LE PARC DO CHATEAU DE BAUFFE PRÈS DE BROGELETTE
(HAINADT)
Dès que les étrangers ont franchi une de nos frontières» ils sont étonnés de Taspect de notre patrie, de ses cultures, de ses sites, de Tactivité, des richesses industrielles et commerciales, de la splendeur des nombreux châteaux qui se rencontrent dans presque tous les yillages et de la beauté des parcs qui les environnent.
Il en est un surtout qui brille au premier rang : c'est le parc de Bauffe. Le château, vaste construction, n'offre rien de bien saillant; c'est une demeure imposante par ses proportions, ses dépendances et ses avenues. Mais ce qui est hors ligne et de toute beauté, c'est son parc de près de quarante hectares et les parterres qui ornent le jardin privé qui sépare le château du parc.
En sortant du château, on reste en admiration devant le splendide parterre qui se présente aux jeux. Ce parterre de plus d'un hectare» est un véritable chef-d'œuvre ; les dessins en sont les plus heureux, les nuances les plus brillantes et les mieux assorties. On vante les jardins de Paris, de Ljon, de Lille, de l'Allemagne ; celui de Bauffe peut rivaliser avec eux, pour le goût, le soin et la splendeur. Un large canal sépare. ce jardin du parc qui ne cède en rien pour la beauté et surtout pour sa vigueur en arbres. Toutes les variétés d'arbres rares, aujourd'hui si recherchés, j sont représentées par de nombreux spécimens de taille et de vigueur comme on en voit rarement; les Wel- Ungtonia de quinze mètres et plus n'y sont pas rares. Des allées de Charmille comme on n'en voit plus, des chemins larges comme des routes et que l'on est en train de macadamiser, des Chênes énormes, des sites pittoresques, un coin de foret vierge avec ses Lianes et ses fourrés inextricables, des eaux magniûques, des allées splendides, des Mélèzes d'une hauteur prodigieuse, en un mot on y rencontre toutes les beautés que l'amateur peut rêver.
Tout cela n'est pas venu seul : il s'est rencontré d'abord que Bauffe appartenait à M. le baron Frédéric de Secus, mort il y a peu d'années et qui pendant toute sa vie s'est consacré à embellir et à soigner cette propriété. M. le baron de Secus était un grand amateur
dliorticaltore à Tépoque où les amatears étaient rares, constamment à la recherche des nouvelles essences d'arbres. Bauffe est un des premiers parcs où ces variétés étaient plantées et elles y ont admirablement végété.
Le propriétaire actuel du château de Bauffe, M. le Comte de Grône, en héritant de son oncle la propriété de Bauffe, a aussi hérité de son goût pour rhorticulture ; il est peu de propriétaire aussi amoureux et aussi soigneux de ses arbres, de ses plantes et de ses parterres surUmt, que lui : en cela il est aidé par son jardinier en chef M. Mauroj, qui souvent est envojé par M. le Comte de Grûne, voir ce qui se fait d« bien, soit dans le pays, soit à l'étranger, et qui s'inspirant ainsi des progrès faits ailleurs, s'applique à aider M. le Comte de Grûne qui dirigeant toujours lui-même tous les travaux et les arrangements an parc et du parterre, est parvenu à en faire une véritable merveille.