‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 18 sur 178 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

d^sUtiié par le cabinet précédent, parce que, dans les élections de 1839, il avait ouvertement contrarié les vues du gouvernement, le baron de Stassart reçut le litre d'ambassadeur extraordinaire, pour se rendre à la cour de Turin et remettre au roi Charles-Albert les insignes de l'ordre de Léopold ; et Ton savait que cette nomination avait pour seul but de protester indirectement contre i'iin des actes les plus irréprochables de l'administration précédente : aux yeux de la presse ministérielle, c'était la réhabilitation politique d'un gouverneur libéral (1). J\L Rogier mit à la tète de la division de TinstructioQ publique M. Dequesne, connu par l'ardeur de ses convictions libérales. Ce n'est pas tout : le roi ayant nommé bourgmestre de Bruges un sénateur appartenant à l'opinion catholique, des dissidences graves avaient éclaté au sein du ministère entre M. Liedts, qui avait contre-signe l'arrélé royal, et deux de ses collègues connus par l'intimité de leurs rapports avec M. Devaux (2). Dans la collation des emplois publics, dans la distribution des insignes honorifiques, dans toutes les sphères où l'action gouvernementale faisait sentir son influence, la faveur du pouvoir était visiblement acquise au libéralisme.

Cependant les derniers mois de 1840 furent dépourvus d'incidents remarquables. Sans se livrer à des attaques directes contre la politique générale du cabinet, les catholiques manifestaient leurs craintes par des critiques de détail, qui, nous l'avouons, n'étaient pas tou-

(4) Voy. au sujet de la destitution de M. de Stassart, le rapport au roi du 7 juin 1839, Moniteur n* 169.

(2} Discussion du Sénat, Moniteur du 17 mars 4841 et jours suiv.

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