, mais il est parfaitement acclimaté dans la région méditerranéenne. Son feuillage est d'une grande élégance et d'une rare délicatesse.
La Tégétetion ligneuse sox Etats-Unis. - Nous liwns dan« le Qarden (1OT4. 310) que, dans une communication sur les forfta américaines présentée à FAssociation américaine pour rayancement I des sciences, le professeur W- H. Brewer. de New-HaTcn constate \
que la flore des Etats-Unis compte plus de 800 espèces ligneuses et plus de 300arbres. Dans ce dernier nombre, environ 250 espèces sont assez généralement répandues; environ 120 espèces sont de grande taille ; vingt atteignent la hauteur de 100 pieds ; 12 dépassent 200 pieds et quelques-unes enfin, peut^tre cinq ou six, s'élèvent jusque 300 pieds.
HonYeanx arbres et arlmstes. — M. Alph. Lavallée a, le 12 août.
signalé à la Société centrale d'horticulture de France, plusieurs végétaux arborescents qu'il cultive dans son parc de Segrez (Seine^ Oise), mais qui ne sont pas encore généralement connus ou appréciés. M. Lavallée a donné en même temps quelques renseignements utiles a
faire connaître :
Lespbdezia bicolor , joli arbrisseau papilionacé introduit depuis quelques années des bords de l'Amur. Il est très-rustique et produit une grande quantité de fleurs roses disposées en grappes légères.
Prunus divaricata, dont les rameaux portent, sur réchantiUon présenté, de petits fruits jaune clair et arrondis. M. A. Lavallée est porté à penser que ce prunier pourrait être la souche de nos mirabelles.
Pruîojs Capuli, bel arbre originaire du Mexique et atteignant, à Segrez, 4»50 de haut. Le bois de cette espèce est de bonne qualité et on fait, en Amérique, une liqueur assez estimée avec ses petits fruits qui ressemblent beaucoup à ceux des Padus ordinaires. M. A. Lavallée dit que, sous le nom de P. Capuli, on cultive deux arbres différents, dont Tun est propre au Pérou, tandis que l'autre croît au Mexique.
Prunus {Cerasuê) serotina et P. micropyrena Spach (Prunuf Virginica microsperma). Ce sont deux Rosacées ligneuses dont M. A. Lavallée recommande laj)lantation dans les parcs et qui sont ornementales, tant à cause de leur feuillage vert foncé que de Fabondance de leurs fleurs auxquelles succèdent quantité de petits fruits noirs.
LiausTRUM MACROPHTLLUM, fort belle espèce très-rustique, à grandes feuilles persistantes et à panicules très-amples de fleurs
blanches. Il serait arantageQX de le propager, car il est fort supérieur sous tous les rapports au Z. Japonicum, qui est cependant recherché.
YiBURNVM oxTcoccos, rappelant par son port et son aspect général notre Vibumum opulus ; espèce rustique, spontanée aux États-Unis, et dont les fleurs petites, blanchâtres, donnent des fruits colorés en rouge*yermillon à leur maturité, réunis en grappes corjmbiformes longtemps persistantes, d*un charmant effet. Il n'est pas impossible que ces fruits soient comestibles, puisque ceux d*une espèce voisine, le F. edule, peuvent être mangés sans inconvénient.
Roses noayelles. — M. Liabaud, horticulteur, Montée de la Boucle, 4, à Ljon, annonce plusieurs rosiers nouveaux, obtenus de semis dans son établissement et mis au commerce à partir du 1^' novembre 1874 (an prix de 25 francs la pièce), savoir :
THiâ : TnéRÉsE Loth (Liabaud), arbuste vigoureux, fleur moyenne ou grande, pleine, rose tendre, à centre rose vif.
Hybrides remontants :
Alexandre Chômer (Ztai.), arbuste très- vigoureux, fleur grande, pleine, bien faite, rouge pourpre velouté, nuancé violet évéque.
Anne Blanchon {Ziab.), arbuste très-vigoureux, fleur grande, trèspleine, ouvrant bien, forme en coupe, rose vif, issu d'Anna AUx^f^
M. Charles Vaurin, horticulteur-rosiériste à Coubert (Seine-et- Marne), près Brie-Comte-Robert, annonce un rosier nouveau, de la section des hybrides remontants :
Comtesse de Rocquigny : issu de île Bourbon, très-vigoureux, rameaux assez droits, vert clair, muni d'aiguillons peu nombreux : feuillage vert foncé : fleurs moyennes, globuleuses, de forme parfaite ; coloris blanc très-légèrement teinté de rose saumoné.
Cette rose a été primée à Texposition de Coulommiers le 20 septembre 1874 et a obtenu une médaille d*honneur en vermeil.
MM. Pernet fils aine à Lyon, mettent en vente les rosiers nouveaux dont les noms suivent :
M*"* Bonnet Etmard i^hé), fleurs moyennes, blanc pur, parfois à cœur jaune ;
CoNsoLi Gablano (hyhr, remontant) : fleurs très-grandes, presque pleines, d'un beau blanc satiné, coloris de Souvenir de la Malmaison ;
Madamb Souyeton (PaHland ou p&rp^ueU) : fleurs moyennes, pleines, rose tendre, moucheté de blanc.
SouPERT ET NOTTiNO {Moussâux remmtafUs) : Plante à grand effet, la plus belle des mousseuses obtenues jusqu'à ce jour.
Poirier Calebasse abbé FéteL — M. Liabaud, hort.-pép. à Ljon
(Montée de la Boucle, 4), en annonçant cette nouvelle variété de poire, la décrit dans les termes suivants : arbre vigoureux, trèsfertile, affectant naturellement la forme pyramidale, se comporte également bien sur franc et sur cognassier. Fruit très-gros, trèslong, atteignant la longueur d'une bouteille ordinaire, extrémité vers le pédoncule en forme de tête d*oiseau. Chair flne, fondante, trèsjuteuse, sucrée, très-bonne. A Tépoque de la maturité, la peau se colore en rouge clair du côté du soleil. Maturité sous notre climat en octobre-novembre. Ce fruit a obtenu un premier prix à l'exposition
de Lyon en septembre 1874.
Origine des espèces. — Le Garden (1874, p. 310) nous apprend que le botaniste américain Meehan vient de traiter la question de l'origine des espèces et qu*il a invoqué beaucoup de faits pour établir que de nouvelles formes se manifestent souvent c par bonds t M. Meeham formule les propositions suivantes : — 1. Les changements morphologiques dans les individualités végétales ne se manifestent pas toujours à la suite de modiûcations graduelles. — 2. Les variations des formes spécifiques suivent la même loi. — 3. Les variations sont souvent soudaines et d'un caractère si tranché qu'elles paraissent génériques. — 4. Ces formations soudaines se perpétuent exactement comme celles qui ont pour origine des modifications graduelles. — 5. Les variations de même nature se manifestent simultanément dans des localités séparées par de grandes distances. — 6. Les variations affectent simultanément des communautés de plantes et proviennent de causes qui affectent la nutrition et peut-être d'autres causes. — M. Meehan conclut de ces prémisses que de nouvelles espèces, profondément différentes des anciennes peuvent se manifester brusquement par révolution des formes préexistantes sans nulle intervention de chaînons intermédiaires.
Cette théorie est exactement celle que nous n'avons cessé de soutenir et à laquelle on est logiquement conduit quand on suit attenti-
vement révolution des plantes sous Tinfluenoe du climat artificiel de la culture.
Correspondance botanique. — - La première édition de cet opuscule publié dans la Belgique horticole (1874, p. 60) a été accueillie avec une véritable faveur. Les renseignements pour la compléter ont afflué au point que nous avons pu déjà faire paraître une 2* édition beaucoup plus complète, qui fera partie du prochain Bulletin de la fédération. Nous en enverrons un exemplaire à ceux de nos abonnés qui nous feront connaître leur désir de la recevoir.
J. J. D. SwolfS) la Création et Vœuvre des six jours, Malines, 1874, brocb. in 8". — Il y a longtemps que nous n'ayons rien lu qui nous ait fait plus de plaisir que ce travail de M. Swolfs : nous nous faisons un devoir de le signaler à ceux qui méditent, car c'est une œuvre remarquable par Télé vation des idées, Fampleur des vues et la noble franchise des opinions. Il exprime presque en tous points notre conviction personnelle sur ces grandes questions qui réclament Talliance nécessaire de la théologie, de la philosophie et de la science. L'ouvrage de M. Swolfs étonnera quelques personnes, mais il fera beaucoup de bien.
A. Bellynok, Cours élémentaire de botanique, Namur 1871-1874, 1 V. f«-8'*, de 632 foges avec ^00 gravures: Sfr. — M. l'abbé Belljnck, professeur au collège de la Paix à Namur et associé de TAcadémie royale de Belgique, qui avait déjà publié deux ouvrages estimés, la Flore de Namur et le Résumé du cours de Zoologie, vient encore de faire paraître un cours de botanique auquel il a travaillé plusieurs années. Il n'est pas douteux que ce livre soit accueilli avec faveur : la plupart des traités de botanique publiés en français sont surannés tandis que celui-ci se distingue non-seulement par le mérite de l'actualité, mais aussi par son érudition et le grand nombre de faits qu'il embrasse. Il touche à toutes les branches de la science botanique en donnant à chacune une part de son livre proportionnelle à son importance. La botanique fait tant de progrès en ce moment que pendant la publication de cet ouvrage, commencée en 1871, la science a déjà changé d'aspect en plusieurs points : de là vient que cette première édition est un peu désordonnée. D'ailleurs il est plusieurs
questions sur lesquelles nous ne partageons pas les opinions de notre savant confrère, par exemple en ce qui concerne la théorie du transformisme qui se manifesterait actuellement chez les Champignons. Nous citerons aussi la distinction entre Teau d*éyaporation et la sève qui n'est pas assez nettement tranchée. Mais abstraction faite de quelques réserves sur certains détails et de quelques omissions qne nous regrettons, nous nous plaisons à reconnaître que le cours
élémentaire de M. Belljnck est un livre instructif.
Un établissement d'aoclimatation végétale vient d'être fondé par MM. Nardj et O* à Salvadour, près Hjères, dans le département da Var, en France. M. Nardj, en annonçant cette création, fait observer, avec raison, que le climat privilégié du littoral de Toulon à Nice, et particulièrement autour d*Hjères, a déjà permis la naturalisation de nombreux végétaux exotiques intertropicaux : il cite certains Palmiers du Chili, de l'Inde, de TAfrique, les Agaves du Mexique, pais les Eucalyptus, la grande famille des Acacia, les Dracaena et tani d'autres plantes que nous devons à la flore australienne si belle et si variée. — Le domaine de Salvadour couvre une superficie de trente hectares ; confiné au midi par la mer dont la brise tempère les chaleurs estivales, il est borné de tous les autres côtés par de hautes collines qui le protègent contre les vents froids de Thiver.