Les OTules très-jeunes
9. Coupe du bouton à la hauteur des lobes de la corolle. 10. Coupe longitudinale du bouton.
1 1 • Une lëpide.
Le nom de Caraguata sert dans TAmérique du sud à désigner beanconp de Broméliacées : c*esi dans ce sens qu'il a été employé par les premiers botanistes qui écrivirent sur les plantes du Nouveau-Monde. Le P. Plumier sen servit en 1703 pour nommer un genre qu'il détermina nettement dans cette famille et qui se trouva englobé par Linné en 1735 parmi ses Tillandsia ; mais cette réunion n'était point justifiée. Plumier avait caractérisé son genre par la corolle monopétale, les étamines adnées sur le tube de la corolle et Tovaire supère : aussi dès 1827 le genre Caraguata fut-il rétabli par Lindlej parmi les Tillandsiées. Il a été admis par tous les auteurs, notamment par Schultes et par Endlicher. Cependant, il était encore incomplètement connu au point de vue de la fructification ; Lindlej avait eu tort de lui attribuer des graines simplement appendiculées. Ses capsules et ses graines furent étudiées en 1847 par Charles Morren.
On ne possédait jusqu'ici dans les cultures qu'une seule espèce de ce genre, le C. Ungulata dont le Caraguata splendent de Bouché est tout au plus une variété.
A.U printemps de cette année 1873, MM. Veitch, de Londres, apportèrent à l'exposition internationale de Gand, parmi beaucoup d'autres merveilles, une admirable Broméliacée qui obtint le premier prix pour la plus belle plante nouvelle en fleur, sous le nom de Tillandsia
Zahnii.
Sans doute la plante était fort belle, mais ses fleurs étaient encore à rétat de boutons et bien loin de s'épanouir : cependant comme elle ne devait rester que quelques jours sur le continent, c'est dans cet état que nous l'avons fait peindre par M. De Pannemaeker, l'un de nos meilleurs peintres de fleurs en Belgique, et que nous Tavons décrite.
Notre planche représente la plante réduite au tiers environ de sa grandeur naturelle.
Elle avait été découverte en 1870 par M. Zahn dans TÉtat de CUriqui, en Amérique centrale. Peu de temps après, ce maHieureux collecteur se noya penlant qu*il cherchait à gagner la Costa-R^ica, et MM. Veitch ont voulu donner son nom à Tune de ses plus précieuses trouvailles.
Voici la description de la plante dans letat où elle se trouvait à Gand le 30 mars de cette année :
Bescriptioii : feuilles ruhan^es, lancéolées, entières, tout à fait lisses, lignes à la base, environ 30 à 40 centimètres de lon^, sur 3-4 cent, de large. Hampe de la longueur des feuilles et vêtue de bractées rouges longuement subuléo. Inflorescence en épi composé : épilets munis à leur origine d^une spattie laife & la base, lancéolée, jaune à la base, rouge à la pointe quand elle dêpcusse kt fleurs ou entièrement jaune quand elle reste plus courte. Bractéole âorsie ovale lancéolée, carénée, membraneuse, luisante, pluscouiteque la ûeur^jauwe pur. Fleurs sessiles. Périanthe infère. Calice tri parti te, à Ssegmentaconvolutés à gauche, lancéolés, carénés, connivents, jaunes. Dans le bouton, on distîni^ 3 pétales à peine cohérents, lingulés, obovés, coui-ts, nus, jaune clair. Étamines 6, adnées à la corolle, incluses, filament subulé, anthère dorsîflxe, sagittée. Pollen à grains fauves en forme de quartiers d'orange ou de g^raines de caféier et entremêlés de nombreuses raphides. Ovaire supère, cylindricoconique ; style court, 3 branches stigmatiques conniventes. Ovules nombreux, sur 2 rangs, à peine appendiculés. Sur le calice et ailleurs on peut rencontrsr des lépides remarquables.
Avant que nous ayons publié ces renseignements sur la plante d? M. Veitch, nous avons été devancé par le savant directeur du Jardin Rojal de Kew, le D*" J. D. Hooker, qui, dans le numéro d'octobre 1873 du Botanical Magazine (planche 6059) , a fait paraître une magnifique figure, d'après une aquarelle de M. Fitch, et une excellente description de cette même plante. M. le D'' Hooker a pu la voir bien épanouie A il a constaté la gamopétalie de la corolle et Tadhérence des étamines; il a vu les lobes de la corolle s'étaler pendant Tanthèse et il l'a rapportée au genre Caraguata.
Nous lavons déjà dit, le Caraguata Zahni vient des régions inte^ tropicales de TAmérique centrale : il lui faut sans doute la serre chaude et une grande chaleur pour bien fleurir. Il se cultive d'ailleurs dans le compost ordinaire de ce genre de plantes.