Déclaration de l'Union verrière
davantage du but, c'est-à-dire de Témancipation intégrale des travailleurs », mais il reconnaissait une utilité provisoire et historique aux progressistes et aux démocrates bourgeoise II voulait, comme socialiste, voir la classe ouvrière constituer un Parti séparé des autres partis, mais il était partisan d'une entente momentanée avec la bourgeoisie progressiste, pour réaliser avec elle les réformes urgentes. Tout le gros bon sens du Belge et sa philosophique patience, qui n'est pas de la résignation, se retrouvent dans ces accommodements.
Alors qu'en France, M. Hervé déclare : « Nous sommes contre tous les propriétaires, môme les petits propriétaires! » les socialistes belges déclarent — avec César de Paepe — ne pas vouloir supprimer la propriété en tant qu'associée au travail. Or, si l'on admet la propriété, il faut nécessairement admettre la richesse, et par suite, l'inégalité des conditions 2.
« Nous ne songeons nullement, déclarent les orateurs du parti, à enlever aux artisans la propriété de leurs instruments de travail, aux petits commerçants la propriété de leur boutique, aux cultivateurs la propriété de leur lopin de terre. Les socialistes, loin de dépouiller les travailleurs de leur propriété, veulent rendre les travailleurs propriétaires. »
Quelle leçon de modération donnée aux révolutionnaires français lorsque ceux-ci soulèvent des problèmes de ce genre : « La question finale dans la fournaise est ceci ; Comment forcerons-nous les portes de la Banque? Comment brûlerons-nous, jusqu'au dernier, tous les titres de propriété pour que le capital ne renaisse plus? »