ACTE CINQUIÈME
vous avait pas fait oublier encore ce que vous devez à mon repos <
et à mon honneur.
LE MARQUIS
Votre honneur, malheureuse enfant! est-il donc devenu différent du mien? Votre honneur... j’en ai toujours la garde, entfndez-vous, et vous n’avez pas à me le rappeler!... Et quanta votre repos, qui vous est si cher, c’est le soin même de ce repos qui m’amène ici... Ècoutez-moi... ce jeune homme va mourir... et c’est son amour pour vous qui l’aura tué.
BLANCHE, troublée.
Mourir!
LE MARQUIS
Il a vainement lutté contre le désespoir de vous avoir perdue... maintenant il va mourir... volontairement... jiour échapper à la folie qui le menace... Le hasard m’a livré il y a un instant le secret de sa fatale résolution, et je suis accouru. Blanche, pour vous supplier de le sauver... Vous seule au monde, vous le pouvez... S’il ■ - >
est une œuvre pieuse et sainte, c’est celle-là ! eh bien, je vous la fi
demande, au nom du ciel ! ^
BLANCHE
Mon frère, si la résolution affreuse dont vous me parlez est sincère... jm
LE MARQUIS
Elle est sincère 1 je le sais... je vous le jure !
BLANCHE. ‘
Et que peut être pour moi celui qui en a conçu la pensée? y ■ /
songez-vous? Mais jamais l’abîine qui nous sépare ne m’est apparu plus profond, plus infini... C’est rétenduo des deux qui nous divise! ne le comprenoz-vous pas?
LE MARQUIS, lui prenant les mains avec désespoir.
Blanchel... ma sœurl... chaque minute que nous perdous peut être irréparable... je t’en prie, sauve-lel
BL ANCH E
Ah! vous ne savez pas comme vous êtes cruel !... Faut-il donc
LA BELLE AU BOIS DÜBMANT
I2fi
tout vous dire?... Oui... je l’aimais... je l’aimais!... et j’ai eu le courage de le fuir... et je suis venue ici le cœur déchiré... pour obéir aux sentiments dont vous lîi’aviez appris, vous le premier, à faire la loi inviolable de ma pensée et de ma vie... et lorsqu’enfin, à force de combats et do souffrances, j'ai conquis un peu de calme et d’oubli, vous venez vous-méme rouvrir ma blessure à peine fermée... et me soumettre à celle horrible épreuve! Ah! assez, Olivier! épargnez-moi ! Laissez-moi le seul bien qui me reste...
la paix... Adieu! (Eiie fuit lin pfts pour s'éloigner; le mnrqnis passe derrière Blanche.)
SGKNK 111.
LkS MkmICS) LOUIbK, se précipitant éperdue et le.s mains jointes.
BLANCIlKf è la vue de Louise, jette sur le marquis un regard <le reproche.
Mon fnM'c ! *