CHAPITRE XXXII
miSTÈHE ROTHOn. — UniTISR DE U POUTIQUE tmOHUTIS.
(13 Ami 1841 — le Avril 1843)..
Situation respective du gouvernement et des partis politiques au mO'ment du vote de Tadresse du.Sén.at. — Deux systèmes contradictoires se trouvent en présence.. — Doctrines de la.. Revue nationale résumées dans le rapport officiel de M. Lebeau. — Nécessité du maintien de la politique unioniste, défendue par. M. Nothomb. — Importance des pioblèmes soumis à l'appréciation de la couronne. — Le roi se prononce en faveur <le la .politique de l'Union, -r M. Nothomb est cbargé de la formation, d'ui). cabinçt n^ixte. — Prpgramipe publié sous la forme d'une circulaire aux gouverneurs de province. — Examen de ce document. — Le ministère se prépare à comparaître devant les Chambres. — Complot or^ngiste, ourdi par le général Van der Meere et Tex-gônéral Van der Smissen. — Griefs nouveaux découverts par l'opposition ultra-libcr^lo. — La dime. — La résurrection de la mainmorte. — La personnification civile de l'université catholique. — Les lois réactionnaires. -T- Nomination des bourgmestres hors du con* seil communal. — Fractionnement d>is collèges électoraux. — Inanité de tous ces griefs.— Les Chambres secondent énergiquement l'ajctioi;! du cabinet. — Travaux parlementaires. — Loi sur l'enseignement primaire. — Loi sur les fraudes électorales. — Le ministère et l'opposition à la tribune de la Gham^bre des représentants. — Succès éclatant obtenu par le ministre de l'Intérieur.
Depuis réreclion du trône constitutionnel, deux partis politiques se disputaient les suffrages du corps électoral. Ces partis étaient largement représentés au sein des Chambres; mais, chaque fois qu'un problème important était discuté à la tribune, la classification en catholiques et en libéraux disparaissait, pour faire place à une
majorité nouvelle, composée de fractions appartenant aux nuances modérées des deux camps rivaux. Une majorité mixte se plaçait au-dessus des dissidences politiques, secondait les efforts des ministres et dotait le pays des institutions que réclamait Tère nouvelle ouverte par la révolution de Septembre. C'était cette majorité mixte qui avait prêté son concours à tous les actes essentiels de la politique intérieure et de la diplomatie nationale: la fondation de la royauté belge, les dix-huit articles, le chemin de fer, l'organisation judiciaire, l'organisation de la province et de la commune, l'organisation de l'enseignenQent supérieur, le traité de paix avec la Hollande. C'était à celte majorité mixte que M. Lébeau lui-même s'était adressé dans toutes les crises qu'il avait rencontrées dans sa carrière ministérielle, 11 lui devait le rejet de la demande d'enquête formée à la suite des désastres de 1831 (1), la ratification parlementaire de la convention du 21 mai (2), le rejet de l'acte d'accusation dressé par M. Gendebien (3). Pleins de confiance dans les lumières, le patriotisme et l'impartialité du pouvoir central, les hommes modérés de chaque parti, rejetant toute pensée d'opposition systématique, se contentaient de veiller au maintien des droits de leurs coreligionnaires politiques. Le gouvernement était placé dans une sphère supérieure.
Tels étaient les rapports respectifs du pouvoir et des Chambres, lorsque les amis de M. Devaux se mirent à célébrer les avantages d'une majorité exclusivement libé-
{l)Voy. T. !*■■,?. 221.
(2) Voy. T. III, p. 12.
(3) Ibid., p. 16.