GÉ0GHAF8IE ET NAVIGATION
les premiers, abordèrent en ces îles Açores. Ils ne sont pas d'accord, néanmoins, sur la date de la découverte : les uns la plaçent en 1449, les autres en 1460.
Ortelius adopte aussi cette opinion : « Onse
• luyden, dit-il, noemense de Vlaemsche eylan-
• deu, om dat die eerst oudekt zyn by de Brug- » gelingen. » Et en parlant de l'ile Payai, il ajoute : « Ik liebbe verstaen van een geloof- » weerdig Portugeis, dat in dit eyland van de > Vlaemingen die hier ten eersten gevvoont » hebben, noch eenige familien overgebleven » zyn, als Bruyn, Utrechtenz. *
Ce même écrivain et Danès semblent prouver que les Flamands, partis sous la conduite de Martin Behaim, poussèrent jusqu'au Brésil et jusqu'au détroit auquel Magellan donna son nom depuis. 11 parait vrai au moins que Colomb a profité des notices que Behaim avait laissées. D’après les preuves que fournissent l’article Amérique dans le Dictionnaire de la Géographie commerciale, et Feller au mot Behaim de son Dictionnaire historique, on doit dire, comme l’un
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de ces auteurs s’exprime, qu’à proprement parler, c’est à Bchaim et aux Flamands ses compagnons qu’on doit les premières découvertes de l’Amérique. La Nouvelle Histoire de Colomb, par Bossi, ne fournit aucun renseignement contraire à cette opinion.
On se rappelle que l'empereur Charles-Quint faisait un cas particulier de Gérard Mercator, né à Rupelmonde, qui s'appliquait avec une telle ardeur aux mathématiques et à la géographie, qu’il oubliait de manger et de dormir. 11 laissa un grand nombre d’ouvrages, qui ont porté la gloire de son nom par toute l’Europe.
« La géographie moderne, dit Malte-Brun, ne date que de Mercator. »
Un des premiers mérites de ce grand homme, c’est d’avoir perfectionné les instruments dont la science géographique peut faire usage; c’est d’en avoir inventé de nouveaux, et d’avoir reculé les limites du domaine de l'intelligence dans les branches qu’il a traitées.
Aucun auteur ne donne des renseignements aussi circonstanciés et aussi exacts concernant
r.foGMPHIF ET 1UVIG4TIOT.
la géographie du moyen âge, que messire Josse Van Gliistele, dont le voyage a été publié plusieurs fois, entre autres à Louvain, en 1 530, in-4°. Une analyse détaillée et pleine d’observations curieuses a été publiée par M. A. -G. -B. Schayes, dans le Messager des arts , de Gand , 1 re li v. de 1 836, sur cet ouvrage remarquable. Il est écrit en flamand, et a été traduit en français, quoique très-incorrectement, en 1364. Voici ce que nous apprend M. Schayes, au sujet de ce voyageur : Le célèbre Mandeville, qui voyagea en 1322; Rodolphe Kirkers von Zuchen, de 1336 à 1350; Étienne de Stumpenberg, en 1449; Barbaro, en 1471 ; Tuchor de Nurenberg, en 1479; Breidenbaeli et Werly von Zimber, en 1483; le comte palatin, Alexandre et le prince de Nassau, en 1483 et 1496; enfin aucun des voyageurs les plus renommés du moyen âge, n’a parcouru autant de pays célèbres de l’antiquité, que Van Ghistele; aucun n’a décrit avec autant d’exactitude les côtes de l’Asie Mineure et de la Proponlide, la Syrie, la Perse, la Grèce et la côte septentrionale de l’Afrique. Cependant, l’ou-
Lt »i.r.ii)ic luctTito.
vrage d'un auteur qui avait mérité au xvi e siècle le titre de grand voyageur, livre d’un si haut intérêt pour la géographie du moyen âge, est presque inconnu hors de la Belgique. • En terminant, M. Schayes fait observer avec raison, que le mérite des auteurs belges qui ont écrit des voyages, a été trop peu connu et apprécié jusqu’à ce jour, et qu’il serait à désirer que M. de Reiffenberg n’abandonnât pas le projet qu’il avait conçu de donner une biographie complète de tous les voyageurs célèbres de la Belgique.
L'on ne doit pas oublier que Leroy, navigateur flamand , découvrit l'ile de Madagascar en 4603.
Sept ans plus tard, des négociants d’Ostende apportèrent le thé en Europe.
« Sono peritissimi delle cose maritime perche » vanno del continuo con li lor navi , delle quali » hanno numéro infinito, si puo dire per tutto » il mondo. » Voilà ce que disait Guichardin de la navigation belge de son époque.
Le savant géographe Jean De Laet, mort
Gf.OGlUmiF. ET XAVICATtOX. 159
en 1649, directeur de la compagnie des Indes, a été très-utile aux géographes venus après lui, par la publication de dix ou douze des volumes connus sous le nom de Républiques des Elzevirs. Sa Description du nouveau monde , en dix-huit livres, a aussi beaucoup servi dans les histoires qui ont été faites de ce pays par la suite.
Ce fut le P. Hennepin, d’Ath, qui découvrit le Mississipi en 1680, ainsi qu’une partie des contrées au sud-ouest du Canada.
Jacques Stranier Clarck, dans son Histoire des découvertes maritimes jusqu’à la fin du xvm® siècle, s’exprime ainsi : i Le xv* siècle fut remarquable par les progrès du commerce et de la navigation. Les marchands de Bruges déterminèrent les noms des huit vents principaux. »
Les navigateurs belges devaient exercer une grande influence, car ces noms furent bientôt universellement adoptés, et fixés sur l’aiguille marine.
Le restaurateur de la géographie au xvi® siècle, Abraham Ortelius, né à Anvers, et dont nous avons déjà parlé, futsurnommélePtolémée
160 tk lEUiiQir iLusmif..
de son époque, à cause de sa vaste science.
Son Thealrum urbis terrarum a été traduit en différentes langues.
Peu après, le savant Berlius de Beveren, donna au public son lheairum peographiw veleris, recueil qui renferme presque tous les anciens géographes, et où des notes annonçant une profonde érudition ont répandu beaucoup de jour sur une foule de points. Les autres ouvrages, assez nombreux, de cet auteur sont tous con- i sultés par ceux qui écrivent sur la géographie.
Guichardin fait encore mention de Michel Goiguet, d'Anvers, savant mathématicien, qui fit un traité sur la navigation , dans lequel il enseigna, pour la première fois, le moyen de prendre au juste la distance des lieux en mer, « chose qui jusqu'à présent, ajoule-l-il, a été estimée non-seulement dillici le, maisencoreimpossihlc. »
Les Belges ont continué, dans le xix e siècle,
à donner des preuves de leur application et de leur aptitude aux sciences historio-géograpliiques par plusieurs ouvrages remarquables. Entre autres, l'Atlas pour servir à l’élude de l'Hhloiri
GÉOGRAPHIE ET U1IUTIOT. Kit
moderne de l'Europe de 1 51 5 à 1 8 1 5 , par M . Charles Imbert Des Motlelettes, de Bruges, est une œuvre si vaste, qui exigeait tant de connaissances et un esprit analytique si plein de justesse, qu’on la croirait le résultat des travaux d’un bénédictin bien plutôt que d’un jeune homme.
Combien de services aussi n’a pas rendus M . Van der Maelen , aux sciences géographiques , dans le sens le plus étendu de ce mot. Son Atlux universel, en 400 feuilles, sa superbe réimpression du précieux tins de Ferrari, auquel il a apporté de grandes améliorations, ses Dictionnaires géographiques de toutes les provinces de la Belgique, où se trouvent répandues tant de connaissances variées, et plusieurs autres ouvrages , ont fait faire un grand pas à ces sciences parmi nous. Dans son établissement géographique, à Bruxelles, il admet cent cinquante élèves de 14 à 18 ans, qui y reçoivent gratuitement une éducation utilitaire. Cette éducation comprend quatre sections : 1° les mathématiques, y compris la mécanique et l’hydraulique;
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2° le dessin, avec application aux cartes géographiques et hydrographiques, et à l'architecture civile, militaire et navale; 3° les sciences, c'est-à-dire la statistique, les cléments de physique, d'astronomie, de chimie, de minéyflogie, de géologie, etc.; 4° la lithographie, pour l'exécution des cartes géographiques, topographiques et hydrographiques.
Enfin, ses efforts tendent constamment à multiplier les relations scientifiques, et à les faire servir aux progrès de l'histoire naturelle et de ses nombreuses applications à tous les arts qui, de nos jours, ont élevé à un si haut degré la prospérité et la civilisation des peuples modernes.
Avant <jtte la raison , «'expliquant par ia voix, Eût instruit les humains, eût enseigné les lois. Tous les hommes suivaient la grossière nature, Dispersés dans les bois couraient à la pâture ;
La force tenait lieu de droit et d'équité ;
Le meurtre s'eicrçait avec impunité.
Mais du discours enfin l'harmonieuse adresse De ces sauvages lois adoucit la rudesse.
Rassembla les humains dans les forêts épars.
(BoiLk.Ae, Art poétique.)
BELLES-LETTRES
< Sono ci molle e moite persone litcrate e > dotle in ogni facultà e scienza, onde ci sono » stali c sono scrittori molto chiari. Hannooltra » cio questa scienza delle lingue vulgari tanto * familiare, ehe e cosa degna e ammiranda, » perche ci sono infinité persone le quale oltre » alla lor lingua materna, quantunque non » sieno stati fuora del paese, sanno ancor’ par- » lare parecchi linguaggi foresticri, e molli » parlano Tedesco, Inghilese, Italiano, Spa- » gnuolo, e altri altre lingue piu remote (i). »
(1) Guichanlin . édilion d'Anvers, 1568, 1 vol. in-folio. Elle
fttti Ll IKLCIQUK ILUSTMK.
Les lettres furent cultivées de bonne heure en Belgique, et y firent plus de progrès que dans les pays voisins.
Quant au point où en étaient les idées sociales dès une époque très-reculée, qu’on se souvienne qu’au v* siècle, laTaxandrie ou Campine fut le berceau de la monarchie française, et qu’on y publia la fameuse loi salique.
Si le nombre des monnaies peut signaler le degré de civilisation, il est évident que la Belgique faisait des progrès remarquables dès le vin* siècle. Les monuments de la monnaie carlovingienne des autres provinces de la Gaule, comparés avec ceux des Mérovingiens, démontrent d’un côté une diminution des hôtels de monnaie, et pour les provinces entre la Seine et l'Escaut, une multiplication remarquable (i).
est excessivement rare et fort recherchée. Prosper Marchand la chercha longtemps, et on s'adressa même du fond du Nord à Rome pour eu avoir l'extrait, comme le fait observer M. le baron de Reiffenberg dans son Mémoire sur le commerce de la Belgique , aux xv® et xvi® siècles , page 108.
(1) Voyez Lklbwbl, Numismatique du moyen âge , tome 11 , p»ge 359.
iellks-lf.ttuks.
Après les dévastations des barbares, au ix c el au x' siècle, le xi c vil se relever la plupart des monastères que le fer et la flamme avaient détruits, el l’on sait que ces cloîtres furent autant d’asiles pour la science. Le couvent de Saint-Martin, près de Tournay, qui avait été saccagé par les Normands, brilla d’une nouvelle splendeur. Sous le gouvernement de l’abbé Odon , les lettres y furent particulièrement encouragées. Douze des plus jeunes cénobites étaient uniquement employés à transcrire les auteurs anciens et modernes. Ils se firent une si grande réputation d’exactitude et de fidélité, que leurs copies servaient à corriger celles qu’on avait faites dans d’autres monastères.
De toute part l’on tirait de la fameuse abbaye de Saint-Berlin, près de Saint-Omer, des savants pour la propagation des lumières. Alfred le Grand, roi d’Angleterre, en fit venir Grimbalde, pour rétablir les études en ses États. Le roi Guillaume en tira Folcard, à cause de son rare savoir, t Presque tous les abbés de Saint-Berlin, au xu e siècle, dit Y Histoire litté-