‹ La Belgique horticoleChapitre 100 sur 159 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

TriohopilJB tortilis Lindl. (1835.)

Bot. Reg., 1836, pi. iB&à. — Âiiç. eartenz., 1836, p. 287. —^o/. Mag , 1839, pi 3739. — Hort. unie, 1839, 1. p. 134, pi. 18. — Hoot., Cent. ofOrch.pl, 1851, p. 59, pi. 75. — Ann. bot., VI., 1861, p. 682. — Rchb,, lenia, J\ (1867), p. 101.

Le Trichopilia tariUis est l'espèce primitive et type du genre. Elle a été introduite du Mexique en 1835 par Barker et elle a été récoltée dans le même pays par C. Ehrenberg, Leibold et Galeotti. Elle croit sur les chênes.

Ses pseudobulbes sont minces et allongées, oblongues, yétues de gaines fauves tachées de brun. Elles portent chacune une feuille sessile, pliée à la base, fusiforme. Les pédoncules, s'élevant de l'aisselle d'une bulbe sont dressés et uniflores. Les sépales et les pétales sont étalés, allongés, étroits, tordus en spirale, d'un vert jaunâtre rayé ou moucheté de rouge-brun : le labelle est blanc, moucheté de pourpre.

La figure du Botanieal RegUier est mauvaise, tandis que celle du Bolanical Magazine, copiée par ï Horticulteur universel et reproduite dans la Centurie de Hooker est exacte.

T. tortillas var. oandida :

Une variété à fieurs blanches, venant de Chiapas, a fleuri chez M. Linden en 1864.

Trichopilia ooocinea Lindl.

Lindl., tn Paxt. Flow, Gard., U, 1851, pi. 54. — Otto et Dibtr., Allg. &artenz., 1851, p. 360. — Bot. Mag., Ifô5, pi. ^51.-^ FI. des serres, XIV, 1861, pi. 1490. — RcHB., in Mull. Ann. bot., VI, 1861, p. 682 (no 9). — T. maroinata Hbnfr., Bchb. Xenia, II, 1867, p. 102.

Le Trichopilia coccinea a été découvert, en 1849, par Warscewicz dans r Amérique centrale et il fut envoyé par lui à diverses personnes. Ses nombreuses variétés de coloris ont donné lieu à une confusion de nomenclature.

Lindlej Ta décrit et figuré en 1851 sous le nom de coccinea que Warscewicz lui avait donné dans ses lettres et qui est d'ailleurs le premier en date. Le nom de marginata, qui lui fut attribué par Henfrey dès la même année 1851, est cependant postérieur en date et ne peut ôtro conservé tout au plus qu'à une variété.

Le T. cocdnea a les pseudobulbes courtes ou allongées, mais toujours oblongueSj comprimées : sa feuille terminale est ovale-lancéolée. Les fleurs viennent en grappe au nombre de 3-5 et peut-être davantage : elles sont grandes et superbes. Dans le type le plus coloré tout l'en vers est blanc ; les sépales et les pétales, étalés, ondulés, en lanières étroites, sont rouges avec un liseré blanc : le labelle est grand, à limbe étalé et trilobé, avec le lobe moyen subdivisé en rouge carmin : ses bords sont découpés et ondulés : cette belle fleur répand une mauvaise odeur que les botanistes appellent odeur hircine.

La figure, publiée par Hooker en 1855 dans le Botanical Magasine et copiée dans la Flore des serres, peut être considérée comme typique. La figure primitive de Paxton, citée plus haut, représente plutôt la variété olivacea,

T. ooooinea var, olivaoea Rchb.

T. MA.BGINATA HENFB.,in the&ard, Mag, ofBot,, 1851, p. 185, cum ic. ; Paxt., FI. Gard.^ II, 1851, icon 54. — Lbh., Jard.Jleur., H (1852), pi. 184. — Rchb., in Bonpl.f 1856, p. 322. — Rchb., Xeniay II, 102.

Dans cette variété les divisions du périanthe sont de couleur olive plus ou moins relevé de rouge pâle : le labelle est rouge avec un large bord blanc ou un simple liseré. Elle est le plus connue sous le nom de T. margiiuUa qui lui fut donné dès 1851 par Henfrey , mais le nom de olivacea ^ proposé par M. Reichenbach lui convient mieux. Elle est bien représentée dans le Jardin fleuriste, mais les renseignements publiés à cette occasion par Lemaire sur la patrie et Tintroduction de cette plante sont erronés. Elle vient de Costa-Rica et elle a été introduite par Warscewicz.

Triohopilia ooooinea var. crispa Lindl.

T. CRISPA Lindl., in Gard. Chron., 1857, p. 342. — Galeotti, in Joum. d'kort. de la Belg., I. 1857, 152. — Joum. de la Soc. imp. d'Kort. de Paris, III, 1857, p. 3n. — Van Houtte, Fl. des serres, XVIII (1870), pi. 1925-26. — Rchb., Xenta, II, 1867, p. 102.

T. QLoxiNiAEPLOBA Kl. Mort. Qemt.

Cette belle variété fut présentée en 1857 par M. Rucker à la Société royale d'horticulture de Londres. Elle a fourni à M. L. Van Houtte le sujet d'une planche superbe dans la Flore des serres : les divisions do la fleur ont les bords blancs avec une bande et des

macules roses dans le milieu : le labelle est rose vif avec une mince bordure blanche : il est plus ondulé, plus crispé que d'ordinaire et de là Tient son nom de T, crispa. Ses fleurs viennent ordinairement plusieurs ensemble.

Triohopilia ooooinea rar. lepida Veitch. — H. Dombeain, in the Floral Magazine, 1874, pi. 98.

Ztepida veut dire charmante, agréable et gracieuse. Les divisions florales sont toutes bordées de blanc et pour le reste colorées en rose nuancé de mauve. MM. Veitch ont reçu la plante de la Costa- Rica et Tout présentée à la Société royale d'horticulture de Londres , au mois d'avril 1873.

Trichopilia suavls Lindl.

LsNDL., in PaxL FJ. Gard., vol. I, IBSO^Ï, p. 44 et 53, pi. II. —Otto et DiKTR., Allff. Bart.y XVIII, 1850, p. 253. — Warscewicz, in Allg. Qart.y XVIÏI, 1850, p. 313. — Bot. Mag. 1852, tab. 4654. — Lem., Jard.Jleur.y 1853, IH, pi. 277. — FI. des serres, VHI, 1^3, pi. 761. —22«?. hort., 1859, p. 220. — Rchb., Xenia, n, 1867, 103.

Le Trichopilia suavis doit son nom au parfum de ses fleurs qui ressemble à celui de TAubépine. Il a les pseudobulbes courtes, comprimées, échancrées au-dessus en forme de cœur; les feuilles, uniques sur chaque bulbe, sont largement oblongues, coriaces, presque sessiles. Pédoncules penchés, multiflores (3-5): fleurs grandes à divisions étalées, ondulées, blanches, quelquefois un peu mouchetées de rose pâle : labelle largement étalé, à lobes ondulés, crénelés, un peu moucheté de jaune et de rose ou de pourpre pâle.

La planche donnée par Paxton, peu de temps après Tintroduction des T. suavis dans les serres d'Europe est encore la plus exacte ; celle du Botanical Magazine a été copiée par Lemaire et par Van Houtte.

Cette fleur charmante et délicieuse fut découverte, en 1848, par V^arscewicz, dans la province de Costa-Rica, sur les Cordillères, à une altitude de 5-9000 pieds.' Les plus beaux spécimens qu'il rencontra furent ceux du volcan Chiriqui, à 8000 pieds au-dessus de la mer, dans une région où le thermomètre marquait 8 à 12" R. Quelques-uns avaient deux pieds de circonférence et portaient de 40 à 80 fleurs à la fois. Warscewicz envoya ses trouvailles à M. Skinner, de Londres :

— 9-1 — il rapporte que le T. suavis croît sur les chênes, les Trieliilia et le CapaniafflabraSw., en haut des troncs, â20ou 40 pieds aa-de»Rui (lu sol, jamais plus bas et jamais Bur la terre. Si les arbres sur lesquels ces Orchidées se plaisent viennent à être abattus par l'âge ou par quelque autre circonstance, leur gracieuse compagne languit et dépérit à vue d'ceil.

Dans sa patrie, lo T. «uncù se repose 4-5 mois chaque année, et pendant cette période il est tout à fait sec. Là où il pousse, il ne tombe pas de rosée et le vent souffle âpre et Tiolent. Le repos c

novembre ; il flait avec avril, et c'est après ce temps qu'il fleurit. Pendant la période de végétation, il a besoin de rosée et de pluie. Warscewicz considérait cette plante comme une de ses plus belles découvertes et il ne reconnaissait pas ses fleurs américaines la première fois qu'il les vit à Londres, tant elles étaient pâles et chétives.

Les premières fleurs qui s'ouvrirent en Europe furent en effet d'une pâleur désespérante, que l'exil explique suffisamment; mais bientôt, mieux traitées, les plantes s'acclimatèrent dans nos serres et elles donnent aujourd'hui des fleurs d'une carnation fraîche et sanguine. Nous en avons vu fleurir une, deux années de suite, en 1873

et 1874, chez notre ami M. Oscar Lamarche-de Rossius, président de la Société d*horticulture de Liège, et elle surpasse tellement tout ce qui est figuré du Trichopilia suavis que nous n^avons pas hésité à en prendre le portrait pour le faire figurer ici. La plante a les bulbes caractéristiques des Trich, stMvis et ses fleurs en ont le parfum, mais leurs folioles, le labelle surtout, sont ornées de beaux dessins roses; Madame Caroline Lamarche-de Rossius a bien voulu en accepter la dédicace.

Il se pourrait que cette plante fût la même que celle qui figure dans les catalogues marchands sous le nom de Trichopilia supcrba et que les uns (Cat. Veitch) rapportent au T. coccinea et les autres (Cat. Bull) au T. suavis : elle est, en effet, intermédiaire entre ces deux tjpes.

Avec la planche coloriée du Trich. Lamarchae, nous pouvons offrir à nos lecteurs deuiL belles gravures noires du Trichopilia suavis, exécutées diaprés les dessins de M. Riocreux. Elles ont été publiées en 1859 par la Revue horticole dont l'administration a eu lamabilité de nous en prêter les clichés pour orner notre esquisse du genre Trichopilia.

Trlohopilia Galeottiana âch. Rio h.

Orch. Mex. Galeottianae, dans Ann. des se. naiur., 1845, p. 29. — Tbichopilu piCTA Lem., ///. horiic.y 1859, t. VI, mise. p. 86, et pi. 225. — Trich. picta Lem., Bev. hort,f 1859, p. 277. — Rchb. fil., in Gard. C^roii. 1865, p. 770. - Lem., ///. hort., 1865, mise. p. 60. — Mueller, Ann. bot., VI, 1861, p. 682. — ElCHB., Xtfnta, 11(1867), p. 103. — T. Turialbae Batem. {née H. B. Rchb.), in HooK. Bot. Mag., 1865, pi. 5550.

Le Trichopilia Galeottiana a été découvert, par Galeotti, pendant son vojage au Mexique (1835-1840), à Chiraantla, près de Teotaleingo, à une altitude de 3000 pieds. 11 croissait sur les chênes. Galeotti en a fourni seulement des échantillons d'herbier (n<* 5105} qui ont été décrits par Achille Richard, en 1845, sous le nom du botaniste qui avait eu le mérite de la découverte. L'introduction dans les cultures est due à Ghiesbrecht qui retrouva la même plante au Mexique, dans la province de Chiapas, croissant sur les arbres dans les endroits humides et ombragés : il envoya sa récolte à M. Ambroise Verschaffolt à Gand, en 1858, et, dès Tannée suivante, Ch. Lemaire Tannonça et la figura dans VJllustralion horticole; mais, ignorant alors la détermination antérieure do Richard, Lemaire lui donna le

nom de TrichopUiapida, C'est M. Reichenbach qui, en 1865. constata que le T. picta de Lemaire n'était autre que le T. GaleoUiana Rich. et Lemaire reconnut de la meilleure grâce son erreur tout involontaire. La planche qu'il nous en a donnée, est fort bonne.

Les pseudobulbes sont parfois courtes, ordinairement très-allongées, munies de gaines courtes, fauves, ponctuées de brun : la feuille, unique sur chaque bulbe, est obovale et grande. Pédoncules uniâores, déjetés. Fleurs grandes, à divisions étalées, ondulées, vert jaunâtre avec une bande brune au milieu : labelle en cornet largement ouvert, blanchâtre, avec des macules et des lignes rouges.

En 1855, le Botanicai Magazine publia un Trichopilia sous le nom de Turiaïbae Rchb.; mais M. Reichenbach n'y a pas reconnu sa plante, et, dans la Xenia, il déclare qu'il j a erreur et que la planche du Botafdcàl Magazine représente en réalité le T. Qaleoitiana, C'est tout au moins une variété, les sépales étant uniformément blanc-verdâtre et le labelle moucheté de rouge foncé.

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