‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 61 sur 155 · CHAPITRE IV. iii · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. iii

» faire la guêtre de manière à assurer des succès et de » l'honneur à nos armes (1), »

À la suite de cet avertissement significatif, le département de la guerre fit un nouvel effort. Pendant le mois de juillet et dans les quatre premiers jours d'août, l'armée de la Meuse reçut des renforts et atteignit peu à peu le chiffre que nous lui avons attribué au moment de l'agression des Hollandais ; mais cette augmentation de forces n'arrêta pas les réclamations de Daine. Le 3 août, au moment où la division hollandaise de Cort-Heiligers franchissait les frontières du Limbourg, il demandait encore qu'on lui envoyât le restant des renforts promis, un parc de réserve, des caissons d'infanterie, des chevaux et des effets de campement (2).

Tout homme de bonne foi avouera que ces faits incontestables écartent à l'évidence le grief relatif à l'insuffisance de l'effectif de l'armée de la Meuse. Eh bien! en consultant la correspondance officielle du général, on arrive au même résultat pour les accusations qui se rapportent au service des vivres et à l'approvisionnement des magasins militaires.

Le seul reproche sérieux qu'on puisse adresser à Daine, c'est d'avoir désobéi à l'ordre du roi qui lui prescrivait un mouvement de gauche vers l'armée de l'Escaut. Sans cette désobéissance fatale, la défaite de l'armée et la capitulation de Louvain eussent été probablement évitées.

Quand on se rappelle les déplorables conséquences des hésitations de Daine après le combat de Houthalen, il est

(!) Mémoire au Roi, p 69 et 70. — Voir la suite de cette lettre, ci-dessus p. 20.

(2) Dépêche du 3 août. Mémoirt au Roi, p. 44.

difficile, nous le savons, de conserver le calme et l'impartialité nécessaires au juge. A l'aspect de cette incurie qui attire sur la Belgique l'humiliation d'une défaite, au moment où la victoire eût été si avantageuse à la consolidation de son indépendance, le cœur se soulève d'indignation et de honte. Que de gloire, que de sujets de légitime orgueil, si l'armée des Belges , à peine organisée , eût triomphé de la discipline et du nombre des régiments bataves! Soyons justes cependant; si la désobéissance de Daine est réellement injustifiable, un examen attentif des événements autorise l'admission de plus d'une circonstance atténuante.

Les faitf que nous allons rapporter sont tellement étranges que la reproduction intégrale des documents qui les constatent nous semble indispensable pour former la conviction du lecteur.

Le 5 août, à onze heures du matin, Daine reçut à Hasselt un ordre daté de la veille et ainsi conçu :

« Anvers, le 4 août 1831 .

» Général,

»Par suite des ordres de Sa Majesté, vous prendrez de * suite les dispositions nécessaires pour vous rapprocher »du corps d'armée du général de Tieken dont le quartier- » général esta Schilde. Vous laisserez une garnison suffisante à Hasselt et vous opérerez votre mouvement en *vous dirigeant vers la Nèthe, dont l'aile gauche de » l'armée de l'Escaut se rapproche.

»Vous adresserez à Anvers vos dépèches et vos rapports. Une division ennemie occupe Turnhout, une » autre la route de Breda sur Anvers.

(Signé) : » Le général Baron de Failly. »

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