III. Voeu du libéralisme belge
a Le Congrès libéral fait des vœux pour l'affranchis- »scment, par tous les moyens légaux, du clergé infé- »rieur, qui est sous le coup d'une menace incessante »de révocation et dont la constitution civile est impu- »némenl violée (1). »
Il n'est pas nécessaire de signaler Timporlance immense de cette vaste confédération de toutes les nuances du libéralisme. Une so.ciété dirigeant à son gré le corps électoral de la capitale, étendant ses ramifications dans toutes les villes et dans tous les cantons ruraux, ayant à ses ordres une presse audacieuse et habilement servie, étalant hautement la prétention d'imposer ses idées, ses projets, son programme à la nation, au gouvernement, aux Chambres, une telle société était par elle-même un danger permanent pour l'indépendance et la dignité de l'administration centrale. Mais la gravité de cette situation devenait bien plus évidente encore quand on jetait les yeux sur les termes de l'article 7 de l'acte de fédération. Dans son discours d'ouverture, M. Defacqz avait dit : « Ce que le Congrès ne fera pas aujourd'hui, i>il l'accomplira quand il le voudra. Il ne va pas se «dissoudre à la suite d'une première réunion. Il con- »stitue désormais un corps permanent qui s'assemblera S) quand les intérêts de la cause libérale l'appelleront à »leur aide; qui s'assemblera mieux organisé, formé »d'une représentation plus complète, et d'ailleurs pré-
(1) Ces documents étaient signés par M. Defacqz, président, et M. j. Bartbels, secrétaire.
»paré à traiter les questions qui auront été d'avance «signalées à son attention. » C'était une tribune retentissante élevée à côté de la tribune des Chambres ; c'était la représentation des clubs politiques siégeant à côté de la représentation constitutionnelle du peuple belge ; c'était une assemblée irresponsable contrôlant, dirigeant, dominant le parlement organisé par la Constitution. Rien n'empêchait le Congrès libéral de discuter à son tour, de flétrir et de condamner toutes les mesures solennellement décrétées par les trois branches du pouvoir législatif. En voyant pousser le droit d'association à ces limites extrêmes, on se rappelait involontairement cette maxime devenue triviale à force d'être répétée, que les lois les plus belles et les plus justes, pour être durables et salutaires, ont besoin d'être appliquées avec sagesse et interprétées avec modération. La diplomatie étrangère conçut des craintes; elle s'imagina que la Belgique se trouvait à l'entrée d'une longue période d'anarchie, et le roi Louis-Philippe lui-même crut devoir manifester ses alarmes. Le 14 mai 1846, il écrivit au roi des Belges : « C'est sur la stable du conseil que je vous écris. Vos lettres et tout »ce que je recueille d'informations sur la situation de »la Belgique fermentent dans ma tête, sur le fonds de 3) ma vieille expérience et des orages révolutionnaires »qui ont passé sous mes yeux. C'est surtout cette » assemblée de délégués des associations belges, qui va »se réunir à Bruxelles, qui me préoccupe. Elle ne me «rappelle rien moins que la commune de Paris de 1792, «dictant de l'hôtel de ville à la Convention nationale aux «Tuileries (après la disparition de la royauté) tout ce