‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 102 sur 178 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

^principes actifs de la Couslitulion. Une efasse de ci- »loyens, non contente de la part qui lui était accordée, »a voulu s'approprier encore celle des autres! » Oa ne s'attend guère à trouver cette accusation dans la bouche du président d'une assemblée, où l'abandon de l'union, la conquête du pouvoir, l'absorption des influences officielles et l'asservissement politique des catholiques étaient l'objet de tous les vœux et de toutes^ les espérances (1) !

Une seule séance suffit pour rédiger l'acte de fédération et formuler le programme du libéralisme belge^ L'assemblée fut unanime à proclamer la nécessité d'une réforme électorale; mais des dissidences assez vives se manifestèrent au sujet de la position qu'on devait assigner aux électeurs des campagnes. M. Frère, délégué de V Association libérale de Liège , proposait la rédaction suivante : « La réforme électorale , — par l'adjonction , »dans les limites de la Constitution, des citoyens exer- »çant une profession pour laquelle un brevet de capacité »est exigé par la loi, — et par l'abaissement successif du ï>cens actuel des villes avec toutes les garanties de lu- Dmières, d'indépendance et d'ordre. » Plus hardi, plus rapproché des idées démocratiques , M. Bartels , délégué de Y Alliance de Bruxelles, repoussait le système de M. Frère, et proposait de dire : « La réforme électorale >par l'abaissement du cens des villes au niveau du cens » des campagnes, pour arriver successivement un jour «jusqu'à la limite fixée par la Constitution. j> M. Frère déclara nettement qu'il ne voulait, ni l'égalité du cens

(i) Le discoars de M. Defacqz se trouve dans toutes les feuilles libérales de répoque.

entre les villes et les campagnes, ni l'abaissement du cens jusqu'au mimmw?» fixé par la Constitution. « Je désire, » dit-il, « autant que possible l'extension du droit de voler; »mais, avec le système d'impôts qui nous régit, je ne «pense pas qu'il serait juste d'établir l'égalité du cens centre les villes et les campagnes... Je n'ai pas voulu, » d'un autre côté, indiquer une limite extrême comme » pouvant être atteinte dès à présent... Je n'ai pas voulu 3) demander l'abaissement du cens jusqu'au minimum fixé 3) par la Constitution, mesure qui, de l'aveu de tous, ne »peut pas être prise dès à présent, qui, dans les circon- » stances actuelles, serait même mauvaise, inopportune, » dangereuse... d Interrompu par les murmures de l'assemblée, l'orateur éleva la voix et s'écria avec force : « Beaucoup d'électeurs à vingt florins ne présenteraient »pas des garanties suffisantes d'ordre, de lumières et » d'indépendance; vous aurez à vingt florins, non pas •des électeurs, mais des serviteurs, des gens soumis xià la domination d'aulrui, des hommes qui n'auront »ni assez de lumières, ni assez d'indépendance, pour «résister aux influences dont ils seront entourés 1 » Une scission allait éclater, lorsque M. Roussel proposa de rédiger l'article comme suit : « La réforme «électorale par l'abaissement successif du cens jusqu'aux «limites fixées par la Constitution, et comme mesure «immédiate : !<> l'adjonction , dans les limites de la «Constitution, comme électeurs, des citoyens exerçant «une profession libérale pour laquelle un brevet de ca- »pacité est exigé par la loi, et de ceux portés sur la «liste du jury; S*» un certain abaissement dans le cens «actuel des villes. « Quoique cette formule ne fût que la

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