‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 167 sur 178 · CHAPITRE XXXVIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIll

•reçoit, pour prix de son concours, un règlement » analogue à celui d'Anvers et une place dans le bureau » administratif. Quant aux communes qui sont associées »^par la loi à l'administration des athénées et des écoles •moyennes, elles exercent une juste influence sur la

• question du concours du clergé; et ce concours n'aura

• lieu que lorsque les conseils communaux auront

• librement décidé que le clergé aura un représentant

• dans le bureau administratif, et que, d'autre part, •un règlement, semblable ou analogue à celui d'An- •vers, aura été rendu applicable à l'établissement d1n-

• struction moyenne (1). » L'immense majorité de la Chambre accueillit ces explications avec une faveur visible. Malgré les efforts de M. Verhaegen et de M. Frère, un ordre du jour renfermant l'approbation de la conduite des ministres fut admis par 86 voix contre 7. Le conseil communal d'Anvers trouva de nombreux imitateurs, et tous les évéques du royaume adhérèrent, par une lettre collective, à la marche suivie par le ministre de l'Intérieur et le cardinalarchevêque de Matines. Cet arrangement, auquel la sagesse et l'influence personnelle du roi n'étaient pas restées étrangères, produisit une impression profonde et salutaire. Les pères de famille applaudissaient au retour du prêtre dans l'école, et les hommes religieux, si nombreux en Belgique, voyaient avec bonheur le terme d'une espèce de schisme dont l'enfance et la jeunesse devaient être les premières victimes.

En arrivant au pouvoir, M. de Brouckere avait dit

(i) Séance du 8 février 1854.

372 31 OCTOBRE 1852 — 30 mars 1855.

que le cabinet formé par ses soins s'était imposé la tâche de calmer les passions, d'amener une trêve honorable pour tous les partis, de rassurer les intérêts alarmés par les difficultés de l'intérieur et du dehors. Les faits que nous venons de passer en revue suffisent pour prouver que le gouvernement était resté fidèle à ce programme. La paix commerciale rétablie avec la France, le problème de l'organisation de l'armée résolu d'une manière conforme aux intérêts du pays, la neutralité imposée aux fonctionnaires politiques, un rapprochement opéré entre l'Eglise et l'Etat dans la question de l'enseignement, tous ces actes importants attestaient la prudence, la modération et l'habileté du pouvoir central. Qu'on y ajoute la loi du l**" décembre 1852 sur la conversion de la rente 5 7o» <iui procura au trésor une économie de deux millions, la loi relative à la répression des offenses envers les souverains étrangers, la concession de plusieurs chemins de fer, l'établissement d'un service de bateaux à vapeur entre la Belgique et l'Amérique, les lois sur les consulats et sur les brevets d'invention, la réforme du code forestier, la conclusion de plusieurs traités de commerce, et l'on verra ce que valent ces théories haineuses qui font de la politique de conciliation une politique nécessairement impuissante et stérile.

Le cabinet avait pris l'attitude que réclamaient à la fois la composition des Chambres et la situation générale de l'Europe. La guerre venait d'éclater entre trois puissances de premier ordre ; leurs querelles pouvaient amener des éventualités menaçantes pour l'indépendance des peuples secondaires, et la prudence était

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