CHAPITRE XXXVII. 3H
tervenir dans les questions qui intéressent directement la discipline et la hiérarchie des ministres du culte. Ce fut en vain que M. de Brouckere, fidèle jusqu'au bout à ses instructions, demanda, à défaut d*une déclaration d'inamovibilité, un avis favorable à Tinstitulion d'une officialité diocésaine, dans le genre de celle que Mgr Sibour avait établie à Digne, à l'époque où il administrait ce diocèse. On lui répondit de nouveau que les évoques étaient les meilleurs juges en cette matière, et que dans tous les cas, un nonce se trouvant à Bruxelles, les ecclésiastiques révoqués sans motifs pouvaient aisément porter leurs griefs à la connaissance du souverain Pontife. M. de Brouckere comprit que toute démarche ullérieure était inutile, et il eut la loyauté d'énoncer franchement cette opinion dans sa correspondance avec le ministre des Affaires étrangères (1). Le cabinet du 12 août, pas plus que les membres du Congrès de 1846, < ne connaissait »la force d'organisation de cette grande société des j>âmes, qui dure depuis dix-huit siècles, qui a vu » tomber tant d'empires, passer tant d'hommes et de 3>systèmes, qui a résisté à tant de violences, à tant ïde séductions, à tant de causes de dissolution, parce » qu'elle est fondée sur l'esprit d'unité, de subordinax>tion et d'abnégation (2).»
Les clubs politiques furent plus heureux dans le domaine de l'enseignement public. Ici leurs théories recurent une consécration éclatante.
(1) Déjà l'année précédente le prince de Ligne avait, sans plus de succès, entamé une négocialion analogue à Portici. Ç2) De Gerlache, Essai sur le mouvement des partis^ p. 57, 2» édit.
319 12 AOUT 1847 — 31 octobre 1882.
On avait élargi la liberté communale, en privant les minisires du droit de nommer le bourgmestre hors du conseil, sans l'assentiment préalable de la dépulalion permanente. On avait attribué une force nouvelle à la liberté de la presse, en supprimant l'impôt du timbre qui s'opposait à son développement (1). On avait fait subir aux lois électorales une réforme tellement importante qu'il ne restait plus qu'un pas à faire pour arriver au suffrage universel. Mais ces idées larges, démocratiques, libérales, disparurent tout à coup, lorsqu'il s'agit de régler l'enseignement donné aux frais de l'Elat. Au lieu de restreindre l'action du pouvoir central, on le gratifia de nouveaux privilèges. Au lieu de raffermir la liberté d'enseignement, on lui suscita mille entraves. La liberté d'enseignement était favorable aux catholiques! Malgré le titre qu'ils se sont donné, malgré leurs déclamations incessantes contre le despotisme , une foule de libéraux n'aiment la liberté qu'autant qu'elle puisse favoriser leur propagande et maintenir leur influence sur le peuple. Aussitôt qu'elle devient favorable à leurs adversaires , ils la repoussent avec ardeur et se mettent à célébrer les droits de l'Etat, à glorifier l'influence de la bureaucratie officielle. Leurs phrases favorites deviennent alors des tirades sonores sur les besoins et les avantages du pouvoii' fort!
Dans la sphère de l'enseignement supérieur, le mode de nomination du jury d'examen, introduit en 1835, maintenu avec quelques modifications en 1844, n'avait pas répondu aux besoins de la science et à l'attente
(1) Loi du 35 mai 1848.