AOUT
bourg, Daine fatiguait les ministres de ses demandes et de ses plaintes. En présence des accusations auxquelles il a été en butte et qui pèsent encore sur sa mémoire, l'équité nous fait un devoir de dire que ses réclamations furent aussi nombreuses que pressantes. Le 30 juin, il écrivit au baron de Failly, ministre de la guerre : « ...Sî »la reprise des hostilités est le vœu du pouvoir, je suis » obligé de vous déclarer que je ne suis pas en mesure de * faire la guerre de manière à assurer de l'honneur et des » succès à nos armées. On m'a promis 63 caissons d'in- »fanterie, un parc d'approvisionnement, je n'ai rien reçu. » L'ambulance n'est pas même attelée; les renforts que •l'on m'a promis n'arrivent pas; je n'ai ni vivres, ni » munitions de guerre, ni magasins; les avancements »que j'avais demandés et que l'on m'avait promis, pour » exciter le zèle, l'émulation et un dévouement plus grand *de la part de mes troupes, n'arrivent pas : bref, ma » position au 1 er juillet est la même que celle que j'avais »au 22 janvier, à part l'envoi d'une batterie de 42 que je •viens de recevoir après cinq mois d'attente. » Dans la même lettre il insistait vivement pour que du moins le commandement de la cavalerie fût confié à un officier général (1).
L'absence de généraux de brigade à l'armée de la Meuse était d'autant plus regrettable que Daine lui-même était loin de réunir les qualités que réclame le commandement. Vieux soldat, doué d'une incontestable bravoure, il était malheureusement dépourvu de science stratégique. D'un autre côté, son caractère inquiet et sa susceptibilité om-
(1) Mémoire au Roi, p. 70.