U CULTURE DES CRYPTOGAMES MHS LES JARDINS BOTAHIQUES
Note extraite d'une lettre de M. Ernest Bozb,
Membre de la Société botanique de France,
M. E. Roze le savant micrographe qui a sa accomplir avec une raire habileté, les recherches les plan délicates sur la fécondation des Cryptogames, nous a fiût part incidemment, dans ane lettre qaUl noos a fait l'honneur de nous écrire an mois de septembre dei*nier, de ses réflexions sur la culture des Cryptogames. Ces réflexions sont si judicieuses et si utiles à connaître que nous ne croyons pss devoir en garder la connaissance pour nous seul, mais au contraire, que nous avons le devoir de les publier : nous avons la conviction que les conseils <le M. Roze seront suivis. Nous avons déjà dans la Belgique horticole^ 1864, p. 148, ^rit quelques lignes qui se rattachent au même st^ot.
« Je vous avais parlé de cultures crjptogamiques et du regret de ne pas Yoir installer une serre qui leur serait consacrée dans tous les jardins botaniques.
c Un jardin botanique, en effet, ne doit pas seulement être employé à la multiplication ou à Tétude des phanérogames qui nous fournissent, il est vrai, la majeure partie de nos plantes d'agrément ou d'utilité, mais qui sont loin d'être les plus importants représentants du règne yégétal: ils n'en constituent réellement qu'une dixième classe ou partie.
c Que doit être en réalité, le jardin botanique?
t II doit être pour le botaniste, ce que le laboratoire est pour le chimiste et non pas seulement un Musée. Le développement biologique de telle ou telle plante exige une série de soins, souvent d'une complication telle que l'expérience manque plus fréquemment qu'aucune de celles des chimistes. Si l'on ne dispose pas de matériaux spéciaux, si l'on ne sait pas s'y prendre à temps, si on oublie telle installation préparatoire qui est véritablement indispensable : c'est un insuccès, et l'insuccès dans une expérience biologique, c'est un délai d'un an tout au moins. Pour un cours de botanique qui veut être aussi scientifique que possible, il faut avoir les éléments du cours sous la main ou les faire naître à l'époque propice. Ces deux exigences se simplifient beaucoup avec un jardin botanique installé pour être à la fois musée et laboratoire, soit qu'on veuille conserver les plantes intéressantes, soit qu'on veuille les faire croître et se développer. Je suis, je l'avoue, de ceux qui croient que l'enseignement des sciences naturelles et en particulier de la Botanique, doit se faire non pas seulement avec des mots, mais encore avec des choses et des faits. Il ne s'agit en cela que de faire constater par l'élève le fait ou le phénomène déjà connu ou observé. Dans cet esprit, les plantes sont donc de première nécessité. Or, s'il est facile de trouver partout des Fougères, il ne sera pas si aisé de rencontrer, par exemple, des prothalliams en bon état pour en expliquer la naissance. Par suite, le musée conservera la fougère ; le laboratoire préparera pour l'époque voulue les prothalliums.
c Pour arriver à constituer ce laboratoire, il y a lieu de réunir tout ce que l'on sait, en fait d'expériences biologiques ou de cultures crjptogamiques improvisées. C'est ce que je m'étais promis de faire, en y joignant quelques notions scientifiques et en commençant par les Myxomycètes pour finir par les Sélaginellées. Mais ce travail quand sera-t-il terminé? En attendant, si quelques pages inédites vous étaient agréables, je me ferai un véritable plaisir de vous les communiquer. >