‹ La belle au bois dormant drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 30 sur 146 · Louise, le luurquU · texte numérisé non relu

Louise, le luurquU

AGTE PREMIER.

LOUISE

Si vous voulez vous asseoir, monsieur?

LE MAIIQUIS.

Mademoiselle! (n s’asseoit.) Hem!

LOUISE

Mon frère est à la ville, monsieur, mais je sais qu'il se propose de se présenter chez vous dans la journée, et de vous demander un moment d’entretien..

LE MARQUIS, un lêgor nrpont <ïo hauteur et «l’ironie.

Il me fera le plus grand plaisir, mademoiselle, car je serai enchanté d’apprendre de lui en vertu de quelle singularité il s’est appliqué depuis quelque temps à collectionner tous les billets signés de ma main.

LOUISE

Mon Dieu, monsieur le marquis, quand on fait des billets, on doit s’attendre qu’ils seront négociés... Et les vôtres ne sont pas tellement recherchés sur la place, qu’on ne puisse s’en procurer, quand on y tient.

LE MARQUIS

Si mes billets no sont pas recherchés sur la place, j’en suis sincèrement surpris, mademoiselle, car iis portent le nom d’un homme qui n’a jamais manqué à sa parole.

LOUISE

Sans doute, monsieur. Mais ’a l’impossible nul n’est tenu.

LE MARQUIS

Oserai-je vous demander, mademoiselle, le sens de l’énigme que vous daignez me proposer sous cette formule ?

LOUISE

Je veux dire, monsieur, qu’avec la meilleure volonté du monde de tenir vos engagements, vous pourriez bien finir par y manquer, malgré vous; car enfin votre propriété de Guy-Chàtel vaut, je crois, cinq à six cent mille francs... Elle c.st hypothéquée pour les deux tiers..., vous avez fait des billets pour l’autre tiers, ou à peu près... Quanta votre propriété de Carhaix, elle a été vendue, je pense, il y a trois mois?...

LE MAROLIS.

Madomoisolle, vous paraissez ôtre fort au courant do mes af- Liires d’intérêt !

Mieux que vous, j’en ai peur.

LE MARQUIS, A pnrl, ^

Elle est extraordinaire ! (naut.) Enfin, mademoiselle, pour ne pas éterniser un entretien qui, jusqu’ici, ne tourne pas à mon avantage, auriez-vous la bonté de me laisser. pressentir les intentions do monsieur votre frère ?

LOUISE

Il vous les dira.

Sont-elles conciliantes?

LOUISE

Mais les moyens de conciliation ont été, je crois, épuisés, monsieur... Ainsi, mon frère vous avait proposé d’acheter vos bois, vos étangs, dont il avait besoin

LE MARQUIS, un peu amer.

Mes bois et mes étangs, simplement; oui... Mon Dieu, mademoiselle, que voulez-vous? Nous sommes pétris de préjugés et de faibles.ses dans notre famille... ces bois renferment mille souvenirs qui nous sont chers et sacrés... Nous y avons même dans la chapelle quelques tomiwaux de nos ancêtres... Ce sont de ces vieilles choses auxquelles on ne tient guère maintenant, mais que nous préférons, nous autres, à l’argent qu’on en peut tirer,

LOUISE

Oui?... Enfin, mon frère vous avait offert une association...

LE MARQUIS

Oui, mademoiselle, que j’ai dû refuser par délicatesse... car n’entendant rien au commerce des fers... j’aurais été pour monsieur votre frère un fort mauvais associé.

Oui I en un mot , vous ne désiriez pas ajouter à tous vos litres celui de maître de forges.

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