CHAPITRE XXXIIT
élre, quant S renseignement secondaire, les représentants et les organes des pères de famille, et que dès lors, malgré l'abstention de Tautorilé religieuse dans quelques communes et malgré son concours obtenu dans d*aulres, on pût continuer à subsidier, moyennant le contrôle de la législature, les établissements communaux ou adoptés réellement utiles et organisés conformément aux vœux des populations (1). Il leur semblait surtout équitable que les communes non subsidiées conservassent le droit de mettre librement des locaux et des secours pécuniaires à la disposition d'un tiers, sauf le contrôle financier de la députation permanente du conseil provincial. Quant à l'enseignement religieux, ils persistaient à le placer parmi les matières obligatoires, au moins dans les athénées de l'Etat, et à demander qu'il fût exclusivement donné par les ministres du culte professé par la majorité des élèves, lis pensaient enfin que le mode de concours de l'autorité religieuse devait élre déterminé par des arrangements administratifs, a Persuadés que ces arrangements seraient »«*onclns dans un esprit de sage modération,... et que » l'autorité religieuse n'userait pas du droit constitu- »tionnel d'abstention, lorsque son concours serait réi> clamé sous des conditions honorables et utiles, ils »n'hésitaient pas cependant à déclarer que si, contre D toute attente, des conditions incompatibles avec l'in- » dépendance du pouvoir civil étaient faites en certains K>cas, les établissements n'en subsisteraient pas moins. »
(1) Nous empruntons textuellement cette dernière phrase aux expli* rations données par les ministres démissionnaires {Moniteur du 5 avril
456 16 AVRIL 1843 — 3i mars 1846.
On le voit : les collègues de M. Van de Weyer étaient à tous égards fidèles au.K conditions de leur entrée au pouvoir. Ils se montraient plus libéraux que MM. Lebeau etRogieren 1841, plus libéraux que M, Devaux en 1842, puisqu'ils consentirent à élargir, au profit de Taction du pouvoir, les bases du projet de 1834.
On se trouvait en présence de deux théories inconciliables. Ce fut en vain que M. Van de Weyer et M. d*Hoffschmidt présentèrent des projets de conciliation. Le ministre de Tlnlérieur voulait introduire un système nouveau, basé sur l'omnipotence de l'action gouvernementale; les autres membres du conseil, fidèles à leur programme, refusaient d'abandonner les principes fondamentaux du projet qu'ils avaient admis comme point de départ en s'associant à la fortune ministérielle de leur collègue (1).
Après de longs débats, tous les ministres offrirent leur démission, et le roi chargea M. Van de Weyer de la tâche de former une administration nouvelle sur les bases du programme primitivement admis par le cabinet démissionnaire (2).
Au lieu de chercher de nouveaux collaborateurs sur les bancs des Chambres, M. Van de Weyer, qui avait subitement reconquis toute sa popularité dans le camp libéral, usa des pouvoirs qu'il tenait de la confiance
(1) Au sein du conseil, les opinions s'étaient fraclionnées de la manièro suivante : M. Van de Weyer fut seul de son avis. M. d'HofTschmidt présenta un projet transiactionnel. Ljes autres ministres persistèrent à vouloir se rapprocher aulant que possible du projet de i83i. — Nous nous sommes borné à indiquer les points principaux du litige (Yoy. les explications détaillées citées à la note précédente).
i'i) Voy. les explications données pRr M. Van de Weyer : séance du 7 mars 1846.