CHAPITRE VII
« Je reçois avec plaisir l'expression des sentiments «unanimes de la Chambre des représentants. Je crois «avoir acquis des droits à la confiance de la nation; »cette confiance, je saurai toujours la justifier. La Belgique sait que je suis dévoué à ses destinées. Ses intérêts sont les miens.
«Je me félicite de pouvoir vous annoncer que la marche «des négociations indiquée par la Chambre desrepré- » sentants est entièrement conforme à celle que j'ai «prescrite à mes ministres et que j'ai exposée à la Con- «férence, avant de vqus faire donner communication «des derniers actes.
«Le plus sûr moyen d'arriver promptement à une «solution des difficultés qui subsistent encore, c'est de «convaincre l'Europe que la Belgique est restée jalouse «de son antique réputation et qu'en alliant la prudence «à la fermeté, elle saura au besoin, avec le secours de «la Providence , soutenir ses droits par la force des «armes.
«Je vois avec une bien douce satisfaction que la «Chambre a compris la position du pays et qu'elle pense «qu'aucune charge, aucun effort, ne doivent coûter à «une nation quand il s'agit de son existence et de son «honneur. Cette opinion, je la partage, et je donnerai «des ordres pour qu'il soit soumis instamment à vos «délibérations des projets de loi qui tendront à atteindre «le but que la Chambre se propose. »
Le 21 mai, le Sénat vota, par trente voix contre deux, une adresse conçue dans le même sens. La réponse du roi reproduisit les assurances déjà données à l'aulre Chambre.
M. de Meulenaere s'était franchement associé aux démarches des Chambres. Depuis plusieurs jours , il avait chargé notre plénipotentiaire d'exiger l'évacuation de la citadelle d'Anvers et des forts de l'Escaut, comme condition préalable de la reprise des négociations ultérieures.
Le traité du 18 novembre renfermait des dispositions de deux espèces : les unes susceptibles d'une exécution immédiate; les autres, sujettes à des négociations ultérieures. M. de Meulenaere avait chargé M. Van de Weyer d'exiger l'exécution des premières, avant d'ouvrir une négociation au sujet des secondes. L'attitude des Chambres vint ajouter au langage du ministre le poids d'une manifestation solennelle de la volonté nationale.
En définitive les ratifications ne furent pas restituées. M. Van de Weyer conserva son poste à la cour de Londres; mais le général Goblet lui fut adjoint comme plénipotentiaire belge auprès de la Conférence.