‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 37 sur 178 · CHAPITRE XXXiJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXiJ

vchaines, destinées à renouveler h même combat. Chef, i^non d'un parti, mais de la natùm, le Roi ne pouvait i^auto7*iser une lutte à la fois ausid dangereuse et aussi y» inefficace. »

La circulaire se terminait paf l'expression d'une crainte patriotique que les événements postérieurs n'ont que trop justifiée. « Si cet essai ne réussissait pas, » di^ sait M. Nothomb, « nous le verrions échouer sans re- »gret pour nous-mêmes; nous tomberions fidèles à nos «antécédents et sans nous sentir amoindris. Notre chute «serait accueillie avec joie par les opinions extrêmes; «car, au-delà du ministère actuel, il n'y aurait proba- «blement plus à opter qu'entre deux combinaisons éga- «lement exclusives. Deux partis seraient peut-être pour «longtemps en présence, se passionnant chaque jour «davantage, absorbant toutes les nuances intermédiaires, «convoitant le pouvoir, l'obtenant tour à tour par d'iné- «vitables réactions et l'exerçant alternativement, non «dans rintérêt général, mais au détriment l'un de l'autre. « — Ce serait un grand malheur que de réduire le gou- «vernement à cette alternative. Nous osons le dire : le «cabinet actuel est le point culminant d'une situation. «Après lui, il faut presque inévitablement que le pou- «voir se porte à droite ou à gauche (1). »

On a dit que le langage du ministre de l'Intérieur manquait à la fois de modestie et de vérité (2). Cette réflexion ne peut être que le résultat d'un examen superficiel. Le cabinet du 13 avril est bien réellcsment le point

(1) Moniteur dn li avril i841.

(2) Van den Peereboom, Du gouvernement représenfwtif en Belgique^ T. II, p. 2.

culminant d'une situalion. Avant lui, c'est Tépoque de l'union entre les catholiques modérés et les libéraux modérés; c'est, pour nous servir d'une expression parlementaire, le gouvernement du pays par les deux centres coalisés; c'est l'époque où MM. Lebeau, Rogier, Devàux, Nolhomb, Ernst, Goblet et d'Huart s'appuyaient sur la même majorité que MM. de Theux , de Meulenaere , Raikem et Dechamps. Après lui, c'est la période où la division en calholiqucs et en libéraux passe rapidement du pays dans les Chambres législatives; c'est la phase des partis homogènes ; c'est la lutte grandissant sans cesse, avec des alternatives diverses; c'est la discorde et la haine remplaçant l'alliance patriotique conclue en présence de la domination étrangère.

L'idée essentielle du système politique adopté par M. Nothomb, la pensée fondamentale de son programme, c'était qu'il ne fallait ni une majorité catholique, ni une majorité libérale, mais une majorité mixte et conciliante, composée d'hommes modérés appartenant aux deux opinions rivales, faisant les affaires du pays et jugeant les actes du gouvernement, non pas en se plaçant au point de vue des intérêts exclusifs d'un parti , mais en s'élevaut toujours aux considérations larges et généreuses de la justice, du droit et de l'intérêt général.

Les catholiques accueillirent le programme ministériel avec une bienveillance sincère. Quoique la majorité des portefeuilles fût confiée à des hommes appartenant à l'opinion libérale, ils n'hésitèrent pas un instant à donner leur concours au cabinet formé par M. Nothomb. Ils n'avaient jamais convoité la possession exclusive du pouvoir; il leur suffisait que l'opinion à laquelle ils se

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