‹ La Belgique horticoleChapitre 4 sur 159 · REVUE DES PLANTES NOUVELLES DE · texte numérisé non relu

REVUE DES PLANTES NOUVELLES DE

Traduit du Gardeners* Chronide page 5.

Suivant notre habitude, nous inaugurons nos chroniques de Tannée par une série de courtes appréciations sur les acquisitions horticoles les plus importantes, réalisées pendant la saison qui vient de s'écouler. Nous ne nous occuperons ici que de plantes véritablement t nouvelles, • ainsi dénommées par opposition aux variétés dites de fleuristes.

C'est la classe de végétaux de serre chaude, à feuillage ornemental, qui, nous semble-t-il, s'est le plus enrichie pendant Tannée 1872. Ce groupe déjà si bien fourni, s'est augmenté de plusieurs nouveautés d'un mérite réel, que nous allons rapidement passer en revue en suivant Tordre alphabétique. Voici d'abord le Bertolonia superbissima, une des plus belles plantes panachées qu'on puisse voir. Ses feuilles (de vraies feuilles de Mélastomacée) larges, lustrées, aux fortes nervures, présentent le long de leurs bords des séries de taches nombreuses d'un rose vif: entre ces taches, qui tranchent d'une façon superbe sur le reste du limbe, existe tout un pointillé de taches plus petites de même nature.

Plusieurs Codiaeum, d'introduction récente, sont loin d'être dépourvus de mérite, mais les Codiaeum Weismanni, ïacteum, maçn\ficuin et spirale n'en restent pas moins les représentants les plus distingués de cette nombreuse famille.

Le genre Dieffenbachia s'est enrichi des D. B aussi, D, imperialis et D, nohilis. Le D, Bausei présente une panachure superbe. Les deux autres espèces, remarquables par leur faciès bien tranché, ont un feuillage moucheté de blanc et de jaune crémeux.

Si nous passons aux Dracaena, notre attention se fixera tout d'abord sur le i>. Goldieana, de TAfrique occidentale; les feuilles, relativement larges et courtes, sont transversalement rayées de bandes ondulées, alternativement vert foncé et vert jaunâtre. Le 2>. imperialis, une plante charmante, possède un port vigoureux et des feuilles dressées, compactes et oblongues, nuancées de blanc et de rose. Le D. Fraseri dont le port est analogue, a des feuilles de forme semblable, mais colorées en pourpre sombre, avec reflets bronzés et

manifestement glaucescentes. Un digne pendant du 2>. regina ! Le D, Shepherdi, aussi appelé D. gloriosa présente des feuilles plus grandes et plus larges, d'un vert métallique, bordées d'orange bronzé

avec raies de même couleur.

Le Marauda [Calathea) Makoyana est Tune des plantes panachées les plus élégantes qui existent. A l'avantage de posséder les magnifiques colorations de certains Maranta connus [M. Veitchii, M. Zindeni), il unit tous les charmes d'une taille exiguë. Citons comme une de ses particularités les plus dignes d'attention, la présence sur les parties claires des feuilles^ de fines stries transversales. Ces stries, vues à la loupe, se montrent constituées d'un admirable réseau de nervures parallèles et rappellent les réseaux du feuillage de l'Ouvirandra, sauf qu'ici le parenchyme n'est pas défaillant.

Enfin, le Phillotaenium Lindeni (exposé à l'origine sous le nom de Xanthosoma Lindent), est une plante d'un port imposant, pourvue de feuilles vertes, longues, persistantes, sagittées. Les côtes et les nervures de ces feuilles sont sillonnées de filets d'un blanc d'ivoire.

Au groupe précédent se rattachent naturellement les Palmiers, ces végétaux qui semblent conquérir peu à peu la faveur du public. Ce sont les genres Kentia, Daemonorops, Guilielma, Martinezia etŒnocarpus qui renferment les acquisitions les plus importantes faites de ce côté. Il est probable que parmi ces acquisitions les meilleures sont les Palmiers de serre froide dont les noms suivent: Kentia (Veitchia) CaïUerhuryaTia, K. australis, K. Bélmoreana, et K. Forsteriana, tous originaires de Tile de Lord Howe, et jouissant tous de l'élégance caractéristique de leur famille. Les nouveautés en fait de plantes de serre chaude à fieurs remarquables sont peu nombreuses. Citons cependant VAphelandra sulphurea, belle Acanthacée aux fieurs jaunes et le Afusa sanguinea dont les bractées sont pourpres. Le Brownea BirscheUi est un très-bel arbrisseau pourvu d'inflorescences racémiformes d'un rose bien tranché. VAnthuriiim margaritaceum, une plante charmante, possède des spathes blanches etdesspadices pourpres. Elle se rapproche de 1'^. omatum dont elle égale^ pour ainsi dire, la beauté. Pour terminer ce paragraphe nous citerons deux Poinsettia nouveaux qui différent de l'ancien type par des bractées moins colorées et plus serrées ; leurs inflorescences offrent plus de carmin dans les teintes. Ces deux espèces ont été respectivement appelées P.p^lcher" rima major et P. ptUcherrima roseo carminaia.

Parmi les différentes Aroïdées qui se présentent à nous maintenant, la palme appartient sans conteste au noble Godmnia gigas. CTest Tannée dernière que ce beau végétal a fleuri pour la première fois hors de sa patrie et est venu épanouir chez nous son immense spathe de deux pieds de longueur. Selon toute apparence c'est aussi pendant la saison qui vient de s écouler que le Corynophalltis Afzelli a développé pour la première fois ses inflorescences en Angleterre. L'honneur de produire les plus grandes spathes florifères connues chez les Aroïdées, est disputé par Tun et 1 autre de ces végétaux et Ton no sait encore positivement lequel des doux concurrents remportera la victoire. VÂrisama spedosum, originaire de Flnde, sans posséder un port aussi majestueux, est loin d*étre dénué de mérite. Son spadice se prolonge en un appendice filiforme de couleur pourpre, dépassant un pied et demi de longueur.

L'intérêt qui s attache à la culture des Orchidées semble se concentrer de préférence autour du genre Masdevallia, ce genre maintenant si bien connu du public. Une espèce superbe, rappelant le M. Lindeni a figuré avec honneur aux expositions horticoles de Tannée dernière. Elle provient de la collection de Lord Londesborough et n'a point encore reçu de dénomination particulière. Les Mas Aevallia Lindeni ^ Harryana^ Veitchii et ignea doivent à des soins éclairés de surpassser actuelle* ment toutes les notions que nous nous étions faites jusqu'ici de leur beauté. Le M. chimaera frappe par Taspect chevelu que lui communiquent ses sépales caudiculés et son labelle calcéiforme. En opposition avec ces bizares inflorescences, citons le Batemania Burtii dont les grandes fleurs, teintées de brun et or avec labelle blanc présentent une symétrie remarquable, alors qu'en général les Orchidées afiectionnent les contours fantastiques. On croirait voir une création horticole. Le Zaeîia Jongheana possède des fleurs recherchées autant pour leur taille que pour leur coloration. Leur labelle est jaUne à Tintérieur et blanc à Textérieur, avec une large bordure améthyste. Le Mesospinidium vukaninum, quoique d'une prestance peu apparente, mérite cependant nos souhaits de bienvenue, vu la rareté de sa coloration chez les Orchidées. Cette coloration est une laque rose très-prononcée. Le charmant Oncidiwn zébrinum aux fleurs blanches et violettes, forme contraste avec la coloration généralement jaune des Orchidées quoique VO, superbims aux fleurs jaunes et brunes ne soit nullement une acquisition à mépriser. Il en est de même de YO. Croesus, espèce naine dont le labelle

jaune présente un brillant remarquable. Ck)mme on pouvait s*y attendre, le genre Odonloglossum nous offre des nouveautés nombreuses. Citons entre autres VOdorUoglossum Coradinei,B.xxT fleurs jaune de soufre et YO. Denùonae aux fleurs blanches diversement mouchetées. Nous possédons aussi une nouvelle variété de VO. grande, variété appelée splendens et de beaucoup plus belle que la forme type. Les sépales en sont mouchetés de brun poupre et le labelle est blanc avec raies pourpre tran verses. Mentionnons encore le Bolbophyllum lemniscatum à petites fleurs dont les sépales sont pourvus d*appendices rubaniformes microscopiques de toute beauté. Ces appendices doivent être vus pour pouvoir être appréciés à leur juste valeur.

En fait de plantes ornementales réclamant une température modérée, citons surtout le Bouvardia Vreelandi, à fleurs blanches. Cette espèce fleurit en hiver et peut être considérée comme une des acquisitions les plus utiles que Thorticulture ait jamais faites. Le Bégonia inùermedia et le B. rubra swperha, issus des B. hoUviensis et Veitchi aux vives couleurs, ne sont pas seulement des plantes ornementales d'intérieur, brillantes entre toutes, mais promettent de se laisser employer pour décorations en plein air, vu Télément rustique qui leur vient de Tun des parents.

Si nous passons maintenant en revue les plantes de serre froide, nous constaterons que, dans cette catégorie, l'acquisition la plus intéressante est le X Philageria Veitchi. L'intérêt que cette plante excite réside moins dans sa beauté que dans son origine. Il est en effet bien prouvé que cette espèce est un hybride de deux genres admis comme nettement distincts l'un de l'autre. Un autre hybride, de grande beauté, est le X Tacsonia exoniensis dont les fleurs sont de couleur magenta avec un anneau pourpre au centre. La Salvia splendens albo-compacta, variété obtenue sur le continent, est d'après les descriptions, la contre-partie de la forme typique, aux fleurs écarlates : ce serait également une plante ornementale des plus utiles. Le Primula Hendersoni aiba présente des tiges ligneuses, résistantes, de même que YJSrica NcUneriana et quelques autres plantes analogues. Ces espèces et variétés sont parfaitement indépendantes et possèdent des fleurs aux teintes bien prononcées. La surface de leurs pétales est comme vernie et n'est point sujette à se souiller par l'adhérence de poussières, d'insectes, etc. Mentionnons ici quelques nouveaux Macrozamia d'Australie extrêmement

élégants. Les Macrozamia eoraUipes, pulchra et élegantUsima possèdent de petites frondes garnies de folioles très-étroites. Les frondes du if. ébv/mea, — plante réellement importante — présentent de 45 à 50 paires de folioles étroites et rigides dont quelques-unes atteignent 8 ou 9 pouces de longueur. Ces frondes partent d'un tronc hémisphérique d'un pied de diamètre et davantage. Mentionnons encore en passant quantité de beaux Agave et quelques Haworthia très-singuliers, aux feuilles parsemées de ponctuations cristallines. VFchevaria seaphylla^ encore un hybride obtenu sur le continent, conviendrait très-bien pour garnir pendant Tété des parterres de plantes grasses.

Le nombre de Fougères ne s'est guère accru autant que de coutume pendant Tannée dernière. Citons cependant quelques formes nouvelles de Fougères indigènes telles que les variétés remarquables d'Adiantum et d'Athjrium exposées à Birmingham par MM. Lowe et Mapplebeck, TAthyrium Filix-famina regale et quelques variétés du Zoêtrea montana trouvées ou élevées de semis par M. Barnes, et le Lastrea Filia^mas princeps dû à M. Parsons. Le nombre de nos Fougères arborescentes cultivées s'est accru d'un ou de deux Alsophila originaires de l'Inde. Nous possé dons aussi un charmant Gjmnogramma.

M. Chambers et d'autres ont élevé de semis et introduit dans le commerce plusieurs variétés du précieux Pteris serrulaia, frimbriata^ cristata superha et Applelyana,

Venons-en à la catégorie des arbres et arbrisseaux rustiques. Nous devons signaler d'abord l'acquisition de plusieurs conifères à feuillage coloré qui pourront être utilisées pour leurs propriétés ornementales. Tel est VAMes Douglasii Stairii dont le feuillage jeune est blanc; tel est encore le Juniperus chinensis aurea, variété dorée d'une des conifères les plus utiles et les plus vigoureuses. Le Cupressus Lawsoniana lutea, autre variété brillamment colorée, est entièrement dorée de même que le Thuja ou Biota orientalis semperaurea qui est de beaucup supérieur à l'ancien Thuja aurea. Disons un mot de quelques autres arbres intéressants. Le Betula alba fastigiata

est une variété élancée à rameaux dressés, possédant le faciès d'un Peuplier de Lombardie, somme toute, une forme distinguée, pouvant être utilisée pour plantations. Le Betula alba pendula Toungi est

— Sonne charmante variété naine, d'aspect très- singulier , à ramilles fQiformes gracieusement retombantes. Le Madura tricusfiiata est nne plante ornementale : sur de jeunes plants les feuilles sont trilobées, elles sont obovées sur le végétal adulte. Le Sàlix habylonica Saîamoni possède un feuillage semi-persistant, pour ainsi dire. C'est un bel arbre, à croissance vigoureuse. Le Pyru9 specUMlis roseo plena constitue, sinon une nouveauté, du moins une espèce naine très-ornementale. Il est peu connu mais parfaitement distinct d'autres variétés auxquelles on a voulu le ramener. Il serait impossible de trouver deux espèces plus ornementales que le Pjrus précédent et le Pyrus malus fiorïbundus. Le Ceanothus Gloire de Versailles, du continent, tout en étant aussi vigoureux que le C. azureus lui est infiniment supérieur au point de vue décoratif. Le Co9*nus mascula aurea eleçantissima peut être sommairement caractérisé en disant que c'est un cornouiller au feuillage tricolore remarquable par ses magnifiques nuances jaunes et roses. Le Hedera Hélix cançlomerata est l'une des variétés du Lierre les plus curieuses et les plus distinctes. Enfin le Fueca çloriosa varieçata doit être considéré comme une acquisition précieuse pour ce charmant groupe de Liliacées frutescentes auxquel il appartient.

La catégorie des plantes herbacées rustiques a passé par une période prospère pendant la saison écoulée, signe de la faveur dont elle jouit auprès du public. Pour ne pas fatiguer nos lecteurs par des descriptions multiples, nous nous bornerons à indiquer VAethionema coridifolinm, VAquHegia aurea, le Bellium rotundifoUum, le Cyclamen cilidcum, Y Iris iberica avec la variété qui en provient, le Perryana, et le Pentstejnan Mensiesi Robinsoni comme étant des plantes très-belles et trèsintéressantes. Le Berkheya purpurea constitue une bonne acquisition pour ce groupe. Parmi les plantes bulbeuses nous signalerons Fritil" laria tulipifolia, Brodiœa muUiJlara, Iris tingitanay ainsi que les Ljs dont les noms suivent : LUium Humboldti, LeichUini majus, Zish^ manni, pardalinum et Washingtonianum. Grâce à plusieurs importations récentes de ce dernier Ljs beaucoup d'horticulteurs en sont maintenant abondamment pourvus. Il est à supposer que ces variétés nouvelles viendront augmenter encore le goût toujours croissant que le public manifeste pour la culture des Liliacées.

Parmi les plantes de parterre nous citerons de préférence le Cinsraria ceratophylla variété naine du Cineraria marUima à feuilles blanches.

Cette plante, tout à fait rustique, pour ainsi dire, promet de rendre de véritables services aux horticulteurs. Le Celosia ffuUoni est une plante annuelle délicate, pourvue de feuilles colorées en rouge. Vu ses propriétés ornementales elle figurera avec avantage d^ns les parterres pendant la saison chaude.

Nous n*avons que peu de nouveautés à enregistrer dans le groupe des plantes annuelles. Mentionnons cependant les perfectionnements successifs qu éprouvent différents genres fort goûtés du public : les Aster, Zinnia, Helichrjsum, Balsamina, etc. Le grand Senecio puleher à fleurs cramoisies, variété parfaitement distincte, possède des propriétés ornementales qui promettent de lui faire rendre de grands services à Tavenir.

Le Giîia achiUeatfolia constitue une belle plante de bordure, va son port vigoureux et ses grands capitules bleu d*azur. Cette plante est très-distincte du Gfilia achilUafolia major qui a usurpé son nom et qui, en réalité, s'appelle GUia mtUticaulis; enfin citons encore le Campanula médium calycanthema, belle campanulacée bisannuelle à fleurs doubles, en ce sens qu'elle possède un calice pétaloi'de.

NOTE SUR LE OTPKIPEDIDH INSIOBE Lindl.

ET SES VARIÉTÉS MAULEI ET CHANTINI

PAR M. Jules Pirlot.

«Tai eu cet hiver en fleurs simultanément le Cypripedium insigrie Lindl., et ses deux variétés horticoles Maulei et Chantini, ce qui me procura Toccasion de bien comparer ces trois plantes.

Je n'ai pu constater ni dans le port des plantes, ni dans la forme des fleurs aucune différence marquée ; à peine eût-on pu dire que le labelle (sabot) du C. I. Maulei, était un peu moins arrondi du bas que ses congénères. Je n'ai trouvé de différence que dans le coloris de la division dorsale ou pétale supérieur.

Dans le type une macule blanche occupe le haut du pétale sur une largeur de 10 à 12 millimètres et s'étend en pointe sur les deux côtés latéraux d'environ 1 centimètre.

Dans mon Maulei, la macule a près de 18 millimètres, et les deux pointes descendent jusque vers la moitié du pétale.

Enfin dans le Chantini, c'est sur plus de 2 i/i centimètres de largeur que s'étend la coloration blanche qui se continue ensuite sur les deux bords latéraux du pétale jusque tout au bas.

De cet examen, il résulterait que le Cyp, Maulei serait tout à fait intermédiaire entre le tjpe et la nouvelle variété française. Je dois cependant ajouter que bientôt j'eus des doutes sur ces caractères distinctifs ; car m'étant avisé de comparer mes plantes à la figure du CjfpHpedium insigne Maulei donnée dans la Flore des serres, t. XV, p. 123, j'ai vu avec quelque surprise que mon Maulei ne ressemblait guère à la figure, laquelle se rapportait au contraire assez exactement au Chantini,

Mais que conclure de ce dernier examen ? Ou bien Tartiste qui a peint la planche de la Flore a exagéré le caractère qui distingue la variété du tjpe insiçne (petalo fuperiore alho loti maculato) et alors mon Maulei et mon Chantini (que j'ai reçu directement de lobtenteur pourront conserver leur nom. Ou bien si la figure est exacte, la variété Chantini doit aller se confondre avec le Maulei vrai, tandis que beaucoup de prétendus Maulei devront se rattacher au type ou recevoir un nouveau baptême.

Mais avant de décider ce qui doit en être, quelques nouvelles observations seraient nécessaires, et j'espère que cette note les provoquera.

INTRODUCTION A LtTODE DE LA NUTRITION DES PLANTES.

Discours prononcé en séance publique de V Académie royale de

Belgique, le 17 décembre 1872.

PAR M. Edouard Morren.

Mbssiburs,

L'unité de composition des plantes et des animaux» la circulation de la matière à travers les êtres vivants et Tharmonie que Tactivité organique sait maintenir dans la nature, c'est là un des plus admirables tableaux que la science ait découverts aux jeux de Thumanité. La matière, immuable dans ses éléments atomiques et toujours différente dans ses groupements moléculaires, s'agite et tourbillonne dans les être vivants comme la poussière que le vent fait lever. Pendant qu elle repose sous la forme inorganique, les végétaux l'attirent en eux, la mettent en mouvement ; ils unissent la force à la matière et ainsi ils l'organisent. Dans cet état, ils la transmettent aux animaux qui, après en avoir usé, la laissent retomber, inerte et épuisée à la surface du règne minéral. La matière circule donc à travers les organismes : l'eau, l'anhydride carbonique et l'ammoniaque sont les formes minérales les plus habituelles sous lesquelles elle sort par un côté de la vie pour y rentrer dans un autre.

En même temps la force circule d'un monde à un autre monde et à son passage à la surface de notre globe, retenue par les végétaux, elle est mise par eux à la disposition des animaux. C'est elle qui, dans les organismes créés, met la matière en mouvement. Condensée par les végétaux pendant leur travail de réduction, elle est dégagée de son union avec la matière par l'activité même des êtres vivants qui fonctionnnent comme des appareils de combustion. Mais tandis que la matière, inerte par sa masse, est fatalement vouée à tomber et à retomber sans cesse, la force, libre et radieuse, se joue des distances et traverse l'univers. Le soleil en imprègne l'espace ; notre petite terre en recueille autant que sa surface le lui permet. D'un côté de la vie, celui qui touche à la matière, on voit entrer la chaleur, la lumière et l'électricité, c'est-à-dire la force que le soleil nous envoie : ce côté est celui des plantes dont les organismes reçoivent leur activité particu-

liëre de la force interplaaétaire. De Tautre côté de la vie, du côté tourné vers Dieu et vers Téternité, on voit jaillir la raison, la morale et la conscience, les aspirations électives vers d'autres mondes : ce côté là est en nous. Entre les deux sont les mouvements et les sensations qui sont le propre des animaux. La force solaire est utilisée par les végétaux pour Torganisation de la matière et tous les êtres vivants, surtout les animaux, en désorganisant cette même matière, remettent la force en liberté : lux agitât moïem.

Ce travail matériel dans la nature est comme Tœuvre de Sisyphe : sans cesse la matière retombe en poussière et cette poussière, élevée derechef en un être nouveau, s'affaisse encore sur elle-même : Pulvis es et in pulverem revertei-is. Il est pourtant impossible, ce serait trop désespérant, que tout le travail qui s'effectue en ce monde se dépense en pure perte et que tous les êtres qui animent ce globe pendant les siècles de sa durée, s'agitent sous les ondes lumineuses comme les grains de sable d'une plage au choc des vagues de la mer. Il faut croire qu'à son passage en ce monde, la force, mettant en activité les organismes créés, donne aux êtres intellectuels et moraux les conditions d'un développement libre qui révèle l'existence du beau, du bien et du vrai.

Mais simple naturaliste, nous n'avons à considérer et à apprécier que les phénomènes matériels observés et reconnus chez les êtres organisés, sans pouvoir nous maintenir dans les régions éthérées de la philosuphie.

On sait que les êtres qui composent ce qu'on est convenu de nommer les deux règnes organiques, maintiennent par leur activité l'équilibre dans la nature : ce que l'un fait, l'autre le détruit ; ce que l'un produit, l'autre le consomme. Comme ces phénomènes concernent l'activité individuelle des êtres et la matière dont ils sont constitués, on les a pris tous, sans trop j réfléchir, pour des phénomènes de nutrition. On oppose la nutrition végétale à la nutrition animale et l'on arrive à cette croyance qu'il existe parmi les êtres vivants deux modus vivendiy deux nutritions diamétralement opposées.

C'est contre cette manière de voir que nous voulons réagir pour rappeler que la vie organique est la même partout et spécialement que la nutrition végétale est la même que la nutrition animale. Dans l'opinion contraire, la physiologie végétale semble être un tissu inextricable

de contradictions et d^exoeptions. Les phénomènes seraient tout différents dans la germination, dans la plante adalte, dans la fleur, dans les fruits à ses différents âges; la nutrition changerait le jour et la nuit; elle serait autre dans les végétaux parasites ou saprophytes et dans les plantes vertes. Il nous semble, au contraire, que la nutrition est en réalité la même dans toutes les plantes et pendant toutes les phases de leur existence. Un phénomène aussi essentiel à tout être vivant ne saurait varier au gré des couleurs ou des circonstances. Mais pour reconnaître cette vérité, il est nécessaire de bien établir la différence qui existe entre la nutrition proprement dite, qui comprend les actes d'élaboration et d'assimilation, et le phénomène spécial de Torganisation de la matière. La première est un phénomène général, se manifestant dans tous les êtres, dans tous les organes et toujours semblable à lui-même. La seconde est une activité qui s'exerce dans certains organes et seulement dans les circonstances déterminées.

Voici en réalité comment les phénomènes se succèdent pendant les diverses phases de la vie des plantes.

Une plante-mère, immédiatement après la conception d'une progéniture en général fort nombreuse, accumule auprès de chaque germe fécondé une provision nécessaire de nourriture choisie : des aliments féculents, parfois des graisses, de l'aleurone ou de l'huile, des matières azotées et phosphorées, de la magnésie, en un mot, tout ce qu'il faut pour vivre, passe de la plante-mère aux graines qui vont s'en détacher. Tantôt elle meurt d'épuisement et ce partage est un testament, tantôt elle survit à ces sacrifices et c'est une simple donation.

La graine ainsi pourvue, si elle n'est pas absorbée pour la nourriture de quelque animal, peut trouver d'heureuses chances d'éclosion. L'embrjon qu'elle recèle, véritable fœtus, mis en éveil par la chaleur, excité par l'oxygène, se nourrit avidement des matériaux organisés dont il dispose. Bientôt il éclot et il continue quelque temps à vivre de la réserve qui lui a été livrée. Pendant la germination les phénomènes de la nutrition se manifestent dans toute leur simplicité. Des substances organiques élaborées en vue de l'aUmentation du germe, sont rendues solubles, transformées, en partie assimilées par le jeune être pour son accroissement, en partie brûlées pour sa respiration. Il y a production d'anhydride carbonique, dégagement de chaleur et

perte de poids si Ton considère Tensemble des matériaux engagés. L*embrjon végétal s'alimente donc absolument comme un germe animal. Il j a longtemps qu'on a rapproché la germination de Tincubation.

La radicule de la jeune plante pénètre dans le sol et sa plumule s'étale au soleil juste au moment où les aliments vont lui manquer. Elle doit s'en procurer de nouveaux et, soumise comme tout être ici bas, au joug du travail, il faut désormais qu'elle les prépare ellemême. Elle émet dans le sol des radicelles et des papilles radicales : les premières ont leur spongiole protégée par une coiffe solide ou pilorhize ; les secondes sont des organes éphémères. Les unes et les autres s'insinuent entre les particules terreuses : elles absorbent l'eau qui les mouille jusqu'au plus grand degré de tension que leurs tissus peuvent supporter. En même temps elles se soudent çà et là avec quelques particules du sol ou s'appliquent étroitement contre elles : celle-ci contre un morceau d'os, celle-là sur un grain de plâtre ou sur un fragment de calcaire : ailleurs sur une particule d'alumine tout imprégnée de principes salins ou bien sur un morceau d'humus. Les sucs cellulaires qui imprègnent la membrane agissent sur ces matières d'ailleurs imbibées d'humidité : des affinités sollicitent celles que leur solubilité ont rendues mobiles ; des mouvements de diffusion se produisent ; les cellules absorbantes agissent comme des dialjseurs et ainsi dans chaque plante pénètrent des matériaux utiles qui varient nécessairement suivant les espèces puisque la composition du suc cellulaire est une donnée spécifique.

Les matériaux alimentaires, extraits du monde minéral, ont pénétré séparément dans l'économie végétale. L'hjpothèse des sucs de la terre absorbés en vertu de l'osmose par les spongioles radicales, est complètement abanbonnée comme n'étant pas conforme à la réalité des choses. L'absorption, compliquée de la sélection, est un phénomène bien autrement complexe qu'on ne le supposait à l'époque des hypothèses faciles.

Les forces qui ont sollicité les matériaux alimentaires à leur entrée continuent à les solliciter après qu'ils ont pénétré dans l'économie et elles les dirigent pendant leur circulation à travers les tissus. L'équilibre, à chaque instant rompu en quelque point, provoque des mouvements fort étendus en cherchant à se rétablir, mais sans j parvenir

jamais par suite de déplacements moléculaires qui se manifestent ea d*autres points. Ainsi les matériaux inorganiques qui ont été absorbes chacun séparément et suivant sa nature propre continuent à circuler et même à se modifier, s'il j a lieu, chacun suivant sa composiiioa et ses affinités. Bien que ces matériaux circulent et s'élèvent de préférence par certaines cellules ligneuses, cependant jamais et nulle part ils ne se réunissent pour constituer un liquide homogène qui s élèverait des racines vers les feuilles.

L'eau qui accompagne les matériaux alibiles et qui les tient ea solution est de Teau de végétation. Elle doit être soigneusement distinguée de l'eau d'évaporation laquelle afflue, surtout à certaines saisons, dans les végétaux nombreux soumis à une abondante transpiration. Cette eau d'évaporation contribue à maintenir les tissus dans un état de tension nécessaire. Elle est refoulée avec force à travers le tissa ligneux. Ce tissu constitue un réseau aquifere dont Famplitude et la durée d'activité sont en rapport direct avec l'importance de la circulation aqueuse destinée à suffire aux besoins de Tévaporation. Les fibres et les vaisseaux tendent à disparaître dans les plantes submergées chez lesquelles la transpiration n'a pas lieu ; le tisâu fibreux est restreint dans les plantes charnues, tandis qu'il est considérable dans les bois blancs.

L'eau d'évaporation est absorbée en grande quantité dans le sol dès le réveil de la végétation par suite des premiers accroissements de la racine. Elle remplit bientôt tous les tissus et elle exerce sur les jeunes organes une pression puissante qui n'est peut-être pas sans produire une action mécanique sur leur allongement. On peut remarquer que l'allongement est en rapport avec l'intensité de la tension : la pousse des rameaux s'arrête quand cette tension cesse par suite de l'équilibre qui s'est établi au moyen de l'évaporation par le feuillage développé. Elle (end parfois à se renouveler en automne quand Tévaporation diminue. L'énergie de la pression peut être telle que l'allongement et l'évaporation ne suffisent pas pour lui faire équilibre, une partie de l'eau est expulsée à travers les minces parois cellulaires ou par certains orifices ; c'est ainsi qu'on peut voir des gouttelettes à l'extrémité des jeunes céréales en germination ou sur d'autres plantes en voie de développement rapide, surtout le matin après une nuit relativement fraîche. En dépit des poètes, ces perles diaprées que l'aurore suspend

au feuillage ne viennent point de la rosée et sont plutôt comme des larmes qui jaillissent si aisément des jeux des enfants. Dans les lianes, la circulation aqueuse est la plus énergique, la plus rapide et il est à remarquer que leurs tiges sarmenteuses s allongent dans des proportions inusitées.

L'eau d*évaporation peut s'écouler avec plus ou moins d'abondance des plaies du tissu ûbreux. Telles sont les pleurs de la vigne et du bouleau et ceux qu'on peut recueillir au printemps de sections pratiquées dans l'aubier du hêtre, du chêne, des peupliers et de tout les autres arbres. Les pleurs ainsi obtenus, par exemple au moyen d'épongés, se présentent à l'analyse à Tétat d'eau aussi pure qu'elle peut exister dans la nature. Elle abandonne à l'évaporation quelques millièmes de matières étrangères, quantité tout à fait insuffisante pour modifier sensiblement sa densité. Parfois même cette densité est moindre que celle de l'eau qu'on peut obtenir du sol et, de plus, elle ne s'augmente pas d'une manière notable à mesure qu'on la recueille plus haut dans le végétal. On voit que cette eau à laquelle on a pendant longtemps donné par mégarde le nom de sève ne mérite pas ce nom si on lui attache la signification d'un liquide nutritif homogène. Dans ce sens, la sève n'existe chez les végétaux qu'à l'état de suc cellulaire. Il faut dans les sciences se résoudre parfois ^au sacrifice d'anciennes croyances et se souvenir, quand on cherche la vérité, de ces paroles de Saint Remy versant sur le front de Clovis Teau du baptême : c MUis depone colla, Sicamber, adora* quod incendisti, incende quod adorasti, •

Les matières minérales absorbées dans le sol, l'anhydride carbonique extrait de l'air ambiant ne sauraient être directement utilisées par la nutrition végétale. Elles doivent au préalable, éprouver de profondes modifications qui les transforment en substance organique. Ce phénomène tout particulier et extraordinaire est Torigine de l'organisation. Les organes verts des plantes, quand ils fonctionnent sous l'impulsion de la lumière, exercent sur les composés inorganiques une puissante et merveilleuse action réductrice qui semble lier la matière et la force. Cette union est la base de toute activité organique, la vie cesse quand ce nœud se défait ou se brise. La chlorophylle est l'agent actif, le substratum de cette puissance : cette substance, mystérieuse encore, est évidemment un produit de l'élaboration. On assure que sa forma-

tion précède Faction chimique de la réduction de l'acide carbonique et lexhalation de loxygène, mais c est encore un point à vérifier ou à établir. On sait d'ailleurs, que dans le développement de la chlorophylle Faction de la température est prépondérante. En tous cas, c'est la chlorophylle qui. recevant la matière brute et morte, la dispose de telle manière que le soleil Tanime et la fasse vivre : seule dans le monde, cette substance exerce ce suprême pouvoir sur la matière et elle lexerce dans Timmobilité et dans le silence sous les dehors de la verdure la plus modeste.

Le résultat de cette activité est Torganisation de la matière, c'està-dire la formation de principes immédiats susceptibles d'être appliqués aux besoins de la nutrition. Les principes hydrocarbonés, parmi lesquels la fécule est prépondérante, proviennent directement de l'action chlorophyllienne. La fécule est le prototype des substances ternaires ou respiratoires.

Quant aux matières azotées ou quaternaires, elles ont passé longtemps pour être propres aux animaux : on les nommait matières animales. Cependant, en 178 J , au sein de notre Académie de Belgique, Van Bouchante, professeur de chimie à TUniversité de Lourain, soutenait déjà que ces matières sont d'origine végétale. L'importance de cette découverte n'a pas été méconnue au moment où elle fut annoncée. L'abbé Mann s'empressa de la transmettre à sir Joseph Banks, de la Société royale de Londres, avec lequel il entretenait une correspondance suivie. Cependant elle est ensuite tombée dans l'oubJi. Le rôle des matières azotées dans Torganisme végétal fut parfaitement établi par Van Bouchante. On sait aujourd'hui que l'albumine se forme dans les végétaux par les éléments d'une substance ternaire et d'un sel azoté. Cette union s'effectue, paraît-il, indépendamment de la chlorophylle et en dehors de l'intervention de la lumière. En effet, les moisissures et les ferments, se développant sur une substance qui leur fournit du sucre et un sel d'azote, élaborent du protoplasme.

La fécule et Talbumine ne sont probablement pas les seules substances qui sont organisées en vue de la nutrition, mais elles sont les plus importantes et les mieux connues. Il nous est donc permis (le les considérer au nom de toutes les autres.

Ces substances circulent en tous sens selon les besoins de l'organisme. EUes se rendent notamment vers les tissus en voie de

développement, ainsi vers le bourgeon terminal, vers les bourgeons axillairés, vers la racine ou la souche. Quand il y a excédant de la production sur la consommation , le surplus se dépose et s'accumule dans les lieux de fabrication, c'est-à-dire dans les feuilles, ou ailleurs, dans certains entrepôts, comme la moelle, les tubercules, les bulbes. Avant de périr et de tomber, les feuilles envoient dans le ligneux ou dans récorce de la tige tout ce qu'elles renferment de bon : seules les matières inutiles, les sels inertes tombent avec la verdure des bois : la chute des feuilles est un ingénieux procédé d'excrétion.

La plante est-elle assez forte, assez riche, elle songe à l'avenir et se prépare au mariage ; elle forme ses boutons. Dès lors toute organisation est en général suspendue, mais non toute activité nutritive. Au contraire, les matériaux alibiles émigrent en foule vers les âeurs qui dans leur ardeur en consommeront beaucoup. Quand ce moment d'exaltation est passé et que l'enfantement a eu lieu, d'autres migrations se présentent : toutes sortes de matériaux sont transportés vers le péricarpe du fruit ou vers l'amande de la graine au point que la mère se dépouille de tout ce qu'elle possède.

Ces matériaux viennent de partout où il peuvent, soit directement des feuilles où ils se fabriquent, soit de la moelle où ils attendaient comme à pied d'œuvre, soit de la racine ou des bulbes, soit enfin, de la plante entière qui partage tout ce qu'elle possède entre sa progéniture.

Ainsi les principes organisés dans les cellules à chlorophylle servent à nourrir tous les organes du végétal, ils suffisent à leur élaboration et sont consumés par leur respiration. Ils pourvoient aux besoins de la plante qui s'en nourrit elle-même absolument comme un animal pourrait les utiliser à son profit et se les assimiler. Ils fournissent à la plante les éléments nécessaires à son développement et à toutes ses fonctions, les matériaux nécessaires à la formation de leurs organes, y compris les organes verts eux-mêmes.

La circulation de ces principes est, pour ainsi parler, personnelle» c'est-à-dire indépendante pour chacun. Ils prennent pour le transport la forme soluble la plus appropriée. Ainsi dans la betterave, le sucre que Ton recherche dans la racine s'organise dans la feuille sous forme de fécule et circule à l'état de dextrine. Il n'y a non plus rien de fixe ou de déterminé quant à la direction de leurs migrations :

tuutfit ila f!*v,-m >r,t 4** fe^:::« tct» W imïdm, comme àMUS le» pUnt** firic*» en Mt-.mne : tatt't iîs montent iea feaiUea vers des fniiU t^rtninaai, oa bien ils se partagent les uni ver» Iea fruits, les »utr« ttin la wm-ibe, oa bien ils remontent de U racine oa il» étaient «htrep'«éf *er« lei fleur», Dana l'-Ygare iTAmériqae et aatres v^e- Ua» anal'>gaca. l'oi^aniaation accamaléo pendant an travail pins oQ m'tina long mirant son activité, doit suffire tout à conp aux besoins inmUMrMe» d'une floraison exubérante: les matièrea plastiques affluant do toute part et s'élèvent dans la hampe en même temps qoeles iiftu» d'ùvaporation. On obtient dans ces circonstances un sue végétal comploxo, fermcntescible. azoté, qui peut mériter le nom de aéve. Itani rt'Cmblo à aucro, dans le Palmier à vin, nous pouvons saisir et dtilournor à notre profit des convola de vivres que ces Tégétaui avulent longuement préparés et soigneusement emmagasinés pour loupi bpiolna. Dain le bois ou dans la moelle de ces arbres, il s'accaniulo ilniauci ilabopés comme il s'en accumule dans la chair ou danala piilpn do oortaini fruits. D'ailleurs, nous ne nions pas la sève élaborée. Il l'ipt'ulo dans les tubes cribreux et dans les vaisseaux cambiformes un sue awité, wniploxe. qui porte aux tissus, spécialement au cambiuni. 1m mutièrfls plastiques qu'ils doivent mettre en œuvre. Le latpx n'oit pas non plus sans influence sur la nutrition et sur le développement. Le pMtoplasmo enfin a tous les caractères d'une matière w.«iploxo et active : il so moût, il se contracte, il s'irrite, il élabore et » l'r^Kluit la trame solide des organes. Il est le siège de la vériUWe WtpiTOtiou d« plautM. si longtemps méconnue et qui se manifeste IwrUut ,UnMv*us W organes on état d'activité: comme chez les *ul»w«^. U ,v,,.i^(i..„ ,,,,^ pi^^j^^ accompagne les phénomènes de v^'^^U'invunnUet da.-tivitô. Ou sait, d'ailleurs, que l'air circule dans j,., , "^""^ "' * v,-uss.;«aux, dtfs lacunes et des méats intercel-

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âes a.mhérozoïdes. La formation des cellules a lieu dans Tobscurité, témoin les racines, la zone génératrice, etc. Les mesures qui ont été prises pour constater rallongement de certaines hampes floraks ou des dkflLumes de bambou ont montré que cet allongement se manifeste au moins aussi bien la nuit que le jour. Des parasites, comme le Hajlena, ou des saprophytes, comme le Neottia nidus-avis, les champignons en grand nombre se passent de lumière pendant toutes les phases de leur vég-étation et ne la recherchent que pour fructifier. Dailleurs, chaque fois q^ue la végétation peut se manifester à Taide de matériaux organisés, elle est indépendante de la lumière, témoin le développement àes tarions sur les rhizomes, la âeuraison des bulbes, etc. On sait que les fleurs peuvent se former et s^épanouir dans Tobscurité pourvu que le feuillag^e reçoive Taction vivifiante de la lumière. La nutrition proprement dite se manifeste parfaitement dans la nuit tant que les matériaux alimentaires préparés à Tavance suffisent à ses besoins. Ainsi les graines germant à Tobscurité donnent des plantes dont le développement n*a d'autre limite que la quantité d'azote organique dont elles disposent. Ainsi les tubercules de pomme de terre, les racines de chicorée émettent dans les celliers des pousses allongées ou des feuilles blanchies qui se développent en épuisant leur réserve alimentaire abso- Viment comme des animaux qui pourraient s'en nourrir. Les parasites sans chlorophylle, insouciants de la lumière, grandissent et respirent : ils vivent aux dépens de leur nourrice sans que nous puissions reconnaître en quoi leur nutrition diffère de celle des animaux. Il en est de même des parties incolores dans les feuillages atteints de yariégation. I«8 enveloppes colorées des fieurs, les organes de la fécondation, les fruits, vivent aux dépens de la plante qui les porte. Les feuilles ellesmêmes et tous les organes verts ou autres s'alimentent dans le fond commun. Il serait trop long d'épuiser la liste des citations et des exemples.

En résumé la nutrition des plantes consiste comme la nutrition des animaux dans une consommation de matière organique ; elle est accompagnée de phénomènes respiratoires et elle nous semble, pendant la période d'activité, manifester, au moins à un faible degré, des mouve- ▼ements de composition et de décomposition.

1a iotmation de la fécule et celle de Valbumine servent de base et <îe point de départ à la nutrition générale de tous les êtres organisés.

Cette formation est un phénomène de la plus haute importance et don la manifestaUon est dévolue aux plantes. Ces mêmes plantes puisent dans leur* propre fond la fécule et l'albumine nécessaire à leur développement et à leur respiration, comme pourraient le faire les animaux qui absorberaient ces plantes pour s en nourrir. Il n'es* P^ ^^^ ^^ dire, à proprement parler, que les végétaux se nourrissent de matières inorganiques. Ils absorbent ces matières et. dans des organes particuliers, ils ont. en général, dans certaines circonstances, le pouvoir de les transformer en substances orçaniques. La nutrition met en œuvre les produits de la réduction chlorophTllienne. Ainsi comprise, la nutriUon végétale est un phénomène simple toujours semblable a lui-même et, dans son essence, le même que chez les animaux.

Nous n avons rien dit de la génération parce qu'on sait qu'eUe eart identique partout. Nous navons point parié non plus des actes d'excitabilité, dévolution et de mouvements que manifestent les plantes : Us consUtuent des phénomènes de biologie végétale qui sont presque des manifestiitions de la vie animale. Leur étude, du plus haut intérêt, cv>uauit, sans hésitation, à des conclusions svnthédqoes.

I^û* W plantes le tra^^ sempare de la matière ; cbei les animaux, W ^>rcee prennent leur essor; mais U n j a pas deux manières de vivre, il nV en a qu'une seule.

La Yvie que nous avons suivie nous a conduit an point où Ton p«»* revvtt:i;uire T uaiçé dans W r.>-ae de la vie et c'est bien la vérité puisque Wu;? les chemius quon peut prendre aKc-J^sent au même poiut de vu^. IV ttvme que Cvcs ooDstatioc^, en conunen./ant. VimmiUi^^^ de U matière au &>ud de ses variaùcoj ec vie ses mêtamorphoecs. de uwm^. Jaas laodi^isé or^ra^L^-^e, sl^us la plus féconde diversité a ci^fcwovuvv. û^^us devvuvn.»ûs le pria^eipe le plis sublime parce qoTû est t^ t^:u;j souj^Iex ce:ui de rumi-^.

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