‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 106 sur 155 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

PREMIÈRE RÉUNION DES CHAMBRES. - L'ENQUÊTE PARLEMENTAIRE. - ACCEPTATION DES VINGT-QUATRE ARTICLES.

( Septembre — Novembre 1831. )

Le roi Léopold après la campagne. — Reconnaissance de la nation. — Première réunion des Chambres. — Le discours du trône signale les besoins de Tannée. — Causes de nos désastres mal comprises.— L'accusation de trahison trouve crédit au sein des Chambres. — Pétition des habitants d'Audcnarde. — M. Dumortier fait une proposition d'enquête parlementaire. — Sort de cette proposition. — Nomination et dissolution de la commission d'enquête. — La question extérieure.

— M. Van de Weyer apporte le protocole du 15 octobre. — Perplexités du ministère. — Conseils donnés par le général Bclliard. — Avis analogue de l'ambassadeur d'Angleterre. — Le ministère propose l'adoption des vingt-quatre articles. — Discours de M. De Meulcnaerc.

— Débats de la Chambre des représentants. — Discours de MM. Jaminé et Nothomb. — Tendance de l'opinion publique. — Adoption du protocole. — Engagements pris au nom des ministres.

La popularité de Léopold n'avait pas souffert de nos désastres. Lorsqu'il revint à Bruxelles dans la matinée du 16 août, la foule pressée sur son passage l'accueillit avec des acclamations unanimes.

Dans l'appel aux armes du 4 août, le roi s'était écrié : « Chacun fera son devoir ; Belge comme vous, je dér fendrai la Belgique : Je me rends à mon poste! » A Anvers, à Malines, à Aerschot, à Louvain, il avait tenu

ses promesses. Ce n'était pas sur lui que pesait la responsabilité de la défaite de nos troupes.

Trois semaines à peine s'étaient écoulées depuis les belles et patriotiques fêtes de l'inauguration. Bien des événements s'étaient accomplis , bien des illusions s'étaient dissipées dans ee court intervalle. « Il y avait,» dit M. Nothomb, «dans cette rapide succession des événements, dans cette inconstance de la fortune, dans ce » revers après l'éclat d'un si beau jour, quelque chose qui adevait toucher profondément le peuple belge. » Ajoutons que la nation avait la conscience des services que le roi, par sa seule présence, avait rendus à sa patrie adoptive. Au milieu des illusions causées par les victoires de Septembre, quel ministre eût osé provoquer l'assistance d'une armée étrangère? Quel eût été le sort du pays, si les mains débiles du Régent avaient tenu les rênes de l'Etat, au moment où nos premiers revers furent annoncés à Bruxelles? Quel prétexte la France eût-elle saisi pour intervenir en notre faveur avec l'assentiment de la Conférence de Londres? Une royauté acceptée par les mandataires de l'Europe avait sauvé la Belgique.

Le 8 septembre s'ouvrit la première session des Chambres.

Les déplorables événements du mois d'août ne pouvaient être passés sous silence dans le discours du trône. L'occasion était opportune pour rappeler au pays et à ses représentants la nécessité de se mettre à l'abri d'humiliations nouvelles. Le ministère ne faillit pas à cette tâche. Tout en rendant hommage à la bravoure indivis duclle que nos troupes avaient déployée dans cette

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