‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 159 sur 178 · CHAPITRE XXXVni · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVni

BmiSTÈRE DU 31 OCTOBRE 1852.

(31 Odobre 1852 — 30 Mars 1858).

Les partis et les Chambres. — M. Henri de Broackere reçoit la missioo de former un ministère libéral modéré. — Raisons de Tavénement d'un cabinet extra-parlementaire. — Programme de Tadministration nouvelle. — Négociations avec la France; coup d'œil rétrospectif; succès obtenus par M. de Brouckere. ~ Présentation d'une loi relative à la répression des offenses envers les chefs des gouvernements étrangers. — Loi sur l'organisation de l'armée. — Majorité politique du duc de Brabant. — Mariage du prince royal avec Tarchiduchesse Marie-Henriette-Anne d'Autriche. — Négociations avec le clergé pour obtenir son concours dans l'enseignement moyen de l'Etat. — Convention dite d'Anvers. — Résultats importants obtenus par le cabinet du 31 octobre. — La diplomatie belge et la guerre d'Orient. — Les élections de 1854. — Derniers travaux du ministère. — Causes de sa retraite. — Formation du ministère de Decker-Yilain XIIIL

La majorité de la Chambre des représeniauts était restée libérale; mais ses derniers votes avaient prouvé qu'elle ne voulait plus de cette politique exclusive, tracassiëre, étroitement partiale, installée à la suite des élections de 1847. Fatiguée des luttes stériles et sans cesse renaissantes des cinq dernières années, la majorité appelait de tous ses vœux l'avènement d'une politique libérale modérée. Le roi avait immédiatement compris les exigences de cette situation nouvelle, et

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c'était pour arriver à un régime plus conciliant et plus calme qu'il avait confié à M. Henri de Brouckere la mission de reconstituer le cabinet. Cette tâche n'était pas facile à remplir. Les membres les plus éminents de l'opinion libérale s'étaient prononcés en faveur du ministère du 12 août, et les députés qui, depuis quelques mois, formaient une fraction dissidente, ne disposaient pas d'une influence suffisante pour rallier à leur bannière toutes les nuances modérées du parlement. M. de Brouckere tourna la difficulté en formant un ministère extra-parlementaire. Il accepta pour lui le département des Affaires étrangères. L'administration de la Justice fut confiée à M. Faider, avocat-général à la cour de cassation. M. Piercol, bourgmestre de Liège, devint ministre de l'Intérieur. MM. Liedls, Anoul et Van Hoorebeke conservèrent leurs portefeuilles. Le dernier était le seul membre du cabinet investi d'un mandat législatif.

Dés le 3 novembre, M. de Brouckere fit connaître à la représentation nationale le programme et les projets des ministres. Après avoir passé en revue les résultats électoraux de 1852, le vote du 28 septembre sur la présidence de la Chambre, les indécisions de la majorité, les vœux de conciliation émis sur plusieurs bancs de l'assemblée, il prononça les paroles suivantes : « Le •ministère devait être libéral par essence, invariable »dans ses principes, mais disposé à touta conciliation

• raisonnable et résolu à éviter tout ce qui pourrait

• faire naître des luttes vives entre les partis; il devait •avoir surtout pour mission et pour but une trêve •honorable pour tout le monde et heureuse pour le

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