PAM. DES ORCHIDÉES , TRIBU DES VANDÊBS; SECTION DES
BRA8SIÈES.
Triohopilia : Sépales et pétales égaux, presque semblables, étalés, étroits, contournés en hélice ou plus ou moins ondulés. Labelle libre ou adhérent au l^nostème sur une certaine étendue, roulé en cornet, à disque grand, ordin. étalé, trilobé, à lobe moyen plus grand, souvent échancré. Gynostème ordin. inclus dans la base du labelle, arrondi, un peu i<enflé : clinandre bordé d'une collerette entière ou trilobée, frangée de poils : anthère unilocalaire, comprimée, bombée en avant> renfermant deux masses polliniques, sillonnées en arrière, adhérentes à un caudicnle mince et en forme de coin : glande trèspetite. — Pseudobulbes comprimées, cordées, coniques ou allongées enlanièi*es : feoilles ordinairement uniques, coriaces, elliptiques, pliées à la base qui est peu ou point pétiolée ; rarement deux : quelquefois en forme de courroie piince et acuminée. Fleurs se développant à la base des pseudobulbes, solitaires ou en ^rrappes paucifloi*es (3-5), ordinairement grandes et élégamment parées.
Le genre Trichopilia a été fondé par Lindley en 1836, dans la seconde édition de son Naiural Système of Botany (p. 446), sur une Orchidée mexicaine qu*il nomma T, tortilis, espèce bien connue de tous les amateurs d'Orchidées. Le célèbre botaniste anglais caractérisa son genre nouveau principalement par Texistence à Textrémité de la colonne qui est au centre de la fleur, d^une petite collerette frangée qui lui ût Teffet d'un bonnet à poil (e/u;, j^z. poil; lUXcov,
bonnet).
En 1852, on en connaissait 3 espèces; en 1859 ce nombre s'était élevé à 12 et maintenant on en a caractérisé, avec plus ou moins de raison, jusque 18, sans compter les noms donnés dans les cataloguesmarchands en dehors de toute responsabilité scientiûque.
Des genres voisins sont venus d'ailleurs porter leur tribut aux Trichopilia. Le genre Pilumna, bien que créé aussi par Lindlej, a été tout entier fusionne avec les Trichopilia, sur l'observation de M. Reichenbach, qu'il était doué de tous les caractères essentiels de
la structure des Trichopilia. Un Macradenia et un Helsia sont aussi considérés comme devant quitter ces genres pour passer aux Trichopilia. Chez toutes ces plantes en effet on trouve le petit bonnet à poil.
Le genre a quelque ressemblance avec les Maxillaria, mais il en diffère par la colonne non prolongée à la base ni soutenu par Tunion des deux sépales latéraux. Ses pseudobulbes sont reconnaissables à leur compression latérale et, sauf une exception, elles ne portent qu'une seule feuille ordinairement coriace, courte, ovale, pliée à la base, aiguë au sommet. Les fleurs viennent sous les bulbes isolément ou en grappes de 3 ou 5.
Les découvertes de Warscewicz dans la Costa Rica en 1849 et 1850 et celles de M. Linden en Colombie, ont donné au genre Trichopilia une grande importance dans les cultures européennes. Deux groupes ont surtout de Tintérét pour les amateurs de belles plantes de serre.
L*un est le groupe des Trichopilia nommés suavis, coccinea, moT' ffinala, crispa, GàleoUiana, etc. : il a de grandes fleurs, à labelle roulé en cornet, à couleurs vives dans lesquelles le rouge a beaucoup de place : elles se tiennent près de la plante.
L*autre est formé des Trichopilia qu'on nomme /ra^r<zn^, Wageneri, nobilis : ses fleurs sont blanches, parfois avec une nuance de vert : leur labelle est plus ouvert, blanc pur avec une mouche jaune vif et elles s'élèvent dans le feuillage.
Tous les Trichopilia sont américains : 6n en trouve depuis le Mexique jusqu'au Pérou : leur paradis est dans l'Amérique centrale, en Colombie.
Ils vivent en épiphytes, ordinairement sur les gros arbres, de préférence sur les Chênes, à une grande hauteur sur lo tronc. Ils aiment un air pur et vif : ils ne craignent pas le vent et il leur faut la sécheresse quand ils ne poussent pas. On les trouve toujours dans les forêts montagneuses et sur la croupe des volcans.
Les amateurs sauront appliquer ces renseignements aux procédés de culture qu'ils mettent en usage.
V^oici quels senties Trichopilia connus des botanistes.