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A LA MÉMOIRE DE

Pierre-Joseph REDOUTÉ

Comme peintre-iconographe, Pierre-Joseph Redouté, que ses contemporains ont surnommé le Raphaël drs Jlenrs, a droit de figurer dans la galerie des hommes célèbres que la Belgique horticole fait paraître depuis sa création.

Cet artiste de grand renom naquit le 10 juillet 1759, dans la petite ville de St-Hubert, au sein des Ardennes belges. Fils, petit-flls et arrière petit-fils de peintres plus ou moins habiles dont les tableaux et les fresques ornent encore divers édifices religieux de la Belgique, il apprit, dès le berceau, à esquisser, comme en jouant, tout ce qui frappait sa vue. 11 fit des progrès si rapides, qu'à l'âge de six ans il ébauchait de petits tableaux de genre. Il apprit de son père les principes du dessin et depuis lors il n'eut plus d'autres maîtres que son génie et la nature.

A 13 ans, il quitta sa famille, n'emportant avec lui pour toute fortune que sa palette et ses pinceaux, mais aussi la ferme volonté d'exceller dans son art. 11 alla de ville en ville étudier les chefs-d'œuvre de l'ancienne Flandre et de la Hollande, pour s'approprier cette franchise de ton et cette touche délicate qui caractérisent les deux écoles. Il demeura un an à Vilvorde où il peignit des dessins de portes, des décors d'appartements et des tableaux d'église. A 16 ans, il était déjà connu dans le pays, puisqu'il fut demandé par le peintre André, pour l'aider dans ses travaux au château de Carlsbourg, près de Bouillon. Son père étant tombé dangereusement malade, il revint aussitôt auprès de lui pour le soigner et pour achever des œuvres commencées. A la mort de son père, le 23 décembre 1776, il reprit ses voyages en Flandre. Ce fut dans le cours de cette pérégrination que les gracieux tableaux de Van Huysem révélèrent au jeune Redouté que lui aussi était né pour peindre les fleurs, mais forcé de lutter contre la pénurie de ses moyens pécuniaires, le pauvre artiste se résigna à faire, comme ses ancêtres, des tableaux d'église, des portraits et des dessus de portes. 11 travailla dans plusieurs villes et s'arrêta à Heyllissem près de Tirlemont, où il fut chargé de peindre quelques tableaux religieux. Aussitôt son retour à St-Hubert, il fut demandé à Luxembourg pour y faire plusieurs portraits, entr'autres ceux du général Bender, gouverneur de ville, du médecin Embinet et d'autres personnes marquantes. Ses talents lui valurent aussi la protection d'une femme, amie des arts, la princesse de Tornaco, qui l'engagea à aller à Paris et qui lui donna des lettres de recommandation, que le jeune peintre insouciant perdit en route. Après avoir revu son pays natal, il se rendit à Paris où les bienfaits de la protection sont si

nécessaires, surtout lorsqu'on est jeune et inconnu. Il s'établit auprès de son frère aîné Antoine-Ferdinand (1756-1809) qui depuis 1776 exerçait avec distinction la peinture des décors au Théâtre italien. En ce temps-là, on aimait les charmes de la vie pastorale ; les bergers se produisaient sur la scène, au milieu des fleurs, dans de vastes bosquets. C'était le renouvellement de l'époque de Watteau, le peintre des fêtes galantes.

En peignant des roses. Redouté reconnut qu'il saurait peindre les fleurs, non à la manière heurtée du peintre d'arabesques, mais en dessinateur et en coloriste attentif à donner aux plantes leurs formes, leurs poses et leur physionomie. Il abandonna peu de temps après la peinture à fresque pour s'adonner exclusivement à l'étude approfondie de la nature, le premier de tous les maîtres, disait-il, sans jamais perdre ce faire large et rapide que ses travaux antérieurs lui avaient fait acquérir. Guidé par l'instinct du génie, il voulut pénétrer dans l'organisation de la plante, afin d'arriver à une imitation plus exacte de la nature ; et à l'instar du peintre d'histoire qui avant tout étudie l'analomie du corps humain, il disséqua la plante pour mieux peindre la fleur. Il la peignit non au hasard et en se contentant d'un à peu près gracieux et facile : il en fit au contraire, une étude sérieuse, voulant ainsi pénétrer les mystères de ces éblouissants et fragiles caprices de la nature. C'est par cette étude approfondie qu'il parvint à surprendre la toilette de Flore et qu'il devint son digne peintre. En s'appliquant à fixer sur la toile, les fleurs, ces fraîches et riantes parures des plantes qui veulent qu'on les aime, il s'éleva par des succès répétés, au-dessus de ses émules. Mais il avait beaucoup travaillé avant de parvenir à donner à ses couleurs cette transparence, cette vivacité d'éclat, cette fibcité

de durée si admirables dans ses œuvres et qui assurèrent plus tard tant de célébrité à ses iconographies botaniques : il trouva tout le secret de cette science dans Taquarelle. Bientôt le succès inattendu de ses bouquets de fleurs, exécutés avec une vérité d'imitation, un coloris diaphane et moelleux ignorés jusqu'alors, fit renoncer à lusage où Ton était, de peindre les fleurs à la gouache, procédé dans lequel la peinture s'écaillait par le toucher et le frottement. Il fut en quelque sorte le créateur de cette manière de peindre par les perfectionnements qu'il y apporta. C'est à lui que Taquarelle doit cette vigueur de ton, cette transparence de coloris qui semblent n'appartenir qu'à la peinture à l'huile. En 1784 il essaya de faire quelques branches de fleurs d'après nature, pour le compte de Chereau, marchand d'estampes, qui les fît graver comme principes de dessin. Le hasard les fit tomber dans les mains du botaniste L'Héritier et de Gérard Van Spaendonck, qui, frappés du talent de l'artiste le déterminèrent à s'y livrer exclusivement. Il commença par dessiner les figures des ouvrages de L'Héritier et les succès qu'il obtint furent d'autant plus remarquables qu'ils opérèrent une espèce de révolution dans l'iconographie botanique. Il accompagna L'Héritier à Londres et dessina une partie des figures du Serium anglicum; il fit en outre pour le mêmje savant plus de 500 dessins de plantes.

Van Spaendonck, en qualité de peintre du cabinet de Louis XVI, lui fit peindre les vingt plantes rares qu'il devait fournir chaque année- à la collection des vélins, commencée en 1650 par ordre de Gaston d'Orléans.

Redouté avait été admis par Marie-Antoinette au Petit- Trianon. La jeune et infortunée princesse était alors l'objet de tous les hommages et l'éclat dont elle jouissait rejaillissait sur le trône. L'artiste eût le bonheur de lui plaire en

reproduisant les fleurs des parterres qu elle cultivait ellemême et qu elle aimait passionnément. Cette retraite préférée au Tain éclat des grandeurs de la Cour et de si augustes encouragements avaient mis le comble aux joies du jeune artiste et rempli au-delà de ses vœux la mesure de ses espérances. Malheureusement ses travaux, comme premier peintre de cette reine si vertueuse et si pleurée, restèrent inachevés, quand la tourmente révolutionnaire de 1792 vint renverser le roi et le trône de France.

Sous le nouveau régime, Redouté fut nommé dessinateur en titre de la classe de physique et de mathématiques lors de la création de l'Institut. Le 2 septembre 1793, un décret de l'Assemblée nationale ordonna louverture d'un concours à l'effet de choisir les artistes les plus habiles pour continuer la collection des plantes et des animaux peints d après nature sur vélin et déposée à la bibliothèque du Musée d'histoire naturelle. Conformément à la loi, le concours eut lieu dans la galerie du Musée et dura 48 heures. L'Assemblée, fit choix de P. J. Redouté, de son frère Henri-Joseph (1766-1846) et de Maréchal.

En 1805, il reçut le brevet de peintre de fleurs de l'impératrice Joséphine, qui, juste appréciatrice de son caractère et de ses œuvres, lui adressa encore de touchantes paroles le jour même où cette princesse succombait au chagrin d'un funeste abandon.

Après la mort de G. Van Spaendonck, le 11 mai 1822, la place de professeur-administrateur qu'il remplissait depuis l'organisation du Musée, fut supprimée par les professeurs. Ils partagèrent le cours d'iconographie entre Redouté et Huet, non quant au traitement de 5000 francs dont jouissait le titulaire, mais à raison de 2000 francs chacun et avec obligation de faire un cours annuel de 30 leçons, sous le titre

modeste de maître de dessin du Musée d'histoire naturelle. Redouté, malgré la gravité de Tinjure qui lui était faite, accepta néanmoins dans l'intérêt de lart. Le premier cours fut commencé le 15 avril 1824; il eût lieu dans la grande galerie de Buffon et Ion y compta plus de 1 50 élèves des deux sexes. Redouté professa pendant 18 ans et dans la pléiade d'artistes qu'il forma, ceux qu'il aimait à reconnaître comme ses élèves étaient Poiteau, Baget, Prévost du jardin du roi; Prévost, fleuriste au Palais-Royal; Mesdames Panckoucke, l'un des peintres de la Flore médicale, de Chautereine, Bessin de la Porte, de Beaurepaire, la baronne Renaud, Janet et Olympe Arson.

Redouté fut le peintre favori des reines. Il donna des leçons à Marie-Amélie, ainsi qu'à ses filles Marie et Louise d'Orléans,' à Madame Adélaïde, sœur de Louis-Philippe, à la reine Hortense, à la Duchesse de Berri.

Il n'y a pas un seul livre de botanique de quelque valeur, auquel il n'ait apporté son concours. Il n'y a pas une belle fleur de nos serres, de nos jardins, de nos prairies et de nos forêts ('), que disons-nous il n'y a pas une seule plante exotique de cette période dont il n'ait été le peintre bienveillant et dévoué. Il était dans une contemplation muette et presque solennelle en présence de ces divins modèles; il avait peur de les ternir même d'un souffle, il les appelait les étoiles de la terre ; à force de les voir, de les admirer, de les aimer, il en savait les noms, les parfums, les mœurs, les tristesses, les joies, les amours. Il était ainsi devenu un excellent botaniste, un jardinier accompli : son portefeuille

(1) Redouté est, dit-on, le premier qui ait signalé dans les marécages et les tourbières de nos Ardennes le Trientalis europaea. H a trouvé cette charmante Primulacée aux environs de S*-Hubert où plusieurs de nos botanistes modernes la signalent encore.

lui servait d'herbier et dans cet herbier admirable, il plaçait la fleur, non pas mutilée, séchée, fanée, flétrie, comme cela se fait dans les herbiers ordinaires, mais, brillante et parée, entourée de son feuillage natif, de son innocente épine, de la mousse qui la recouvrait ; elle gardait marne la goutte d eau tombée du ciel ou l'insecte doré qui vivait daîîs sa corolle. Toutes les affections de l'artiste se concentraient sur les fleurs, il leur avait voué une espèce de culte; il en avait fait comme des êtres animés, doués de sentiments ; il était heureux de les voir et les peignait con amore.

Les ouvrages auxquels il attacha l'éclat de son pinceau sont tous remarquables par le fini de l'exécution, la hardiesse des tons et la douce flexibilité du dessin. Les principaux sont :

La Flora ailarUica de Desfontaines (2 vol. inf«, 261 pi., 1798-1800). Le Jardin de la MalmaUon, par Ventonat (2 vol. in f', 120 pi.,

Les PlaïUes rares du jardin de Cels, par Ventenat (1 vol. in 4<*,

100 pi., 1800).

Les Plantes rares du château de Navarre, par A. Bonpland (1 vol.

in 1^,64 pi. col., 1813).

Les arbres et arbustes du nouveau Duhamel, par Loiseleur-Deslong-

champs, (7 vol. in f°, 1801-1819, dessins des 4 1«" vol.). La Botanique de J. J. Rousseau, (1 vol. in f*, 65 pi. col. 1805).

"Les Plantes crasses d'A. P. De Candolle (31 fasc. in f*, 185 pi. col., 1799-1829).

UAstragalogia d'A. P. De Candolle (petit in-f, 50 pi., 1802).

La Flora boreali-americana, d'And. Michaux (2 vol. in-8°, 51 pi., 1803).

U Histoire des chines de VAmériq. sept., d'And. Michaux (1 vol. in-f', 36 pi., 1801.)

1j' Histoire des arbres forestiers de V Amérique du Nord, d'A. F.Michaux fils (3 vol. in.4«, 145 pi., 1810-1813).

UHistoire 'naturelle du Maïs de Bonafous (1 vol. in-f*, 19 pi., 1836).

Redouté publia lui-même plusieurs ouvrages remarquables. Un des plus beaux sans contredit est celui qui a pour titre les Liliacées [Paris, impr. F. Didot, 1802-1816, 8 vol. in.f^ 486 pi. col. Texte d'A. P. De Candolle (M), de Fr. De la Roche (5-6) et d'Alire RafFeneau-Delile (7-8)]. Il parut sous la protection de l'impératrice Joséphine et sous les auspices de Chaptal, ministre de l'intérieur. 11 fut mis par le gouvernement au nombre des productions de l'art qui pouvaient donner aux étrangers une haute idée de la supériorité de l'école française. En 1804, le ministre Chaptal souscrivait pour 80 exemplaires, qui furent envoyés en présent aux artistes et aux savants les plus distingués de l'Europe. Napoléon, qui se plaisait à protéger tout ce qui illustrait la France, fit souscrire par le prince de Talleyrand, son ministre des affaires étrangères, par une lettre des plus flatteuses, à un certain nombre d'exemplaires pour être envoyés aux souverains étrangers.

Mais l'ouvrage qui mit le sceau à la réputation de Redouté, par l'exécution et le fini, est la Motiographie des Roses dont le texte est dû au botaniste C.-Ant. Thory. Cette magnifique publication parue de 1817 à 1824, composée de 30 livraisons de 6 planches chacune, non compris la couronne de roses du frontispice, forma 3 vol. grand in-f ' et fut imprimée sur papier vélin par Firmin Didot. Cet ouvrage fut réimprimé en 1824 et 1828. Dès que cette charmante collection parut, elle excita l'admiration générale. Les premières livraisons, recherchées avec empressement, firent l'ornement des salons et des boudoirs. On n'entendait parler que des Roses de Redouté : on voulait voir jusqu'où l'art peut imiter la nature dans une de ses productions les plus suaves. Le prestige de l'art était si grand, que l'œuvre de la nature semblait s'effacer devant les créations de ce magique pinceau.

Il fit également paraître en 36 livraisons in 4"* : Choix des plus belles fleurs prises dans différentes familles du règne végétaly de quelques hranclies des phis beaux fruits, groupées quelque fais et souvent animées par des insectes et des papillcms, gravées, imprimées en couleur et retouchées au pinceau avec un soin qui doit répondre de leur perfection. Cet ouvrage fut dédié aux princesses Louise et Marie d'Orléans.

En 1835 et les années suivantes, il publia 12 livraisons in-4^ de 4 planches chacune, sous le titre de Collection de jolies petites fleurs choisies parmi les plus gracieuses productions de ce genre, tant en Europe que dans les autres parties du monde.

En 1836, il mit au jour 15 livraisons in 4*^ chacune de 4 planches : Choix de 60 roses, dédiées à la reine des Belges avec une introduction de Jules Janin. Louise-Marie n'oublia jamais celui quelle appelait son bon maître. En 1832, avant de quitter la France, la princesce lui remit un bouquet de fleurs peintes.

Enfin le dernier travail de Redouté fut encore un choix de quelques roses, publié depuis sa mort, sous le titre de Bouquet royal et dédié, par sa veuve Marthe Gobert, à la famille régnante de France.

Les bouquets de Redouté sont composés avec beaucoup d'art et pourtant lart ne s'aperçoit pas : ils semblent sortir des mains de la nature. Comme toutes les fleurs s'y groupent avec grâce ! Comme les oppositions sont habilement ménagées! Quelle harmonie au milieu de cette diversité de couleurs ! quelle savante combinaison dans la distribution des demi-teintes et des ombres ! L'éclat trop vif de certaines fleurs est amorti dans ces demi-teintes; celles dont les tendres nuances seraient perdues dans l'ombre, ressortent

au grand jour avec tous leurs avantages. Comme la lumière circule largement partout ! La vigueur du coloris n ote rien à la transparence des tons ; la couleur n'est pas moins suave que brillante. Sous la grosse main de Redouté qui peignait avec tant de légèreté, les fleurs ont conservé toute leur fraîcheur et on reconnaît que le goût le plus pur a présidé à la reproduction de leur physionomie.

Les fleurs de Redouté sont admirables tout à la fois par une exactitude parfaite sous le rapport de la science botanique, par 1 éclat des couleurs, par la délicatesse et la légèreté de la touche. C'était merveille de voir les mains qui créaient ces chefs-d'œuvre : elles étaient épaisses et difformes comme celles d'un terrassier et, plus d'une fois, dit-on, des poètes de province divertirent singulièrement notre artiste, en comparant ses doigts aux doigts de l'Aurore qui sème des roses.

Toutes les gravures des plantes de Redouté étaient imprimées en couleurs par le procédé d'une seule planche. Cette méthode dont il est l'inventeur, date de 1796, par des essais faits sur l'histoire des Champignons, cités dans les mémoires de Brûun-Nerrgard, savant danois. Il commença par les Plantes grasses dont les premières figures furent imprimées de cette manière, bien avant la publication de l'ouvrage. Quoique son procédé paraisse simple au premier abord, il exige néanmoins beaucoup de soins dans son application. Il s'agit de mettre au pinceau sur la planche d'une gravure, les couleurs primitives sur chaque partie capitale, que l'on imprime ensuite en répétant le même procédé à chaque tirage; les figures sont alors retouchées par des enluminures au moyen d'une teinte plate transparente qui laisse ressortir les ombres de la gravure et rend l'effet du coloris brillant et imitateur de la peinture. Depuis

ce premier essai, Redouté perfectionna beaucoup ce nouveau genre d'impression. Plusieurs de ses ouvrages, exposés au Louvre en 1819 répondirent à ses détracteurs qui lui avaient contesté l'invention de ses procédés d'impression après s'en être servi. Une médaille d'or lui fut décernée à cette occasion par le jury artistique au concours des produits de l'industrie nationale.

Le nombre d'aquarelles qu'il a peintes est prodigieux : on estime à plus de 6000 celles qu'il a faites pour le muséum. Ses travaux ont paru avec honneur aux salons de 1793, 1804, 1814, 1819, 1822 et 1834. Il a fait également un grand nombre de tableaux à l'huile : à l'occasion de l'un d'eux il reçut, le 14 janvier 1825, de la main de Charles X avec les paroles les plus gracieuses, les insignes de la Légion d'honneur et en 1836 il obtint la croix de l'ordre de Léopold.

Son dernier disciple fut un jeune savoisien (Félix Rassat)

que Bonafous lui avait confié dans le but d'importer en

Italie les préceptes du célèbre iconographe. Redouté venait

de donner dès la pointe du jour, une leçon à son élève de

prédilection lorsque, frappé d'une congestion cérébrale,

il mourut auprès de sa femme et de sa fille, le 19 juin 1840,

tenant encore entre les mains un lis à corolle blanche

que le jeune élève avait cueilli pour lui. Deux jours

après, un grand nombre d'artistes et d'hommes de lettres

accompagnèrent sa dépouille mortelle au cimetière du Père-

Lachaise. Une couronne de lis et de roses, enlacée aux

insîgnes des ordres dont il avait été honoré, fut déposée

sur son cercueil, près duquel Bonafous, un des amis du grand peintre, improvisa une courte élégie, terminée par ces

deux vers :

0 peintre aimé de Flore et da riant empire ! Tu nous quittes le jour où le printemps expire !

Ventenat a consacré à Redouté sous le nom de Redouteay un genre de la famille des Malvacées, originaire des Antilles, dont on connaît deux espèces : R. hcterophylla et R, tripartita. Son portrait, peint par Gérard a été gravé en 1811, par C. S. Pradier et nous en produisons ici la lithographie. Le gouvernement belge a fait élever en 1846 sur la place publique de St-Hubert une fontaine monumentale surmontée du buste du célèbre artiste.

Redouté était pauvre, et, en effet, toute sa fortune consistait en quelques arpents de vieux bois que lui avait accordés en échange de quelques arpents de terre, dans sa munificence inépuisable, le roi Charles X, ce bienveillant gentilhomme que les arts ont perdu et qu'ils n'ont pas remplacé. Sur le bord de ce bois. Redouté s'était bâti, tant bien que mal, une maison et il y avait planté un jardin admirable Ce jardin-là, c'était sa caisse d'épargne, son trésor, trésor d'un printemps, caisse d'épargne d'un jour. Là il passait quelques mois de l'année, heureux et tranquille, travaillant comme un manœuvre et préparant ses chefsd'œuvre de l'avenir.

Liège, le 15 janvier 1873. André De Vos.

Sources.

Dictionnaire universel de Michaux : biographie par Bonafous. Archives du Nord de la France, t, III, nouv. série, 1841 : notice

biographique, par A. Delsart.

Becdeliévre-Hamal, Biogr, liégeoise, II.

Nouvelle Uografhie générale, publiée par F. Didot, 41* vol. L'Artiste,

Annales delà Soc. d^hort. de Paris, 27« vol., 1810.

LA

NOTICE SUR LE BUiLBEBGIl MOBELI Bronon.

ou BILLBERGIA DE M. MOREL.

(Planche 1-11).

Billberffia Moreli Ad. Br. :Pwt€f, de Vhortic. II, (1848), p. 97, e. ic. et p. 157.— BEER,di^/tf»i. d, Bromel. (1857)p. 120. — H. WiTTaX^Mf. d*hùrt et de hot. du Royaume des Pays-Bas, II, (1858-59) p. 17, ic. 2. « C. Koch, Ally. Berliner Qartenz, 1853, p. 183; Woehenschr. f. Oartnerei, I, (1858), O^ariennaeht.f p. 18. — Ed. Mobren, la Belg, horL, X, (1860), p. 161, ic. XI-XII.

Hab. Braailiam ad Bahiam.

Mar. Porte legit et ann. 1847,viYam in cald. Buropœ (Moral; Paris) introdaxit.

Billbergia Moreliana est nomen synonomicum.

BillbergÎB eiymiana de Yr. (la Belg, \ort. XVI, 1866, p. 134, pi. XI), BiUbergia Wetherelli W. Hook. (Bot, Mag, 1855, pi. 4835), Billbergia puldierrima Eoch et Bouché (Ind, sent. h. b, Ber, 1856, App. p. 6.), non minus qnam Billb. Moreliana in Belg, hort, X, 1860, p. I61,varietates hortenses minores Billbergia Moreli mihi videntur.

Ceteram fais» sont Bilbergiae Moreli : Abt. Hbnfrbt in Gard. Mag. of Botany, III (1851), p. 33, t. I ; Lindl. in Paxton's Flow. Gard., III (1852-53), tab.77; Lemaire in Jard. fleur,, H (iar2), tab. 138 et III (1853), tab. 271 ; et C. Koch, Wochensch. 18G5, p. 141. Hae Billbergiae vittatae Bb. convenlunt. Conf. la Belg. hort. 1871, p. 193).

Explication des figures analytiques: Fig. 1. Une fleur détachée.— Fig. 2. Une fleur dépouillée de son calice. — Fig, 3. La base d'un pétale (amplillée). — Fig. 4 et 5. Sommet de 2 étamlnes. — Fig. 6. Le stigmate. — Fig. 7. Coupe longitude de Povaire. — Fig. 8. Coupe transversale de Povaire. — Fig. 9 et 10. Ovules.

Nous avons déjà donné place dans notre galerie d'iconographie végétale à un grand nombre de Billberges qui figurent certainement au nombre des plus belles fleurs que nous avons signalées à Tattention des amateurs, et cependant aucune ne surpasse le BUÏbergia Moreli, avec lequel nous inaugurons Tannée 1873. Peut-être même pourraiton lui reprocher une toilette trop tapageuse.

La plante est originaire de Bahia, au Brésil. Elle a été envoyée en 1847 par Marins Porte à Morel, de St-Mandé, auquel M. Brongniart Ta dédiée en 1848, quand elle eut fleuri pour la première fois.

Nous avons dissimulé tant bien que mal au public les vicissitudes scientifiques du BUlbergia Moréli en nous servant du latin pour résumer son histoire. Il suffira de dire ici que le BUlbergia vUtata, Brongn. {Belç. hortic. 1871, p. 193), a plusieurs fois usurpé son nom. D'un autre côté les BUlbergia Glymiam, WethereUi et fulcherrima nous semblent être des formes amoindries de la même espèce, formes que représente la planche publiée par nous en 1860 {^ Belg. hortic,^ 1860, p. 161, pi. XI-XII). Le portrait que nous faisons paraître aujourd'hui représente la plante, au moins la fleur, dans toute sa splendeur.

Les BUlbergia Zeopoldi, vittata, zébrina et Moreli se trouvent dans beaucoup de serres, mais souvent confondus entre eux.

Il sera désormais facile de les distinguer par les planches que nous en avons données. Le BUlbergia Moreli se distingue notamment par ses feuilles vertes sur les deux faces, sans zébrures et son épi simple.

En voici d'ailleurs une description détaillée écrite d'après nature :

Feuilles dressées, peu arquées^ doucement laDcéolées, faiblement dentées, luisantes sur les deux faces et sans zébrures. Hampe cylindrique, pendante, rosée, farineuse; munie de bractées ovales-lancéolées, d*un rose vif avec une légère Airfurescence blanche : les fleurs inférieui'es et moyennes sont accompagnées chacune d'une de ces amples et superbes bractées qui s'étalent au moment de la floraison mais les fleurs supérieures en sont dépourvues et n'ont avec elles qu'une petite squame fort minime ou même tout à fait imperceptible. L'inflorescence est un bel épi simple de fleurs sessiles. Sépales imbriqués à gauche, rubaniformes-lancéolés, légèrement inéquilatéraux, n'atteignant pas la moitié des pétales rouges, mais cett« coloration se dissimule sous une abondante efflorescence. Pétales à préfloraison valvaire, se disposant en corolle irrégulière parce que deux d'entre eux conservent leur limbe dressé tandis que le troisième étale et recourbe le sien ; tous sont rubanés à limbe un peu ovale et lancéolé, avec 2 petites écailles fimbriées et un sillon denté pour le passage d'une étamine à la base de l'onglet qui est jaune bordé d'un liseré pourpre : le limbe est pourpre c'est-à-dire bleu violacé. Etamines libres sur un court tube épigyne : les unes oppositipétales, les autres^tematipétales de la longueur de la corolle, à anthères courtes et dorsiflxes. Style un peu plus court que les etamines à stigmate contourné en massue. Ovaire infère, court, obovale, rose, farineux à 3 carpelles faisant chacun une légère saillie au fond de la fleur. Ovules nombreux, sur plusieui*s rangs, horizontaux et pendants sur un placenta bipartite au sommet des loges, légèrement appendiculés.

Le Billbergia Moreli est de serre chaude et il ne faut lui épargner ni la chaleur, ni Thumidité si Ton veut Tamener à un bel état de floraison. Des pots perforés sur les parois, comme ceux des Orchidées, ainsi que du sphagnum, des tessons de pots, du charbon de bois, quelques fragments de terre de bruyère fibreuse lui conviennent parfaitement. Il fleurit en hiver, souvent au mois de dé<2embre.

BULLETIN DES NOUVELLES ET DE LA BIBLIOGRAPfflE.

M» le D"* J. D. Hooker, directeur du Jardin rojal de Kew a été élu, le 17 décembre dernier, membre-associé de Tacadémie rojale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Nous sommes heureux que cette distinction scientifique, la plus haute que notre pays puisse conférer, ait été décernée à cet homme éminent au moment où il soutient une lutte vive et pénible pour Thonneur de la botanique.

La crue des eaux de TEscaut et de la Lys, qui s'est manifestée pendant le mois de décembre 1872 a été particulièrement calamiteuse pour la ville de Gand. L'inondation a commencé le 12 décembre ; c'est le 14 qu'elle a atteint le niveau le plus élevé. Ce jour-là Téchelle de jauge du bassin de Gand marquait 6'°,35. Les eaux s'étaient élevées à 6»07 en 1841 et à 6™,20 en 1817. Il résulte d'une note trouvée dans les archives communales que la plus haute cote connue pour Gand date de la fin du dernier siècle : les eaux atteignirent la cote ô'",62 et couvrirent la place du Vendredi.

Cette fois toutes les fabriques de Gand ont dû chômer et l'on peut s'imaginer les conséquences d'une situation pareille dans une ville qui compte 40 à 50,000 ouvriers. On sait que la conduite des patrons a été admirable; aidés delà population et des magistrats municipaux, ils ont allégé bien des misères.

Quant aux horticulteurs, tous ont vu les eaux envahir au moins les fourneaux de leurs serres et presque tous ont éprouvé dans leurs cultures les desagréments de l'inondation : chez quelques-uns, les plus éprouvés, l'eau a même pénétré dans les serres. Il y a eu un moment de vive anxiété, le 19 décembre quand le temps semblait se mettre à la gelée, mais bientôt la température s'est radoucie et toute crainte s'est

dissipée. Heureasement les eaux se sont écoulées, lentement il est yrai, sans que les gelées soient survenues.

Vhiier 1872-1873 marquera dans les annales de la météorologie par la douceur extraordinaire de la température ju8qu*au 25 janvier 1873. Il nous rappelle celui de 1852-1853 qui a fourni à Charles Morren le sujet d'une intéressante notice publiée dans les Butteiins de VAcadémie royale de Belgique (1853, tome XX, 1** partie, p. 160).

Cette année dès le jour de Noël, nous avons constaté à Liège la floraison de : Corylus avellana L., Chœnomelesjaponica Lindl., ffelle-borus orietUalù Ckirs., Viola odorata, Galanthus nivalis, Chryianthemwn letecanthemum.

Les Rosiers de Bengale, le Pelargonium zonale, la Pensée des fleuristes, les Soucis, le Gazon de Marie {Alyesum marUimum) n'ont pas cessé de fleurir jusqu'au 24 janvier.

A cette date un Acacia hphawtha est en pleine terre verdoyant et fleuri: la glaciale [Mesembryawthemum cristallinum) est en parfait état de végétation. Les pâquerettes émaillent les pelouses.

Un de nos élèves, M. Ch. Firket, nous signale au 22 décembre, la floraison de Daphne nuzereum, Primula elatior, Linaria cymbalaria, Géranium Rdberiianum et Lamium album.

Au jardin botanique de l'université de Liège, notre jardinier en chef M. E. Rodembourg a constaté, le 14 janvier, les floraisons suivantes : Helléborus niger et atropurpurea, Corntis mm, AstrafUia caucasica, Chaerophffllum temulum, Calendula officinalis et arvensis, PoteniUla indica et vema. Iberis sempervirens, Cheiranthu8 annuus et Cheiri, Phlox Drummondi, Arabie alpina, Berberis impetr\folia, Centranlhus ruber, ArUhirrinum m/ijue, Peniaetemma gentianoïdee, Mercurialis annua^ Armeria laiifolia et purpurea, Zamium purpureum et JB'ermione commutatum.

M. Jules Pirlot, amateur de botanique à Liège, a noté dans son jardin et celui de M. Jacob-Makoj les plantes suivantes qui portaient fleur le 10 janvier 1873.

Althea rosea. Aubrietia deltoidea.

Anethum fœniculum. Borago officinalis.

Andromeda angustifolia. Ceanothus americana (var).

— florlbunda. Centaui*ea montana.

Chrysanthemum ft^atescens. Primula veris.

— sinense. Pulmonaria offlcinalls.

Corylus avellana (chaton <). Pyrethrum parthenium, fol. aurat.

Cydoniajaponica. Rhododendrum Dahuricum.

Fragai^ vesca (ââurs, et fruits — (hyb.) Prés*. Lambinon.

rouges). Rosiers i-emontauts et thés (plusieurs

Fuchsia coccinea. variétés.)

Helleborus (hybr.) Salvia azurea floribuuda. Hort. Van

Jasminum nudiflorum Houttei.

Lepidium sativum. Vaccin ium vitis-idea.

Lobelia erinoïdes. Veronica montana.

Mahonia aquifolium. Vinca minor.

Phlox Drummondi. Viola adorata.

Potentilla finiticosa. — tricolor.

Primula auricula.

On me signale, ajoute M. Pirlot, des pavots doubles en boutons à Forbj, près Cbaudfontaine.

Après un violent orage le 19 janvier, le temps s'est mis à la gelée à partir du 26 janvier.

Le Programme de l'exposition internationale^ que la Société

royale d'agriculture et de botanique de Gand ouvrira le 30 mars prochain vient d'être publié. Ce programme tient toutes les promesses qui avaient été faites : il est très-complet et digne de l'importance de la Société de Oand. Parmi les 191 concours qui sont ouverts, il en est plusieurs qui sont tout à fait nouveaux. On peut obtenir le programme en s'adressant à M. Edmond Claus, secrétaire-adjoint de la Société, rae Digue de Brabant n° 20, à Gand.

Exposition de Vienne. — Une séance du comité d'agriculture et dliorticulture a eu lieu le 15 janvier au ministère de l'intérieur à Bruxelles. La réunion se composait de M. F. de Cannart d'Hamale sénateur, Président, MM. comte Yanderstraeten, Waroquié, Linden, Delmarjnol et Morren, membres, Ronnberg, secrétaire. La liste des inscriptions n'est pas encore complète. Il y a lieu d'espérer que la commission impériale de Vienne concédera gratuitement aux horticulteurs les emplacements nécessaires pour les expositions temporaires. Quant aux frais de transport on peut les évaluer approximativement de 12 à 15 francs par cent kilos pour la grande vitesse : peutêtre des adoucissements seront-ils obtenus, au moins en ce qui con* cerne les charges pleines, mais l'élévation du tarif de transport est

jusqulci le principal obstacle qui arrête Vélan des exposants horticoles.

On sait que la Commission de Vienne a rédigé un programme de concours horticoles répartis entre quatre expositions temporaires. Nous les avons déjà fait connaître. Or, tout en laissant aux exposants la latitude de participer à leur choix à toutes ces expositions temporaires, on est convenu de concentrer autant que possible Tenvoi des plantes de serre sur Texposition du 15-25 juin et celle des fruits aux 18-23 septembre. Ces deux concours seraient particulièrement internationaux.

Des mesures seront prises pour assurer à Vienne le déballage et l'entretien des plantes.

Quant à Tagriculture, une halle de 328 mètres carrés de superficie utile a été concédée à la Belgique. On j installera, outre les contingents particuliers, une collection nationale organisée parles soins des départements de rintérieur, avec le concours de llnstitut agricole de Gembloux et du Comité d organisation. Cette collection se composera notamment d'instruments de culture propres à la Belgique ; instruments d'horticulture et d'arboriculture ; collection des sols de la Belgique ; collection des produits forestiers et agricoles dans les diverses zones du pays ; produits alimentaires et industriels d'origine agricole; le lin à ses divers degrés de préparation ; les pailles industrielles ; des cartes et des plans ; irrigations et drainages : revues et journaux.

Vitrage double. — Il serait intéressant d'élucider la question de^ savoir s'il peut être utile, au moins à certains points de vue, de construire des serres avec un double vitrage. On sait que l'usage en est généralement répandu en Russie, mais dans nos régions moins septentrionales j aurait-il avantage à poser sur les serres un double châssis vitré. Sous ce double abri la chaleur se conserve-t-elle mieux en hiver, l'atmosphère est-elle plus fraîche en été ; la lumière n'est-elle pas trop affaiblie, la buée ou la mousse ne s'accumulle-t-elle pas entre les deux vitres. L'économie du combustible compenserait-elle l'augmentation du prix de construction. D'ailleurs les serres varient beaucoup de destination, depuis l'orangerie, et la serre-verger, jusqu'à la bâche chaude et la serre à orchidées. Ces questions devraient être élucidées par les renseignements que pourraient fournir les physiciens et les praticiens.

L'institat horticole de Watergraafsmeer (Pays-Bas) continue ayec succès son enseignement pour Tinstruction de jardiniers diplômés. L'école comptait 28 élèves en 1871-72 : sur les 4 élèves du cours supérieur, 3 ont obtenu le diplôme de capacité devant un jury composé de MM. A. Van Lennep à Haarlem, président, M. Boomkamp, agronome, H. Van Lunteren, horticulteur à Utrecht; H. Groene- -wegen , directeur de la Société, secrétaire ; B. Groenewegen , J. Krook, Eug. Veulemans, Rombouts, Redeker-Bisdom, Eroomder Steijling, professeurs. Les cours de 1872-73 sont suivis par 25 élèves.

Betula alba fàstigiata ou Bouleau pyramidAl. — C'est une

forme très-franchement pyramidale du Bouleau blanc obtenu par MM. Napoléon Baumann et fils, de Bolwiller (Alsace). D'après M. Buchetet, cette même forme aurait été découverte à Tctat spontané par M. Métrai, horticulteur aux Charpennes (près Lyon) sur la commune dlzemore, près de Nantua (Ain).

Viola tricolor yar. Hazima Empereur Omllamne [Hort, Benary)

— « Nouvelle pensée à grandes fleurs d'un magnifique bleu d'outremer à œil bien dessiné de pourpre violet très-intense. Les fieurs sont très-consistantes, portées sur de forts pédoncules et se tiennent bien au-dessus du feuillage. Se reproduisant avec certitude de graines, ce Viola est particulièrement propre à faire des bordures ou à orner des plates-bandes t {Cat, Benary),

Delphinium ajacis yar. impériale flore pleno (Hart, Benary), —

M. Ernest Benary, horticulteur à Efurt, vante beaucoup cette nouveauté du parterre dont il a publié le portrait pour le distribuer à ses correspondants. Elle est en effet, fort jolie à en juger par ce portrait. La plante atteint un pied et demi de hauteur et donne à profusion de belles fieurs doubles, en grappes très-serrées. La couleur varie en bleu foncé, rouge strié et tricolore. M. Benary recommande d'espacer les plantes d'un pied et demi pour qu'elles puissent atteindre leur complet développement.

La Société yan Mous, établie au local lietEattenhof, rue del'Agneau, à Borgerhout-Anvers, ouvrira, le 13 avril 1873, une exposition florale. Le programme comprend des concours de plantes fleuries, Azaléas, Camellias, Rhododendrons, Jacinthes, Orchidées, etc., etc.

Les personnes qui désirent exposer sont priées de 8*adres8er an direc^ teur de la Société, M. J. Desmedt, chaussée de Turnhout, n"* 133, à Borgerhout-Anvers, avant le 5 avril prochain.

Gerole horticole Lyonnais* — Sous ce titre une nouvelle association s'est constituée à Lyon entre horticulteurs et amateurs. Le président est M. Ernest Faivre (rue Gentil 27, à Lyon) et le secrétaire M. Jean Sislej. Le Cercle prie les Sociétés d'horticulture et les horticulteurs de lui adresser leurs publications.

Qnelqnes plantes nonvelles sont annoncées dans le catalogue (n^SO) que M. W. Bull, de Londres, vient de faire paraître. Ce sont : Alpinia vUkUa (Polynésie), ArUMochia galeata (Bogota), Biçnonia reticuUUa (Nouv.-Grenade), Bomarea Bogotensk (Bogota), Carica aurantiaca (Bogota), D^ffenbachia nobilis (Amer. Mérid.), Dracaena compacta (Iles Samoa), Drac. imperialis (Polynésie); Bracaena inscripta. Broc, omata (Polynésie), Broc. Shepherdi (Z>. gloriosa), Erfthrina bogoôensis (Bogota), Erythrina indica alba (Bombay), Grevillea ForsteH (Australie), Iris Umiolopha (Chine), Macrozamia ébumea (Australie), Mac. degantUnma (Australie), etc.

Catalogne de MM. Haage et Schmidt à Brftirt. — Ce catalogue

est un véritable document : il énumère 17,117 graines d'espèces ou variétés différentes ; puis viennent les plantes vivantes, les Gesneriacées, les bulbes, les Palmiers ; les végétaux de pleine terre, les Conifères, etc.

Parmi les nouveautés nous remarquons : Aràlia sachalinensis, Mimuluê Neuberti, SchizoloHum excelsum^ CerUaurea Parlatoris,

Le prix qoinqnennal des sciences naturelles (période 1867-1871), a été attribué à M. l'abbé Carnoy pour ses Recherches anatomiques et physiologiques sur les champignons. Dans ce mémoire, publié en 1870, l'auteur soutient l'opinion des paramorphoses des Mucor en Cryptococcus (levure), Pénicillium, Botrytis.Torula et même en Ascomycète et en Hyménomycète.

Le rapport du jury, institué par le "Gouvernement belge pour l'attribution du prix quinquennal, a été rédigé par M. l'abbé Bellynck, à Namur.

Le grand prix de la Fédération décerné à Madame G. Legrelled'Hanis au concours de la Société royale linnéenne, au mois de septembre dernier vient d^étre remis au lauréat. Il consiste en un grand surtout de table en argent et cristal représentant les emblèmes de la culture.

La Société d'agriculture, de botanique et de pomologie dn Pays

de Waas vient de se reconstituer à St Nicolas (Flandre orientale). Cette Société avait existé de 1826 à 1831. Elle annonce sa première exposition pour le mois d'avril prochain. M. Alb. Leconte a été nommé secrétaire de cette nouvelle Société à laquelle nous aimons à souhaiter longue vie et prospérité.

Le bulletin de la Fédération des Sociétés d'horticoltore de

Belgique, 1871, 1" 'partie, a paru dans le courant de décembre dernier. Ce fascicule fait connaître la composition actuelle des Sociétés horticoles et fournit, en outre, des renseignements détaillés sur TÉcole d'horticulture de l'État récemment installée au Jardin botanique de l'Université de Gand. La seconde partie du Bulletin est actuellement sous presse.

Mémorandum des trayanx de botanique et de physiologie végétale qui ont été publiés par T académie royale de Belgique pen-* étant le premier siècle de son existence (1781-1871), Bruxelles 1872. — L'académie royale de Belgique nous ayant chai'gé de lui présenter à l'occasion de son jubilé centenaire, le résumé de ses travaux concernant les sciences botaniques, nous nous sommes efforcé de condenser dans quelques pages tout ce qui lui appartient en propre dans les progrès considérables réalisés depuis l'époque de sa fondation.

K. Eoch, Dendrologie, 2"" volume, i^ partie, Erlangen 1872, (un fort volume in-8^). — Le premier volume de cette importante publication a paru en 1869 (voy. la Bélg, Hort. 1869, p. 14). Notre savant collègue et ami, M. le D'' Ch. Koch, professeur de botanique à l'Université de Berlin, donne dans cet ouvrage, Thistoire et la description des arbres, des arbustes et des arbrisseaux que l'on peut cultiver dans les jardins de notre climat. Il a fait de ce sujet une étude longue et approfondie dans les pépinières, dans les parcs,

dans les herbiers et dans les ouvrages. C'est donc une œuvre de longue haleine. Ce deuxième volume comprend les monopétales et les apétales, avec une partie des cupulifcres. Nous citerons par exemple, les Lonicera (36 espèces), les Vibumum (19 espèces), les Ericacées, les Rhododendron (16 espèces), les Azalea (18 espèces) les Hex (15 espèces), les Fraxinus (20 espèces), les Syrînga^ les Liçusirum, parmi les apétales, les Ulmus (7 espèces), les Buxus^ les Populus (10 espèces), les Saïix (66 espèces), les Alnus (12 espèces), les Betula (18 espèces).

L'ouvrage est rempli de données précieuses. Il sera bientôt terminé par la fin des cupulifères [Q,uercus, etc.) et par les Conifères.

Nous espérons pouvoir en traduire ici quelques chapitres.

Th. Hoore et tt. Jaokman, The Glematis, as a Garden Flower,

1 ffol, f»-8° à Londres {chez J, Murray) 1872. — C'est un charmant volume, comme on sait en publier en Angleterre, exclusivement consacré aux Clématites, ces lianes aux fleurs superbes dans nos jardins. Les auteurs sont, le premier un botaniste habile et le second un horticulteur célèbre par ses Clématites, aussi leur livre est-il complet : on y trouve un peu de bonne science et puis, dans dix-huit chapitres, tout ce que peut désirer l'amateur de Clematis. De belles planches, et une foule de gravures embellissent l'ouvrage.

Sherley Hibberd, The lyy, 1 toi, petit in-i.'', à Londres, chez MM, Groomhridge et fils, 1872. — Voici un beau livre d'étrennes a offrir aux monomanes de Lierre et aux lecteurs du langage des fleurs. C'est une monographie du Lierre, comprenant son histoire, ses usages et la liste descriptive de toutes les variétés en culture. Cet élégant volume est émaillé de peintures et de gravures : toutes les formes du Lierre et ses panachures y sont représentées.

M. Bernardin, classification de 100 Gaoutchoacs et Gatta-

Perchas, Gand, 1872, broch. in-8°. — Cette brochure fait suite à toutes celles que M. Bernardin, qui est professeur du cours de marchandises à la Maison de Melle près de Gand, a déjà publiées sur la technologie botanique. Le groupe dont il s'occupe ici est fort intéressant. Les Caoutchoucs et les Gutta-perchas du commerce sont produits

parle lait ou UUeûif de diverses plantes coagulé par Taction de Tair : ce sont surtout les FicM et les Euphorbiacées qui donnent les Caoutchoucs et les Sapotacées qui fournissent les Gutta*perchas.

Flora Brasiliensis. — M. Marchai et M. Cogniaux, aides-naturalistes au jardin hotanique de Bruxelles, viennent de se charger d'écrire pour cette importante publication, le premier les Aralîacées et le second les Cucurbitacées.

Les AgaTO continuent à fournir au général G. A. Von Jacobi, le sujet d'études intéressantes. Un second supplément à sa monographie vient de paraître dans les Mémoires de la Société nationale de SUésie. n renferme la description d'un grand nombre d'espèces nouvelles.

T. Caïuel, Note di Yiaggio sopra alcnni Oiardini e Mosei botanid. — Dans le Nwovo Giornale botanico italiano (1872 p. 254), M. T. Caruel raconte le voyage qu'il a accompli en automne dernier en Belgique, en Hollande, en Allemagne^ en Autriche, en Angleterre et en France. Le savant botaniste italien a visité les jardins de Bruxel- 1er, d'Anvers, de Liège et de Gand et les notes qu'il publie prouvent qu'il a judicieusement apprécié ces établissements.

Catalogne des Broméliacées cultivées au jardin botanique de VUniversilé de Liège (Gand, 1873; broch. in-8'*). — Le catalogue des Broméliacées du Jardin botanique de Liège, que nous venons de publier, comprend 41 genres et 180 espèces. Cette collection est, pensonsnous, la plus considérable qui ait encore été réunie. Le Catalogue donne la synonymie scientifique et horticole de chaque espèce. Nous nous ferons un plaisir d'envoyer ce document à ceux de nos lecteurs qu'il peut intéresser.

Erratum* — Les amateurs d'Orchidées auront déjà reconnu que les espèces citées, 1872, p. 369^ vers la fin du premier paragraphe (lignes 21 et 22), n'appartiennent pas au genre Pkalenopsis mais au genre Odontoçlossum, y compris YOdontoçlossum pJuilenopsis lui-même.

B. Yerlot, les plantes alpines, 1 vol. gr* in-8<' de 320 pages, avec 50 chromolithographies et 78 vignettes. Paris, 1873, che^ M. J. Roth-schild, 13, rue des Saints Pères, à Paris {30/rancs). — < Ce qui fait

le caractère essentiel des plantes que nous désignons sous le nom de plantes alpines, dit M. Verlot, ce n'est pas tant d'être nées à une grande hauteur sur nos montagnes, comme leur nom semblerait rindiquer, puisque dans les régions polaires elles croissent naturellement à des altitudes souvent de quelques mètres seulement au-dessus du niveau de la mer. Le fait essentiel qui les domine, c'est qu'elles soient originaires de localités à hiver très-prolongé, très-froid, et a été très-court, ce qui se réalise de deux façons : sous nos climats par l'altitude, au nord par le voisinage du pôle. Plus ce fait dominera l'existence d'une espèce, plus cette espèce revêtira le caractère d'une plante alpine. Nous insistons d'autant plus sur ce point qu'il sera plus important à avoir présent à la mémoire chaque fois qu'il s'agira de rechercher le mode de culture le plus convenable pour une espèce donnée. • Un peu plus loin, l'auteur du livre que nous voulons faire connaître et apprécier, résume en quelques mots, les caractères propres à la végétation des plantes alpines : « racines slmplantant profondément dans le sol, le plus souvent rameuses, excédant de beaucoup, dans la grande généralité des cas, la longueur des tiges auxquelles elles donnent naissance. Tiges courtes, même dans les rares espèces arbustives, derniers représentants de la végétation frutescente, et le plus souvent étalée et radicante. Feuilles généralement réduites à de faibles dimensions, rarement glabres , parfois blanchâtres ou odorantes, plus ou moins poilues ou hérissées et affectant une disposition en rosette. Enfin les fleurs sont souvent sessiles et très-grandes, de coloris variés et uniformes, mais toujours vifs. •

Les plantes alpineê de M. B. Verlot sont un ouvrage instructif et intéressant. Après avoir établi ce qu'il faut entendre par plantes alpines et après avoir fait connaître leur végétation naturelle, l'auteur traite de leur culture en pleine terre et en pot. Il s'occupe de leur récolte, leur transport, leur multiplication et leur emploi. Il guide l'amateur dans quelques pittoresques excursions à travers les Alpes, les Pyrénées, -le Dauphiné. La seconde partie du livre est consacrée aux plus belles espèces parmi lesquelles il en est beaucoup (environ 150) qui sont figurées en couleur. L'ouvrage de M. Verlot est édité avec élégance et bon goût. C'est vraiment un livre d'amateur, il est sérieux quant au fond, littéraire quant à la forme, et artistique

quant à lapparence. Il intéressera tous ceux qui cultivent avec préférence les plantes rares et jolies de pleine terre et il contribuera sans doute à augmenter le nombre de ces amateurs en leur évitant bien des déceptions et en leur facilitant la connaissance des plantes.

On peut remarquer que parmi les plafUes alpines citées par M. Verlot, qui ne porte son attention que sur les plus jolies, la Belgique en compte au moins 58 qui sont indigènes sur son territoire. Parmi les plus caractéristiques on peut nommer : Arnica montaiia L. ; Asplenium viride Huds. , Circ4Ba alpina L., Drdba aizoïdes L., Empetrum nigrum L., Epimedium alphmm L., Meum athamaniicum Jacq., PclysHchum Zanchitis Roth., Poieniilia rupestris L., Thlaspi monlanum L., Trienialis europaa L., Tr\folium alpinum L., VacdtUum uliçinosum L, et r. vUit idaa L.

H. Jamain et E. Fomey, les Boses^ histoire, culture et description;

1 vol. gr. in-8° de 268 pages avec 60 chromolithographies et 60 gravures sur bois. Paris, 1873, chez M. J. Rothschild (30 francs). — M. Naudin, dans la préface qu'il a écrit pour ce livre a bien raison de dire que le groupe si naturel des Rosiers est doué d'une puissance de variabilité presque sans exemple dans le règne végétal. Les auteurs, qui sont des hommes de talent, ont divisé Touvrage en plusieurs chapitres : histoire de la Rose, les espèces de Rosiers et leur distribution géographique, culture des Rosiers, etc. Ce dernier sujet, assurément ici le plus important, est traité en détail et à divers points de vue. Vient enfln un choix de 60 variétés de roses, avec leur image peinte d'après les modèles de M. Grobon. Depuis les grands et célèbres ouvrages de Andews, Curtis, Lindlej, Redouté, Thory, Trattinick et Wallroth, il a déjà été beaucoup publié sur les Rosa des botanistes et sur les Rosiers des fleuristes, cependant le nouveau livre édité avec goût par M. Rothschild, sans éclipser les admirables peintures de Redouté, mérite d'être bien accueilli. Nous ne saurions en ce moment rien conseiller de meilleur aux amateurs de roses, c'est-à-dire à toute personne qui cultive un jardin.

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