‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 3 sur 155 · TOME f · texte numérisé non relu

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les volées des cloches annonçaient l'arrivée de l'élu de la nation. Une foule innombrable, accourue de toutes les provinces, remplissait les places publiques. L'espoir était dans tous les cœurs, la joie sur toutes les lèvres. L'avénement de Léopold était la fin de l'anarchie, la paix avec l'Europe, la consolidation de l'indépendance nationale. On oubliait les souffrances et les inquiétudes du passé, pour s'entretenir des espérances d'une ère nouvelle.

Le roi quitta le château de Laeken à onze heures. Arrivé à la porte de Bruxelles, où l'attendait le corps municipal, le bourgmestre (M. Rouppe) lui présenta les clefs de la capitale. « Sire, » lui dit le digne magistrat, « le corps municipal de la ville de Bruxelles s'empresse » d'offrir à Votre Majesté, au nom de cette héroïque cité, »le tribut de son respect, l'hommage de son dévouement. »Élu de la nation, prince magnanime, venez prendre » possession du trône où vous appellent les acclamations » unanimes d'un peuple libre. Vous maintiendrez, Sire, » notre charte et nos immunités. Nous, nous saurons » défendre votre trône et conserver intactes vos prérogatives royales. Devant Votre Majesté s'ouvre une vaste «carrière de gloire et de renommée ; devant nous une ère »de splendeur et de prospérité. Magistrats par le choix »de nos concitoyens, nous sommes glorieux de présenter »en leur nom, au premier roi des Belges, les clefs de sa d capitale. »

Léopold répondit affectueusement que les clefs de. Bruxelles ne sauraient être mieux confiées qu'aux mains de celui qui les avait si bien conservées dans les moments les plus critiques. Il ajouta : « Je n'ai accepté la cou-

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