COMMERCE
» cum chirothecis Lovaniensibus, quæ propter » præslantiam passirn in deiicîis sunt, suas cel- > situdines douârunt. >
On ne doit pas oublier que c’est dans les provinces belgiques qu’a été inventée la fabrication du cuir doré et à ligures qui fournissait autrefois, aux appartements des grands, des ameublements riches et de longue durée.
Le premier carrosse à vitres qu’on vit à Paris fut amené de Bruxelles par le grand Condé vers i 060. C'est en cette dernière ville que ces sortes devoituresont été inventées. Le carrosse subsiste encore de nos jours, mais il a dû nécessairement subir des améliorations seusibles.
Les draps teints de deux côtés, d’une part en écarlate et de l’autre en bleu dont J.-B. Geoffroy, né à Malines en 1669, découvrit le procédé de fabrication, étaient si chers, qu'on en vendait l’aune de Brabant 82 livres de France. Dans une histoire du Dauphiné, éditée à Genève en 1772, 2 volumes in-folio, on lit le passage suivant :
» Les draps de Bruxelles et de Louvain étaient alors les plus estimés et les plus à la mode. Le
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trésorier de la maison du Dauphin était chargé d'en faire apprêter tous les ans pour les habits de la Dauphine, et pour ceux des dames et des demoiselles qui étaient sur son état... Les draps de Bruxelles surtout, à cause de leur finesse, étaient d'un prix excessif. >
Tout le monde connaît aujourd’hui les célèbres manufactures de Verviers, de sorte qu’il est inutile de s’étendre sur cet article. Cette ville, en 1828, expédia 50,000 pièces de draps seulement pour les échelles du Levant.
Une des choses qui ont beaucoup contribué à l’essor donné à l’industrie, c'est le charbon de terre, nommé houille, dont la plus ancienne mention, que nous sachions, remonte à l’année 1180. Il devint bientôt un combustible ordinaire, car il est prouvé qu’en 1346 un si grand nombre d’ouvriers étaient employés à enlever le charbon des entrailles de la terre, qu’ils composaient à eux seuls une partie considérable de l’armée de Liège, comme on le voit dans Foullon, Histoire de Liège, tome I er , page 425 et ailleurs. On commença bientôt à extraire aussi la
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houille des miues du Namurois et du Hainaut (i).
Celle ressource ne put manquer d’alimenter les forges de ces pays. On sait combien de milliers d’ouvriers y sont encore aujourd'hui nourris par la fabrication du fer. Elle a été beaucoup augmentée depuis quelques années, et l’établissement de M. Cockerill est un des plus beaux de l’Europe.
L’exploitation et par conséquent le traitement du minerai de fer en Belgique, remonte à une haute antiquité. L’opinion de M. Dewez (i) et
(1) Si nous ne faisons remonter l'usage de la houille qu'au su» siècle, ceci ne doit s'appliquer qu'à la Belgique, car déjà, en 1066, Guillaume le Conquérant disposait des exploitations des mines de charbon de terre de New - Castle : il serait donc probable qu'elles auraient été connues même avant cette époque.
Dans un Mémoire sur la découverte du charbon de terre , par M. le baron de Villenfagne, insérée au Recueil de V Académie de Bruxelles de 1822, cet auteur prétend que c'est certainement Hullos, du village de Plenevaux , et non un étranger, ou un ange , comme on l'a dit, qui est le véritable auteur de cette découverte, qu'il fait remonter jusque vers le milieu du xie siècle.
(2) Histoire générale de la Belgique , 2c édition, tome page 1 19-122.
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«le Du Rondeau (i), d’après laquelle les Belges o\ploitaientdéjàlcurs mines de fer quand ils furenl envahis par les Romains, est des plus probables.
La fonderie de canons à Liège ollre une perfection et des moyens de fabrication qui en font un établissement du premier ordre. Elle se compose de douze fourneaux à réverbères, tandis que la principale fonderie de l’Allemagne (celle de Sayn près de Coblcntz) n'en a que quatre, et la principale fonderie de France (celle de Ruelle près d’Angoulème) n'en a pas davantage. La fonderie de Liège est la seule qui réunisse la confection des pièces de fer et de bronze. Nous ne pensons pas qu'aucun autre établissement de ce genre rassemble d’aussi puissants moyens.
Malheureusement, pendant un assez long temps la Belgique n’importa point de chez ses voisins les procédés scientifiques de la métal-
(1) Mémoire sur fa question . Quel* étaient l'habillement , le langage, l'état de l'agriculture , du commerce, des lettres et des arts chez les peuples de la Belgique avant le vue siècle. Brui., D’Ours, 1774.
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lurgie, ce qui fil déchoir sa réputation sur ce point, car on sait que cet art eut ]>our ainsi dire son berceau dans les Pays-Bas. Au x c siècle on citait déjà des établissements de ce genre; deux siècles plus tard ils étaient parvenus au plus haut degré de perfection de l’époque. Ce fut en Belgique que les premiers fourneaux dits jlwuto-feu furent construits. Ce pays vit également s'élever les hauts fourneaux au xv* siècle. L’Angleterre importa chez elle celte découverte. La Suède se l’appropria au xvi e siècle.
Karsten , dans son Manuel de la métallurgie du fer, édition, tome I er , introduction, dit qu’il parait très-probable que c’est aux Pays-Bas que l’on fut redevable des hauts fourneaux (qui datent du xvi c siècle). On possède en elTet un document authentique qui constate qu’en 1560 on comptait en activité, dans la province de Namur, jusqu’à trente-cinq fourneaux pour la fonte du fer, et quatre-vingt-cinq forges pour réduire la fonte en barre (i ).
(I i Mémoire «lu 20 décembre 1767, rédigé par l'official du
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Nous devons rappeler aussi que les miroirs de fer-blanc, dont le poli fait illusion, sont de l’invention de M. Correau de Bruxelles. 11 en a fabriqué un d’une telle grandeur, qu’il a pu être placé derrière l’un des jets d’eau du jardin de Versailles. Le prix de ces miroirs, de dimension ordinaire, n’est que de cinquante francs. On confectionne actuellement à Paris de fort beaux miroirs semblables. C'est encore à des Belges, MM. Hanssens et fils, fabricants d’étoffes de crin, à Vilvorde, qu’on doit la découverte de l’art de filer le rotin des Philippines de manière à le substituer au crin, et à donner à ces fils les couleurs les plus brillantes et les plus solides.
Le pharmacien De Roover, de Bruxelles, fut un des premiers, en Europe, à se livrer à des expériences pour fabriquer le sucre avec des plantes indigènes, et il a publié des mémoires curieux sur cet objet. A Jette, village à une demi-lieue de Bruxelles, fut fondé en 1817, par
bureau de la régie îles douanes, Périn, sur la ferronnerie du ilainaul et du comté de iNamtir.
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le sieur Desprets ü’Ath, ancien orfèvre, le premier établissement, en Belgique, pour la fabrication du vinaigre de bois, de l’acide pyroligneux et ferrugineux à l’usage des manufactures d’indiennes, teintureries, etc. Ce progrès fut bientôt tellement approuvé, que l'établissement fut transféré dans la capitale.
La position de la Belgique est si heureuse pour le commerce, que malgré le défaut de colonies nous voyons de jour en jour croître sa prospérité par las sages dispositions du gouvernement.
La verrerie belge a fait aussi un grand pas. Indépendamment de ses autres découvertes qui ont 'contribué éminemment aux progrès de cette industrie, M. lloutart (district de Charleroy) a commencé, en 1832, la fabrication des tuiles ou pannes de verre, industrie toute nouvelle qui utilise le verre de rebut , jadis totalement perdu pour les fabricants.
Pour la fabrication des instruments de musique, l’établissement de M. Sax, à Bruxelles, créé en 1816, est, dans son genre, sans rival en
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Europe. On y trouve rassemblées des branches d’industrie <jui dans les autres pays occupent plusieurs fabriques différentes. 11 n’est aucune partie de la construction des instruments de musique qui n’y soit exécutée. Le bois, le cuivre, l'argent, entrent bruts dans ces ateliers et en sortent façonnés en instruments de toutes les espèces. La plupart des instruments que fabrique M. Sax, ont été perfectionnés par lui. Il expédie ses produits dans les diverses contrées de l’Europe, même dans le Levant.
Il est encore impossible de calculer les immenses résultats qu’auront pour le commerce les routes en fer, par lesquelles on se hâte de mettre la Belgique en rapport avec tous les pays de l’Europe.
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