U BELGIQUE ILLUSTRÉE
ra'ire lie la France, furent autant d’hommes de lettres illustres. >
C'est à Grimbalde que la ville d’Oxford dut, en 886, la naissance de sa fameuse université.
Au xi® siècle, Godefroid de Bouillon rédige un recueil de lois qui fait encore aujourd’hui l’admiration des jurisconsultes, le Livre de» Assises et des bons Usages du royaume de Jérusalem. Aucun peuple du monde n'avait d’aussi bonnes lois à cette époque. Les princes législateurs y cherchèrent longtemps des inspirations. Dans un temps d’ignorance générale, et où il fallait bien du génie pour devancer son siècle, Henri Goethals, surnommé de Gand, parce qu’il naquit en celte ville, en 1217, fut honoré par la Sorbonne du titre de docteur solennel par excellence, et fut l’un des plus savants hommes de son époque. Il serait trop long de rapporter les noms et titres des prélats , docteurs, grands dignitaires, et hommes de premier mérite, du nom de Goelhals , qui ont illustré la Belgique (i).
(1) Noua rappellerons ici que cet Henri Goclltal* . surnommé
B ELLES- LETTRES
Sigebert de Gembloux, Albéric de Trois-Fontaines, Jean d’Oulre-Meuse, écrivent des premiers l'histoire des anciens temps et du moyen âge ; Henricourl, sous le titre de Patron de la Temporalité, publia une constitution politique du pays de Liège, œuvre importante alors que l’Europe était loin d’avoir des droits établis par les lois (t).
Parmi les historiens nous pouvons citer avec orgueil Philippe Mouske, né à Gand , auteur d’une
de Gand , nous a laisse un grand nombre d'ouvrages , entre autres : lo huit livres sur la Pysique d'Aristote ; 3<> quatorze livres sur la Mètaphy tique , du même ; 3o un traité de la Chasteté des vierges et des veuves; 4° un autre traité des Hommes illustres , pour servir de suite à celui de saint Jérome et de Sigebert de Gembloux ; 5» la Fie de saint Eleuthère , etc.
On trouve dans Mézerai , que l'université de Paris et les évéques de France réclamèrent les lumières de ce savant, avant de décider quelques queslious qui les embarrassaient.
Un autre Henri Goethals , né en 1359 , brilla par ses connaissances diplomatiques, et les notions variées et étendues qu'il avait de diverses branches des sciences et des arts. Il eut la confiance de plusieurs comtes de Flandre, et des mémoires du temps prouvent que l'université de Paris lui donnait le titre de parfait clerc.
(I) M. Polaiti , archiviste de la province de Liège , se propose de publier une édition nouvelle du Patron de la Temporalité.
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histoire de France en vers ; Georges Chastelain , de la même ville; Jehan le Maire surnommé des Belges, du lieu de sa naissance (Belgium, Bavay en Hainaut); Philippe de Comines, ainsi appelé de la petite ville de ce nom , située sur les bords de la Lys, et où il reçut le jour. Il ne le cède à aucun autre historien ni en sagesse, ni en politique, ni en profondeur de raisonnement, ni en vérité historique.
Corneille Janséuius, né à Hulsl, s'acquit, au xvi e siècle, une grande réputation par ses connaissances théologiques et par ses succès dans les langues savantes. « Sa Concorde des Evangélistes , dit le docte Baronius, est un ouvrage d’un fini précieux , approuvé de tout le monde chrétien, et supérieur à tous les ouvrages de ce genre. »
Enfin, la Belgique peut s’enorgueillir à juste titre d’un nombre considérable d’écrivains de toute espèce (i), parmi lesquels plusieurs d’une
H. Dan» la Bibliothèque de Belgique , de Yalère André, on peut voir tpi au commencement du xvii? siècle on en comptait déjà 709 répartis de la manière suivante entre les provinces ac-
tu.Lcs-iïrrnKS.
haute réputation, tels que Jehan Bodetet Adam delà Hulie, qui les premiers, après la renaissance, comprirent le théâtre et la vraie comédie; Audefroy le Bâtard , créateur de la ballade et de la romance, Jehan de Condé, le Ju vénal de son temps; Quesnes de Bethunes, le Tyrtée de la croisade de Baudouin; Martin Le Franc, inventeur de l’ode moderne; Jehan Lemaire, premier fondateur de l’école poétique de Ronsard : Corneille Van Ghistelle, traducteur très-pur de Virgile, d’Ovide et de Térence, et plusieurs autres. » (D. Martin, directeur de l’Athénée royal de Namur, article de la Revue belge, 4 e année, page 335. )
Les Frauçais eux-mêmes doivent beaucoup aux Belges pour leur histoire nationale, témoin l’auteur de la Chronique sur les gestes des Normands en France, insérée dans les re-
tuelle» : 157 dans le Brabant ; 120 dan» la Flandre Occidentale; 1 10 dan» la Flandre-Orientale ; 106 dan» la province d'Anvers ; 105 dans le llainaut : 69 dans le pays de Liège (le nombre s'en est élevé depuis jusqu'à 145, non compris les littérateurs vivants); 24 dans le Luxembourg. 11 dans le Limbourg ; 7 à Namur.
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cueils de Duchesne (i) et de dom Bouquet (*). Ce Belge, qui vivait eu 896, a raconté brièvement tout ce que firent les Normands en Frise , en Hollande, en France, en Flandre et en Allemagne (a).
La fable des chevaliers du Cygne, qui a donné lieu eu France et ailleurs, à tant de romans, de poèmes, de légendes et de dissertations, est aussi primitivement belge; car des traditions et des détails géographiques relatifs à la Belgique y reviennent sans cesse. Cette opinion est partagée par M. llofimann de Fallersleben , dans ses fforœ Belyicœ, tome 1 er , page 53, et M. deKeifl'enbcrg, dans l’introduction déjà citée.
On attribue communément au médecin Hcnaudot, mort sous Louis XIV, l'invention d’une feuille publique, qu’il nomma Gazelle. Cette invention doit être restituée à la Belgique.
Des 1350, l’imprimeur Abraham Verhoeven publiait, à Anvers, une gazette flamande sous le