CHAPITRE IV
forts plus ou moins considérables prirent successivement le chemin du Limbourg. Au commencement de juin, l'armée de la Meuse comptait un effectif d'environ 7,000 hommes. Malheureusement, il avait fallu placer 2,000 hommes à Venloo. Le noyau principal, réduit à 5,000 hommes , restait insuffisant pour faire face, d'un côté à la garnison de Maestricht, de l'autre aux corps hollandais concentrés dans le Brabant septentrional.
Le 12 juin, Daine renouvelle ses réclamations; voulant mettre sa responsabilité à couvert, il somme le ministre de la guerre de réaliser enfin ses promesses : c Depuis six mois, • lisons-nous dans sa dépêche, «je •ne cesse de mettre au jour l'exiguïté de mes moyens; •mes états de situation en font foi; ils indiquent ma » faiblesse : on évite de me répondre ou bien l'on m'an- » nonce des renforts, et, au lieu de satisfaire à mes justes •demandes, l'on m'ôte un de mes bataillons pour le •diriger sur Gand, ainsi qu'un escadron de lanciers
• pour l'envoyer dans le Luxembourg, où l'on n'a besoin •d'aucune cavalerie. Bref, pour que l'armée de la Meuse
• soit dans la possibilité d'agir avec efficacité, elle devrait •être composée de 6 régiments d'infanterie, ou au moins •de 4 s'il était impossible d'en distraire de l'armée de •l'Escaut.... Que prétend-on que je fasse avec une petite •armée, dont la force numérique n'est que de 6,800
• hommes au plus et de deux batteries d'artillerie? et j'y •comprends encore la garnison de Venloo, forte de 2,000 •hommes, dont je ne puis disposer. » Et pour qu'on ne lui réponde pas en l'engageant à avoir recours à la garde civique, le général ajoute : « La garde civique de la province se compose de 6,000 hommes, mais il n'a été mis