CHAPITRE XXXV
reproduction de ramendement de M. Bârthels sous une autre forme , elle réunit Tunanirailé des suffrages (4). Une autre discussion surgit au sujet du mandat impératif. MM. Verhaegen el Roussel, l'un et l'autre délégués de VAlliatice, voulaient que les associations libérales, laissant à leurs élus une liberté entière, se contentassent des garanties qu'offraient l'honneur, le dévouement et la conscience des candidats. D'autres membres , plus méfiants et moins scrupuleux, prétendaient que tout candidat, porté par la confédération à des fonctions électives, devait s'engager, sur l'honneur, à user de toute son influence pour réaliser les principes du programme. Ici encore le débat se termina par un amendement qui , tout en conservant le fond, adoucissait les termes de la formule. Il fut convenu que l'acceptation d'une candidature offerte par une société libérale serait considérée comme une adhésion aux principes de la confédération énoncés dans son programme (2). Du reste, aux yeux des membres les plus influents du Congrès, ces questions n'offraient qu'une importance secondaire. Le point essentiel était de grouper, de coaliser, de discipliner les forces électorales du libéralisme. On en acquit la preuve dès le début de la discussion. Des murmures unanimes interrompirent le baron de Sélys- Longchamps, lorsque, revendiquant en faveur des confédérés le droit de ne pas favoriser les candidatures repoussées par leur conscience , il prononça les paroles suivantes : « On peut très-bien exiger que les libéraux » n'agissent pas en faveur de candidatures qui ne sont
(!) Voy. la brochure intitulée Congrès libéral de Belgique^ p. 46 à 49. (2;i&ti.,P. ^ctsuiv.
»pas celles de Tassociation, mais on ne peut pas exiger » qu'un libéral opprime sa conscience au point de voter »et d'user de son influence en faveur du candidat de » l'association, alors que sa conscience lui dit que l'assox>ciation a fait un mauvais choix. » L'argument était sans réplique. Il fallait ou admettre la proposition de M. de Sélys ou proclamer la toute-puissance des clubs. Ce fut ce dernier parti qui réunit la majorité des suffrages. Des hommes qui se proclamaient les défenseurs les plus énergiques de la liberté commençaient par se condamner eux-mêmes à un véritable vasselage politique (l)î
L'assemblée allait se séparer, lorsqu'un délégué de Liège fit une proposition ainsi conçue : « Le Congrès » forme des vœux pour l'affranchissement, par tous les » moyens légaux, du clergé inférieur, qui est sous le »coup d'une menace incessante de révocation, et dont la y> constitution civile est impunément violée. » Combattue par M. Lelièvre, vigoureusement appuyée par M. Frère, la proposition fut adoptée à une grande majorité (2). Quelques jours plus tard, toutes les feuilles libérales publièrent les documents suivants, que leur importance rend dignes d'être intégralement reproduits :
(1) Ibid., p. 24. — M. Jacobs (d* Anvers) avait présenté un amendement ainsi conçu : « Si exceptionnellement un membre croyait ne pas «pouvoir prendre un engagement aussi formel vis-à-vis de l'un ou do «Vautre candidat présenté, il le déclarerait au président par écrit qui «restera secret, en désignant nominativement le ou les candidats aux- «quels il ne pourrait, le cas échéant, accorder son vote. Mais, dans ce «cas, le sociétaire s'abstiendrait d'user de son influence contre le can- «didat de la majorité. » — Cet amendement fut rejeté à une grande majorité {Ibid., p. 25 et 27).
(2) Nous avons déjà parlé de l'inamovibilité des desservants, et nous aurons Toceasion d'y revenir (Voy. ci-dessus, p. 149).
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