‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 75 sur 178 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

royale pour faire une dernière tentative auprès de ses collègues, c dont il tenait à ne pas se séparer; dont il » estimait et honorait les talents, le caractère, la droi- »ture et la sincérité, et avec lesquels il avait dirigé, ]»da»s le plus parfait accord, dans Tharmonie la plus «constante, les affiu'res du pays (1). » Cette démarche loyale et désintéressée fut suivie d'un nouvel examen de toutes les questions sur lesquelles avait porté le dissentiment; mais, après de longues et mûres délibérations, on fut unanimement convaincu que l'accord était impossible et que les démissions de tous les ministres devaient être maintenues.

M. Van de Weyer, dégoûté du pouvoir, alla reprendre son poste de ministre plénipotentiaire à Londres. On doit rendre hommage à son talent, à sa franchise, à la pureté de ses intentions; mais il est impossible de ne pas admettre que, dans son projet de loi sur l'enseignement moyen, le ministre de l'Intérieur commit la faute grave de s'écarter considérablement du programme du cabinet. L'acceptation du projet de 1834 figurait parmi les conditions offertes à tous les membres du conseil : or, le Jour même où il s'agit de satisfaire à ces conditions, de remplir cette promesse, d'exécuter cet engagement, M. Van de V^eyer produisit des théories nouvelles que les auteurs du projet de 1834 eussent repoussées de toutes leurs forces! On conçoit que, contrarié de voir sans cesse mettre son libéralisme en suspicion, le ministre diplomate éprouvât le désir d'obtenir des concessions dans le sens des idées de la gauche; on comprend que, devenu le représen-

(I) Afin, parl.^ p. 924.

^58 16 AVRIL 1843—31 mars 1846.

lanl des doclrines libérales au pouvoir, il se crùl obligé de tenir largement comple des verdicts électoraux de Bruxelles, d'Anvers et de Liège. Mais quel reproche pouvait l'atteindre, quel soupçon d'apostasie pouvait ternir son libéralisme, lorsque ses collègues se montraient plus libéraux que M. Rogier, plus avancés que le directeur de la Revue nationale? Aller au delà, suivre on matière d'enseignement les inspirations de la nuance extrême représentée par M. Verhaegen, c'était oublier bien vile les principes et les doctrines qu'il avait naguère défendus avec tant de raison, d'éloquence et de courage ; c'était commettre une erreur d'autant plus déplorable que la dislocation du cabinet, résultat d'un accident facile à éviter, ne pouvait manquer d'être immédiatement invoquée comme une preuve de l'impossibilité absolue de l'existence des ministères mixtes. Aussi l'opposition s'empressa-l-elle d'exploiter largement ce thème. M. Devaux s'écria : « L'union n'est j)plus des choses de ce monde; elle est morte...., elle »esl devenue de l'histoire et a dû disparaître de la «politique pratique (1). » Comme si le gouvernement à l'aide des centres n'avait existé en Belgique que du jour où M. Van de Weyer, répondant à l'appel du roi, consentit à partager le pouvoir avec MM. d'Anethan, Dechamps et Malou!

(!) Revue nationale j T. XI II , p. 235 et 236.

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