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LES PARCS ET LES JARDINS PUBLICS DE YIEMME

Le jardin impérial de Bohônbmxui.

Le pa&c du Prater. — Le Prater (la partie en dehors de Texpo*

sition) est en ce moment, fréquenté par ane affluence considérable

de promeneurs, surtout les dimanches et fêtes. On y trouve des jeux

et des amusements de toutes sortes comme aux Champs-Elysées à

Pftris. Le théâtre Guignol n'y est pas le moins fréquenté ; c'est entre

VaTcnue de droite et celle du milieu, avant d'arriver & Tenceinte

de rexposition, sur une immense étendue de terrain, recouvert de bos^

quets et de nombreux arbres séculaires, excellents abris pendant les

chaleurs de l'été, que sont installés les baraquements, les marionnettes,

saltimbanques, carroussels, prestidigitateurs, brasseries, cirques,

chevaux de bois, établissements de restauration, etc. Le Prater faisait autrefois partie d'une vaste forêt de 7 i/s lieues de

circuit sur 3 de longueur et 1 i/s de largeur ; il était traversé dans toute

son étendue par 6 grandes avenues. C'est aujourd'hui la promenade

populaire la plus fréquentée de Vienne ; elle est située sur la grande

ile du Danube qui renferme aussi le Augarten. La partie de la population qui est forcée de passer l'été à Vienne se

rassemble tous les soirs au Prater pour y respirer la fraîcheur, les

senteurs de la végétation et se débarrasser des nuées de poussière qui

s'abattent sur la ville.

Le Prater ne date, parait*il, que d'environ un siècle. Les plus gros

arbres doivent être plus âgés; la plupart des groupes sont dus à

Joseph II et ne datent que de 1766.

Une partie du Prater, à droite de la grande allée, est arrangée en

parc avec un ruisseau et une colline, assez mal placée, couronnée

d'une maison suisse.

A rentrée du Prater se trouve aussi un jardin impérial avec une

villa, formant un parc anglais ; ce jardin est réservé pour la cour.

Jardins Publies.

Le Stabtpark. Le parc de la ville dont nous avons déjà parlé, est le plus nouveau et le mieux tracé, le mieux planté et le plus fréquenté des jardins de la ville. Situé sur les deux rives de la Wien entre le

Kolowratring et le Stubenrîng, il couvre ane surface de 100,000 mètres carrés. L*empereur, par un édit en date du 20 décembre 1857, à la suite duquel les bastions de la ville furent démolis, ordonna qu'une partie de leur emplacement serait employée à la création d'an parc. Sellenj traça les plans et Siebek. conduisit les travaux en 1862. La partie du jardin qui se trouve sur la rive droite de la Wîen, 8*ap> pelle pare des enfants; au rivage de Tétang sur la rive gauche de la Wien» se trouve un joli pavillon en fonte qui a figuré à Texposition universelle de Londres et que la ville acheta pour 3,000 florins. Dans oe magnifique parc, se trouvent encore la JiUe du Danube, statue de Qasser, et le Eursalon, construit sur un plan de Qarben.

VoLKsoARTEN, le jardin du peuple, est situé vis-à-vis du jardin impérial et date de 1824. A gauche de rentrée se trouve un café où Ton se réunit pour entendre la musique et les concerts de Strauss.

On voit dans ce jardin un groupe de Canova en marbre.

AuoARTBN, jardin situé dans le faubourg de Leopoldstadt, au nord de la ville, sur une île du Danube, doit sa création à Joseph U, qui le fit ouvrir au public en 1775. Sur la porte d'entrée on peut lire encore : c Allen Menschen gemdmeter Belustigunçeort ton ihrem Sehatzer. » Lieu de plaisir consacré à tous les hommes par leur appréciateur. — Il y a- de grandes promenades et de jolis points de vue dans ce jardin. Il y existe des serres pour les fleurs.

Hop- au Burgoartbn, jardin du château impérial, situé à l'est du château, renferme deux belles serres longues de 406 pieds, hautes de 46 pieds, ainsi qu'un jardin d'hiver construit en 1847 et dont le toit repose sur des colonnes corinthiennes. Ce jardin renferme sur une petite place la statue équestre de François P', époux de l'impératrice Marie-Thérèse. On y cultive beaucoup de Camellias, de Roses, Pelargonium, etc.; il n'est pas ouvert au public ; les étrangers seulement^ entrent le matin.

Le jardin du BBLviDÉRB (Rennweg), fondé par le prince Eugène de Savoie, n'offre rien de remarquable, si ce n'est une jolie vue sur Vienne et ses environs. On y voit aussi douze statues représentant les douze mois, dues au ciseau de H. Gasser.

Lb jardin du prince Sghwarzenberg (Rennweg, 2) est un des plus grands et des plus beaux jardins de Vienne. On y voit de beaux parterres de âenrs et de jolies promenades, C'est le style anglais combiné avec le style français. Il est presque toujours ouvert au public.

LiB JARDIN DE LA SOCIÉTÉ d'hortictjlture (Parkring), près de rédifice de la Société, fondée pour rencouragement de la culture des plantes, fruits et légumes. C est dans cet édifice qu'ont lieu les expositions annuelles d'horticulture.

LiB jardin impérial de Schônbrunn. — On se rend à Schônbrunn

en omnibus (tramway) partant tous les quarts d'heure et faisant le

trajet du Prater en 1 i/s heure et en une heure du centre de la ville.

Déjà Maximilien II bâtit sur l'emplacement de Schônbrunn un

château de chasse.

Lie palais actuel date de Marie-Thérèse, 1744. La façade tournée vers la Wien a 1264 mètres de long, avec une cour d'entrée ornée de deux jolis bassins formant un carré de 161 mètres. Dans le palais on compte 1440 chambres et 140 cuisines.

Le parc, constamment ouvert au public, est dans le genre de celui de Versailles. Derrière le bassin qui se trouve à l'extrémité du grand parterre se trouve une hauteur couronnée par la gloriette, magnifique portique, couvert d'arcades. De la plate-forme de ce portique, de S22 mètres de longueur, on découvre un panorama délicieux sur Vienne et ses environs .

La ménagerie de Schônbrunn renferme une belle collection d'animaux de tout pays.

La belle fontaine, dont l'eau, la meilleure de la contrée, a donné le nom au château (Schônbrunn) et la ruine romaine méritent aussi d'être visitées.

Le Jardin botanique de Schônbrunn fondé par François 1*' en 1753 renferme de belles collections de plantes.

Dans la grande serre aux Palmiers, nous avons remarqué de gigantesques spécimens de Saribus subghbosus; Livistona gepanga, ehinensis et austràlis; Saial unibraculiferum et BlackJmrnianum; Cocos Jlexuosa; TritKrinax aculeata; Arenga saccharifera, etc., fort bien cultivés, malgré le défaut de lumière et d'air.

DaD« la grande serre aax Aroidées, on remarque de gigantesques spécimens de VÂnikurinm crauinervium, diçUaium, B(mcheanum , bipinnati/tium et euneatum; ainsi qae des exemplaires non moins forts de PhUoiendran robustum, ipeciosum, Sdlowianitm, etc.

Dans la serre aax fougères ce sont les Cibotinm, les AngiopterLs et antres espèces arborescentes.

Dans la serre aux Pandanées ce sont le Panianus canddàbmm, iUUii,jatanicui, etc.

La serre aux Orchidées renferme les espèces les plus rares et les plus délicates du genre Anectochîlus.

Parmi les plantes d*omement cultivées dans les serres chaudes, on trouve les beaux Marantas introduits en Europe par M. Linden. Les SoneriUa margaritacea, Oymnoitachium et un grand nombre d'autres plantes à feuillages élégants se trouvent dans les serres deSchônbninn. D'autre part, ce sont les plantes curieuses, comme les Nefenilm distUlatoria, Hooherœ, hptnda-maculaia, Xqflesiana, etc.

Dans les serres froides ce sont les Camellias» les Azalées, les bruyères du Cap, les Acacias de la Nouvelle-Hollande et un grand nombre d'autres plantes remarquables.

Le Jardin de Schônbrunn est placé sous l'habile direction de M. Adolf Vetter K. K. Hofgarten-Inspector, qui nous montra tontes ses collections, avec le plus grand empressement, lors de notre visite dans ce domaine.

A côté de Schônbrunn se trouve le village de Hietzing. Au bout d'une majestueuse avenue de peupliers, partant de ce village, on voit un parc immense admirablement disposé et parfaitement entretenu. Sous des arbres séculaires des milliers de tables sont élégamment dressées.

Autour du parc, dans les charmilles se trouvent les jeux plus ou moins inoffensifs, loteries, tirs, boules, ballons captifs, etc.

Pour les enfants, ce sont les chevaux de bois, polichinelle, etc.

Quand arrive la nuit, les feux de Bengale éclairent le fond du jardin. 1 orchestre de Strauss s'installe à côté d'un massif de verdure et on danse sur un terrain ad hoc jusqu'à 3 où 4 heures du matin. S'a vient à pleuvoir, comme cela arrive souvent à Vienne, musiciens, danseurs et danseuses se réfugient dans d'immenses salons élégamment décorés et le concert, le bal et les repas continuent k hais-clos. comme

si de rien ii*était. Ce qai distingue cet établissement, c*est le bon ton et la cordialité qui y régnent. On n*y sent rien du bal public, on y danse absolument comme dans le salon le plus distingué sous Toeil vigilant et austère d'un maitre de cérémonies, qui n'admettrait pas un entrechat dépassant la mesure réglementaire.

G. Delchbyalerie.

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