CHAPITRE XXXVII
niRISTÈRE DU 12 AOUT 1847. - LA POLITIQUE NOUVELLE.
(12 Août 1847 — 21 Octobre 1852).
Combinaison ministérielle formée par M. Rogier. — Programme du cabinet. — La politique nouvelle. — Actes réactionnaires. — Destitution de trois gouverneurs et de dix commissaires d'arrondissement.
— Attitude pleine de modération des catholiques. — Langage hautain des ministres et de leurs partisans. — Lettres du cardinal de Malines communiquées à la Chambre des représentants. — La politique nouvelle dans le domaine de la bienfaisance. — Le retrait des lois dites réactionnaires. — Chants de triomphe interrompus par la révolution de février. — Difficultés de la politique extérieure. — La diplomatie belge à Paris, à Rome et en Allemagne. — Embarras intérieurs. —
— Mesures économiques. — Mesures politiques. — Attitude patriotique de la représentation nationale. — Abaissement du cens électoral au minimum fixé par la Constitution. — Dissolution des Chambres» des conseils communaux et des conseils provinciaux. — Les Chambres nouvelles. — Exigences de la presse libérale. — Négociations avec la cour de Rome en vue d*obteuir rinamovibilité des desservants. — Loi sur l'enseignement supérieur. — Organisation de l'enseignement moyen. — Les luttes des partis interrompues par la mort de la reine. — La politique nouvelle et les finances. — Impôt sur les successions en ligne directe. — Questions importantes soulevées à l'occasion du budget de la guerre. — Le gouvernement, les partis et lo pays en i852. — Causes de raiTaiblisscmcnt de l'influence du cabinet.
— Dissolution du ministère. — Aperçu général.
Après les élections de 1847, la mission de former un cabinet exclusivement libéral revenait de droit à M. Rogier. L'ex-minislre pouvait cette fois se dispenser d'offrir à la royauté des conditions humiliantes: il était pour longtemps le maître de la situation politique.
270 lî AOUT 1847—31 octobre 1852.
Les catholiques restaient fortement représentés au sein des Chambres; mais Tadminislration nouvelle, chaleureusement appuyée par la gauche, pouvait compter sur le concours au moins passif de plusieurs fonctionnaires amovibles, que la réforme parlementaire n'avait pas encore éloignés de la législature. La journée du 8 juin fournissait une preuve irrécusable de la marche ascendante du libéralisme exclusif; la défaite, le découragement et l'appréhension de l'avenir énervaient les forces de ses adversaires.
Le ministère fut installé le 12 août. M. Rogier s'était réservé le département de l'Intérieur. Il avait placé M. d'Hoffschmidt aux AflFaires étrangères; M. Frère, aux Travaux publics; M. de Haussy, à la Justice; M. Veydt, aux Finances; le baron Cbazal , à la Guerre (1).
(i) M. Frère, éla membre de la Chambre des représentants, Te 8 juin i8i7, par le collège électoral de Liège, devint ministre des Finances avant d'avoir occupé son siège au Palais de la Nation. M. Rogier, tenant infiniment à avoir un collègue parmi la députation liégeoise, avait jeté les yeux sur M. Delfosse. Le refus de celui-ci fit la fortune ministérielle de M. Frère.
Voici la composition définitive du cabinet du 12 août. Affaires étrangères, M. d'Hoffschmidt.
Intérieur, M. Rogier.
Justice, M. de Haussy, remplacé, le 12 août 1850, par M. Tesch. Finances. 'ii. Veydt, Jusqu'au 12 mai 1848; depuis cette date provisoirement, et à partir du 19 juillet 1848 définitivement, M. Frère. Après la retraite de celui-ci, le 17 septembre 1852, M. Liedts.
Guerre^ Le baron Ghazal, jusqu'au 15 juillet 1850; du 15 juillet au 12 août 1850, M. Rogier, par intérim; du 12 août 1850 au 13 juin 1851, le général Brialmont; du 13 juin 1851^ jusqu'à la retraite du cabinet, le général Anoul. Travaux publics. M. Frère, jusqu'au 19 juillet 1848; M. Rollin, du 19 juillet 1848 au 12 août 1850; M. Van Hoorebcko, di; 12 août 1850 jusqu'à la retraite du cabinet.
(Voy. Aug. Schclcr, Slatist. psrs. des Uinistns, Qtc,., p. 69)^