‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 160 sur 178 · CHAPITRE XXXVIIK · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIIK

•pays qui la désire (1). » En tenant compte de la force respeclive des éléments représentés au sein des Chambres, il n'était pas possible de tenir un langage plus conforme aux exigences du gouvernement parlementaire.

La situation était grave et même, à certains égards, pleine de redoutables éventualités. La question d'Orient^ après avoir longtemps alarmé les intérêts des grandes puissances, allait enfin amener une conflagration qui pouvait devenir universelle. Nos rapports avec la France étaient loin de se trouver dans une phase de bienveillance réciproque. Les industries capitales du pays redoutaient les conséquences ruineuses d'une guerre de tarifs avec nos voisins du midi. Alarmé par les exigences sans cesse croissantes de la politique nouvelle^ le clergé s'était retiré des écoles de TEtat, et les hommes éclairés, qui connaissaient les doctrines et les passions répandues dans les masses, voyaient avec efl'roi toute une génération élevée à l'écart des influences religieuses, plus que jamais indispensables au salut de la société moderne. Au dehors, au dedans, partout se montraient des diflicultés sérieuses.

L'un des premiers soins du cabinet fut d'écarter toute aigreur, toute cause d'irritation de nos rapports avec la diplomatie française. Interpellé à ce sujet par le comte de Meulenaere, M. de Brouckere avait répondu : «Je ne négligerai rien pour conserver les meilleures • relations avec nos voisins du midi; ces relations sont » utiles aux deux pays, et j'ajouterai même qu'un gou-

(I) Séance du 3 novembre.

358 31 OCTOBRE 1858 — 30 mars 1855.

»vernement qui, de gaieté de cœur, s'exposerait à les » troubler, ne serait pas un gouvernement raisonnable; »ce serait un gouvernement insensé (1). »

Ainsi que nous l'avons dit au chapitre précédent, les prétentions du cabinet des Tuileries n'avaient pas été sans influence sur la retraite de M. Frère. Un coup d'oeil rétrospectif est donc indispensable.

La convention commerciale conclue avec la France» le 13 décembre 1845, perdait ses effets le iO août 1852. Elle devait être renouvelée avant cette dernière date, si l'on ne voulait pas replacer les relations des deux peuples sous l'empire du droit commun. Une négociation destinée à prévenir ce résultat avait été entamée par le cabinet du 13 août.

Pendant les six dernières années, les circonstances qui avaient amené la convention de 1845 s'étaient con*sidérablement modiGées du côté de la Belgique. Nos exportations de tissus et de fils de tin vers la France étaient descendues de 4,753,000 kilogr., à 1,593,000; en d'autres termes, l'intérêt de l'industrie linière, qui était surtout entré en ligne de compte, avait perdu 66 7o ^6 ^^^ importance primitive. Le même fait s'était présenté, avec des proportions plus ou moins considérables, pour la plupart des industries nationales. Sous l'empire du traité qu'il s'agissait de renouveler, la somme des marchandises d'origine belge consommées en France avait fléchi de 30 7o • circonstance d'autant plus digne d'attention que, pendant la même période, la masse des produits français achetés en Bel-

Ci) Séance du 5 novembre 1852.

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