‹ La Belgique reprend contact avec le CongoChapitre 4 sur 4 · AA · texte numérisé non relu

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DISCOURS DE M. LOUIS FRANCK. Il

patrie pour que le peuple entier ait compris. Mais maintenant n'oublions plus jamais, ni ici, ni là bas, que c’est le ressort moral qui importe {Applaudissements.)

Messieurs, la Compagnie belge maritime du Congo, dont nous sommes les hôtes, a très noblement compris quel était son devoir au point de vue colonial. Elle a eu une conduite véritablement excellente. Dans un monde, qui, à côté de la noblesse et de l’héroïsme, a vu déborder les appétits matériels et intéressés, où tandis que le sang coulait à flots dans les tranchées, on a vu couler l’or dans certaines caisses et des bénéfices absolument déplorables se réaliser aux dépens de la communauté, la Compagnie belge maritime du Congo peut s'honorer de n’avoir eu en vue que le service pour lequel elle a été créée. Elle a voulu sciemment et dès le début, réduire ses bénéfices en temps de guerre à 5 p. c. d'amortissement sur capital et 5 p. c. de dividende sur les fonds engagés dans l’entreprise. Elle n'a même pas réussi : elle sort de la guerre les mains nettes. Je la salue hautement. { A pplaudissements.) . Je rends hommage à son conseil d'administration, et com-

ment oublierais-je de nommer tout particulièrement, l’un de

ses membres, un de mes plus anciens amis, un des plus nobles cœurs que j'ai connus, que nous n'avons pas le bonheur d’avoir ici parmi nous, bien qu'il soit à bord, et qui, animé de ce souci de désintéressement pendant tout le temps de la guerre, à Londres, a continué à s'occuper de la Compagnie : Monsieur Charles Le Jeune. { Applaudissements.)

Comment, Messieurs, ne pas remercier particulièrement M. Francqui, Président du Comité de la Compagnie. Il a eu raison d'évoquer la grande figure du général Thys. Quand nous aurons rendu — ce qui est le premier devoir — les hommages et les honneurs qui sont dûs à nos soldats de Belgique et d'Afrique : quand nous aurons rendu les hommages dûs à ceux qui ont été les chefs et les collaborateurs de l'œuvre de résistance civile dans le pays, j'ai l'intention — et je considèrerai comme un devoir — d'inviter tous ceux qui l'ont

admiré et qui l'ont aidé, quiont étéses collaborateurs et ses amis, à s'associer à moi, pour que de la vie et du noble exemple du général Thys, il reste autre chose que des éloges qui passent et que nous consacrions par quelque souvenir digne de lui, la mémoire de ce grand Africain. ({ Applaudissements prolon gés.)

Je l’ai beaucoup vu au début de la guerre, à la fin de 1914; il n’a connu que les heures de la défaite. Peu de cœurs ont saigné comme le sien. Mais jamais il n’a désespéré. Notre seule consolation de l’avoir perdu trop tôt est de voir qu'à la place qu'il a occupée, est assis mon voisin, le ministre d'Etat Francqui qui, dans cette longue lutte de la résistance à l’intérieur, a marqué sa place au premier rang. J'ai vécu plus de trois ans. et demi, jusqu’à mon départ pour l’Allemagne, presque côte à côte avec lui. Je puis rendre témoignage de sa sagacité, de sa persévérance, de son énergie indomptable, dans cette grande œuvre du Comité National de Secours et d’Alimentation, par laquelle le pays a pu vivre; elle a été aussi comme un véritable gage de paix sociale, car elle a montré aux classes populaires ce qu’on peut attendre pour le bien général, des dirigeants de notre grande industrie, de notre commerce, de notre finance. Explorateur hardi du Katanga, brillant officier remplaçant van de Kerckhove dans l’expédition de l’Uele, Consul général de Belgique ouvrant la Chine à nos entreprises, capitaine d'industrie conduisant nos grandes affaires, 1l s’est montré au cours de cette guerre, un conducteur d'hommes et un des sauveurs du pays.

Je lève mon verre à la Compagnie belge maritime du Congo et au président Francqui. (Acclamations.)

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