CHAPITRE \K îil
•depuis longtemps préparés ?.... Qui le croirait? dans le
• pays le plus riche et le mieux cultivé du monde, au •milieu des moissons les plus abondantes, nous avons, •vu nos soldats dénués des choses les plus nécessaires,
• privés de vivres et succombant bien plus sous les coups •de la faim que sous le fer des Hollandais!....»
Lorsque M, Dumortier eut cessé de parler au milieu tftin silence solennel, la proposition fut prise -en considération à la presque unanimité des suffrages. Mise aux voix, à la séance du six octobre , elle fut adoptée par soixante-deux voix contre trois abstentions (1),
L'enquête parlementaire, il faut l'avouer, était dans les vœux du pays. La défaite des armées de l'Escaut et de la Meuse, l'état de désorganisation où se trouvaient leurs cadres au moment de l'invasion , la disette de vivres qu'avait -subie l'armée de la Meuse, les désordres de l'administration et, surtout, l'insuffisance numérique de l'armée avaient produit un étonnement universel. Le courage et l'ardeur des soldats ne pouvant être révoqués en doute, la nation arrivait naturellement à soupçonner les chefs et à leur imputer la responsabilité des désastres. Expression fidèle de l'opinion publique, la Chambre des. représentants, par son vote en faveur de la propositiou de M. Dumortier, entrait à tous égards dans les vues de ses commettants.
Mais quels pouvaient être les résultats de cette mesure extrême? Nous avons dit que, des le 16 août, un arrête royal avait institué une commission chargée de procéder,
d'après les indications du ministre de la guerre, à des
(1) Moniteur du 8 odobre 1831.