‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 121 sur 178 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

des dépenses souvent improductives : elle avait obtenu Tattention du monde (i).

Cette extension rapide des voies ferrées était d'autant plus remarquable que les routes ordinaires, les rivières et les canaux avaient, de leur côté, absorbé des sommes immenses. Sous ce rapport encore, la Belgique, à peine admise dans la famille des peuples, était déjà Tun des pays les mieux dolés de TEurope. Grâce au concours de l'Etat, des provinces, des communes et des particuliers, les routes pavées ou empierrées de l'Etat , les routes provinciales et les roules concédées avaient acquis une longueur de 1,247 lieues de 5,000 mètres. Les canaux et les rivières navigables ajoutaient 336 lieues à ce chiffre, indépendamment de 172 lieues de chemin de fer! Qu'on y ajoute l'amélioration de la voirie urbaine et celle plus considérable encore de la voirie vicinale, et l'on aura une preuve nouvelle des ressources inépuisables de nos provinces. Depuis la révolution de i830, les routes de l'Etat s'étaient accrues de 297 lieues métriques, les roules provinciales de 194 et les routes concédées de 107. C'était une augmentation de 598 lieues de 5,000 mètres, obtenue à l'aide d'une dépense de plus de 58 millions de francs (2).

(1) I*Io(homb, Rapport aux Chambre» législativet du 12 novembre 1839, 2" édit., p. 13U. — Voy. aussi la statistique des chemins de fer publiée par M. Partocs, dans V Exposé de la situation du royaume (1840*1850), Titre IV, p. 230 et suiv.

(2) Dans Tindication de ces rûsuHats nous avons été forcé, faute de renseignements spéciaux, de devancer Tannée indiquée en léle du chapitre. Les chifTres que nous transcrivons indiquent pour les canaux et les routes la situation de 1850.

Pour les détails on peut consulter la statistique des voies de communication que M. Partoes a placée dans VExpoti de la situation du royaume (1840-1850), Til. IV, p. 104 à 229.

Malgré cette succession de dépenses considérables, les finances nationales se trouvaient dans une situation prospère. Deux cent cinquante millions de francs avaient été consacrés par l'Etat à Texéeution de travaux d'utilité publique; cinquante-trois millions avaient été dépensés pour accroître le domaine immobilier du pays; Tentretien de l'armée avait absorbé des sommes immenses, et cependant les contributions perçues au profil du trésor général étaient moins élevées que dans les pays voisins. Tandis que la moyenne de l'impôt était de fr. 49-02 par tête en Hollande et de fr. 37-74 en France, celto moyenne ne s'élevait qu'à 27 fr. en Belgique : résultat d'autant plus remarquable que, depuis la révolution ,. on avait supprimé plusieurs impôts dont le produit annuel atteignait dix-huit millions (1). Malgré la crise des subsistances et l'invasion du paupérisme dans les Flandres, l'équilibre entre les recettes et les dépenses ordinaires avait été maintenu, et le monde financier fut étonné d'apprendre que, nonobstant l'exportation de cent trente millions pour achat de denrées alimentaires, les fonds belges avaient subi une baisse moins forte que ceux de l'Angleterre et de la France. Les intérêts de la dette constituée s'élevaient à fr. 22,339,418; mais dans ce chiff're figurait une rente annuelle de fr. 10,158,720 qui nous avait été imposée par le traité du 19 avril 1839, et une autre de fr. 9,003,163 représentant les intérêts de divers capitaux consacrés aux travaux publics : de sorte que moins de quatre millions de rente formaient la dette de la révolution, la somme

(I) On n'avait élabli qu'un seul impôt nouveau, celui sur le débit dos boissons distillées, dont le produit moyen avait été d'environ 950,000 fr.

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